07/12/2008

Business Week et Paul Nawrocki

J’ai un nouveau héros, et son nom est Paul Nawrocki. Paul est un pur new yorkais de 59 ans, que l’accent traînant et nasal trahit autant que le complet bleu marine et le latte qu’il sirote dans une tasse en carton. Il y a 36 ans que Paul bosse dans l’industrie du jouet en qualité d’administrateur. Il raconte dans cet interview à Business Week, mais aussi sur CNN et dans plus en plus de médias, comment, depuis des années et avec une lugubre fréquence, il est entré dans des entreprises puis a dû en sortir le jour où celles-ci ont fait faillite. Il a même pris l’habitude de balayer et de fermer la porte derrière lui, dit-il sans rire.

 

Seulement voilà, en février de cette année, lorsque la énième boîte où Paul bossait a fait faillite, il n’a pour la première fois pas retrouvé d’emploi. Sa femme est malade et son traitement coûte cher, et sa fille, bien que très douée dans ses études, ne trouve pas d’emploi non plus. Après des mois et des mois de recherche infructueuse, conscient des poids conjugués de la crise et de son âge, il a décidé de prendre le taureau par les cornes. C’est ainsi que, depuis début novembre, Paul se poste devant la Grand Central Station de Manhattan avec un panneau d’homme-sandwich sur lequel il est écrit : almost homeless, ou presque SDF. Et il distribue son CV aux passants. Désormais les gros médias s’en mêlent, lui offrant un début de célébrité qui, à n’en point douter, finira bien par lui résoudre ses problèmes.

 

Le courrier de lecteurs de l’article que Business Week consacre à Paul donne un instantané de la crise d’une rare acuité. Car ce que Paul révèle au grand jour, c’est que la crise est bien là, et qu’elle va faire très, très mal. Lorsque la crise des subprime a commencé en automne 2006, on a cru que cela se circonscrirait aux seuls USA. Et puis, lorsque la crise financière a atteint le reste du monde, on a dit – et j’en fais partie, de ce pudique « on » - que la crise économique n’était pas certaine, que cela pourrait bien demeurer une crise purement financière. Le doute n’est plus permis lorsqu’on voit et qu’on écoute Paul : la crise est là, et elle ne fait que commencer. Paul Nawrocki, avec son panneau et ses CV, donne un visage et une voix à la crise, comme les clichés noir blanc de Dorothea Lange donnèrent corps à la Grande Dépression des années 30.

 

Ce soir, j’ai autant de raisons d’être pessimiste que d’être optimiste. Je me sens pessimiste parce que, en dépit de la sympathie sincère qu’il m’inspire, Paul, comme la plupart d’entre nous, a lié son destin à celui de grandes entreprises sans nom, sans visage et sans loyauté. Rien, absolument rien de bon ne peut, sur le long terme, provenir d’un tel esclavage volontaire. Avec son panneau, Paul m’émeut plus qu’il m’inspire : c’est tout un monde qui s’écroule avec lui, l’employé modèle, le travailleur discipliné, prêt à s’humilier pour retourner à la chaîne de production. Et il y a peu de chances pour que ce monde-là, le monde de Paul, notre monde, même s’il sursaute encore quelques années avec l’illusion de sa propre santé, puisse jamais revenir aux jours de sa gloire passée.

 

Mais je suis aussi optimiste, parce que, justement, malgré son âge, malgré sa situation, malgré son honneur, Paul tente le tout pour le tout. Il le fait parce qu’il n’a plus d’argent, mais – et c’est peut-être sentimental de ma part – il me donne surtout l’impression de le faire par amour pour sa femme et pour sa fille. Alors l’Amérique est probablement dans une merde indescriptible, et nous aussi. Mais tant qu’il y aura des Paul Nawrocki, tout n’est pas complètement perdu.

22:57 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (44)

Commentaires

vous uitilisez un terme interessant ici. vous dites que Paul est pret a "s'humilier". Alors certes, se promener avec un panneau sandwich n'est jamais tres glorifiant surtout lorsque l'on parle de soi.
Neanmoins, il n'est pas anodin que cela se passe aux Etats-Unis. En effet, les Etats-Unis sont un pays de pionniers. Et trois cents ans apres les premiers pionniers, cet esprit est toujours la. Si le monde s'ecroule, si on perd tout, sa recolte, son boulot, sa maison, etc. on retrousse ses manches et on recommence.
La vie a des hauts et des bas et les Americains le savent mieux que quiconque. Combien d'ingenieurs ont preferer quitter leur pays pour devenir chauffeur de taxi a New York. Les Americains eux-meme ne voient pas d'un mauvais oeil quelqu'un perdre son emploi et recommencer en bas de l'echelle. Personne n'est jamais ravi de le faire, bien entendu, mais aux Etats Unis, ils acceptent que, pour citer l'auto-collant populaire, "Shit Happens".
En Europe, du a un melange d'histoire et de systeme politique, nous ne pouvons pas envisager de redescendre. Redescendre, c'est ici une honte. La-bas, c'est un soucis (moins d'argent, travail moins interessant et plus fatiguant peut-etre) mais ce n'est nullement considere comme une honte. Tout le monde sait que la foudre peut le frapper et dans un pays ou le risque est accepte car etant le revers de l'opportunite, personne ne regardera de haut quelqu'un qui a du redescendre les echelons. D'une part, car cela peut arriver a tout le monde, d'autre part car il n'est jamais interdit de penser qu'il les remontera bien un jour.
En Europe, nous avons vecu avec l'illusion que le risque pouvait etre reduit de plus en plus et dans plus en plus de domaines, a tel point que celui-ci, plutot que d'etre un simple factieur dans la vie, est considere avec effroi.
En Europe, Paul serait evidemment a l'ANPE. Certes, il chercherait un travail mais une petite voix lui dirait qu'il n'a rien a craindre, que l'Etat en fin de compte ne le laissera pas mourir de faim.
Paul prend son destin entre ses main car l'Etat providence, aux Etats-Unis, n'est pas aussi puissant.
Au risque de faire du cliche, je vais donner deux citations de JFK:
"My fellow Americans, ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country." ou encore "Do not pray for easy lives. Pray to be stronger men."
Et c'est justement cette attitude de pionniers, ce profond pragmatisme , cette conviction que, pour y arriver, il n'y a pas de route facile qui, a la fin, sortira les Etats-Unis de cette crise.

