01/03/2009

Le Point et Picasso

Même si je ne ressens pas de profonde affection pour elles, j’ai de la peine à me réjouir, comme certains, trop nombreux, en voyant la déconfiture des grandes banques. Au-delà de la morale, des bonus abusifs, de la confiance trahie, des impostures éhontées, il y a des centaines de milliers de guichetiers, emprunteurs ordinaires, femmes de ménage, restaurateurs, chauffeurs, livreurs, qui disparaissent dans le naufrage, et personne n’y gagne. En revanche, mon sentiment est fort différent au sujet de ce qui s’est passé la semaine dernière à Paris, et qui ressemble à un séisme au sein d’un monde ultra feutré : Picasso – le peintre, pas la voiture familiale – n’a pas trouvé preneur.

L’événement faisait la une des gazettes du monde entier, et celle du Point en particulier qui en faisait des pages et des pages : la dispersion par Christie’s de la collection de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent. Il y avait quelque chose de vaguement morbide dans cette vente. Peut-être parce que je ne comprends pas bien cette idée très contemporaine d’accumuler des biens en tous genres, des choses qui, même somptueuses, chères et rares, demeurent des choses, comme le soulignait Georges Perec. Les photos de l’appartement du couple provoquent chez moi une irrépréhensible nausée : un mélange de meubles Art Déco et Louis XV que surplombent un maître flamand, un Goya, un Ingres et un Mondrian et tout, jusqu’au plus insignifiant guéridon, servant de socle pour des sculptures, des faïences, des cristaux, des vases chinois, des antiquités. C'est-à-dire pas une collection mais un empilement. Pas un appartement mais le dépôt d’un Mont-de-piété de luxe. Le lien unique entre ces objets étant créateur universellement reconnu peut-être, mais quelle invraisemblable dispersion.

Au sommet de cet entassement trônait, encore, une toile de Picasso, une grande composition cubiste intitulée Instruments de musique sur un guéridon, de 1914. Un de ces trucs qu’adolescent je contemplais dans les musées en me convaincant du mieux que je pouvais que, comme c’était un Picasso, ça devait probablement être beau. Passaient ainsi des minutes infinies et lourdes d’un doute affreux mais jamais exprimé : et si, après tout, c’était simplement moche ? Et voilà que le marché de l’art, dans un mouvement très surprenant et libérateur à la fois, vient de snober la toile en n’offrant que 21 millions d’Euros quand Bergé, qui l’avait achetée à Picasso lui-même, en attendait un minimum de 25 millions. Dans le même temps, une autre toile cubiste de Juan Gris (un Picasso, un Braque ou un Gris de cette époque sont parfaitement impossibles à différencier) partait aussi loin sous son estimation de base. Tandis qu’un Matisse somptueux faisait littéralement péter les scores à 35 millions. Déjà à Londres en 2007, dans une vente Sotheby’s, j’avais vu un Matisse dépasser de loin sa cote et un Picasso cubiste stagner, ce qui me fait dire qu’au-delà de l’événement se dessine peut-être une tendance.

Dans le contexte d’une vente historique, nul doute que ce Picasso négligé aura un impact profond sur le marché et redéfinira quelques valeurs et quelques noms jusqu’ici peu discutés. Evidemment, Picasso ne passe pas soudain au stade d’imposteur pour autant et conserve tout son génie. Je me souviens de ma femme lâchant une larme silencieuse devant son Garçon à la colombe de la National Gallery à Londres. C’est plutôt la remise en question d’une façon d’envisager la création artistique dont Picasso s’était fait le porte-drapeau, plus cérébrale qu’émotionnelle, partiellement en réaction à un XIXe bourgeois et trop « joli ». Ainsi il y a eu pour moi dans cet événement quelque chose de jubilatoire, presque de vengeur : pour révolutionnaire et novateur que l’art puisse être parfois, la notion très subjective et changeante de beau en demeure, au bout du compte, indissociable. Le travail de la raison est fascinant mais sans cœur, c’est un rien frisquet.

