08/06/2009

B92 et la Croatie

Lors d’un récent dîner avec des amis, nous avons évoqué la question des guerres yougoslaves des années 90. Nous n’étions pas du tout d’accord ce qui est normal puisque deux Serbes ou connaisseurs de la Serbie, c’est deux avis complètement différents. En effet, d’avoir perdu ces guerres d’une façon si humiliante et répétée – en Slovénie, puis en Bosnie, puis en Croatie et enfin au Kosovo – et d’avoir été universellement montrés du doigt comme les salauds de la fable ont rendu les Serbes très soucieux à l’endroit de leur histoire récente, objet d’un débat constant et le plus souvent houleux. Mais il n’est pas certain que ce mauvais rôle ne leur ait pas rendu service.

 

Parce que si je pense à l’épanouissement de l’Allemagne et du Japon depuis soixante ans, je ne peux m’empêcher de penser que, peut-être, il y a une grâce secrète à être le vaincu. Dans cette position insoutenable que lui impose le concert des vainqueurs et leurs conditions drastiques, forcé et contraint, le vaincu finit quand même par reconnaître en lui ce que le vainqueur ne verra jamais : la nudité de ses propres mythes et la tristesse de sa supposée supériorité. C’est une nouveauté dans l’histoire et il est trop tôt pour savoir si la formule fonctionne vraiment. Son moteur principal est la rétribution morale, que certains habillent du malheureux vocable de devoir de mémoire. Cela se traduit par une réalité complexe et en même temps limpide : les Serbes ont beau, pour beaucoup, soutenir Ratko Mladic et Radovan Karadzic et les autres encore aujourd’hui, ils savent très bien que ces individus sont largement considérés comme des criminels, y compris par leur propre gouvernement.

 

Or les Croates font exactement l’inverse. Contrairement aux Bosniaques qui n’ont toujours pas de pays et au Kosovars qui ont arraché le leur dans des conditions très disputées, les Croates ont gagné les guerres militaire, politique, diplomatique et médiatique sur leur puissant voisin serbe. Le point culminant des conflits serbo-croates, c’est l’opération Tempête des 4 et 5 août 1995 au cours de laquelle l’armée croate a expulsé de force 200'000 Serbes de la Krajina qui avaient fait sécession et refusaient de reconnaître la Croatie. Ainsi la Croatie célèbre le 5 août chaque année à grands renforts de trompettes. Et pourtant, Ante Gotovina, le général responsable de l’opération et largement adoré dans son pays, après des années de cavale, est aujourd’hui en prison en Hollande, accusé de crimes de guerre. Imaginez Guillaume Tell en prison, ou de Gaulle ou Churchill.

 

Parce que si le Premier ministre croate Sanader a fait preuve d’un bon sens politique en livrant le général adoré, le site d’info serbe B92 rapporte que le procureur de La Haye Serge Brammertz est très peu satisfait de la coopération de Zagreb. On lui refuse notamment accès aux archives militaires croates concernant l’opération Tempête. Et là est toute la complexité de la position croate dans cet après-guerre. Vainqueur régional, elle n’en demeure pas moins montrée du doigt sur un plan international pour son rôle dans la guerre, ce que la population croate ne supporte absolument pas. Le gouvernement entretient cette fatale schizophrénie en faisant du 5 août un jour férié alors qu’il s’agit d’une gigantesque épuration ethnique, et de nommer des places et des rue en l’honneur de Franjo Tudjman, un autocrate qui n’avait rien à envier à Milosevic.

 

Alors que le même Serge Brammertz vante les progrès réalisés par la Serbie, il semble que la position de la Croatie va devenir de plus en plus difficile à tenir pour un gouvernement qui est en train d’atteindre le fond de sa caisse à munitions diplomatiques. Même si ce pays a jusqu’ici bénéficié de sa position de vainqueur, je ne serais pas surpris que la jeunesse croate se réveille un jour avec une épouvantable gueule de bois. Elle demandera des comptes aux anciens et comprendra, un peu comme les jeunes Français découvraient avec horreur la réalité de l’épuration de 1945, que les mythes sur lesquels est assis le pays baignent dans le sang des innocents. Peut-être envieront-ils alors leurs frères serbes et leur leçon d’avance.

Commentaires

D'accord sur l'erreur de jugement des Croates. Ils étaient trop sûrs de leur impunité.

En 41-45, les crimes de l'"Etat indépendant de Croatie" furent couverts par les intérêts communs de l'Occident, qui à un certain niveau continuaient de concorder malgré la guerre avec l'Axe. En témoignent les célèbres "Ratlines", ces canaux d'exfiltration de criminels nazis supervisés par les services américains ou la récupération des structures de la Gestapo dans le cadre des réseaux "Stay Behind".
Ainsi donc, les oustachas de 45 purent-ils bénéficier du soutien diplomatique du Vatican, de l'opportunisme géostratégique des Américains, de la duplicité des Anglais, tout en se transformant en victimes de la conquête communiste.
Aujourd'hui, ils n'ont pas compris que les alliances sont plus fragiles, que leur protecteur allemand s'est fondu dans une supra-structure, elle-même soumise à l'OTAN, et que les "héros" d'hier deviennent des "criminels" d'aujourd'hui à mesure qu'ils perdent de leur utilité dans la stratégie de l'OTAN.
Après avoir démembré une Yougoslavie fondée sur un modèle de société alternatif (autogestionnaire) et créé une série de micro-Etats libéralisés et privatisés, l'OTAN/UE peut envisager une reconstruction de l'espace yougoslave selon ses propres idées ("solve ut coagula"). Dans ce cadre, le TPIY peut encore servir comme outil de coercition contre des "clients" qui se donnent trop d'air, ainsi la Croatie.
Contrairement, peut-être, à David, je crois que le TPIY a été conçu d'emblée comme une instance politique et un outil de pression sur les populations ex-yougoslaves. Ainsi, en accédant à son poste, Carla del Ponte a déclaré avoir été "mise à l'épreuve par les Américains"; plus tard, elle a refusé d'enquêter sur les Serbes assassinés dans les environs de Srebrenica entre 1992 et 1995 et enterré toutes les accusations de crimes de guerre portées contre l'OTAN, pour la simple raison qu'elle en était somme toute l'employée.