Et malgre les cassandres, je pense que la domination Americaine a encore de tres beaux jours devant elle, car justement Elle est peuplee de gens comme Paul qui, quand ils sont a terre, ne cessent de se relever.

Écrit par : Carl Schurmann | 08/12/2008

Le romantisme de votre description arracherait des larmes au sociologue le plus neurasthénique. Bien entendu, elle a autant en commun avec les vrais Etats-unis qu'un discours de Blocher avec la vraie Suisse.

Il serait intéressant peut-être de s'interroger sur les raisons qui poussent certains Européens à se construire une Amérique imaginaire, comme un miroir fantasmatique, et sur la fonction qu'elle joue dans le maintien de leur équilibre cognitif.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 08/12/2008

Entièrement d'accord avec Carl. Quand à Stéphane et au maintien de notre équilibre cognitif, je suppose que ce discours hautain et donneur de leçons, comme l'est généralement ce type de discours, ne fait qu'ajouter à mon dégoût, non, à ma haine de la sociologie dont je suis sûr, pour l'avoir étudiée, qu'elle finira un jour par subir et provoquer les mêmes faillites que les dettes titrisées. Tant qu'on parlera des individus et des groupes d'individus comme autant de masses calculables, chiffrables et pesables, et cela dans un jargon masturbateur et volontairement exclusif desdittes masses, on préparera la prochaine guerre civile avec plus de sûreté et d'efficacité que les discours populistes les plus enflammés. Des équarrisseurs, voilà à quoi me font penser les sociologues qui se penchent sur nous.

Écrit par : david laufer | 08/12/2008

Carl a fait un juste déscriptif,très fidel de la mentalité américaine.

D.J

Écrit par : D.J | 08/12/2008

Le discours que vous tenez en réponse à Stéphane m'explose à la figure. Je suis hydrogéologue, j'ai du implanter ou être responsable de l'implantation de 800 ? forages équipés en Afrique et je suis au chômage. Durant les 15 dernières années, il a fallu se battre contre les sociologues. Au début, personne be savait ce que c'était. On forait, on équipait, on délivrait le forage aux populations et on partait forer ailleurs.
Puis un premier sociologue est apparu. Faisant remarquer que les villageois ne s'occupaient pas de la maintenance. Alors on a créé des comités de points d'eau, avec surtout le nec plus ultra, l'élément rare, le diamant absolu, la solution finale, DES FEMMES !`La déification des femmes (sans aucun effet sur les populations locales autres que le mépris de ces projets...) a servi la prise de pouvoir des sociologues. Il fallait éliminer les techniciens et embaûcher toujours plus de "sociologues". Ceux-ci sont arrivés à la direction de la DDC et depuis, celle-ci ne s'intéresse qu'à la formation de formation de formation de formateurs...
Sur le terrain, il m'est arrivé plusieurs fois de débarquer dans un village avec une équipe de géophysique pour voir que le sociologue avait déjà "implanté" un point théorique où les villageois voulaient leur forage. Imaginez le débat.
Rentré en Suisse, je ne peux constater que ces tendances vicieuses prennent le pas sur le simple bon sens. Cette idéologie sert de voie royale pour pénétrer en Europe pour les émigrés d'Afrique, pour les artistes de tirer des subventions de l'Etat, pour ne pas punir les criminels, etc...
Si vous voyez un bulletin de chèque postal de Helvetas pour l'eau avant Noël, dites-vous bien que ce n'est qu'une pure escroquerie et que votre argent ne servira qu'à payer l'hôtel 5 * pour des experts à 1000-2000 dollars par jour pour faire les fanfarons sur leur connaissances de l'eau...

Écrit par : Géo | 08/12/2008

Geo, où diable étiez-vous donc planqué? En relisant ma petite tirade ce matin, je ne suis pas fier de mon ton, trop agressif et vindicatif. Mais il est vrai que la sociologie a le don de me mettre hors de moi. Comme le répétait Mermet dans "Carabine FM" (chacun ses références) il y a une vingtaine d'années sur la TSR: C'est quand même pas une petite étudiante en sociologie qui va venir foutre le bordel dans mon bordel, bordel.

Écrit par : david laufer | 08/12/2008

Sauf que moi, ils m'ont shooté en dehors du jeu. Le jour où cela vous arrive, vous me reparlerez de " trop agressif et vindicatif"...
Il parait qu'en Australie, ils ont encore besoin de gens sérieux qui ne pensent pas qu'à causer de l'eau, mais en trouver...

Écrit par : Géo | 08/12/2008

Bonsoir,

Vos notes m'intéressent. Pourrions-nous collaborer ?

Merci beaucoup

Laurent Leloup
Resp. développement

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Écrit par : Laurent Leloup | 08/12/2008

Désolé, David, Carl nous a gratifié par le passé de commentaires intelligents, mais sur ce coup-ci, il nous a fait une carte postale. Quand un homme déchoit trop de son niveau habituel, on a le droit de le lui faire remarquer avec une ironie amicale.

Quant à votre réaction, elle est plutôt commune ; les sociologues, me suis-je laissé dire, y voient un réflexe d'autodéfense. Mais je suppose que leurs raisons ne vous convaincront pas.

Vous devriez tout de même avoir une meilleure économie de vos sentiments ; il y a bien d'autres choses dans le monde à haïr d'abord.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 08/12/2008

Cette différence entre l'Amérique et l'Europe lorsqu'il s'agit d'évaluer le parcours réalisé et ce qui peut être envisagé pour l'avenir me rappelle les réflexions de Denis de Rougemont dans "L'Amour et l'Occident" par rapport au mariage. Ce qui est une déchéance et un échec pour les uns représente un recommencement pour les autres.

Écrit par : Inma Abbet | 08/12/2008

Erreur : dans le texte de Rougemont, il ne s'agit pas du mariage mais du divorce, et de la facilité supposée avec laquelle les Américains pouvaient se remarier. Ce principe être ramené au travail et à d'autres aspects de la vie.

@Géo, ne croyez-vous pas qu'ils vont finir par faire appel à vous, ou à d'autres comme vous, quand ils auront fini de causer sur l'eau?