14:32 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (23)

Commentaires

"Passaient ainsi des minutes infinies et lourdes d’un doute affreux mais jamais exprimé : et si, après tout, c’était simplement moche ? "
Merci à Bunuel qui dans ses mémoires parle de la nudité du roi autoproclamé des peintres...

Écrit par : Géo | 01/03/2009

"C’est plutôt la remise en question d’une façon d’envisager la création artistique dont Picasso s’était fait le porte-drapeau, plus cérébrale qu’émotionnelle, partiellement en réaction à un XIXe bourgeois et trop « joli »."

La question posée par la spéculation déraisonnable dont les oeuvres d'art moderne ou contemporaines font l'objet n'est pas tant, à mon avis, le sens de l'oeuvre, sa valeur artistique ou esthétique, que son usage. Car, il faut enfin accrocher le tableau quelque part.... Au-dessus du canapé du salon? Oui, à condition de transformer la maison en forteresse-musée, truffée d'alarmes et de pièges. Peut-on acheter un tableau à 25 millions simplement parce qu'on aime cet style-là ou, comme il arrive tôt ou tard, parce que la valeur exagérée de la pièce la rend intouchable, au sens propre comme au figuré? Peut-on regarder un Picasso autrement que comme un placement que l'on respecte par son prix et rien d'autre? Adolescente, je contemplais les mêmes tableaux. Je ne les ai jamais trouvés moches, mais plutôt beaux, ce qui ne justifiait nullement les prix délirants.

Écrit par : Inma Abbet | 01/03/2009

Un juste résumé de ce qu'est la république française, du bling-bling et du people. Cette vente a surement provoqué une érection chez le malfaisant de l'Elysée...

Écrit par : Julien | 01/03/2009

Il y a eu samedi dernier une exposition "VISARTE S'EXPOSE" au Palais de Beaulieu de Lausanne, en marge du salon Habitat et Jardin. Des peintres "vaudois" plus ou moins inconnus des salles de marché exposaient leurs dernières productions. C'est très amusant de visiter une expo sans les noms et sans les prix.

