29/03/2008

France Inter et le cardinal

Tous les soirs de cette semaine, en cuisinant mon dîner, j’ai écouté sur France Inter une série d’entretiens avec l’archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois. En dépit de tous les signaux d’alarme que déclenche ma mécréance assumée, voilà quelqu’un qui m’a séduit. Ses propos m’atteignent aussi parce que je sens bien que le journaliste et moi sommes du même bord et que le Monseigneur a sur nous le même effet érodant. Face aux questions parfois incisives et dérangeantes, l’archevêque oppose une bonne foi aussi évidente qu’intelligente et une absence si complète de faux-semblants qu’on peut ne pas être d’accord, mais on doit saluer la performance. Je sens bien que, tout comme moi, le journaliste n’a aucune prise sur le cardinal et ce n’est pourtant pas l’envie qui lui manque.

 

D’un soir à l’autre, en écoutant la voix de ce curé qui a réussi, je me suis senti de plus en plus banal. Longtemps Chrétien convaincu et pratiquant, j’ai quitté le giron de mon propre chef il y a plusieurs années et je ne songe pas à y revenir. Mes raisons de sauter le pas étaient suffisamment réfléchies alors pour ne pas être caduques aujourd’hui. Pourtant, au gré de ces discussions et de mes lectures récentes, quelques pensées ont germé. La première, c’est que l’Eglise Catholique est bien la matrice de l’Europe moderne, qu’elle en a façonné l’Histoire et les valeurs fondamentales. Tous les efforts pour minimiser cette importance historique que font la majorité des mécréants, des agnostiques et des athées dont je fais partie n’y changeront rien. Pire, ces efforts ne parviennent qu’à distordre ou effacer la mémoire collective et à la remplacer par des vérités plus conformes à la morale de notre temps. Par exemple celle qui consiste à affirmer que l’Europe à des fondements multiculturels, qu’elle est un immense melting-pot humain et religieux, que tout est dans tout et inversement. Cela pour éviter une affirmation d’identité dont on craint, à très juste titre, la violence des débordements, mais au mépris de la vérité historique. Ou alors on affirme que le Protestantisme a su dépasser le Catholicisme des cours papales, qu’il est le moteur de l’Europe moderne capitaliste et libérale. Ce faisant on oublie que ce qui a fait la force du Protestantisme, c’est au Catholicisme et notamment à la culture monastique qu’il le doit. Depuis Weber on néglige le fait que les monastères, pas les Protestants, ont créé, pour le pire ou le meilleur, le capitalisme organisé et industriel de notre société moderne et le rationalisme qui la caractérise. Et si le Protestantisme insiste depuis ses débuts sur l’indépendance, il est aussi cette force qui mène nos sociétés à l’égoïsme et à l’isolement. Le Catholicisme, en dépit de son organisation hiérarchique, insiste lui non pas tant sur l’indépendance que sur l’égalité. Il faut aussi voir les papes et les rois aux enfers sur les bas-reliefs moyenâgeux pour se convaincre que l’égalité – l’égalité devant Dieu, seule garante de celle qui unit les hommes - n’a jamais été un vain mot pour Rome. Cette égalité-là est génétiquement identique à celle que revendiquait la Révolution et c’est aussi celle qui nous est garantie par nos constitutions modernes.

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La deuxième pensée, c’est que le Catholicisme s’est trahi lui-même lorsqu’il s’est constitué, lorsqu’il accumulé les biens dont le Christ prêchait l’abandon, lorsqu’il a fait lapider les femmes adultères et brûler les pécheurs. Aujourd’hui, le Pape ne règne plus que sur 44 hectares, l’Eglise est séparée de l’Etat et le Catholicisme semble par conséquent s’approcher d’une forme de simplicité qui lui sied mieux que les guerres et les ors de son passé. Et malgré tout il disparaît lentement, chassé par la pression de l’Histoire, par les autres religions, par l’Oubli. On peut se réjouir de constater que son emprise sur nos vies individuelles ne nous force plus à suivre ses règles parfois inhumaines. Pourtant, si nous sommes capables aujourd’hui de revendiquer notre liberté d’humains, rappelons-nous que ce sont les évangiles qui nous ont appris à penser de cette façon. Rappelons-nous aussi que c’est l’Eglise Catholique, pour le pire et pour le meilleur, qui nous a transmis ce message, à son propre péril, comme on le voit aujourd’hui. Ainsi même sans foi, même sans pratique de la foi, le cardinal Vingt-Trois m’a rappelé que je suis et reste un Chrétien.

