01/02/2008

France Culture et les gloussements

Les hasards de la programmation m’ont offert un moment de grâce. J’étais dans ma cuisine et je boulottais, en écoutant la radio, une salade au cervelas maison, après qu’on a tant parlé récemment de cette madeleine de Proust collective.

 

Sur France Culture, le programme de midi, c’est Tout arrive, la fameuse émission d’Arnaud Laporte. Il invite un ou une artiste, et j’ai honte d’avouer que j’ai déjà oublié de qui il s’agissait hier. Les chroniqueurs y vont de leurs commentaires, moi j’ai aimé, moi j’ai adoré, moi j’ai pas vraiment compris, et ne vouliez-vous pas en réalité dire ceci plutôt que cela. La voix d’Arnaud Laporte est affectée et traînante comme la caricature d’un résident à vie du Café de Flore. Pendant une heure, il encense d’une façon éhontée un inutile qui parle de son travail avec un ton qui signifie chef d’œuvre, ou qui évoque l’urgence dans laquelle il écrit, ou la colère qu’il éprouve face à toutes les injustices. J’en rajoute ? Ecoutez vous-mêmes, c’est au-delà de l’entendement. On pourrait en revanche m’accuser de tirer sur l’ambulance. Après tout, où parle-t-on encore de culture au milieu de la journée, et que reste-t-il sans Arnaud Laporte, sinon du foot ou Céline Dion. Soit. Je dois donc dévoiler ce qui, tout au fond, me crispe autant et provoque chez moi ce masochisme irrépréhensible qui ne me fait pas tourner le bouton. C’est le bruit de fond de l’émission : des gloussements.

 

Je les imagine autour de la table dans le studio d’enregistrement. L’un d’eux évoque une vacherie, forcément sibylline pour 98% des auditeurs. Ou alors un contresens très amusant, un irrésistible trait d’esprit. Et tous et toutes autour de la table, ils s’esclaffent, ils célèbrent leur connivence de nantis de l’intelligentsia, mais avec distinction, la bouche à peine entrouverte, ce qui provoque un rire étouffé et nasal qu’on appelle gloussement. Cette expression presque imperceptible m’en raconte plus sur ceux qui sont assis là que tous leurs discours.

 

Et puis Laporte et ses bardes s’en vont lorsque survient la journaliste de l’émission qui lui succède. En l’occurrence, Sonia Kronlund de l’émission documentaire Les pieds sur terre. Hier elle avait ouvert un micro devant une barre d’immeuble de la banlieue nord d’Amiens. Dans la bouche de jeunes soit au chômage soit travaillant comme magasiniers ou maçons à l’autre bout du pays, la haine nue contre le système, la rage et le désespoir résonnent comme une plaque de métal que l’on broie. Un peu de provocation, sans doute, un peu de bravade, mais certains mots, certaines histoires sentent le vécu. L’un d’eux explose : « Quand est-ce qu’on arrêtera de me dire que je suis un Français issu de l’immigration ? Faut arrêter, je suis né ici il y a trente ans, mon père était français. C’est ma gueule ou quoi ?! C’est mon accent ?! » Et c’est du même tonneau pendant une demi-heure : la misère, la violence et la frustration d’une frange de la société qui, en dépit du dogme de l'intégration, n'en finit pas de se communautariser.

 

Cette juxtaposition d’un monde nombriliste, délicat et aveugle, et d’un autre transpirant, excité et haineux, n’était pas en soi exceptionnelle, et c’est bien là le drame : pendant que les uns font de l’esprit, les autres manquent tragiquement d’humour. Les précédents ne manquent pas. D’y penser, j’en glousse.

16:56 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (42)

Commentaires

Les gloussements ont envahi le journal de RSR1 à 7 h le matin et ça, c'est extrêmement pénible. C'est pour cela que je deviens carrément méchant ici. Ecoutez-les un petit peu et on en reparlera.