Écrit par : Un lecteur | 02/03/2009

Il est très difficile de critiquer l’art contemporain sans passer pour un ringard car tous les snobinards essayent toujours d’entretenir cette réputation pour ceux qui auraient le toupet de se regimber contre l’art moderne. Vous n’appréciez pas c’est que vous êtes un irresponsable ignare c’est d’ailleurs une façon de faire avaler la pilule de trop fréquentes laideurs de l’art Moderne afin que l’acceptation soit générale et ainsi pouvoir vendre plus facilement.
Une des grandes caractéristiques de l’art contemporain est la provocation pour tempérer le laid. On semble rigoler de ce que l’on peint d’offusquant. Ca n’a ni queue ni tête mais évidemment puisqu’on rigole.
Une des grandes théories actuelles est : un objet d’art est ce que l’on décrète être un objet d’art. J’ai vu un artiste par exemple placer une camera de surveillance sur une armoire, l’ensemble étant décréter par l’auteur œuvre d’art et donc vendu comme tel très cher. J’ai vu à l’exposition des jeunes sculpteurs de Paris une œuvre maitresse qui était un grand plateau suspendu au plafond par 4 filins d’acier et sur lequel on pouvait admirer un énorme tas d’asticots vivant qui puait horriblement. !! J’ai vu dans une modeste galerie d’art de la petite ville de Ganges dans le Midi une exposition en bronze d’une vingtaine de vulves de femmes, ne parlons pas de l’art conceptuel dont les matériaux proviennent des sacs d’ordure ! ! Le comble de la provocation est celle d’un artiste qui vendait ses excréments en boite de conserve ! Et je n’invente rien tout peut être vérifié. Que des farceurs fassent de telles choses passe encore mais que des cons les achètent alors on en reste pontois ! Bien sûr tout l’art moderne ne se résume pas à ces extravagances mais que cela existe et en grand nombre montre qu’il y a quelque chose de fêlé dans la tête de nos contemporains.
Personnellement je pense que nous sommes dans une basse époque au point de vue de l’art. Il n’y a pas que la peinture, la musique contemporaine qui va l’écouter sans s’ennuyer terriblement ? Je supporte en général 10 minutes après ça devient de plus en plus intolérable ces grincements de portes, ses atonalités, ce manque total de mélodie et de rythme. Essayez de fredonner un air de musique contemporaine vous m’en direz des nouvelles ! En général dans les manifestations de musique classique très peu d’œuvres contemporaines sont donnés et pour cause si on ne donnait que ce genre de musique au programma quasiment personne ne viendrait. Dans ma ville le festival de musique contemporaine a disparu et des festivals de ce genre on ne les compte même pas sur le bout des doigts. J’irai même jusqu’à dire que l’on a composé de la musique durant quelques siècle et que maintenant c’est terminé il n’y a plus de musique (bien sûr je ne parle pas de la musique légère qui elle persiste).
Il reste l’art architectural qui s’est amélioré mais que d’horreurs durant les années 1960/1970 où l’on a enlaidi le monde avec tout ces ensembles sinistres en béton des banlieues lépreuses. Heureusement les architectes ont fait des progrès. Mais le gout du beau a beaucoup disparu à notre époque sans doute l’environnement industriel n’inspire guère nos artistes.
On peut dire que certains comme Picasso ont laissé des œuvres certes farfelues mais qui dénotent une certaine gaité, une évocation de la Côte d’Azur ensoleillée de la grande époque de Cocteau, Jean Marais, Yves Montant quand il existait en France juste Paris, la nationale 7 et la Côte D’azur. ! Encore que quand Picasso peignait le portrait de son égérie par la technique du cubisme elle ne devait pas se sentir très flattée en se voyant avec un nez de travers, des yeux dans le même plan de profil quoi ! une réelle caricature. Que ce ne soit plus apprécié de nos jours rien d’étonnant l’histoire remet toujours les choses à leurs justes valeurs. Bien sûr on ne peut plus peindre comme au d 19 ème siècle mais a-t-on trouvé la bonne voie, elle reste peut être encore à découvrir encore que je vous ferais remarquer que les Egyptiens moins aliénés que nous se sont contentés du même art durant 4000 ans !!
Louis Hervé

Écrit par : hervé | 02/03/2009

La question du rapport de l'art actuel et de sa valeur financière ne devrait pas dégénérer en critique de l'art contemporain. Si vous n'entendez et ne voyez que des horreurs, c'est vraiment malheureux pour vous. je lis d'excellents livres, vois de magnifiques tableaux et des spectacles inoubliables de danse, de théâtre ou des concerts, et j'ai quantité de disque de musiques contemporaines, très orientée jazz, que je compare volontier à la grande musique classique. Tout ça est contemporain. Mais c'est vrai que je fais mon choix, et que je ne mettrais pas des sommes invraisemblables (que je n'ai pas) pour acheteter un tableau.
Quand je vais à Art Basel, je rencontre des personnes qui ont leur trésor dans leur porte-monnaie. Le mien, je le garde ailleurs.

Écrit par : Un lecteur | 03/03/2009

Hervé@ ma prof de dessin nous avait fait faire une dissertation sur l'art quand j'avais 12 ans et m'avait collé une note infâme parce que j'avais une opinion très négative sur ses goûts à elle...
Cette discusssion sur l'art est aussi impossible qu'un débat entre croyants et athées, et personne ne s'en sort. Vous ne pouvez empêcher empêcher les amateurs d'art moderne d'aimer la merde d'artiste. Eh bien , laissons-les la bouffer !!!

