04/01/2009

Le Figaro et John M. Keynes

Parmi l’interminable liste des mensonges proférés par Tony Blair, en voici un que j’aime particulièrement : « Peu importe qu’une idée soit de gauche ou de droite, l’important, c’est que ça marche. » C’est Tony tout craché. Formule tout à la fois brillante et convaincante, désir boy-scout et contagieux de s’asseoir tous ensemble autour d’une table, de se rouler les manches, de boire beaucoup de café, et de résoudre tout. C’est grâce à de pareilles coquineries que Tony a été élu trois à Downing Street. Au-delà du blairisme, cette formule trahit l’un des aspects les plus repoussants de la culture anglo-saxonne, et qui est en train de transformer Londres et tout le royaume en un immense shopping mall, l'absurdité selon laquelle les idées n’ont aucune importance réelle devant l’évidente prééminence de la pratique économique. Ou plus exactement que les idées n’ont aucune utilité si elles ne servent pas à s’enrichir vite et beaucoup, ou acquérir beaucoup de pouvoir, ou à mener des guerres inutiles et illégales. C'est-à-dire, en somme, que les idées n’ont absolument et définitivement plus aucune importance.

À première vue, la chose semble crédible. Au fond, il est plus important pour une idée d’être bonne que d’être de gauche ou de droite, de même qu’il n’est pas important de déterminer si une bonne idée est de gauche ou de droite, tant qu’elle est une bonne idée. Je passerai très vite sur le fait que notre Malfaisant Voisin essaye de faire gober à ses électeurs exactement les mêmes couillonnades en faisant de son règne le dénominateur commun de tous les lèche-culs, des hypocrites et des faussaires. Tony Blair avait évidemment le même dessein, qu’il est hélas parvenu à réaliser avec un indéniable talent. C'est-à-dire émasculer toute théorie, la détacher de son socle historique et philosophique, au besoin l’invertir ou même la pervertir, tout cela pour ne servir qu’une seule et unique cause : lui-même. Un tel aplomb dans le mensonge était nécessaire pour Tony qui, chef d'un parti de gauche exsangue, avait bien compris que la droite avait le vent en poupe, et que pour réaliser ses ambitions, il lui faudrait rebaptiser ces idées de droite en idées de gauche. C’est ce que notre Malfaisant Voisin a qualifié d’un seul et à jamais honteux épithète : décomplexé.

Comme disent les Anglais, enter John M Keynes. Keynes, qui soudain retrouve une gloire nouvelle, au point que Le Figaro, enthousiaste Malfaisantiste et libéral mou, décide d’en faire son « Homme de l’année 2009 ». Pas mal, pour un homme mort il y a 62 ans. Keynes, qui se définissait lui-même (et il aurait eu de la peine à dire autrement) comme bourgeois, a repris du galon à la faveur de l’implosion des marchés depuis septembre dernier. Keynes, surtout, qui a fameusement présidé, grâce à ses théories interventionnistes d’équilibre économique, aux Trente Glorieuses de l’après-guerre. Keynes donc, intellectuel ami de Virginia Woolf, homosexuel déclaré et marié pour la galerie à une danseuse russe, passionné par la danse et les arts en général, donc passionné aussi par les débats d’idées, revient des morts comme une Statue du Commandeur. Et comme dans Don Juan, il nous revient avec un message d’une aveuglante clarté : avant d’agir, il faut réfléchir. Dans notre contexte économique, cela se traduirait par : la théorie économique et les idées politiques sont prépondérantes dans notre monde devenu trop complexe pour s’en remettre à nos seuls instincts animaux, comme le proposaient, grossièrement, les friedmaniens et les laissez-fairistes.

Quand je vois que, pour nous sortir du bourbier, on ressort de leur urne les cendres d’un homme qui n’a jamais vu un ordinateur ou un avion commercial à réaction, je constate à quel point les dommages causés par Tony Blair et ce qu’il convient d’appeler son entreprise d’abrutissement collectif sont profonds. De voir un intellectuel comme Keynes, et non pas Donald Trump ou Kate Moss, sélectionné par le Figaro m’offre une maigre consolation même si, comme je le crains, cette crise ne nous aura presque rien appris.

16:15 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (31)

Commentaires

Je ne suis pas sûr de vous comprendre : "Quand je vois que, pour nous sortir du bourbier, on ressort de leur urne les cendres d’un homme qui n’a jamais vu un ordinateur ou un avion commercial à réaction, je constate à quel point les dommages causés par Tony Blair et ce qu’il convient d’appeler son entreprise d’abrutissement collectif sont profonds." Voulez-vous dire que les conceptions keynésiennes sont obsolètes parce que leur auteur* n'a jamais vu un ordinateur ? On envoie bien des cosmonefs dans l'espace grâce aux théories de Sir Isaac, mort bien avant le baron Tilton, et qui n'a jamais vu même une locomotive...