25/03/2008

The Times et la Suisse

Moi qui viens de quitter Londres pour me planquer en Suisse, il paraît que j’ai été très mal avisé. The Times recense une étude menée par Jane, le magazine de défense britannique, qui me révèle que l’Angleterre est jugée bien plus sûre, prospère et stable que la Suisse. Le premier de la classe est le Vatican, et le dernier est Gaza. L’Angleterre arrive en septième place, la Suisse en dix-septième. Après le Danemark, après l’Autriche, après l’Allemagne. Diable, dois-je croire que le quai d’Ouchy est plus dangereux que l’East End ? Devrai-je bientôt glisser un cran d’arrêt dans mon panier de courses ?

 

Les critères sur lesquels se basent les enquêteurs sont paraît-il très objectifs et non politisés. Ils imputent une bonne part de l’instabilité croissante de notre pauvre pays à ce qu’ils qualifient de political divide, un phénomène trop extraordinaire pour ne pas être menaçant. La division dont il est question est celle provoquée par l’UDC et par cet épouvantail de service qu’est devenu Blocher. D’autres articles de Jane couvrant les événements de l’automne dernier, des élections d’octobre au tyrannicide de décembre, soulignent à grand renfort d’épithètes le gouffre qui est en train de s’ouvrir sous les pieds dodus de l’heureuse mais inconsciente Helvétie. En revanche l’Angleterre, en dépit des attentats de 2005, de ceux qui ont été évités de justesse depuis, des dizaines d’adolescents en bas âge assassinés au cœur de Londres et des déconvenues financières en série des derniers mois, l’Angleterre est paraît-il remarquablement stable et sûre pour qui désire s’y aventurer.

Un des intérêts majeurs de cet article du Times réside dans son titre : « If you think it’s bad here, don’t try Switzerland ! » (Si vous pensez qu’ici c’est mauvais, n’essayez pas la Suisse !) Icône absolue de sérénité et de prospérité, la Suisse est un sujet de conversation de plus en plus fréquent outre-Manche. Depuis les récentes propositions de Gordon Brown en matière fiscale, on assiste à un exode massif des sujets de sa Gracieuse Majesté, et de leurs sociétés financières, sur les rivages du lac Léman. Plus qu’une provocation potache, le titre devrait donc se lire comme un appel très sérieux aux lecteurs du Times à ne pas quitter Londres. « Méfiez-vous des apparences : la Suisse, ça n’est pas si bien que ça, » suggère en substance le journaliste.

 

On ne va pas jouer les patriotes outrés mais déclarer que la Suisse est plus instable et moins sûre que l’Angleterre ne peut que faire sourire ceux qui ont vécu dans les deux réalités. Malheureusement c’est avant tout sur des critères externes que se jouent les grandes batailles d’aujourd’hui. Or en quelques occasions récentes la Suisse, quelle que soit sa condition réelle et effective, a donné d’elle-même une image peu avantageuse, en désaccord avec elle-même et souvent trop semblable à ses grands voisins. Ainsi en dépit des assurances offertes par Jane, l’étude publiée se fonde bel et bien sur le subjectif et le politique. L’image de la Suisse est probablement un de ses plus sérieux atouts dans le monde. Lorsque celle-ci, ou même seulement la perception de celle-ci se détériore, et même si ça n’est que pour des raisons hypocrites, c’est qu’une bataille importante est en train d’avoir lieu. Notre histoire récente nous suggèrerait de ne pas en faire peu de cas.