Écrit par : Inma Abbet | 08/12/2008

"Ce [divorce] qui est une déchéance et un échec pour les uns représente un recommencement pour les autres." Et pour d'autres encore, un soulagement sans intention de recommencer.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 08/12/2008

Crise ou pas crise?
((Car ce que Paul révèle au grand jour, c’est que la crise est bien là, et qu’elle va faire très, très mal. Lorsque la crise de la subprime a commencé en automne 2006, on a cru que cela se circonscrirait aux seuls USA. Et puis, lorsque la crise financière a atteint le reste du monde, on a dit – et j’en fais partie, de ce pudique « on » - que la crise économique n’était pas certaine, que cela pourrait bien demeurer une crise purement financière. Le doute n’est plus permis lorsqu’on voit et qu’on écoute Paul : la crise est là, et elle ne fait que commencer.)) Réponse à cette phrase de David Laufer. . .
l y a une crise encore toute relative en Europe et elle est pour l’instant ponctuelle là où par exemple de grosses entreprises comme celles de la construction des voitures, obligées de fermer leurs portes pour quelques semaines faute de commandes entrainant évidemment la sous-traitance. Les employés de ces entreprises surement ont le sentiment d’une crise. Pour cet américain qui porte un panneau dans le dos pour crier sa détresse idem. Mais pour la majorité des citoyens, la crise reste pour l’instant très virtuelle dont le caractère dramatique est surtout entretenue à grandes louchées par les médias qui voient là encore un moyen de vendre facilement leurs feuilles de choux ou à augmenter leur audimat car le catastrophisme est toujours bien plus porteur que l’optimisme. On aime se gargariser de malheurs. Dire que « tout va très bien madame de la marquise » n’intéresse personne.
Je donne un exemple. Souvenez-vous il y a très peu de temps la grosse montée du prix des carburants. Qu’est ce que l’on a pas entendu de la part des médias qui nous décrivaient des tableaux apocalyptiques pour un avenir proche : la fin des réserves de pétroles, la fin des voitures, des voyages, peut être même un début de disettes par manque de transport des denrées de première nécessité. Et puis on en a rajouté avec la fin des matières premières avalées par les gros pays émergeant, la raréfaction des produits agricoles car trop de plantations destinées à la fabrication des biocarburants. On a même supprimé les jachères. Résultat l’année 2008 a été tellement bonne qu’il y a désormais surproduction de tout et évidemment baisse des prix.
Et puis nos plus fins économistes nous ont affirmé que la fin des réserves de pétrole n’est pas pour demain mais attention la fin du pétrole bon marché alors là pas d’illusion c’est la fin. Plus jamais on ne verrait le pétrole bon marché c’était une certitude et tout le monde c’est laissé prendre. D’une certaine façon le raisonnement semblait logique.
Mais voilà patatraque personne ne l’avait vu venir cet effondrement du prix du pétrole. Le litre de gazole que je payais il y a quelques semaines 1.57 euros est retombé à moins d’un euro à la grande joie de tout le monde.
Et vous voyez beaucoup de médias parler de cette heureuse nouvelle, pratiquement personne. Qu’est ce que l’on va aller embêter les gens avec des bonnes nouvelles. Aucun intérêt !
Dans ces conditions j’ai des doutes sur un avenir noir de l’humanité due à cette « Crise » où tous les prix s’écroulent à la production actuellement. L’OPEP menace de freiner le pompage, les paysans hurlent sur la baisse des prix agricoles, gaz de France ne veut pas scandaleusement baisser le prix du gaz qu’ils ont su si rapidement augmenter. Cette bonne nouvelle les embête au plus au point. !
Regardez autour de vous surtout en Suisse : circulation énorme et j’en suis sûr consommation à outrance. Ici en France pour les fêtes de fin d’année c’est du délire et les gens voyagent de plus bel. Il faudra un sacré moment pour réduire à néant cet énorme volant de bien être qui règne actuellement en Europe et dont personne ne semble avoir conscience.
Bien sûr tout peut arriver, même une grosse météorite ou un monstrueux volcan qui mettraient la terre à néant ou une folie des hommes comme cela est souvent arrivé. La crise tout relative pour la majorité est ponctuelle. Bien sûr qu’il ne faut pas se trouver dans les niches économiques à problème et il y aura toujours des gens en état de précarité. Mais la grande majorité des occidentaux reste dans une situation très satisfaisante malgré cette «CRISE ». Alors on peut toujours gloser sur l’avenir, parler au conditionnel, ça ne va pas durer etc ... A mon humble avis, je vous parie comme pour toutes les autres catastrophes annoncées que d’ici un an on ne parlera plus de cette crise.

.

Écrit par : hervé | 08/12/2008

Cette crise est une crise de surconsommation de medias. Les journalistes sont des virus ou des bactéries qui infectent le corps social pour pouvoir se développer, et comme le dit Hervé, ce ne peut se faire qu'avec de mauvaises nouvelles. Ils sont aidés par d'autres germes malins qu'on appelle corps judiciaire, ou 3ème pouvoir, qui se sait hors d'atteinte du politique, ce qui lui donne tous les droits contre le peuple. Ces deux pouvoirs se cooptent et s'entraident pour démolir les fondements de la vie du corps social. Le crime devient un bienfait (chronique de Mzelle Bridel samedi matin passé), le professeur de droit Kuhn à Lausanne pense qu'il ne faut pas punir les criminels, c'est contraproductif (!), le député socialiste Pascal Holenweg (en anglais : Hellway...)nous dit que les prisons sont inutiles et que les pauvres recrues valaisannes qui ont eu le tort de se défendre contre la racaille communiste le 9 novembre 1932 sont des criminels : tous ces braves gens veulent faire marcher le monde la tête à l'envers.
Notre monde pue les années 30, et on comprend ainsi nettement mieux la raison d'être du fascisme d'alors. On y court à grandes enjambées, et j'en connais qui devront bientôt éviter soigneusement les réverbères.