Écrit par : Géo | 01/02/2008

Ces braves gens parlaient photo ce jour-là, ce qui pourrait expliquer les gloussements de ceux qui n'ont jamais sérieusement repensé le monde à travers un viseur d'appareil photo. Et s'ils ont jamais pensé quoi que ce soit sans s'investir eux-mêmes, ça c'est toujours traduit par des bruits de basse-cour.
Mais France-Culture est un territoire qui mérite d'être exploré, malgré la présence des anciens caciques du Monde. Réveillé après minuit par un cauchemar lié aux impôts, j'ai appris du grand Alain Gerber tout ce que je souhaitais savoir sur la présence de la flûte dans le jazz et noté la référence de quelques perles.
Maintenant, je ne sais pas ce qui peut motiver Géo d'écouter la RSRS1au lieu de se rendre à l'office de Laudes; mais ce qui est déjà sûr, c'est que plus il restera sous l'influence d'ondes méphistophéliques et plus son âme va se déliter.

Écrit par : Rabbit | 04/02/2008

Je vis ici pour le moment, c'est mon pays et ce devrait être ma radio. On paie des redevances, des taxes ou je ne sais quoi. Cela m'intéresse de savoir ce qu'ils font avec ça. Et ce ne sont pas les Français qui parlent de nos problèmes. Mais des Kurdes, des Turcs, des Syriens, des Iraniens : Mehmet Gültaz, Fati Derder, Esther Mamarbachin et Darius Rosch-Bein. Génial, quand il faut aborder la cassée de gueule de footballeurs suisses à Istanbul. l'attitude de la Syrie au Liban ou la construction de la bombe atomique en Iran.
Si les sus-nommés disent un mot de travers, leurs frères et leurs soeurs seront découpés en rondelles. Voilà qui aide à la qualité de l'information évidemment multi-culturelle. Berk, excusez-moi, j'ai juste envie de dégueuler face à la mauvaise foi des caciques de l'information suisse.

Écrit par : Géo | 04/02/2008

Et à part ça, revenons à l'essentiel : vous mangiez une salade de cervelas ? J'avais cru finir par comprendre que les Suisses achetaient ça pour leurs chiens (Le matin du dimanche de hier).
Je veux bien être objectif : donnez nous l'adresse du boucher et la recette de la salade...

Écrit par : Géo | 04/02/2008

Notez que j'aime beaucoup l'émission de Sonia Kronlund, donc je ne jette pas l'eau avec le bébé du bain, enfin vous me comprenez. Donc oui, FC mérite largement d'être écouté, même lorsque c'est irritant: on y apprend toujours qqchose. RSR1, ma foi, je m'y ennuie si puissamment que je ne parviens pas à y rester au-delà de cinq minutes. C'est mou, sans consistance, pâlichon, donc j'évite. Et je ne parle pas, bien sûr, des radios commerciales qui nous déversent de la m dans les oreilles à la tonne, entrecoupées d'insupportables et interminables (inter-minables, comme disait l'autre) publicités pour des garages ou des restaurants dans la ZI de Bussigny. Reste, fringuant, le cervelas. Avec des pdt nouvelles, un peu d'oignons émincés, de la tomates grappe, mayo, moutarde, sel et poivre, et une petite bibine pour faire passer tout ca.

Écrit par : david laufer | 05/02/2008

Pendant de années, je n'ai pas eu de poste télé. J'écoutais donc la radio et surtout France Culture, et je lisais des journaux. Mais depuis que je vis en Suisse je n'écoute plus FC, parfois RSR2, qui lui ressemble un peu. De toutes façons, ce qui est formaté, aussi bien à la radio qu'à la télévision, ce n'est pas tant le style (drôle ou sérieux ou neutre) mais le choix des informations, le moment où les nouvelles sont communiquées, l'ordre dans les titres du journal etc. Ne parlez pas d'un événement, il n'existera pas pour des milliers, voire des millions de personnes. Je constate chaque jour qu'il existe des événements minimisés (ou niés) et des anecdotes insignifiantes mais gonflées. Une arme redoutable, n'est-ce pas?