*Pour être rigoureux, il faudrait ajouter qu'en réalité Keynes n'est pas vraiment l'auteur (ou le seul auteur) des conceptions keynésiennes, dont la genèse est beaucoup plus compliquée.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 04/01/2009

Les bonnes idées sont-elles de droite ou de gauche? La vérité est-elle de droite ou de gauche? Faut-il faire état d'idées ou de faits qui profitent aux salauds d'adversaires? Sartre a eu sa réponse: "Il ne faut pas désespérer Billancourt."

Écrit par : Guillaume Barry | 04/01/2009

@Stéphane, vous mettez un signe d'équivalence entre des phénomènes incomparables, et c'est d'ailleurs ce que tentent les friedmaniens, c'est-à-dire faire de l'économie une science exacte. Keynes aurait donc, à l'instar de Newton, "découvert des lois universelles". Or, et c'est l'un des apports précisément de Keynes à la pensée économique, l'économie n'est pas exacte, ne fonctionne pas uniquement selon des algorithmes, mais est puissamment inféodée aux passions humaines, à l'irrationnel, mais aussi aux circonstances d'une époque précise, comme les années 20 et 30 pour Keynes. D'autre part, même si certaines règles - pas des lois - générales peuvent être dessinées, les temps extrêmes que nous traversons devraient nous faire prendre des leçons chez des gens qui connaissent l'impact de l'Internet sur le trading et les politiques de taux d'intérêt que l'on a connues durant les 20 dernières années. Ces faits essentiels, Keynes les ignorait. De nous faire regarder en arrière, dans une sorte de réflexe de repli, sans chercher de solutions ailleurs que dans un passé fort différent, cela me semble douteux.

@Guillaume, les bonnes idées sont soit de droite, soit de gauche, conformément aux circonstances et aux hommes et femmes qui les ont fait naître. Elles ne sont pas "ni de droite, ni de gauche", c'est-à-dire de nulle part en vérité. Même si des politiciens de droite peuvent tout à fait faire bon usage d'idées de gauche, ces idées demeurent de gauche. Tout n'est pas équivalent à tout et inversement, surtout pas les idées.

Écrit par : david laufer | 04/01/2009

Je dirais même plus: qui ne peut peneu...

Écrit par : Julien | 04/01/2009

J'étais sur le point, David, de rédiger une contre-réponse à votre réponse, quand j'ai lu la chronique de Krugman dans le nytimes. Elle contient, à ce qu'il me semble, tous les éléments utiles. Comme il est plus titré que moi en la matière, il est plus convenable que je vous y renvoie.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 05/01/2009

SS@ lien ?

DL@ "Or, et c'est l'un des apports précisément de Keynes à la pensée économique, l'économie n'est pas exacte, ne fonctionne pas uniquement selon des algorithmes, mais est puissamment inféodée aux passions humaines"

Oui et donc impossible de dire que cette crise ne nous a rien appris. Le fait que les gouvernements occidentaux aient réagi en réinjectant des grandes quantités de liquidités, contrairement à l'assèchement de 29, fait plutôt penser que certains économistes semblent capables de donner quelques directives...
Pour le pire ou le meilleur, wait and see...

"Même si des politiciens de droite peuvent tout à fait faire bon usage d'idées de gauche, ces idées demeurent de gauche"

Là, vous manipulez des grenades dégoupillées. Une idée de droite, c'est une idée contre le peuple et celle de gauche, pour le peuple ? Ou l'inverse ? Et de quel peuple parle-t-on ?
Et à chaque fois que homo occidentalis cherche à comprendre les finalités d'une idée, il a la fâcheuse tendance de les pousser à la limite. Et alors, il s'aperçoit que ce vieil adage qui voudrait que les extrêmes se touchent, qui l'énervait profondèment quand il était très jeune, s'avère à chaque fois qu'on y regarde de plus près.
Le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, et le socialisme, le contraire ?
Vous pensez être de gauche, DL ? Ich kann nur lachen...

Écrit par : Géo | 05/01/2009

Le lien est sur la page d'index du site du NY Times, à sa place habituelle :

http://www.nytimes.com/2009/01/05/opinion/05krugman.html

Écrit par : stéphane staszrwicz | 05/01/2009

@SS, il ne me semble pas que Krugman me contredise, à moins que ce fut là votre argument.

@Geo, lachen Sie dann... Non mais sérieusement, je n'ai effectivement pas explicité les raisons pour lesquelles je doute que nous ayons appris quoi que ce soit. Des économistes par centaines se sont égosillés pour dire que ce qui vient de se passer n'a rien à voir avec 1929, et ils ont entièrement raison, comme je le propose dans mes posts précédents. Et voilà qu'on nous dit qu'à des maladies différentes, on devrait proposer un remède semblable, à savoir John M Keynes. Je me souviens de l'infirmière de St Maurice qui m'avait répondu, alors que je me plaignais d'une cheville foulée: prenez une aspirine. Je suis d'accord, en revanche, pour dire que les récentes injections d'argent dans l'économie procèdent du bon sens, même si elles contredisent les théories économiques. Mais lorsque je vois, notamment en Angleterre, le gouvernement aller jusqu'à ses dernières ressources de communication pour convaincre les gens de s'endetter encore un peu plus pour acheter encore plus de conneries inutiles et fabriquées en Chine, je déspespère de la race humaine. Pour mémoire, chaque adulte anglais est endetté de 40'000 francs suisses en moyenne, ce qui n'inclut pas l'hypothèque. Et à ces moribonds économiques, on demande de creuser des tombes toujours plus profondes.
Quant à être de gauche ou de droite, je suis ni pour ni contre.