Écrit par : Géo | 08/12/2008

Chers amis,

A voir les reactions que j'ai suscite, je ne sais si je dois me feliciter ou me repentir d'avoir ecrit ma contribution.
Je souhaiterai toutefois clarifier ceci. Je n'ai effectivement jamais habite aux Etats-Unis mais a chaque fois que j'y suis alle, j'ai ete enthousiasme par ce pays. Je suis loin de penser qu'il est parfait mais c'est un pays dont je me retrouve dans les valeurs.
Je me rappelle en France il y a quelques annees, il y avait eu une forte tempete qui avait fait de nombreux degats materiels. Les Francais ou plutot certains Francais ont manifeste le lendemain contre le gouvernement. Alors, bon, certes, ils n'accusaient pas directement le gouvernement de la tempete, mais tout de suite c'etait au gouvernement de payer.
Je ne dis pas que le gouvernement ne doit pas necessairement mettre la main a la poche. Mon reproche est qu'en cas de pepin, la premiere idee qui passe par la tete est de se tourner vers le gouvernement.
Je ne suis d'ailleurs pas loin de penser que ce ce genre de mentalite qui permet a un gouvernement d'ammasser une quantite invraisemblable de pouvoir qui lui permet ensuite de ne plus le rendre.
Les seuls dictateurs aux Etats-Unis sont sortis de l'imaginaire d'auteurs de science-fiction ou de BD (genre XIII). La constitution des Etats-Unis, "Land of the Free", contient en elle-meme un les gardes-fous qui interdisent au gouvernement de prendre le pouvoir. Et particulierement le deuxieme amendement.
Dans un autre domaine, aux Etats-Unis, il est permis d'acheter un bon nombre de medicaments directement sans prescription. Je multiplierais les exemples mais je souhaite simplement mettre en lumiere que les Etats-Unis considere ses citoyens comme des etres responsables et le gouvernement a un role minimal a jouer. En Europe, nous avons une vision plus maternel du role du gouvernement.
Cela a de bons cotes sans doute et il va de soi que si je me retrouvais dans le petrin, ce serait sans doute plus confortable et facile en Europe.
Mais je pense neanmoins que le systeme Americain qui, en caricaturant, laisse chacun se debrouiller, permet a plus d'energie de se degager, par necessite.
Pour en revenir a notre Paul, je trouve egalement interessant qu'il ne demande pas d'argent ou de nourriture, il distribue son CV. Tout un symbole

Écrit par : Carl Schurmann | 09/12/2008

@Geo. D'abord, une pensée de sympathie pour votre situation (décrite dans votre premier commentaire), qui visiblement et c'est normal, vous pèse... Sinon, lorsque vous écrivez "pour les artistes de tirer des subventions de l'Etat", il serait plus juste d'écrire CERTAINS artiste... Je suis très bien impayé pour le savoir! A l'inverse des petits représentants de commerce de la culture suisse de pro-helvetia, dont par exemple, un ex-alternatif/POP (candidat malheureux dans les années 80 à la municipalité de Lausanne), passa toute une soirée (période nöel 1999), à se vanter de ses 15'000 francs de salaire mensuel et à mépriser ouvertement les artistes présents, dont une de ses connaissances, un artiste-enseignant aux "Beaux-arts" (pas encore ECAL), de sa vie "étriquée", etc. Voilà, le genre de cynique qui sévissait alors, et bien que n'ayant plus participer depuis à de telles "mondanités", je doute que la situation pro-helvetique ait évolué, sauf peut être la hausse salariale de ses membres...
Ah, ces artistes, tous des aigris!

Écrit par : MADMAX | 09/12/2008

Un petit livre, facile à dissimuler aux yeux de votre futur licencieur, à tous ces psycho-quelkchoz de l'économie, et à votre coach personnel en ressources humaines, à votre ORPiste, à votre chef de parti, votre député, à votre conjoint(e), à maman, à papa, au prof, à votre grand-papa, à tonton, à tata, à ratata... Et surtout, surtout à ceux qui bénéficient de votre labeur, les Actionnaires, votre Patron, ces gens pas fonda mentalement ignobles qui nous entourent, mais qui "font ce qu'ils ont affaire" et fatalement "pour votre bien"! Ensuite, prolongez la réflexion, et n'y retournez pas!
Bon je vous donne (gratuitement) le titre, la référence et je tire mon aile...
"Travaillez, moi? jamais!" du calme, c'est le titre! Pour ceux qui ne se sont pas déjà évanoui sur leur clavier :
l'auteur : Bob Black
l'éditeur : l'esprit frappeur (!)
Le prix? env 3fr.

Écrit par : nomorework09 | 09/12/2008

Précision pour Inma : j'avais fait mon mémoire d'hydrogéologie sur Hydrorhône, excellent projet combattu par les écolos - nul ne saura jamais pourquoi, peut-être préfèrent-ils les centrales nucléaires ou à charbon ???- et par les paysans valaisans : alors là, simplement pour tirer des subventions à la moindre apparition de problème, qui aurait inéluctablement été mis sur le dos d'Hydrorhône..

Ce projet a été abandonné et mon employeur n'avait donc plus de travail pour moi. Tant mieux, cela m'a permis de travailler environ vingt ans en Afrique.
Le hic, c'est que depuis on s'est aperçu que le Rhône était dangereux (ce que disaient déjà les géologues en charge du projet Hydrorhône) et on a trouvé 1 milliard de CHF sur 30 ans (3ème correction) pour refaire ses berges, MAIS SANS BARRAGES... En d'autres termes, les inconvénients d'Hydrorhône mais sans les avantages. De plus, cette contradiction tout de même assez énorme est apparue dans la tête de certains, et on ressort les projets des paliers Massongex et Illarsaz...
Il faudra surveiller ce que l'Etat va faire à ce propos. Toutes les études ont été faites et refaites. Auront-ils le culot de faire refaire ces études qui coûtent des millions juste pour les attribuer à leurs copains-coquins actuels ?

Écrit par : Géo | 09/12/2008

@ Carl,

Si ce n'est pas fait,je vous recommande de lire l'ouvrage de Guy Sorman"Made in USA" ed.Fayard.Ou retrouver l'auteur sur son blog sur le site de l'Hebdo.

D.J

Écrit par : D.J | 09/12/2008

A part cela, vos prédictions d'explosion d'extrême gauche se réalisent en Grèce et tous les ultragauches d'Europe et de Suisse commencent à collectionner les pavés. Et quels sont les commentaires des journalistes de RSR ? Elles n'en peuvent plus de mouiller leur slip...