Écrit par : Inma Abbet | 05/02/2008

L'information est une arme redoutable pour celui qui sait la travailler à des fins idéologiques, autant qu'un outil efficace pour vendre quelque chose. Dans les deux cas, les procédés à employer sont les mêmes et le public plus ou moins réactif en fonction de l'art, de la manière et de l'acte sous-jacent. Mais je constate que la curiosité de ce public n'est pas proportionnelle au déploiement des moyens de communication actuels et qu'il reste toujours aussi dépendant de ses préjugés.

Écrit par : ; | 05/02/2008

On en revient à cette idée que ce qui nous entoure fait furieusement penser à la République de Weimar. La presse n'existe pas vraiment, ce ne sont que des organes. Mais au fond, je pense qu'il n'y a d'objectivité que dans la subjectivité déclarée. En écoutant FC, on sait très bien que l'info est filtrée, mais comme on sait plus ou moins dans quel sens elle l'est, il n'est pas malaisé de l'interpréter.

Écrit par : david laufer | 05/02/2008

Exact, mais pour bien interpréter il faut bien connaître la gamme.
Sans remonter à Weimar, la presse d'aujourd'hui n'est plus aussi marquée politiquement qu'il y a 50 ans et c'est, certainement, l'effet de la désaffection du public pour l'engagement politique (en dehors des réactions dictées par les modes). Mais les supports de presse doivent exister et les vieilles recettes sont aussi efficaces sur le plan de l'audience, que ce soit à but commercial ou politique.
Certaines approches de l'information entrent manifestement dans le cadre de la suggestion mentale; l'accrochage du public fait régulièrement appel au registre émotionnel; pour convaincre on utilise, consciemment ou non, des biais cognitifs (sous forme d' informations incomplètes, de simplifications, de jargons ou de sophismes); imbue de son titre de "troisième pouvoir", la presse est capable d'user de pressions psychiques sur certaines personnes ou classes de population, dans le cadre d'une dynamique de groupe grand public qu'elle entend diriger; elle se plaît aussi à répartir la distribution des rôles de bouc émissaire et réinvente sans cesse les valeurs de récompense ou de punition qu'elle est seule à distribuer.
Maintenant que vous avez la partition, que le concert commence.

Écrit par : Rabbit | 05/02/2008

Votre message est totalement contradictoire, Rabbit. La presse d'aujourd'hui est extrêmement marquée politiquement et cela se passe exactement dans le registre que vous décrivez dans le second paragraphe de votre intervention. La mode est dans l'anticapitalisme primaire (le WEF à Davos, c'est de la merde même pour les bobos à 10'000 CHF par mois et cette constatation va de soi pour tous les journalistes de RSR1 sans exception: yaka écouter) et dans l'humanitaire débile façon Arche de Zoé : les trentenaires sont de parfaits connards.

Écrit par : Géo | 05/02/2008

Sachez qu'on ne naît pas vieux con, mais qu'on est d'abord petit con, puis jeune con, et ainsi de suite. Autrement je suis d'accord avec ce que vous dites sur l'influence de la mode sur la politique. On pourrait dire aussi que la mode est un ensemble complexe et que les influences croisées donnent parfois des résultats contradictoires. Un jour on se réjouit de la grande liberté sexuelle qui règne dans nos contrées le lendemain on fait l'éloge des régimes les plus obscurantistes. Aussi, la mode actuelle prône je "jeunisme", l'irresponsabilité et l'esprit gregaire. L'anticapitalisme primaire se nourrit de cette tendance, sur le mode "pleurons sur tout mais ne renonçons à rien".