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20/03/2008

The Sun et la délicatesse

Un gros rhume, refilé par mon fils que je voulais trop soulager du sien, me fait vivre un supplice épouvantable: j’ai totalement perdu l’usage du goût. Un plat de pâtes carbonara, un verre de Syrah du Valais, et tout ça comme de la ouatte, comme de l’eau. Je ne me doutais pas que la perte de ce sens là puisse rendre la vie si triste. Il y a d’autres sens, parfois, qu’on perdrait presque volontiers. Par exemple, en lisant The Sun, le premier quotidien anglais, on rêverait presque de perdre la vue, mais c’est un tantinet drastique. Disons qu’il vaudrait mieux n’y pas chercher de sens du tout.

 

En bringuebalant mollement je passe sur la célèbre et institutionnelle “Page 3”, cette photo couleur en pleine page d’une gentille Londonienne précédée de ses puissants arguments laitiers, souvent laiteux d’ailleurs étant donné la latitude. Et puis il y a le reste du journal, c’est à dire une série de potins et de ragots illustrés par d’immenses photos floues, prises au téléobjectif. On y apprendra comment telle star d’une émission de téléréalité est sortie de sa voiture avec une jupe un peu trop courte. Comme elle avait oublié ses sous-vêtements, le cliché est d’un naturalisme touchant. Mais The Sun, et ce cher vieux Rupert Murdoch qui en a fait la fierté de son groupe de presse, vous informe aussi quelques fois. L’autre jour, j’ai donc appris que Heather Mills, alias la deuxième femme de Paul McCartney, avait  finalement remporté 30 millions d’Euros à l’issue de son divorce. Or il paraît que c’est une menteuse compulsive et qu’en plus elle a posé dans sa jeunesse dans des magazines de charme. Ces tares combinées de mensonges et de pornographie, pourtant familière aux lecteurs du Sun, met en branle les rédacteurs grassement payés pour trouver des titres délicats et sobres. Ils décernent donc à Mme Mills le charmant surnom de Pornocchio.

 


Dans un registre apparemment différent, j’ai également appris dans The Sun que l’appartement le plus cher du monde vient de trouver preneur. Sur St James’s Square, un étage d’immeuble entièrement refait a été échangé contre 300 millions de francs suisses. A ce stade, les métaphores sont sans effet. On peut à la limite s’exclamer : autant claquer 300 millions pour un seul appartement ! Je me demande, à titre comparatif, pourquoi l’acquéreur n’a pas simplement racheté tout le Val d’Anniviers, ou tout Cully, ou tout le centre d’Orange. Pour une retraite dorée, c’eût été plus tranquille que le centre de Londres. Mais j’avais parlé plus haut d’un registre apparemment différent que la délicate Pornocchio. Il y a en effet des liens très directs entre ces deux types de nouvelles : la destruction délibérée des limites, qu’elles soient morales ou financières.

 

Le libéralisme à l’anglaise explose et se décline désormais sous toutes ses formes, et nous n’avons pas encore fini de l’apprendre. On peut évidemment, comme les Français, à l’exception notable de leur président, se pincer le nez et faire un écart devant cette pénible vulgarité. On peut aussi trouver cela diablement intéressant, sans avoir besoin d’y souscrire ou de rentrer dans la danse. Cette période d’excès de toutes sortes prendra de toute façon fin, probablement plus tôt que prévu, et probablement dans la douleur. Cette fin pointe d’ailleurs le bout de son nez, et 300 millions pour un appartement, ou la pathétique Pornocchio, m’en racontent bien plus que de longues analyses socioéconomiques. En attendant le mot fin, et en dépit de mon rhume, je déguste.