Écrit par : david laufer | 05/01/2009

"Mais lorsque je vois, notamment en Angleterre, le gouvernement aller jusqu'à ses dernières ressources de communication pour convaincre les gens de s'endetter encore un peu plus pour acheter encore plus de conneries inutiles et fabriquées en Chine, "
Euh, cela, vous ne l'aviez pas écrit ? Je me trompe ?

Écrit par : Géo | 05/01/2009

"l'infirmière de St Maurice qui m'avait répondu, alors que je me plaignais d'une cheville foulée: prenez une aspirine"
Perso, je préfère ça que le médecin de St-Mos qui vous propose l'amputation...
Elle avait un beau sourire, l'infirmière ?

Écrit par : Géo | 05/01/2009

Non c'était un tank en blouse blanche. Sinon je ne comprends pas votre précédente remarque. Les températures négatives me congèlent les synapses.

Écrit par : david laufer | 05/01/2009

Justement, il vous contredit en trouvant que les deux situations, celles des prémisses de la crise de 29 et celle d'aujourd'hui sont comparables, voire plus :
"Let’s not mince words: This looks an awful lot like the beginning of a second Great Depression."

Ainsi qu'en préscrivant justement des remèdes keynésiens : "The failure of monetary policy in the current crisis shows that Keynes had it right the first time. And Keynesian thinking lies behind Mr. Obama’s plans to rescue the economy.", qui ne paraissent donc guère obsolètes à son avis, contrairement au vôtre*.



*Et à celui de Friedman, qui donnait de la dépression de 29 une explication exclusivement en termes d'offre de monnaie. Je ne suis pas sûr du reste de ce que vous entendez par "friedmanien", sinon qu'il doit s'agir d'un partisan de Friedman, qui n'en a plus beaucoup parmi les économistes.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 05/01/2009

@SS, ouh, beaucoup à redire, mais je vais être bref. Même si ce qui se passe peut faire penser à 1929, les causes sont totalement distinctes, comme d'ailleurs les conséquences. Demeure l'état de crise, qui lui doit être traité avec force et détermination, ce qui sont les seules qualités dont Obama parle pour le moment, sans vraiment de substance derrière, sinon un discours keynésien ordinaire. Même si bien des propositions de JMK demeurent pertinentes, je répète que rien dans sa théorie ne viendra panser les plaies boursières en terme de fonctionnement, et ce n'est qu'un exemple. Comment va-t-on réhabiliter la SEC? Comment va-t-on réguler le trading? les hedge funds? le private equity? etc, etc. Ca fait quand même un paquet de questions brûlantes, pressantes, auxquelles JMK n'apporte pas le début d'un semblant de réponse.

Pour Friedman, détrompez-vous et arpentez un peu des endroits comme l'IMD où d'ardents friedmaniens tiennent encore le haut du pavé. Vous ne croyez tout de même pas qu'un penseur auquel des dizaines de milliers d'économistes et de financiers ont littéralement consacré leur existence, vivant à 100% dans la religion friedmanienne, vont tout abandonner du jour au lendemain et retourner casaque en bêlant qu'il est nécessaire de réguler la finance ? Il y aura quelques St Paul à Damas, mais ce sera l'exception.