Écrit par : Géo | 03/03/2009

Réponse à un "lecteur"

J'ai bien précisé que tout l'art moderne ne se résume pas aux extravagances et aux provocations. Si l'on est bien disposé on peut faire un effort et admettre que des œuvres d'art de notre époque peuvent être intéressantes.
Il est vrai que lorsque l'on va à des biennales d'œuvres contemporaines cela en jette avec ce multicolorisme des différents tableaux.
Sans aucun doute une œuvre abstraite peut évoquer plus que des sangliers dans un sous bois si on a de l'imagination mais que faites vous de la provocation des extravagances par exemple des œuvres d'art peintes avec la queue d'un âne ou par un singe qui étaient apparus sur Paris Match il y a bien 15 ans et qu'un propriétaire de galerie d'art avait trouvé la technique très intéressante alors que je lui cachais les auteurs de ces œuvres (très vexé de mon coup!)
Tout ça pour dire qu'il y a une certaine dose de snobisme dans le monde des arts et qu'il faut se garder de ne pas en être victime.
Oui on peut être un enthousiaste de l'art moderne en général .Personnellement je m'ennuie souvent devant l'abstrait. Un bon Bruegel est tellement plus intéressant

Louis hervé

Écrit par : hervé | 03/03/2009

Réponse à Louis hervé

"Bruegel est tellement plus intéressant"
ça me fait plaisir de savoir que vous avez du plaisir à admirer les Bruegel et autres Vermeer. Moi aussi j'aime bien.

Pour ce qui est de la peinture qui vous déplaît, moi aussi, il y a beaucoup de tableau qui me déplaisent, la plupart en somme, anciens ou contemporains. Par exemple Dali ou plus récemment Basquiat.
Mais quand je vois un tableau pour la première fois, un tableau nouveau qui me touche, j'ai un sentiment de bonheur intense que je ne trouve pas même devant un Rembrandt, que pourtant je mets au sommet.

C'est pour ça que j'ai un peu de mal avec ceux qui mettent des sommes invraisemblables pour un Picasso vieux de 100 ans. Est-ce que pour eux l'émotion se résume au prix ?

Écrit par : Un lecteur | 04/03/2009

Reponse à un "Lecteur" Oui , il y a de grandes chances, snobisme oblige et puis il y a la spéculation qui mène le monde et qui mène parfois à de sacrées déconfitures!

Louis Hervé

Écrit par : hervé | 04/03/2009

"Les photos de l’appartement du couple provoquent chez moi une irrépréhensible nausée : un mélange de meubles Art Déco et Louis XV que surplombent un maître flamand, un Goya, un Ingres et un Mondrian et tout, jusqu’au plus insignifiant guéridon, servant de socle pour des sculptures, des faïences, des cristaux, des vases chinois, des antiquités. C'est-à-dire pas une collection mais un empilement. Pas un appartement mais le dépôt d’un Mont-de-piété de luxe."

Les photos donnent en effet un impression d'entassement foutraque, mais, quand je les regarde, il ne me semble pas que ce soit la disposition normale de l'appartement. On dirait plutôt que les objets ont été poussés dans le même coin pour l'occasion, afin de les photographier d'un coup tous ensemble.

"Un de ces trucs qu’adolescent je contemplais dans les musées en me convaincant du mieux que je pouvais que, comme c’était un Picasso, ça devait probablement être beau. Passaient ainsi des minutes infinies et lourdes d’un doute affreux mais jamais exprimé : et si, après tout, c’était simplement moche ?"

Êtes-vous sûr qu'il soit prudent --- et de bonne tactique --- de vous laisser aller à ce genre d'aveux ? On pourrait en tirer de méchantes conclusions sur votre rapport à l'art, votre place dans le champ et votre légitimité de critique...

Écrit par : stéphane staszrwicz | 07/03/2009

"Êtes-vous sûr qu'il soit prudent --- et de bonne tactique --- de vous laisser aller à ce genre d'aveux ? On pourrait en tirer de méchantes conclusions sur votre rapport à l'art, votre place dans le champ et votre légitimité de critique..."
Et voilà, nous y sommes. Que pensez-vous de Bunuel, SS ?

Écrit par : Géo | 07/03/2009

@SS, Je ne l'ai jamais réclamée et encore moins désirée, mais si vous pensez que je mets en péril ma "légitimité de critique", peut-être ai-je fait mon boulot.