Écrit par : Inma Abbet | 05/02/2008

Pour moi qui en suis, je vois deux travers à ma génération trentenaire: d'abord celui de vouloir avoir 67 ans (plus de sorties ailleurs qu'au resto) et l'autre étant de ne plus s'intéresser à rien si ce n'est notre extraordinaire nombril. Les deux travers sont évidemment de même nature, i.e. le débat sur ce que signifie la société dans laquelle nous vivons, niet: on préfère parler de ses parents qui sont tellement salauds, ou des complications sans fin de la sexualité. Ou est-ce qu'il s'agit plutôt de mon rapport avec ma mère? (A ce sujet il est urgent de relire la BD "18 ans, et qu'est-ce que j'ai fait de ma vie? Rien!" de Lauzier.)

Écrit par : david laufer | 05/02/2008

En réponse à Géo, je lui dirai qu'il faut séparer la presse écrite de la presse parlée ou télévisuelle. La première catégorie doit se vendre en utilisant les stratégies les plus efficaces pour assurer son chiffre d'affaires, y compris en modulant le rédactionnel: certains organes jouent les amphibies et d'autres saupoudrent pour ratisser très large. Tandis que les sonores ont carrément un monopole les autorisant à diffuser sans complexe l'idéologie de la Nomenklatura en place. Comme ce petit jeu dure depuis plus de trente ans, les capacités critiques du public sont tellement ramollies qu'il a assimilé le credo de la pensée unique et se méfie de ce qui ne lui correspond pas.

Écrit par : Rabbit | 06/02/2008

Les capacités critiques du public ont été d'abord ramollies par l'éducation, ou par son absence, et tos les messages transmis par les média ont pour but la continuité de cette situation. Pour être parfaitement neutre il faut être parfaitement creux. Et là, le choix des mots est important. La pauvreté de l'expression produit une certaine polysémie. Je remarque que des mots comme "tolérance", "politiquement correct" ou "féminisme" ont un sens différent selon la personne ou le groupe qui les utilise. Conséquence de l'inculture? Quand ceux qui parlent ne comprennent même plus leur propre discours on est prêts pour le remplacement du discours par le message publicitaire tout simple ou l'image.

Écrit par : Inma Abbet | 06/02/2008

Complétement d'accord avec vous, Rabbit, mais faut-il définitivement renoncer à croiser le fer avec les tenants de cette "idéologie de la Nomenklatura en place" ? Ne faut-il pas continuer de s'insurger contre les éternels simplificateurs de droite ou de gauche ?
Il est vrai que ce n'est pas en écrivant dans les blogs qu'on a beaucoup d'influence. Et qu'à écouter certaines émissions, je deviens atrabilaire, BBG n'a pas tout tort...

Écrit par : Géo | 06/02/2008

Alors j'en reviens à ce que j'ai exprimé plus haut (dans un message resté anonyme), à savoir que les possibilités de communiquer et de s'informer ont centuplé avec le Web et que, malgré ça, ce sont toujours les préjugés qui dictent les choix.
Ainsi, il y a plus d'une vingtaine de blogs/sites francophones développant les thèses libérales, mais les porteurs d'oeillères sont incapables de les voir et se bornent à jouer les perroquets au vocabulaire limité: "grand capital", "riches", "banques" et vous connaissez la suite.
Tout comme les émissions d'information de la télévision: on préfère le prêche terne des commissaires politiques de la TSR aux dizaines d'autres sources disponibles (tout de même plus dynamique de voir un américain de CNN commentant les intempéries chinoises depuis la gare de Guangzhou, qu'un préposé aux catastrophes helvétique officiant à son bureau genevois).
Quant au couple infernal Géo/BBG, il y aurait beaucoup à dire sur son/leur psychodrame médiatique...

Écrit par : Rabbit | 06/02/2008

J'aimerais connaître les adresses de quelques-uns de ces sites qui développent des idées libérales.

Écrit par : Inma Abbet | 06/02/2008

Ok, je remets la liste à jour.