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13/03/2008

B92 et l'Assassinat

Il y a cinq ans exactement, le 12 mars 2003, le Premier ministre serbe Zoran Djindjic était assassiné. En attendant la victoire finale du Bien sur le Mal, c’était l’occasion pour l’assassinat de démontrer sa redoutable efficacité politique. Parce que cinq ans plus tard, ceux qui ont tué Djindjic ont gagné. Bien sûr, ceux qui ont pressé sur la gâchette sont morts, sous les verrous ou en fuite. Les porte-flingues, ça n’intéresse personne et encore moins leurs employeurs qui eux n’ont pas cessé de prospérer depuis toutes ces années. Le site serbe d'information B92 revient longuement sur ce sujet qui est encore loin d'être clos.

 

Il y a quelque chose d’étrangement similaire entre les assassinats de Djindjic et de Kennedy, même si les personnages et les circonstances sont très différents. Ces événements révèlent la nature organique d’une société : les anticorps, connus ou non, éliminent les virus. L’Amérique des années 60 a ceci en commun avec la Serbie des années 2000 : la prépondérance de la mafia jusqu’au cœur du pouvoir. Jusqu’à la victime de l’assassinat lui-même. JFK et Djindjic ont tous les deux un passé lourd de compromissions très dangereuses : le premier avec son père Joe Kennedy, cet Irlandais totalement acquis à la cause des grands boss mafieux industriels qui ne pouvaient accepter les menaces de ce playboy de fiston, après qu’ils l’avaient mis à la Maison Blanche. Et le second, ce politicien très – trop ? – pragmatique qui avait conclu un accord de paix avec les porte-flingues de Milosevic en leur garantissant de ne pas se faire extrader à La Haye. C’est la fable invertie de la vipère et du laboureur.

 

On n’imagine que dans les mauvais films les réunions secrètes qui mettent au point le 22 novembre 63 ou le 12 mars 2003. La réalité, telle que je la conçois, est moins saisissable. Il suffit d’un coup de fil plein de sous-entendus, peut-être même de malentendus, d’allusions discrètes mais pesantes, de phrases lancées en l’air pour qu’une machine se mette en marche. « Oui, mon ami, nous ne pouvons plus tolérer cette situation, vous ne trouvez pas ? ». « En effet, cher ami, il faudrait peut-être faire quelque chose. J’en discuterai avec qui vous savez… » On déléguera donc les basses œuvres à des brutes fortement compromises, des pantins musclés, entraînés et soumis. L’organisme se referme alors sur l’empêcheur de corrompre en rond, sur ce bacille malfaisant qui menace de briser le système invisible qui se cache derrière l’existant.

 

Ce 12 mars 2003 à Belgrade, je m’en souviens très bien et je ne l’oublierai jamais. L’atmosphère était tendue depuis plusieurs mois, plus exactement depuis l’extradition de Milosevic à La Haye qui avait divisé la société toute entière. Mais quelque chose qui ressemble à de l’espoir soufflait dans les rues de la ville, tout semblait possible, tout s’ouvrait, tout respirait. Jamais je n’ai connu, avant ou après, une atmosphère plus euphorisante que ces deux années d’avant le 12 mars. Et puis en un jour, en une seule heure, toute l’ambition d’une société, son désir d’ouverture et sa naïveté durement rachetée, tout cela avait disparu. Je me souviens que, le 12 mars, il faisait 21 degrés et un soleil de printemps éclatait dans le ciel. Le 15 mars, le jour de l’enterrement de Djindjic, le soleil était voilé. La température avait chuté à 5 degrés. Elle n’est pas remontée depuis.