Écrit par : Géo | 09/12/2008

Reponse à Carl
Bravo vous ne faites pas de l'anti-américanisme ce qui est relativement rare chez les intellectuels. On critique les américains à outrance parce qu'ils sont les plus puissants .En France l'anti-américanisme a déjà débuté au 19 siècle quand sa puissance émergeante commençait à faire de l'ombre à la première puissance au monde qu'était la France, je parle des époques avant 1870. Donc dans l'anti-américanisme pointe le spectre d'une certaine jalousie et je n'ose pas évoquer l'anti-américanisme qui règne chez les bobos parisiens gauchistes. Cela frise carrément le ridicule. Vous allez voir si Obama est non interventionniste comme cela va hurler dans les chaumières. Qu'ils interviennent ou non ce sera le même sentiment d'outrage et d'indécence ressenti par les européens!
Non, l'Amérique est très loin d'être détronée. Un ordre de grandeur, ils possèdent plus d'une dizaines de portes avions pendant que la France a du mal d'en avoir un. Et c'est tout à l'honneur des américains de ne pas abuser de leur force comme le faisaient dans le temps les puissances dominantes

Écrit par : hervé | 09/12/2008

"Et c'est tout à l'honneur des américains de ne pas abuser de leur force comme le faisaient dans le temps les puissances dominantes"

Ah parce que l'expédition coloniale en Irak, ce n'est pas abuser de sa force ?
Envahir un pays pour lui voler ses richesses serait donc selon vous une politique que l'on pourrait soutenir ? C'est le grand honneur de votre président Chirac d'avoir essayé de s'opposer à cette ignominie, qui va faire tache sur l'honneur de l'Occident pour des décennies, parce que ces peuples ne font pas la différence entre nous et les Américains. Allez le demander aux Madrilènes ou aux Londoniens, s'ils sont contents de mourir pour Halliburton, Bechtel ou Blackwater.
Et par pitié, ne nous sortez pas le couplet "Saddam dictateur". Les USA se sont fait une spécialité de soutenir les pires tyrans de la planète, dont Saddam Hussein lui-même quand cela les arrangeait. Le véritable anti-américain, c'est G.W. Bush, qui a mené cette opération de banditisme international pour gonfler ses caisses personnelles du côté de Halliburton (par Cheney interposé). Plus de 5000 soldats américains et plus de 1 200 000 Irakiens sont morts juste pour l'enrichissement du clan Bush.

Écrit par : Géo | 10/12/2008

"Et par pitié, ne nous sortez pas le couplet "Saddam dictateur". Les USA se sont fait une spécialité de soutenir les pires tyrans de la planète, dont Saddam Hussein lui-même quand cela les arrangeait"

C'est bizzard,quand les américains ce sont alliés est on soutenu l'URSS,pour vaincre le nazisme,personne ne s'offusque de cette alliance avec une dictature,vu que celà nous a concernés directement

Il est évident que celle de Saddam ne concernait que les Irakiens,alors pour ça rien à foutre.

Et comme je le répète,pour qu'il aie plus de 1 millon de mort civils irakiens du à la guerre,il aurait falut une moyenne de 500 morts par jours y compris 2008.Les civils furent surtout victimes d'attentats terroristes.Vos 1 millon Géo ne tiennent pas la route.Les vrais chiffre se situe à environs à 80'000 morts,même le chiffre de 600'000 retenu par la revue GB Lancet n'est plus d'actualité depuis longtemps.

"C'est le grand honneur de votre président Chirac d'avoir essayé de s'opposer à cette ignominie,"

Si il y a bien un type qui à soutenu Saddam,c'est bien Chirac,quand il était premier ministre.Les dictateurs arabe on été sa spécialité. A l'époque W.Bush n'était pas président.Il n'est pas responsable de ses prédécesseurs.

D.J

Écrit par : D.J | 10/12/2008

"Il est évident que celle de Saddam ne concernait que les Irakiens,alors pour ça rien à foutre."
Pas du tout, puisqu'il a surtout tué des Iraniens pour le compte des Américains...
"Si il y a bien un type qui à soutenu Saddam,c'est bien Chirac,quand il était premier ministre"
Et il avait bien raison ! Saddam était un brave bon papi à côté des autres dictateurs soutenus par les US ! Sa pendaison est purement et simplement un assassinat.

"C'est bizzard,quand les américains ce sont alliés est on soutenu l'URSS,pour vaincre le nazisme"
Hitler est une créature des Américains, qui l'ont soutenu militairement jusqu'aux derniers jours (la banque à Bâle, avec un nazi et un Américain, les moteurs des avions et des camions...). Hitler est celui qui devait liquider les Rouges. Malheureusement, il a fait quelques fioritures imprévues du côté des Juifs...

Écrit par : Géo | 10/12/2008

"Et il avait bien raison ! Saddam était un brave bon papi à côté des autres dictateurs soutenus par les US ! Sa pendaison est purement et simplement un assassinat."
Son procèe et sa pendaison l'été par un tribunal civil indépendant et reconnu par la communauté international.Il fut reconnu coupable d'avoir massacré des milliers civils irakiens.

Les américains ont toujours cherchés des alliés pour combattre la menace prioritaire.Vous pouvez désaprouver leurs méthodes,mais si le monde n'est pas communiste,nazi est bientôt islamistes,c'est bien grâce à eux et non à tout ces gogos qui passent leurs temps à les insulter sans rien comprendre.Munichois un jour,Munichois toujours!

Quand à Hitler une créature des américains,là franchement vous passer la ligne rouge de la niaiserie pathétique.Faut un peu vous renseigner sur les raisons et les causes de la montée du nazisme et du fascisme en Europe.Et les accords de Munich n'ont pas concerné les Américains. Quand au soutient de l'effort de guerre nazi,il s'agissait d'entreprise privées et non de la diplomatie américaine.Il fut pas si longtemps,c'était la Suisse le grand coupable qui a soutenu le nazisme au point d'avoir ralongé de 1 à 2 ans la guerre. Les coupables changent,mais les révisionnistes restent.