Écrit par : Rabbit | 06/02/2008

En attendant, vous pouvez ouvrir ces portails:

http://fr.liberpedia.org/Main_Page
http://www.wikiberal.org/wiki/Accueil
http://www.dmoz.org/World/Français/Société/Politique/Libéralisme/

En fait, j'ai l'impression qu'ils y sont tous, mais je ne pense pas que les listes soient très à jour. Donc, je dois actualiser.

Écrit par : Rabbit | 06/02/2008

Merci beaucoup!

Écrit par : Inma Abbet | 06/02/2008

Une petite dernière à propos de gloussements : entendu ce matin dans la "capsule" d'Olivier Pin de la part du journaliste-présentateur : "j'ai une question concernante, les gens se sentent-ils concernés"...
Gloussera bien qui gloussera le dernier...

Écrit par : Géo | 07/02/2008

Alors, dès potron-minet vous êtes aux barricades, Géo?

Écrit par : Rabbit | 07/02/2008

Je relève le courrier et vais faire un tour pour voir ce qui a poussé dans les plate-très plates-bandes bloguesques. Comme vous. A part 4a, je n'avale pas votre histoire de couple avec BBG. J'ai toujours cherché un max de distance avec ce quérulent aux jeux de mots débiles, qui se cache sous plusieurs pseudos...

Écrit par : Géo | 07/02/2008

Bonjour.

Il y a ce site sur Arnaud Laporte. Vous avez eu du flair !

http://arnaudparlote.uni.cc/

Écrit par : Emmanuel | 15/10/2009

A propos de site "arnaud parlote", il faut savoir que comme au bon vieux temps de la censure, Arnaud Laporte (qui s'y est reconnu ... ) a mandaté un avocat pour le faire supprimer.

http://arnaudparlote.uni.cc/

Pour en savoir davantage, il suffit de taper "arnaud parlote" dans google.

Écrit par : Hélène | 18/10/2009

il ne s'agit pas de censure, il s 'agit de diffamation, émanant d'une "wannabe", tombant sous le coup de la loi.

Écrit par : georges | 18/10/2009

En effet, il est écrit au début de ce vomi fielleux : "la vengeance est un plat qui se mange froid". C'est bien signer le but de ce site nauséabond, version contemporaine des torchons collabos.
Il manque juste les insultes antisémtites...
Belle mentalité!

Écrit par : Suzanne | 18/10/2009

Si je ne me trompe, “Revenge is a dish best served cold” attribué à un "old Klingon proverb" est une citation textuelle de Kill Bill, dont une image figure en tête dudit site. Site que pour ma part j'ai trouvé très drôle et très réussi, en plus d'être très vraisemblable si l'on en croit les bruits de couloir. Je doute par ailleurs que la loi puisse empêcher toute critique, même injuste et féroce, d'un personnage public, qui plus est quand il semble s'être lui-même livré à la critique pieds et poings liés si ce que ce site avance sous couvert de satire — ou de satyre ? :oD — est vrai.

Écrit par : Cyril | 18/10/2009

Cher Cyril, vous arpentez donc les couloirs, alors méfiez vous des courants d'air pas très frais.
Il ne s'agit en effet pas d'empêcher la critique, je pense, mais d'empêcher la première aigrie venue de salir plusieurs personnes ( dont un mort, la grande classe!) parce que son ego a été blessé. Comme vous le dites, la question est aussi de savoir si "ce que ce site avance (...) est vrai". Mais le torrent de boue rend les accusations peu crédibles, ne croyez-vous pas?
Il doit donc y avoir des faits bien réels que l'auteur de ce site oublie en chemin, qui ne sont sans doute pas à son avantage, pour risquer ainsi les foudres de la justice, et s'en prendre à une famille entière. Cette personne ne doit pas avoir autre chose à faire de sa pauvre vie, et doit avoir renoncé depuis longtemps à se regarder dans une glace.
(et je vous remercie, mais j'avais reconnu "Kill Bill", et lisais simplement dans cet exergue un aveu de l'auteur du site, qui n'agit pas en vengeur au grand jour, mais en corbeau anonyme. On a le courage qu'on peut)

Écrit par : Suzanne | 18/10/2009

Je viens d'aller regarder ce fameux site. Franchement, c'est vrai que c'est marrant. Marrante aussi la petite polémique mais sans doute exagérée !

