16/06/2008

Le Figaro et Alexandre Adler, 3e

J’ai toujours eu un problème avec l’accent vaudois. Déjà tout enfant j’ai été sensible à ce son particulier, tout en gorge et en nez, cette langue qu’on ne parle bien qu’en la maugréant, doucement, un peu en retrait de soi-même, et je ne l’ai pas aimée. L’accent valaisan, chantant et méditerranéen, me plaisait bien plus, sans parler du marseillais ou même du jurassien, rocailleux mais expressif. L’accent vaudois a pourtant reçu avec Gilles ses lettres de noblesse et on aime chez lui cette retenue, cette absence délibérée d’importance. Moi je lui trouve, toujours et encore, une lourdeur insupportable, une lenteur, une épaisseur que je soupçonne toujours d’affectation. C’est peut-être même ceci qui m’insupporte le plus, cette pesanteur voulue, cette façon de se déclarer sans importance parce qu’on n’est ni Parisien, ni brillant causeur, mais tout à la fois d’en être fier. C’est le sous-entendu anglais, sans l’humour.

 

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Une photo de mon sujet de ce soir suffira à faire comprendre pourquoi j’ai commencé par parler de l’accent vaudois : je suis l’ennemi de toutes les lourdeurs. L’accent vaudois, c’est la lourdeur morale. Alexandre Adler, c’est la lourdeur physique proportionnelle à la lourdeur intellectuelle. Sur cette dernière, il n’a pas son pareil. Pièce à conviction pour ce troisième volet, son récent article sur la Syrie. Je cite le début : Le Figaro … vient de révéler la mise à l'écart du chef des services secrets syriens, Assaf Chawkat. Ce remaniement apparemment secondaire, est en réalité une information ­capitale qui nous indique l'ampleur du tournant qui est en train de ­s'ef­fectuer au Moyen-Orient. Apparemment secondaire, mais capital. Prenez l’inverse, et vous avez l’exacte définition d’Alexandre Adler. On pourrait même en tirer un adjectif, « adlerien » : prétendre et/ou prédire absolument n’importe quoi à n’importe quel sujet, mais avec autorité.

 

Le reste du papier est à l’avenant. L’auteur convoque Israël, Téhéran, Bagdad, Washington, Paris, Beyrouth, bref, le monde entier autour de son sujet pour tenter, avec la dernière énergie, d’en tirer quelque mousse médiatique. Il nous parle même, en baissant les yeux, avec cette touchante modestie des intimes de la famille, de l’épouse d’Assaf Chawkat, prénommée Douchra. Le diable est dans les détails et Adler, pas fou, l’avait débusqué. Triste existence que celle d’Adler, toute entière passée à la recherche de l’information capitale, le petit truc, infime et pourtant tellement révélateur, qu’on avait tous oublié, nous, les idiots. Parce que sans nul doute, lorsque les historiens reviendront sur les faits, ils se rendront compte que tout a changé au moment où Assaf Chawkat s’est fait virer, que c’était ça, l’instant crucial. Et d’ailleurs sa femme Douchra, etc.

 

Dans quelques mois, lorsque les lecteurs attentifs auront réalisé que l’éviction d’Assaf Chawkat était bien secondaire et non pas capitale, et qu’Adler, pour la millième fois, s’était lourdement trompé, on sera passé à autre chose. Mais Adler, ce supertanker du journalisme, lancé à pleine vitesse, bénéficie d’une force d’inertie telle que sa fin ne semble, hélas, pas du tout proche. Euh mais voui, non mais voui.

00:06 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Fascinant Adler. Cette capacité à toujours se tromper sur tout. Formidable oiseau de malheur annonçant dans les pages de Globe, un an avant la chute du Mur, la pérennité du système soviétique et le double jeu de Gorbatchev. Lourd, oui: comme un front bas surplombant un regard qui n'observe que ce qu'il veut voir...

Écrit par : Zorg | 16/06/2008

S'il n'y avait que Adler pour se tromper mais combien d'autres. Un des plus connu mais ça commence à remonter à loin parlons de Jean Paul Sartre qui revenant d'un voyage d'URSS s'était écrié "il ne faut pas désespérer Billiancourt". Autrement dit masquons la vérité pourvu que nos fantasques idéologiques perdurent.
Deux autres grands égarés Jean Daniel et Julliard de l'Observateur qui sévissent toujours et qui se sont trompés sur toute la ligne sur De Gaule qu'ils ont encencé plus tard, sur Mao, l'Indochine, le régime de l'URSS. Et nos soit disant nouveaux philosophes comme Bernard Henri Levy, Glucksmann, Finkielkraut, Pascal Bruckner tous d'anciens maoistes.!! D'accord ils se sont rétractés mais ils se sont bel et bien drôlement trompés à un moment donné. Le moindre paysan de contrées reculées de France ou de Suisse ont plus de bon sens que tous ces intéllectuels qui ont eu le cerveau tordu sans doute par excés de travail intellectuel et de concours entrainant une perte du sens commun.
Et j'entendais récemment dans l'émission "Du grain à moudre" de France Culture une intervenante qui déplorait que tous ces élites des années 80/90 qui à 90% étaient tous gauchistes et sensés donner l'exemple aux citoyens de seconde zone que nous sommes peut être et qui s'étaient tous lourdement trompés.
Tous ces gens qui ont encouragé la société à se diriger vers le communisme ou pire le maoîsme se sont peut être trompés mais sachant où ces régimes ont entrainé des millions de gens vers une mort prématurée je considére que finalement ce sont des criminels intellectuels tous comme lénine, Staline, Pol Pot, Ho Chi Mig, qui au départ étaient des intellectuels mais qui eux ont réussi dans leur perversité. C'est une chance que les nôtres n'ont pas réussi!!!

Écrit par : hervé | 25/06/2008

Bonjour Mr. ADLER

Je voudrais savoir ou je peux avoir des informations sur les Brigades Internationales, car je cherche des informations sur mon oncle Leo GOLDSZTEIN qui est parti en Espagne de Paris. Son nom est dans le livre de Martin SUGERMAN faisant parti du groupe polonais.

D'avance merci,

Jean GOLDSZTEJN

Écrit par : jean goldsztejn | 21/08/2013

Bonjour Mr. ADLER

Je voudrais savoir ou je peux avoir des informations sur les Brigades Internationales, car je cherche des informations sur mon oncle Leo GOLDSZTEIN qui est parti en Espagne de Paris. Son nom est dans le livre de Martin SUGERMAN faisant parti du groupe polonais.

D'avance merci,

Jean GOLDSZTEJN

Écrit par : jean goldsztejn | 21/08/2013

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