Écrit par : david laufer | 05/01/2009

Je suis étonné par la formidable diatribe à l’encontre de Tony Blair une véritable volée de bois vert. On dit bien que ce qui est excessif est de peu de valeur. Il est un peu simpliste de résumer toute l’activité de cet homme politique important à quelques outrances.
En réalité une étude sérieuse du règne de Tony Blair demanderait un long développement.
Je me résumerais à quelques faits saillants.
L’OCDE a salué à plusieurs reprises les résultats de Tony Blair en qualifiant, bien sûr avant la crise, la très bonne santé de l’économie britannique et les performances impressionnantes de 1997 à 2007.
J’en ai pour preuve la poussée de milliers de jeunes français à s’expatrier outre-manche pour y trouver des emplois que ne leur offrait pas la France. C’était tellement flagrant que cela en devenait inquiétant par la fuites des cerveaux.
Quelques chiffres : la croissance du PIB anglais a été en moyenne de 1997 à 2007 de 2.8% contre 2,2% pour les 20 années précédentes, larguant la France à la 5ème place et devenant la 4ème puissance économique du monde, la zone euros n’ayant à cette époque que 2% de croissance.
Le chômage qui était de 7.2% en 1997 est passé en dessous de la barre des 5,4% (avril 2007).
Le taux d’emploi était à 71.7% contre 63.1% pour la France et 65.4% pour l’Allemagne.
Et bien malgré tous ces résultats qui étaient connus de tout le monde à l’époque florissante du blairisme on décrète de façon simplistes et tonitruante que Tony Blair était un malfaisant, un créateur d’abrutissement collectif.
Et bien moi des abrutit du genre de Tony Blair j’en réclamerais tous les jours pour gouverner le monde qui irait sans doute mieux qu’il ne va actuellement.
A l’époque nous avions cet escroc politique de Mitterrand qui par son passage a appauvri la France pendant que l’Angleterre s’enrichissait.
Oui il n’y a pas une économie de gauche ou de droite, il n’y a qu’une bonne économie. C’est ce que disait Tony Blair devant l’assemblée des députés français médusés par tant d’audace tant ceux-ci étaient enfoncés dans leur dogmatisme (majorité de gauche à l’époque)
Evidemment maintenant la « crise » a brisé une bonne partie des rouages qui a tant réussi à l’Occident mais qui s’en remettra vu ses grandes richesses.

Louis Hervé

Écrit par : hervé | 07/01/2009

Quant aux causes de la dépression actuelle, ni vous ni moi, j'en ai peur, ne les connaissons assez pour dire si elles sont différentes, identiques, à moitié semblables ou incomparables à celles qui ont agi en 29. La théorie du cycle économique et des retournements de la conjoncture est une des branches les plus marécageuses de l'économie politique. Les hypothèses et les modèles y abondent, mais personne ne peut se flatter jusqu'aujourd'hui d'avoir mis la main sur une explication satisfaisante. Tout dépend de l'école, de l'idéologie ou des humeurs de chaque explicateur.

Je ne vois pas vraiment ce que "SEC", "le trading", "les hedge funds" ou d'autres barbarismes d'outre-manche viennent faire dans le traitement de la crise. Nous avons affaire à une dépression, probablement sévère, qui pourrait bien durer et empirer si rien n'est fait. Le devoir des gouvernements est d'en limiter tant qu'ils peuvent les conséquences pour leurs citoyens, d'éviter qu'elle ne s'aggrave, et, s'il est possible, d'en raccourcir la durée pour que tout reprenne son cours au plus vite. Il paraît justement que le meilleur remède est d'appliquer une politique de stimulation fiscale vigoureuse pour faire redémarrer la pompe. C'est du bon gros keynésianisme et nombreux sont ceux qui jugent, apparemment, que le temps passé depuis la première publication de la théorie générale n'entame pas sa validité.

Vous êtes bien sévère pour Obama, son plan ( http://obama.3cdn.net/8335008b3be0e6391e_foi8mve29.pdf ) n'est pas irréprochable ; on peut trouver la somme totale trop modeste et la part des baisses d'impôts trop médiocre au regard des dépenses ; on peut craindre qu'il ne sorte en mauvais état de la moulinette parlementaire. Mais, en toute justice, il représente davantage qu'une pure manifestation de "force et détermination [...] sans vraiment de substance derrière". Il est dans tous les cas plus solide et plus honnête que le miroir aux alouettes du président Bruni ou l'asémie verbeuse des sept figurants fédéraux.

Je ne sais toujours pas précisément ce que vous entendez par "friedmaniens". Le courant théorique issu de Friedman s'appelle normalement du monétarisme et ses adhérents sont les monétaristes. Il a connu un certain succès dans les années 80, mais je vous confirme qu'aujourd'hui, il est à peu près mort. Bien sûr, si vous cherchez, vous parviendrez probablement à en dénicher un ou deux adeptes, cachés au fond d'un département marginal d'une université quelconque (on trouve toujours des adeptes de n'importe quoi pourvu qu'on cherche assez longtemps), mais l'école elle-même a disparu depuis plusieurs lustres*. Connaissez-vous beaucoup de pays ajourd'hui qui fassent croître leur masse monétaire (au sens très large de Friedman ou au sens ordinaire) selon un taux rigide ou qui fixent un taux d'intérêt nominal nul ?


* Je ne sais pas si l'IMD est très représentatif de la pensée économique contemporaine, mais je doute qu'on y trouve grand monde, même en arpentant les couloirs jusqu'à mourir d'ennui, pour convenir que "l'inflation est toujours d'origine monétaire" ou pour recommander que les banquiers centraux soient remplacés par des ordinateurs.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 07/01/2009