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07/03/2008

Le Guardian et la Conspiration Cotillard

Avant de rencontrer mon épouse, j’étais idiot et ne suivais pas la remise des Oscars. Citoyen d’un des très rares pays de la planète à ne pas rediffuser la cérémonie, je n’en récoltais le lendemain matin que les miettes, à la façon de l’Européen supérieur que désole l’increvable culture à paillettes hollywoodienne. Mais depuis quelques années, je n’en décolle plus. Je connais la liste des nominés, j’essaye d’aller les voir les films en question, je me perds en conjectures sur les raisons des nominations, les palmarès possibles et les palmarès désirés. Parfois, grosse déception. Je me souviens par exemple de l’année honteuse où Shakespeare in Love, la Mère de tous les navets, avait tout emporté, y compris l’oscar de la meilleure actrice à cette cruche sans fond de Gouinette Paltrot. Mais cette année, très bonnes surprises : les frères Coen, mes chouchous depuis Big Lebowski, y rafflent la mise, le génial Daniel Day-Lewis emporte le morceau, le non moins génial Javier Bardem le petit morceau. Et Marion Cotillard, délicieusement imprononçable en anglais, vole la vedette à tout le monde. En plus, sur le red carpet, la belle s’en sortait mieux que d’autres avec un fourreau Gautier du meilleur effet. Bref, champagne pour tout le monde.

 

C’était sans compter sur les effets immédiats d’une énorme gloire : le retour détaillé sur le passé de la star. Et voilà qu’on exhume des oubliettes médiatiques une interview donnée dans les catacombes de Paris en janvier 2007. La Marion s’y exprime sans fards et sans fourreau Gautier. C’est dommage, on y aurait moins fait attention aux convictions profondes, presque religieuses, qu’elle déballe sur le monde qui nous entoure, avec un sens tout relatif de la modération. Ainsi, de la mort de Coluche à l’homme sur la Lune, sans oublier l’indispensable 11-septembre, Marion a « tendance à être de l'avis de la théorie du complot ». S’en suit une série de déclarations plus ou moins sordides que le Guardian a l’élégance de ne pas reproduire entièrement, contrairement à tant d’autres qui ne se privent pas d’imprimer ces pénibles élucubrations. Pour le journaliste britannique, Cotillard, qui peut désormais envisager une carrière américaine, risque de payer cher ce qu’il n’hésite pas à qualifier de propos anti-américains. Prétendre que les Twin Towers auraient été dynamitées pour éviter des frais de câblage, relève peut-être en effet de l’adage anglo-saxon adding insult to injury, ou aggraver la blessure par une insulte.

 

Pourtant, ça n’est pas vraiment le complexe d’infériorité caricatural envers l’Amérique par une Européenne bobo qui me fait soupirer. Ce n’est pas non plus l’hypothèque probable sur sa carrière, ça, je m’en tartine le coquillard. Non, c’est plutôt l’intrusion, au beau milieu de cette célébration aussi convenue que délectable, de ce que notre époque produit de plus inquiétant. Les théories de la conspiration ont toujours fait le lit des régimes sordides. Durant les années 30, les théories du complot judéo-maçonnico-communisto-cosmopolite tombèrent sur l’Europe comme la vérole sur le bas clergé breton. Ce n’est donc pas un hasard si le bouquin de Thierry Meyssan, L’effroyable imposture, qui prétend que le 11-septembre est un complot du gouvernement américain, se vend si bien au Moyen-Orient, avec Le protocole des Sages de Sion, morceau de bravoure antisémite, et Mein Kampf, dont l’auteur a connu son petit succès dans les années 40.

 

 

Face à des événements extraordinaires, l’humanité à besoin de réponses, elles-mêmes souvent extraordinaires. Il y eut une époque, pas si lointaine, où ces réponses étaient regroupées sous le terme de Religion. Aujourd’hui, à l’âge de la science objective, on n’est pas bête au point de croire encore en une intelligence divine. Alors on croit à la diabolique intelligence de la CIA, du Mossad, du FSB et de toutes les officines merveilleusement commodes en ce qu’elles sont, tout comme Dieu, invisibles et jamais là pour répondre directement. Et tout comme Dieu, elles nous envoient un clergé de choc en la personne de Cotillard et des autres, pour nous enseigner la Bonne, ou plutôt la Mauvaise Nouvelle. Enfin, tant que personne ne me gâche ma remise des Oscars l’année prochaine, je suis prêt à prendre tout ce qu’on raconte pour argent comptant pendant encore une année entière.

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