Je ne vois pas bien ce que les wannabe et les torchons collabos viennent faire là-dedans. Il ne faut pas tout mélanger ! Surtout quand la porte-parole des "Fesseuses" s'appelle Judith !

Non, Suzanne, les torchons antisémites, ce n' était pas ça. Et puis, c'est assez simple et c'est pour ça que c'est marrant. Qu'Arnaud Parlote soit Arnaud Laporte ou pas, je crois que les gens comme moi qui ne connaissent pas Laporte, on s'en fout. Le buzz, sur le net, ça va, ça vient. Un site comme ça, ça intéresse les gens qui connaissent Laporte, c'est tout. Après, il ne faut pas prendre les gens pour plus bêtes qu'ils ne sont. Si Laporte est un exhib qui drague tout ce qui passe, si sa bonne femme usurpe des diplômes, s'il est arrivé par piston, tant pis pour lui. Si son père était un écrivaillon surfait qu'on a oublié comme on oublie tant d'écrivaillons surfaits ou si ses livres avaient un intérêt quelconque, pareil, le temps fera le tri et c'est tout.

Par contre, si c'est un type réglo, les gens qui le connaissent sauront faire la part des choses et basta !

Et ils se diront par eux-mêmes que c'est bidon.

Faire appel à un avocat pour faire fermer le site, je ne sais pas...

En gros, soit la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe, soit il n'y a pas de fumée sans feu.

Vous avez de savoir qui a fait le site ? On a l'impression de ça quand on vous lit. Allez, déballez, c'est qui ?

Écrit par : Julie | 19/10/2009

Judith ne s'appelle évidemment pas Judith. De plus, la personne réelle fait partie des réseaux de la droite catholique traditionnaliste.
Par contre, dire son nom ici serait faire à mon tour de la délation.
Ce que je puis dire, c'est que sur Facebook, elle se fait appeler Becky Sharp, ce qui ne manque pas de sel, quand on se reporte à la fiche Wikipédia du film "Becky Sharp". En voici le résumé :

l'Angleterre du XIXème siècle, Becky, une jeune orpheline aux origines modestes, rêve de grandeur. Femme érudite, refusant le statut que lui confère sa naissance, elle utilisera tous ses talents pour être acceptée au sein de la haute société britannique...

On ne saurait mieux dire de la jalousie, de l'envie, de l'aigreur de cette personne.
Pour le reste, Julie, vous avez raison : les gens qui le connaissent savent quoi en penser. Mais pour ce qui est de la fermeture du site, comme celui-ci salit beaucoup de gens, cela peut se comprendre. Imaginez la réaction de la veuve du défunt père!

Écrit par : suzanne | 19/10/2009

Les réseaux de la droite catholique traditionnaliste ? Ah bon ! Lesquels ? Comment le savez-vous ? Vous avez regardé dans "Wikipédia" ? Mais c'est un film de Mamoulian. Vous l' avez vu ce film ? Et au départ, c'est un livre et le personnage n'est pas sympathique. Quand on prend un pseudo de personnage, c'est pas forcément qu'on y colle. Et les gens qui ont fait le site, ils ont quand même l'air de plus s'en foutre et de se foutre des gens à apparence qu'autre chose.

Je sais pas mais si on se fait appeler Rastignac, ça peut être par dérision, non ?

Quant au défunt père, ils n'en disent pas de mal. Ils parlent de ses bouquins et c'est vrai que c'est passé aux oubliettes.