@Stéphane et Hervé, veuillez tous deux vous référer à un ancien post où vous trouverez des réponses à deux de vos propositions: http://dlaufer.blog.24heures.ch/archive/2008/11/30/france-info-et-la-crise-2eme.html Stéphane: "Je ne vois pas vraiment ce que "SEC", "le trading", "les hedge funds" ou d'autres barbarismes d'outre-manche viennent faire dans le traitement de la crise". Hervé: "Et bien moi des abrutit du genre de Tony Blair j’en réclamerais tous les jours pour gouverner le monde qui irait sans doute mieux qu’il ne va actuellement". A Hervé, je résumerais en disant que si Blair a été si brillant, comment se fait-il que la facture de sa politique de droite dure maquillé en gauche molle soit si dévastatrice pour son pays? Je n'ai pas attendu la crise pour fustiger cette peste politique, mais celle-ci donne à tous ses détracteurs amplement raison, et on devrait, de côté de la Manche, se mettre à réfléchir un tout petit peu sur la réalité des chiffres, sur les causes de cette croissance sous Blair, et surtout sur ses conséquences. A Stéphane je dirais que ces "barbarismes" sont d'une importante capitale pour comprendre ce qui nous arrive. La SEC, ou autorité des marchés boursiers, ou gendarme de la bourse, à New York, a très gravement manqué à ses devoirs, ce qu'elle avoue aujourd'hui, alors même qu'elle avait reçu d'innombrables avertissements, tant sur Madoff que sur Lehman, Bear Sterns, etc... Les hedge funds, le private equity, sont de relativement nouveaux outils d'investissement qui ont acquis une puissance inimaginable, tant sur les banques, que sur les industries et, évidemment, sur la politique. Au final, beaucoup de réponses se trouvent de le fonctionnement même la City de Londres, et avant d'encenser Blair ou de négliger les fonctionnements financiers que son règne a largement encouragé, on devrait quitter toute posture idéologique rigide, comprendre ces outils, comprendre la propagande blairiste et revenir de ses idéaux, aujourd'hui brutalement démentis par la réalité.

Écrit par : david laufer | 07/01/2009

Quoi qu'il en soit, Blair restera pour l'Histoire le caniche de Bush pour la stupide et cupide aventure irakienne, l'acte politique le plus franchement indéfendable depuis 1945. Et personne n'a osé creuser sérieusement le scandale de l'utilisation des grandes oreilles de la NSA (en Angleterre) pour favoriser Boeing contre Airbus sur les marchés saoudiens. Dois-je vous rappeller que l'Angleterre est partenaire de Airbus ?
Perfide Albion, c'est juste le prénom.

Écrit par : Géo | 07/01/2009

Monsieur Laufer,

Il y a une chose que je ne comprends vraiment pas dans le discours que vous tenez au sujet de Blair et de Sarkozy (que vous cité sans le nommer). Il s'agit du fait suivant:

Tous les politiciens actuels ne font que cela! Certains "mieux que d'autres, tout simplement! Alors pourquoi fustiger ces deux lé et pas tous les autres, d'un extrême à l'autre de l'échiquier politique et que ce soit en Suisse, en Europe ou ailleurs!

Lorsque tous les citoyens auront compris cela ...

Écrit par : Père Siffleur | 07/01/2009

Ouais mais non, PS. Nous avons besoin d'hommes politiques. Ils ont un rôle dans les sociétés humaines actuelles, celui de faire passer des messages de ceux qui cherchent à ceux qui travaillent au quotidien. Bien sûr qu'ils le font mal dans leur grande majorité, mais ni vous ni moi ne le faisons. Alors, un peu d'humilité...
Sinon, il y a les utopies de Redbaron. Sympathiques mais bon.

Écrit par : Géo | 07/01/2009

@ Géo

"Nous avons besoin d'hommes politiques." ... pour nous vendre des salades ?
Non, merci, il y a suffisamment de vendeurs dans les supermarchés.

La politique, c'est comme la religion.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 07/01/2009

Vous voyez quelle autre solution, VD ?
Plus de parlement, plus de gouvernement, plus de concertation entre citoyens par des votations ?
Très curieux de vous lire.

Écrit par : Géo | 07/01/2009

J'ai juste identifier le problème, pour la solution, il me faut encore du temps.
Les politiciens sont comme le clergé ... ils vivent des impôts.
Le problème n'est pas leur salaire, mais le résultat que la population obtient en échange de ce salaire.

A Genève, nous sommes plusieurs à nous demander si Laurent Moutinot mérite le sien, de salaire.

Nous vendre un "salut éternel" c'est bien ... encore faut-il le mettre en pratique.