Écrit par : david laufer | 07/03/2009

"Pour l'art comme pour le reste... C'est la classe au pouvoir qui décide de CE QUI EST ARTISTIQUE et de QUI peut en vivre" (..)"Lorsque Duchamp expose un pissoir pour subvertir la notion d'art, il investit le champ des marchands!...Mais ce champ est de fait un marais avaleur d'actes! Ses PROPRIETAIRES LE LOUENT et sont prêts A LOUER tout ce qui s'y passent... Sans l'acceptation de cette "audace" par les marchands, Duchamp n'est rien! Ni artiste, ni avant-gardiste! ... Et cette acceptation du pouvoir des proprios colectionneurs fait de Duchamp un subvesrsif de salon!...(..)
Extrait d'un dialogue d'une Bande-dessinée... inédite (on se demande pourquoi??)
Lisible en ligne ici:
http://home.worldcom.ch/~skoch/BD-complet/8es.html
(pages: partie II-p 46 et suivante)
Quant à Picasso, il était au bord du suicide lorsqu'un marchand Suisse...

Écrit par : redbaron | 08/03/2009

Buñuel était aussi membre du champ culturel --- au sens large --- et ses propos doivent s'interpréter en conséquence, selon leur rôle stratégique dans son émulation à l'égard des autres surréalistes. Proclamer la nudité impériale est un procédé banal de rhétorique, mais son sens dépend de qui l'emploie. Il peut s'agir de rabaisser un concurrent lorsqu'on fait partie du même champ, ou de se consoler de son exclusion, lorsqu'on est tenu en dehors*.

Il faut comprendre qui parle et d'où l'on parle, pour saisir exactement la portée d'un discours. Les mêmes propos disqualifiants, tenus sur Picasso ou sur quiconque, prennent des sens tout à fait différents, peut-être contraires même, s'ils sont tenus par un Buñuel, qui juge un collègue et tout à la fois se donne lui-même à juger comme tel, ou par un Roland Favre, qui voudrait condamner un faux artiste, et confirme à son insu la propre condamnation dont il est initialement victime...



*Et bien sûr, il ne s'agit pas seulement de se consoler de cette exclusion-là, qui n'aurait guère d'importance par elle-même, mais surtout de tous les autres ostracismes parallèles qui s'y trouvent impliqués.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 08/03/2009

"et confirme à son insu la propre condamnation dont il est initialement victime..."

Quelle masturbation intellectuelle! Pas besoin de grandes connaissances ou de se complaire dans ces inepties pour apprécier l'art. Regardez l'effet des toiles d'un Mark Rothko: tout le monde les aime, du néophyte au connaisseur, tout comme un air de musique peut-être apprécié tant par un chef d'orchestre symphonique que par un balayeur de rue illettré.

C'est dans sa dimension universelle que l'art est art.

Écrit par : Igor | 08/03/2009

Les trissotins de tout poils sont de retour , ils veillent au grain, prêts à pourfendre ceux qui osent braver la ligne du bienséance de la pensée correcte qui ordonne d'apprécier ce que le snobisme commande c'est à dire aimer l'art contemporain sans contre partie sinon menace jusqu'à faire des allusions sur une éventuelle perte de légitimité de critique.

Louis Hervé

Écrit par : hervé | 08/03/2009

Depuis Marcel Duchamp, l'art n'est-il pas mort ?
Même si, en 1917, ce Monsieur n'a pas eu le courage d'aller jusqu'au bout de l'assassinat qu'il perpétrait en n'osant affubler son "oeuvre" majeure que du titre de "fontaine" et non pas de celui de "urinoir", "pissotière", "pissoir" ou, pour les minaudiers, "Vespasienne"!

Écrit par : Père Siffleur | 08/03/2009

@ P-S, Non, l'art n'est pas mort! Certains ce le sont appropriés, beaucoup vivent de la "critique" pour ou contre... Faux débat. L'art dont il est ^fait mention ici n'est que celui de la marchandise et du marché!! On peut parler de la même façon du yogourth! Les artistes connus et qui vivent de leur art (vente ou subventions*), eux, sont soit les amis de ceux-ci, soit de "bonne lignée" (dans les expos ça compte...pour les ventes!)... Les autres, paient pour bosser! quels cons! Et si d'aventure le pognon manque, demandez leurs comment on les traitent aux service sociaux... Quant àceux qui en parlent de l'art, tels Hollenweg, ils ne répondent rien,sur ces faits!
*il est d'ailleurs curieux lorsqu'on en fréquente de voir qu'avant même les décisions (subventions, "concours")certains savent...