D.J

Écrit par : D.J | 10/12/2008

Paul Nawrocki expériemente une façon haibtuellement réservée à l'un des plus vieux métiers du monde pour se trouver un job, sans avoir peur de dire qu'il est au chômage. Quand on est au chômage, le problème est que l'employeur potentiel risque d'en profiter pour diminuer l'offre de salaire.
Dans ce cas précis, comme il l'a crié haut et fort, si on lui fait une proposition qu'il refuse, il se met dans une situation impossible à cause des retombées. je serai curieux de savoir si sa démarche donne le résultat attendu.
En terme de négociation d'embauche en tous cas, ce n'est pas forcément le meilleur moyen.

Faudra-t-il vraiment se promener à la sortie de Gare pour trouver un job ?

Écrit par : Greg | 11/12/2008

"mais si le monde n'est pas communiste,nazi et bientôt islamiste "
(j'ai corrigé pour que l'on puisse comprendre )
Nazi : c'est Hitler qui a déclaré la guerre aux Américains et non le contraire...
Communiste : disons que l'impérialisme américain a pris le dessus sur l'impérialisme soviétique...
Islamiste : alors là, maldonne complète : l'invasion de l'Irak a boosté le terrorisme partout dans le monde. Etait-ce le but ? Cela m'étonnerait...

Écrit par : Géo | 11/12/2008

@Greg: Paul Nawrocki se soucie fort peu de négocier quoique ce soit, il veut d'abord survivre. Il préfère donc quelque chose à rien du tout. Dans un pays qui est en train de voir son chômage exploser et la dépression s'installer, négocier son salaire lui est aussi étranger que contre-productif. Et puis il a déjà gagné son pari de toute façon: on parle de lui dans le monde entier, et à notre époque, il l'a bien compris, c'est d'une importance capitale.

Écrit par : david laufer | 11/12/2008

"Faudra-t-il vraiment se promener à la sortie de Gare pour trouver un job ?"

Je n'en sais rien, mais l'avenir proche nous résèrve des surprises. Le passé récent nous prouve avec une clarté effrayante que tout est devenu possible. Numérotez vos abattis.

Écrit par : david laufer | 11/12/2008

Mais est-ce que vous n'avez pas de doutes sur la réalité de cette crise, DL ? Une bulle financière mondiale a explosé, mais la courbe va reprendre petit à petit...
Ceux qui vont le plus souffrir ici, c'est les constructeurs de villas. Mais cela se voyait depuis des mois : le rythme était devenu simplement fou. Le tourisme, les loisirs, le luxe de classe moyenne, tout cela va freiner. Les enfants suisses n'auront pas 200 jouets à Noël, mais seulement 100...

Quel drame atroce !

Écrit par : Géo | 11/12/2008

J'ai longtemps cru à cette possibilité (relisez mon billet sur l'orage catholique), mais, sans l'exclure tout à fait, je ne la privilégie plus du tout. Ce qui se passe aux USA fait désormais partie de l'histoire par l'ampleur des dégâts enregistrés. Or, nous le savons désormais, tout ce qui se passe là-bas arrive un jour ici. Et si l'économie américaine perd 1/2 million d'emplois en un mois, voit ses fleurons industriels et financiers s'écraser, son déficit exploser, je vois mal, très mal, comment nous nous en sortirions avec quelques egratignures seulement. Je ne dis pas que nous allons tous aller à la soupe populaire, mais je n'exclus plus du tout qu'une récession majeure nous frappe.

Et je n'ai pas parlé de ce qui est en train de se passer en Chine. Et je tiens de source sûre que c'est la catastrophe: 70'000 entreprises ont fait faillite depuis trois mois, et les chômeurs emplissent les villes. Si l'atelier du monde, qui se trouve être également le banquier des USA, se casse la gueule, je ne vois pas beaucoup de raisons d'être très optimiste. Mais je laisse la porte ouverte à la bonne surprise.

Écrit par : david laufer | 11/12/2008

Vous avez observé la courbe des valeurs en bourse ? Des montagnes russes. Même les valeurs refuge comme Nestlé. Est-ce que ce n'est pas un artefact du à l'irrationalité des courtiers ? Je ne connais en principe pas grand'chose à l'économie mais disons que je me mets dans la peau d'un passager dans un avion dont le pilote est mort. (les courtiers sont devenus fous : le Dow Jones + 10%, -10%...). Il y a énormèment de valeurs pourries (invendables) d'un côté, mais de l'autre énormèment de valeurs solides. Les êtres humains sont toujours là, ils travaillent, produisent et consomment. Et il reste des fortunes à placer...
Par la force des choses, appellons cela l'entropie ou la loi de Chatelier, le marché des valeurs va bien finir par retrouver un certain équilibre, (aussi vrai que le réchauffement de la planète va faire que l'on brûlera moins de HC pour se chauffer et donc...) et l'économie va retrouver des fondements "réels". Et donc la courbe reprendra une pente positive, et peu à peu des petits malins redécouvriront les mathématiques financières, etc... etc...
C'est ainsi que cela se passera. Mais ce qui est sûr, c'est que ce processus a une fin si on le pousse aux limites.
Il nous faudra une bonne guerre...
C'est pour cela qu'il nous faut garder une armée, Vincent Rossi.

Écrit par : Géo | 11/12/2008

Nous avons, ces temps-ci, clairement plus de raisons d'être pessimistes qu'optimistes. Le bail-out automobile américain vient d'être rejeté par le sénat US. GM, c'est 700'000 emplois, et de chaque emploi GM dépendent 7 emplois aux USA. 5 millions d'emplois sont donc menacés directement aujourd'hui, et ca n'est qu'un des Detroit 3. Le "credit crunch" est en train de plonger un nombre sidérant de hedge funds et de fonds de private equity à la faillite, ce qui ne fait rien à leurs dirigeants, rassurez-vous. En quelques semaines, c'est de centaines de hedge funds qui ont fermé. J'en tire la conclusion intermédiaire suivante: à la fois le muscle (l'industrie) et le réseau sanguin (la finance) sont profondément malades, grangrénés par de puissants virus. On est donc passé d'une crise strictement financière à une véritable crise systèmique. Et pour assainir le système, il faudra du temps et beaucoup, beaucoup de sacrifices.