A voir l'enthousiasme provoqué par Obama ... et son équipe choisie ... y'a de quoi douter, non ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 07/01/2009

A monsieur Laufer
Contestez-vous les chiffres que j’ai avancés au sujet du bilan de Tony Blair et que l’on trouve dans tous les manuels économiques récents ? Si oui c’est que vous êtes forcément un sectaire puisqu’alors vous vous voilez la face pour ne pas voir la réalité en face admise par tous les économistes, l’idéologie étant préférée aux faits et chiffres. Sinon, vous êtes obligé d’admettre la réussite de Tony Blair de 1997 à 2007. Vous ne pouvez tout de même pas nier qu’en France il y avait une fuite de la jeunesse diplômée vers Londres. Vous ne pouvez pas nier et ceci est irréfutable que durant le règne de Tony Blair l’Angleterre est passée du 5ème rang au 4ème rang des grandes puissances mondiales. C’est tout de même un sacré résultat. Je ne reviendrai pas sur les chiffres des PIB respectifs qui sont tout à fait parlant.
Je vous ferais remarqué que les français se plaignaient il n’y a pas si longtemps du fort pouvoir d’achat des anglais qui raflaient toutes les propriétés en Picardie et en Aquitaine. Forcément pendant que les anglais s’enrichissaient les pauvres imbéciles de français s’appauvrissaient avec les bons régimes socialos qu’ils se sont payés pendant de nombreuses années sans parler de cette spécifique stupidité française des 35 heures. Au vue de ces constatations il faut respecter un minimum de raisonnement logique et coller au plus près d'une certaine cohérence de la pensée et admettre en dépit des idéologies qui nous animent que quand la réalité crève les yeux il faut faire amende honorable.
Bien sûr que maintenant en 2008 et 2009 l’Angleterre comme le restant de l’Occident accusent le coup d’une certaine « crise ». Pourquoi vous ne parlez pas de l’Islande qui est dans une panade encore bien plus grande que l’Angleterre et l’Irlande et peut être bientôt la France et l’Espagne avec une chute de plus de 40% de la production de voitures et la Grèce et tout le reste.
Tony Blair n’est plus au pouvoir, ce n’est tout de même pas lui le responsable de ce qui arrive aujourd’hui !
Quant à la guerre en Irak c’est un tout autre problème où je conteste le consensus général d’y voir une erreur.

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 07/01/2009

Ils brulent ce qu'ils ont adore, et vice-versa.
Evidemment, defendre Friedman en ce moment n'est pas necessairement etre a la page. Il n'empeche que l'enrichissement de la planete dans son ensemble ces trentes dernieres annees, meme en tenant compte de la crise actuelle, est phnenomenal et sans precedent. Je suis convaincu que, la crise passee, et elle passera, Friedman reviendra sous les projecteurs.
Concernant Keynes, son idee est egalement jolie. Mais elle implique un endettement de l'Etat incontrolable. Alors si nous etions dans une situation ou les Etats avaient des budgets excedentaires en temps de vaches grasses, je serais tout a fait d'accord pour emprunter en temps de vaches maigres. Le probleme est que, meme par beau temps, les Etats occidentaux vivaient au dessus de leurs moyens. Et on va emprunter encore plus?
Alors, je vous dirais qu'en ce qui me concerne, vivant a l'etranger, ca m'est un peu egal. Mais pour ceux qui, aujourd'hui trentenaires, vont devoir payer par l'impot et la reduction des services de l'etat, les dettes d'aujourd'hui, cela ne va pas etre amusant. En France, on en est au point ou l'integralite de l'impot sur le revenu sert uniquement a payer l'interet de la dette.... je pense que les contribuables Francais sont ravis de voir ou partent leurs euros.
Pour en revenir a Keynes, les etats qui y ont eu recours de maniere massive s'en sont sortis, certes, mais a quel prix. Un bon exemple sont les Etats Unis qui, avec le New Deal, ont reussi a juguler la depression. Mais n'oublions pas que ce qui a reellement permis la relance a ete la production massive d'armement demandee par la guerre.
Autre exemple parlant, Schwerin von Krosigk etait un grand adepte de Keynes et reussi a sortir l'Allemagne de la crise par une grande politique de travaux publiques et de rearmement finances par la dette. Pour resoudre le problem de la dette? On envahit le monde, on tue tout le monde, y compris tous les creanciers et, hop, magie, plus de dettes.
Donc, si toutes les idees de Keynes ne sont pas a jeter par la fenetre, pour ma part, je reste sceptique.
Enfin, je voudrais revenir la la phrase de Blair: Elle me rappelle etrangement la phrase de Deng, successeur de Mao et pere du miracle economique chinois:"peu importe que le chat soit blanc ou noir, tant qu'il attrape les souris".
La Chine n'est sans doute pas un paradis et traverse aujourd'hui une crise grave, mais personne n'y meure de faim.

Mon cher David, en general je suis entierement d'accord avec vous, mais sur ce point, je ne peux que faire connaitre mon desaccord.
Un monde sans idees est certes un peu triste et morne. Mais les idees sont dangereuses car elles tendent vers l'absolu et donc conduisent au fanatisme. Je pense que Blair va longtemps payer son erreur d'avoir rejoint Buish sur l'Irak, mais pour le reste, dans l'ensemble, il a ete un bon premier ministre.

Écrit par : Carl Schurmann | 08/01/2009

@LH: "Contestez-vous les chiffres que j’ai avancés au sujet du bilan de Tony Blair et que l’on trouve dans tous les manuels économiques récents ? Si oui c’est que vous êtes forcément un sectaire puisqu’alors vous vous voilez la face pour ne pas voir la réalité en face admise par tous les économistes, l’idéologie étant préférée aux faits et chiffres."