Écrit par : Kurt Deroy | 09/03/2009

Oups, veuillez s'il vous plait, lecteur(S) considérer le texte de fin sous astérisque, comme nul et non avenu! Un délire de persécution, une paranoia galopante, bref des conneries improuvables sans mettre des innocents en cause! Merci! Vous êtes bien aimable! Monsieur Laufer, si vous pouvez effacer cette fin, et ce commentaire-ci, merci...

Écrit par : Kurt Deroy | 09/03/2009

Pour comprendre l'art contemporain, ne faudrait-il avant tout définir qui est l'artiste? Cela permettrait peut-être de reconnaître l'imposture évoquée ici par certains commentateurs. Est-ce que le problème du décalage entre public et critique ne viendrait pas d'une image romantique et surannée de l'artiste? Le XIXe siècle a établi un portrait de l'artiste en jeune homme tourmenté, angoissé, soumis aux caprices mystérieux de l'inspiration, faisant de sa vie 'une oeuvre d'art', dédaignant la technique et les effets de style, volontiers provocateur et parfois marginal. Cette figure, tout aussi fréquente dans la littérature que dans la peinture, s'est maintenue dans l'imagination du public et des critiques (et les artistes ont souvent cultivé leur image romantique) jusqu'aux années 1920-1930 pour disparaître peu après. Les groupes d'artistes, les avant-gardes, les bohèmes se sont évanouis avec les dérives du Surréalisme, avec la disparition de lieux propres aux artistes, avec la 'provincialisation' de Paris. Désormais, la provocation ne sert plus à 'épater le bourgeois', mais à le rassurer, car la niaiserie provocatrice de quelques nuls sans talent qui n'ont trouvé rien de mieux pour se rendre célèbres correspond exactement à l'idée reçue romantique qui dure depuis deux siècles : celle de l'artiste qui aurait une araignée au plafond. Cette image, croisée avec l'idée selon laquelle toute expression personnelle est une forme d'art (tout un chacun serait un artiste qui s'ignore, il suffirait de peindre ou d'écrire) et avec la spéculation déraisonnée dont quelques rares oeuvres de quelques rares auteurs font l'objet rend très difficile la définition de l'artiste, et par là la définition de ce qui n'est pas un artiste. Cela n'a plus rien à voir avec la réalité actuelle des artistes, avec leurs formations diverses, leurs vocations précoces ou tardives, les différents métiers qu'ils exercent (après tout, qui est artiste? Celui qui crée des oeuvres, celui qui les expose, celui qui les vend, celui qui vit uniquement de son art?) L'imposture, selon moi, ne serait pas réellement chez les artistes mais dans l'image que le public se fait d'eux à partir de quelques cas isolés et, au fond, assez conformistes.

Écrit par : Inma Abbet | 09/03/2009

Veuillez excuser les fautes du dernier message.

Écrit par : Inma Abbet | 09/03/2009

Qui est artiste?
L'artiste c'est celui qui fait de l'art!... Et qui fait de l'art?... C'est simplement celui qui dit en faire! (qui dit "enfer" ?)

Donc, est artiste, tout "diable" ou "diablesse" qui dit être artiste! Il n'y a que la postérité qui pourra séparer le bon grain de l'ivraie... dans 100 à 200 ans.
Avant, les modes, les copinages, les chapelles, les snobismes et j'en passe, altèrent le jugement.

Signé: Père Siffleur
Celui qui essaie d'être un ... "Lebenskünstler"
Je n'ai trouvé aucune traduction valable de ce terme.

PS: Merci à K. Deroy d'avoir "invalidé" le décès de l'art! Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il l'a "ressuscité"! Mais je suis aussi fort rassuré: Duchamp n'est pas un assassin!

Écrit par : Père Siffleur | 09/03/2009

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