Je vais m'inscrire sur facebook et envoyer une requête à cette Becky Sharp.

Julie.

Écrit par : Julie | 19/10/2009

Comme ça, si elle accepte d'être en contact avec moi, je saurai la vérité : si Laporte est un exhib qui envoie des photos obscènes avec des commentaires débiles et qui s'excite sur le net dans l'espoir de cocufier sa femme. Ce ne serait pas le premier ! Ni le dernier ! Mais ce sera marrant ! Surtout que si elle a les photos et leurs super commentaires, ça peut être franchement drôle !

Écrit par : Julie | 19/10/2009

@Suzanne.

Je viens de m'inscrire sur facebook. Il y a plusieurs Becky Sharp, la vôtre, elle a quoi comme visuel ?

Et puis je vais me renseigner sur Thackeray, le créateur de Becky Sharp, histoire de voir ses intentions parce que votre fiche wikipédia, c'est juste du résumé, ça ne dit rien vraiment.

Allez, Suzanne, olé !

Dites-moi vite : comme ça, on va rire ! Soit d'elle, soit de Laporte et de ses fantasmes libidineux à deux balles, planqués derrière ses gloussements comme dit notre hôte, David qui nous tolèrent si gentiment.

Écrit par : Julie. | 19/10/2009

Chose promise, chose due ! Je suis allée me renseigner parce que je n'aime pas qu'on raconte tout et n'importe quoi et que j'aime bien en avoir le coeur net comme on dit.

Première chose : Becky Sharp est bien un personnage de roman : "La foire aux vanités" de l'anglais Thackeray. C'est une satire des moeurs. Donc on peut penser que ce n'est pas à prendre au pied de la lettre.

Deuxième chose : oui, Arnaud Laporte se servait de facebook pour draguer et il a bien envoyé des photos obscènes avec son téléphone professionnel. Tout ça à partir d'une fiche qui était aussi celle de son émission.

Troisième chose : on trouve une sorte de fan-club du monsieur. C'est vrai qu'il a voulu tout faire dans le genre artiste. En revanche, il ne semble pas avoir eu une quelconque formation. Il ne semble pas, non plus, avoir bossé ailleurs qu' à FC. C'est bizarre puisque beaucoup de ses collègues bossent pour plusieurs médias. Peut-être n' a t il pas eu de piston ou de protection ailleurs.

Quatrième chose : il y avait déjà eu des histoires à cause de sa façon de brancher les filles. C' était remonté aux oreilles de la direction et c'est pour cela qu'il avait dû fermer sa fiche.

Cinquième chose : sa femme est bien la réalisatrice de son émission. Elle a bien écrit un bouquin sur Matisse mais on ne la trouve nulle part ailleurs comme historienne de l'art et on ne trouve aucune trace d'une thèse.

Sixième chose : il y a des personnes qui ont écrit directement et pas sous le couvert de l' anonymat à la direction de France Culture. En réponse, elles ont reçu des mises en demeure de l' avocat de Laporte, un dénommé Emmanuel Pierrat.
Laporte prétandait être "harcelé" comme les stars par leurs groupies. C'est bizarre comme façon de procéder parce que quand on est harcelé, on va porter plainte à la police, simplement, et pas voir un avocat.
Mais la police vérifie les faits quand on porte plainte et Laporte ne devait pas avoir intérêt à ce qu'on vérifie quoi que ce soit.

C'est le même Pierrat qui a fait censurer le site "Parlote". C'est un avocat qui tourne dans le milieu de l' édition.
Laporte l' a souvent invité à son émission.

C'est ennuyeux parce que du coup, Laporte ne doit pas le payer et lui est redevable de services ... Ce n'est pas terrible en matière d'indépendance éditoriale d'être redevable à un avocat qui dirige une collection chez Flammarion.

Comme la femme qui se dit historienne de l'art et qui ne semble pas vraiment l'être, ce n'est pas top en matière d'honnêteté intellectuelle.