Le sectaire que je suis censé être possède l'avantage d'avoir vécu et travaillé en Angleterre et d'avoir vu de très près le miracle blairiste. Qui se fonde sur ce qu'on pourrait appeler le mensonge permanent. D'abord sur ses idées - de droite, mais appelées de gauche - et puis sur son programme - par exemple une guerre illégale et injustifiée - et enfin sur les résultats - à savoir que les chiffres mirobolants du chômage camouflent la navrante réalité des "working poors", ces millions d'Anglais qui travaillent à double, littéralement nuit et jour, parce que la vie est devenue beaucoup, beaucoup trop chère dans ce pays. Et surtout, cette façon de systématiquement sous-payer les employés, forçant les Anglais à contracter de formidables dettes à la consommation, dont ils sont les champions en Europe, dépassés par les seuls USA en la matière. Lorsqu'un peuple est, comme l'Angleterre, endetté à hauteur de plus de 40'000 francs suisses par adulte et ceci HORS hypothèque, on comprend bien qu'il est facile de créer des emplois qui ne valent rien puisque de toute façon, on finit par chercher l'argent qu'on ne gagne pas dans son entreprise à la banque, à des taux épouvantables. C'est notamment ce système pervers, irréel et impossible à faire durer qui vient de se prendre le mur. Car comme disait l'autre, if you pay peanuts, you get monkeys.

"Sinon, vous êtes obligé d’admettre la réussite de Tony Blair de 1997 à 2007. Vous ne pouvez tout de même pas nier qu’en France il y avait une fuite de la jeunesse diplômée vers Londres. Vous ne pouvez pas nier et ceci est irréfutable que durant le règne de Tony Blair l’Angleterre est passée du 5ème rang au 4ème rang des grandes puissances mondiales."

Sous Blair, l'Angleterre aura surtout sacrifié une partie non négligeable de sa production industrielle, et de ses marques propres telles que Rolls-Royce, sur l'autel de la finance globale. On a tout misé sur l'économie des services, avec Gordon Brown, alors ministre des finances de gauche, faisant des discours enflammés pour soutenir l'industrie du private equity qui délocalise des centaines de milliers d'emplois anglais en Asie et ne paye pas ses impôts à Londres. Le même Gordon Brown qui, face à la crise, fait maintenant d'autres discours vengeurs sur le même private equity, disant que le règne des gros financiers dépiauteurs d'entreprise et mauvais payeurs est terminé.

Encore une fois, ne vous gavez pas de statistiques. On leur fait dire ce que l'on veut, et nul mieux que Tony Blair ne sait cela.

@Carl: je suis globalement d'accord avec ce que vous avancez. Le système keynesien a largement prouvé ses limites, toujours en Angleterre, permettant à Thatcher de faire le ménage que l'on sait, et à Blair de le continuer, juste en beaucoup plus violemment. Keynes est bon en état de crise, pas lorsque, comme dans l'Europe des années 70, l'économie s'est stabilisée et a besoin d'air neuf, de nouveaux marchés, etc... Mais Friedman possède à mes yeux ce défaut fondamental d'envisager l'économie comme une science exacte, régie par des règles immuables, et mise en place par des analystes financiers et des comptables plus que par des entrepreneurs, et surtout par des politiques. Cette prééminence de la sphère économique est, je crois, aussi dangereuse qu'une armée dont le général n'obéit plus au ministre. Car c'est le peuple qui élit le ministre, et le peuple n'élit pas le général, ou le directeur de banque. Ou Bernard Madoff.

Écrit par : david laufer | 08/01/2009

Entierement d'accord avec votre critique de la vision de Friedman.
Seul bemol que je mets a votre commentaire est d'avoir inclus Madoff. Contrairement aux banques qui ont profite du syteme pour creer la bulle immobiliaire et en decoupant les paquets de dettes, Madoff est tout simplement un escroc qui a menti. Avec beaucoup de talent, sans doute, mais ce qu'il a fait est et etait deja hors la loi. On ne peut blamer un systeme a cause d'un escroc qui fonctionne, par definition presque, hors du systeme.

Écrit par : Carl Schurmann | 08/01/2009

"Evidemment, defendre Friedman en ce moment n'est pas necessairement etre a la page."

Pas du tout,ses théories ont permis aux gouvernements à chaques crises depuis les années septantes de ne pas réediter les erreures de l'utilisation de la planche à billet,pour financer les investissements et les dépenses publics source d'inflation et d'hyperinflations.C'est Keynes qui n'est plus à la page,pas M.Freidman

Chaques crise perment de ne pas refaires le mêmes erreurs et c'est celà que sert la science économique.

Écrit par : D.J | 08/01/2009

A David Laufer.