Écrit par : david laufer | 12/12/2008

@ David : "fleurons industriels et financiers" : fleurons, faut le dire vite : une industrie automobile avec vingt ans de retard conceptuel, un secteur de l’aéronautique militaire (en l’occurrence, un pléonasme tellement les deux sont intrinsèquement lié) en dessous de toutes les normes de rentabilité, dégageant une contre-productivité, un gaspillage et un risque systémique rarement vu (le F-22 qui n’arrive pas à se vendre, le F-35 qui est la version postmoderne du hollandais volant, des risques de faillite de Boeing, Lockheed martin et co, le cœur du complexe militaro-industriel américain qui risque de faire faillite si l’Etat ne continue pas à soutenir ce qui est une industrie nationalisée depuis 1942, des milliers d’emplois qui passerait en ce cas à la trappe... Sans donner dans le ceci versus cela, un point de comparaison utile(mais pas le seul) est la situation, guère brillante certes, d’Airbus ou de Dassault avec son Rafale, qui ont des avions à des prix encore relativement abordables, mais qui surtout si ils n’arrivent pas à vendre leur dernières réalisations, ne mettraient pas en jeu la structure même du travail et du tissu industriel comme au USA... Ces derniers sont face à un problème insoluble : faire des économies dans le secteur de l’armement et des guerres extérieures, et voire l’industrie aéronautique suivre l’industrie automobile (vers le crash) et faire exploser le chômage au taux de la Grande Depression, ou continuer à soutenir l’industrie nationalisée de l’armement, et voire les finances de l’Etat s’écrouler et faire exploser le chômage au taux de la Grande Depression. Bien évidememnt, je ne dirais que c’est bien fait, mais que:
1) on n’a pas ce problème ici,
2) si les USA sont inventifs et acceptent de passer par perte et profit leur secteur militaire, ils peuvent se lancer dans les nouvelles industries du XXIè s., grosso modo toutes celles qui ont trait au développement durable (matériaux, énergies, stockage, recyclages, bouclages des flux, transport etc. etc.),
3) en Europe, même si on a pas ces problèmes structurels démentiels, on ferait bien de se lancer aussi dans cette reconversion sans attendre, avec plus de vision politique et économique qu’on en a eu jusqu’à maintenant – condition sine qua non pour se remettre de la « légère récession » qui nous arrive sur le nez, voire pour aider les USA à sortir de cette mue que sera cette Grande Dépression bis (période pendant laquelle il ne faudra pas trop compter sur eux pour "relancer la machine économique" mondiale),
4) il ne s’agit pas seulement d’un changement industriel, mais d’un changement économique, d’une autre façon d’organiser l’économie, en coordination avec le social et l’environnement (bin ouais, on y échappera pas, les gars... Vous voulez faire une troisième voie entre Lausanne et Genève pour développer l’économie ? Va falloir trouver de l’énergie, parce ue pour le moment on l'a pas... Une nouvelle centrale nucléaire ? Va falloir enterrer aussitôt les déchet quelque part sur notre beau plateau, et trouver autre chose pour dans vingt ans (pour cause de prix de l’uranium, de demande de l’énergie qui ne va pas diminuer si on repense pas le tout) etc. etc.
5) je doute que les USA puissent solder leur système militaro-industriel à bon compte, comme le firent les Russes (excusez-moi, les soviétiques) en leur temps, volontairement au début puis avec la catastrophe qu’on sait. Mais peut être suis-je trop pessimiste, et je concède que si on se foutait de la gueule des Russes parce qu’ils revolaient avec des vieux Tupolev Tu-95 Bear de la guerre froide, au grand dam des Britanniques, il n’y a pas plus longtemps qu’août 2007 (mais que cela parait loin !), le Pentagone parle de relancer la production de ces bons vieux F-16 du même âge plutôt que de poursuivre avec des F-22 et des F-35 qu’ils n’ont plus les moins financiers, techniques, conceptuels, et organisationnels... Comme quoi, au pied du mur, les soi-disant "réalistes" le redeviennent... A un point où, sacrilège des sacrilèges, on voit un courant réformistes pointer le bout du nez et parler de « pause stratégique » dans le programme de développement et d’acquisition du Pentagone... Ce qui revient très concrètement à abandonner totalement la politique extérieure maximaliste, avec tout ce que ça implique... Pas besoin de faire un dessin.
(je prend les avions comme exemple, parce que c’est par excellence le domaine du high-tech, de l’hégémonie de la technique, le nec plus ultra de la puissance etc., et que celui-là a atteint son niveau de contre-productivité ; le reste est évidemment du même acabit. Bien sûr, l’économie US est en train de migrer vers la Sunbelt, vers le Pacifique, mais il faudra quand même s’occuper de la Rust Belt et de Boeing)
Comme je disais déjà sur ce blog en août, les choses vont vite, très vite ; encore plus vite qu’on ne pouvait le penser en août...

Écrit par : christian | 12/12/2008

@David : Nous deux post se sont collisionnés : je répondais à ton anté-pénultième post ; mais ça va dans le même sens : crise systémique : oui ; problème de muscle : oui ; et c’est de type de sport qu’il faut changer, de type d’effort et d’entraînement (pour filer cette métaphore économique décidement à la mode, et qui vient, ô douce ironie, de ces physiocrates si méprisé pas nos actuelles théories économiques classiques pour avoir dit que la terre à des limites dont il faut aussi, peut être éventuellement, ce serait pas si idiot, tenir compte... Bon promis, j'arrête avec la mauvaise langue)

Écrit par : christian | 12/12/2008

"Nous avons, ces temps-ci, clairement plus de raisons d'être pessimistes qu'optimistes. Le bail-out automobile américain vient d'être rejeté par le sénat US."
Et demain ce ne sera plus le cas. Si les économistes de tous les états ré-investissent des centaines de milliards de dollars, c'est qu'ils savent que c'est cela qu'il faut faire. Nous sommes dans une grande montgolfière dont l'air s'est refroidi. Il faut réchauffer l'air intérieur sans palabrer des heures sur la pertinence de cette solution. Si la montgolfière continue sa chute, il y aura probablement des survivants, qui devront tout reprendre à zéro. Ce qui signifierait beaucoup, beaucoup de guerres...avec des victimes innombrables.

Côté positif : ce sera très écologique, parce qu'il y aura beaucoup, beaucoup moins d'humains. Il faudra juste gérer l'élimination de quelques milliards de cadavres...