Septième chose : j'aimais le thèse croustillante d'un complot des cathos tradis. C' était assez marrant mais peu plausible vu le genre du site. Et, en effet, je n'ai trouvé aucune trace de l'opus dei. Ni d'un complot sionniste, d'ailleurs !!! ;-)))
Suzanne devait sortir de la lecture du Da Vinci Code.

Huitième chose : le père Laporte n'a pas de postérité intellectuelle, c'est vrai. Il n'est cité qu'à titre d'illustrations dans quelques thèses sur la biographie, c'est tout.

Conclusion :

Laporte est un type qui comme tant d'autres s'ennuie avec sa femme et a cherché à la tromper comme il a pu. Rien que de très banal. Assez gros beauf.

Ce qui est plus ennuyeux, c'est qu'il l' a fait en se servant de sa fiche professionnelle. Donc soit il est super prétentieux, soit il est totalement irresponsable et peu professionnel et se croit au-dessus de tout et de tous.

Là, c'est encore plus ennuyeux parce que ça fait entériner le discours sur les journalistes à la fois corrompus et incapables.

D'un point de vue légal, on dit que quelque-chose est diffamatoire quand ça porte atteinte à l'honneur de la personne et la véracité des faits n'a rien à y voir.

Je veux bien mais je crois aussi que si on veut être respecté ( surtout quand on est un homme public ) il faut quand même agir de façon respectable et responsable.

Je crois donc que Laporte a voulu faire censurer le site "Parlote" parce qu'il a eu super peur pour son image et qu'il ne voulait pas que certaines choses se sachent. Surtout que le site était complétement confidentiel, même pas répertorié par google.

Écrit par : Julie | 25/10/2009

C'est vraiment un microcosme de première, ce milieu des journalistes culturels : je te tiens, tu me tiens par la barbichette. En tout cas, tout ça pose aussi la question de la liberté d'expression, de la soi disant diffamation.

Les "Fesseuses" sont de retour mais via un blog cette fois. Pas inintéressant d'aller y jeter un oeil.
http://judith.baywords.com/2009/10/25/hej-world/

Écrit par : Hélène | 02/11/2009

et voici qui fait bien le point sur le cher animateur !
http://nono-parlote.001webs.com/Arnaud_Parlote/Prologue.html

Écrit par : Carlotta | 22/02/2010

Ça alors ! Comme je suis content de trouver votre article. Les gloussements de Tout arrive, je croyais qu'il n'y avait que moi qui les entendais !

Écrit par : Georges | 25/07/2010

Vous allez être soulagés, faute d'avoir réussi à intéresser les auditeurs, les gloussements d' Arnaud Laporte ne se feront plus entendre à midi entre les hors d'oeuvre et le dessert. Il sera remplacé à la rentrée de septembre par le tandem Caroline Broué et Hervé Gardette qui animaient jusqu'alors "Les retours du dimanche".

Je joins l'article du "Point" qui donne des détails sur les audiences de la radio.
http://www.lepoint.fr/archives/article.php/421081

Écrit par : Julie | 30/07/2010

Un nouveau forum sur la "fameuse " radio confidentielle !
http://regardfc.forumn.net/

Écrit par : Lola | 24/08/2010

Arrêtez de boulotter du cervelas (cerveau las)en même temps que l'on vous ouvre à la culture et ses différentes expressions sans vous y contraindre, ou bien changez de radio et boulottez du bon sens près de chez vous, c'est un conseil de cynique!

Écrit par : intempestive | 13/10/2010

Une intrigante vaut vraiment la peine commentaire. Je pense que vous devriez Publier Connaître ce sujet, il ne pourrait pas être un sujet tabou question, mais généralement typiquement gens ne parler ces .
Pour la prochaine! Un grand merci !

Écrit par : Benito | 10/07/2013

Les commentaires sont fermés.