Je ne savais pas que la nation anglaise était constituée pour l’essentiel d’une bande de dépenaillés, à moitié clochardisés essentiellement sous l’impulsion de ce cher Tony Blair.
Enfin je provoque un peu mais il y a de cela dans votre discours.
Vous voyez, moi je préfère des « Working poor » à nos chômeurs littéralement assstés par la classe moyenne que l’on pompe à outrance et qui elle travaille et qui pourrait se démobiliser à force de lui en demander de trop, c’est ce qui était arrivé en Suède. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on vient de créer en France le RSA pour éviter que ceux qui passent de l’état de chômeur à smicard voient tout de même une différence dans leurs émoluments. Car et j’en connais qui profitent largement des largesses de l’assistanat pour se complaire dans une situation de douce mollesse pendant des années et moi vraiment je les préférerais voir faire des petits boulots et devenir des « working poor » plutôt que de pomper allégrement notre frique car il paraît que quand quelqu’un ne travaille plus pendant plus de deux ans, son courage à reprendre le travail devient quasiment inexistant.
De toute façon on ne pourra jamais supprimer les inégalités. Mais moi, j’avais une autre vision de la population anglaise. Des gens entreprenant, enrichis plus que beaucoup d’autres nations européennes, achetant nos propriétés, attirant notre jeunesse la plus valable. Londres est la ville la plus chère parce qu’une grande partie des anglais ont un tel niveau de vie que la loi du marché fait que les prix montent et s’ajustent aux moyens de la population. Enfin vous ne pouvez pas nier que l’Angleterre est passée au 4ème rang mondial et on ne va pas nous faire croire que cette progression ne profite qu’à quelques uns, ceci est impossible, la majorité des anglais en profitent de cette croissance.
Bien sûr qu’il y a dans toute société une frange marginale de laissés pour compte, on ne réduira jamais les inégalités.
Quant à la désindustrialisation, tout le monde y passe. Les américains étaient à 10% de désindustrialisation, ils en sont maintenant à 30%, la France n’en parlons pas et je suis sûr que même la Suisse se désindustrialise. Et pourtant quelle accumulation de richesses dans nos pays.
Cette chose étonnante est due à des causes trop longues à exposer ici.

Louis Hervé.

Écrit par : hervé | 08/01/2009

"Les hedge funds, le private equity, sont de relativement nouveaux outils d'investissement", en matière d'instruments financiers, la nouveauté se concentre d'habitude dans le vocabulaire ; on orne des vieilleries d'étiquettes inventives pour mieux les vendre aux gogos. Ce sont des artifices de camelot plus souvent que des novations véritables*.

"ces "barbarismes" sont d'une importante capitale pour comprendre ce qui nous arrive.". À peu près autant, j'en ai peur, que la géographie du Mississippi ou la biologie des tulipes pour pénétrer les causes des crises du passé. Chaque situation historique contient sans doute sa part de singularité et son lot d'inédit, qu'il n'est pas inutile de connaître ; mais comprendre un évènement, c'est davantage saisir ce qu'il contient d'universel et ce qu'il partage avec les autres membres de son genre. On ne possède sinon que les matériaux d'une description, pas ceux d'une explication.





*La pratique de l'investissement en "Private equity" n'est en tout cas pas nouvelle.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 09/01/2009

Relisez, encore une fois, mon article sur France Info et la crise (2e). Vous cristallisez exactement l'attitude de l'intellectuel "au-dessus de la mêlée" que tentent d'adopter tant de commentateurs. Mais le private equity est véritablement une pratique entièrement nouvelle de faire des affaires, d'envisager le développement d'une entreprise, le rapport aux employés et aux financiers, et cela depuis moins de 20 ans. Comme sont également nouvelles les pratiques de "mark-to-model", selon lesquelles les banques ont estimé elles-mêmes la valeur de paquets d'actifs qu'elles revendaient ensuite à des tiers, dont l'UBS.

Lors de la vache folle, on a nourri des herbivores avec des produits carnés, parfois même d'origine bovine. Il ne suffisait pas du tout alors de dire que c'était une pratique qui, sous d'autres formes, était courante et que rien ne changera dans la nature humaine. Il fallait comprendre on en était parvenu à de telles absurdités contre-nature, et corriger celles-ci drastiquement. Ainsi, dire que rien ne change sous le soleil est certainement vrai d'un point de vue philosophique. Mais cela demeure dangereusement ignorant et inefficace devant les problèmes qui surgissent, comme aujourd'hui cette crise financière. Ne pas vouloir comprendre la spécificité des mécanismes de cette crise nous condamne, irrémédiablement, à la répéter un jour prochain.

Écrit par : david laufer | 09/01/2009

"Encore une fois ne vous gavez pas de statistiques"

Les indices en pourcentage que j'ai indiqués, je ne les ai pas inventer , je les ai tout simplement repris des travaux de l'OCDE que tout le monde peut consulter sur intenet. D'ailleurs je conseille à tout le monde de consulter ces organismes digne de fois avant d'affirmer de façon péremptoire des points de vues non fondés sur des bases solides.

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 09/01/2009

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