Écrit par : Géo | 12/12/2008

DL@ Vous avez vu cette nouvelle escroquerie US à 50 milliards ? Cette fois-ci, les truands banquiers genevois, ordures de chez ordures du genre à se plaindre du tarif de ce pauvre Jean Troillet pour leurs expés dans l'Himalaya, ne pourront plus profiter des malheurs de l'UBS et manipuler les crétins gauchos de leur canton pour couler cette banque.

Écrit par : Géo | 12/12/2008

Le grand problème de l'industrie américaine, c'est surtout que les ouvriers doivent tous avoir 3 voitures dans le jardin de leur villa, et qu'il se soigne avec le système de santé le plus coûteux du monde, quand en face les ouvrier japonais habite des petits appartements, vont traviller en train et se soigne avec un un système de santé moitié moins coûteux... Y'a pas à chercher plus loin le problème de rentabilité...

Écrit par : PtitSuisse | 12/12/2008

A GEO.

Je viens sans doute après la bataille car absent mais je tiens tout de même à répondre à Geo qui m’a apostrophé au sujet des américains.
Il hurle contre la guerre en Irak. On voit qu’en général les européens bien au chaud dans leur pays où ils jouissent d’un régime démocratique libéral n’ont jamais subi les affres d’un tyran comme cela à été le cas avec Saddam Hussein et ses sbires comme Ali le chimique qui a sur sa conscience 180000 assassinats de kurdes au gaz. Allez voir demander aux kurdes s'ils regrettent la disparition d’un des pires satrapes de l’époque contemporaine qu’était Saddam et le traiter de bon papi relève ou de la dérision où d’une inconscience criminelle.
D’ailleurs je n’arrive pas à comprendre pourquoi l’intervention en Irak est satanique et celle de l’Afghanistan est angélique. D’un coté on a Saddam de l’autre les talibans. Sans doute un problème de propagande télévisuelle car Chirac était pour intervenir en Afghanistan et farouchement contre celle en Irak alors qu’à la première intervention les français ont participé.!
Oui Geo si nous n’avions pas eu les américains en 1945 pour nous délivrer de la tyrannie d’Hitler nous serions aujourd’hui ou nazis ou communistes. Vous pouvez les remercier. Et si de nos jours on recule par esprit munichois ou par défaitisme devant la monter du fascisme islamiste et bien nous seront envahi par cette terrible mouvance terroriste.
Louis HERVE
Ps : moi j’ai le courage de signer par mon vrai nom !

Écrit par : hervé | 18/12/2008

1. La guerre en Irak est une expédition coloniale pour spolier le pétrole des Irakiens, parce que les Américains se sont rendu compte que les Saoudiens n'étaient plus sûrs, suite à GW I et 9/11.
2. WW II : je rappelle une fois de plus que c'est Hitler qui a déclaré la guerre aux Américains, et non l'inverse.
3. La guerre de l'impérialisme américain contre l'impérialisme soviétique s'est soldée par une victoire du premier. Allelujah ???

Roland Favre /Géo

Écrit par : Géo | 18/12/2008

Louis Hervé, c'est une identité ? Donnez-nous votre adresse exacte, votre CV certifié par un notaire, votre déclaration d'impôt et les moyens légaux de vérifier sa véracité, donnez-nous l'accès à vos comptes bancaires. Comment gagnez-vous votre vie ? (certificats, bien sûr).
Dites-nous vos préfèrences sexuelles, vos tares génétiques, vos maladies sexuellement transmissibles, publiez votre casier judiciaire. Avez-vous violé des enfants? De quelle manière ? Avez-vous sucé votre pouce ? Vous masturbez-vous ? Si oui, à quelle fréquence ? sur la base de quels fantasmes ?
Quand vous aurez fourni tous ces renseignements, vous pourrez alors prétendre être sorti de l'anonymat, pas avant.

Idem pour Mabut, Décaillet, Romain etc...

Quand Soljenitsine est sorti d'URSS, il est resté quelques temps en Suisse. Il a visité quelques Landsgemeinde et a vu que le vote n'était pas secret. Tous les petits hobereaux tels que ceux cités ci-dessus peuvent voir que le petit a voté contre eux. Donc, monter la population contre lui, lui nuire de toutes les façons, le détruire.

Ceux qui remettent en cause l'anonymat ne doivent pouvoir le faire qu'aux conditions ci-dessus. Que signifie signer Louis Hervé ? Rien de rien.

Roland Favre / rien de rien / Géo

Écrit par : Géo | 18/12/2008

ANONYMAT Finalement , à tout bien réfléchir il vaut peut être mieux garder l'anonymat car à trop bien se connaitre on finit par ressentir un blocage, une perte de liberté.
Mais je sais que sur certains sites l'anonymat débride les consciences et les insultes y vont bon train alors là on est en face de la lâcheté.

Louis hervé

Écrit par : hervé | 18/12/2008

On est en face de la lâcheté certes, mais on peut aussi ignorer leurs attaques. De la même manière, si un livre ou un film me dégoûtent, j'évite de le lire ou d'aller le voir et même d'en parler, ce qui ne veut pas dire qu'il faille les censurer. Les fois où des minables m'ont insultée sur internet (toujours sous pseudonyme)j'ai préféré les ignorer, et il vaut mieux ne pas le prendre comme quelque chose de personnel, pour éviter de passer des journées entières à distribuer des claques numériques à des gens dont le but est précisement de provoquer une réaction outrée et qui n'ont aucune envie de participer à un quelconque débat. Je crois que sur Internet il y a de la place pour tout le monde, pour ceux qui veulent décliner leur identité et pour ceux qui préfèrent rester plus discrets. Par principe, je défends l'anonymat, même si j'écris en donnant mon nom, car l'anonymat va à l'encontre d'une des pires choses des vingt ou trente dernières années, à savoir l'explosion de la vie privée dans la vie publique, l'autofiction déguisée en littérature, tous les caprices qui deviennent des droits et tous les "moi, je" du monde. L'anonymat est un bon antidote contre la vanité et l'exhibition systématique de la vie privée, profitons-en.

Écrit par : Inma Abbet | 18/12/2008

Paul Nawrocki a pris le taureau par les cornes et cela devrait être un exemple pour beaucoup.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 19/12/2008

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