Hélas, David: les jugements d'une telle cour ne pourront être très longtemps brandis en exemple. Au contraire. Ils aboutiront, à terme, à la déculpabilisation (voire canonisation) de ceux que le TPIY aura condamnés. Celui-ci ne deviendra crédible que lorsqu'il jugera les responsables du bombardement systématique par l'OTAN d'objectifs civils et de populations en 1999 sur un territoire où il a la compétence d'instruire. Tant qu'un criminel de guerre sera à l'abri du TPIY pour la seule raison qu'il est citoyen américain ou britannique, celui-ci restera une «kangaroo court» vouée à matraquer des indigènes sous régime colonial.

Écrit par : despotica | 08/06/2009

Je n'ai pas précisé - mais comment le faire sur si peu d'espace - que mon propos ne se limite pas au TPIY. Il s'agit, au-delà de cette instance, de la position politique de la Serbie, de son traitement médiatique et diplomatique qui n'est pas inféodé à 100% aux avis émis par le procureur. Et je soutiens que cette épouvantable mise au ban des nations, bien qu'encore largement incomprise sur place et ressentie comme une très injuste punition, sert de purgatif pour une société divisée en elle-même depuis son indépendance au XIXe siècle, ayant assassiné elle-même nombre de ses rois et dirigeants, s'étant prêté au jeu de la guerre civile plus d'une fois, toujours en jurant vengeance sur "la dernière", ou "l'avant-dernière", ou même sur des événements moyenâgeux parfaitement mythiques et néanmoins emprisonnants. Pour moi, la Serbie est comme une pièce dont la porte et la fenêtre n'ont pas été ouvertes depuis trop longtemps. L'air y est vicié, on se tape dessus sans bien savoir pourquoi, par habitude, par fatalité. Le jour où on ouvre cette porte et on intime aux belligérants l'ordre de déposer les armes, c'est comme à l'école primaire : l'ennemi devient celui qui a ouvert la porte.

Pour le TPIY, il me semble que Carla del Ponte aura a elle seule foutu en l'air les quelques raisons qu'on pouvait avoir d'espérer en cette institution. Par une personnalisation affolante et des avis tranchés et peu instruits, elle aura personnellement contribué à la décrédibilisation du tribunal, ce qui arrangé plus d'un. Le nouveau proc, Serge Brammertz, se retrouve avec une marge de manoeuvre minimale mais j'ai l'impression qu'il en tire le profit maximal, notamment au profit de la Serbie. Reste que, comme institution, il me semble que sa crédibilité s'est plus ou moins effondrée le jour où Naser Oric a été acquitté, et encore plus lorsqu'on a acquitté Haradinaj, tandis que des sous-fifres serbes se prenaient 25 ans ferme. Enfin, l'histoire tranchera parce que, au-delà des jugements, un travail d'instruction absolument remarquable aura été fourni, qui offrira une mine d'archives sans égal sur un conflit pour les futurs historiens et commentateurs.

Écrit par : david laufer | 08/06/2009

"...la nudité de ses propres mythes et la tristesse de sa supposée supériorité. C’est une nouveauté dans l’histoire et il est trop tôt pour savoir si la formule fonctionne vraiment."

Contradiction : vous citez le Japon et l'Allemagne en contre-exemple ! Mais il est vrai qu'il aura fallu la très grande clémence intéressée du seul vrai vainqueur de WW II : les USA, qui avaient besoin des savants atomistes allemands, des responsables SS et de l'espionnage pour s'occuper de ses grands amis alliés soviétiques. Ce n'est pas pour rien que beaucoup de ces personnages ont reçu un passeport de la Croix-Rouge (complice?) pour se rendre d'abord en Amérique du sud...
De même, Hiro-hito n'a jamais été inquiété et on a oublié les joyeusetés de l'unité 731 sur ordre des nouveaux empereurs du monde.

Où serait le soutien à la Serbie aujourd'hui ?

Écrit par : Géo | 08/06/2009

@Geo: je ne citais pas l'Allemagne et la Japon en contre-exemple. Et même si les procès de Nuremberg auraient été impensables encore en 1918, ceux de La Haye sont une véritable révolution en la matière, d'où ma prudence à me prononcer définitivement sur ce cas, en dépit de mes très nombreuses et cuisantes déceptions.

Le soutien à la Serbie d'aujourd'hui, tout en étant moindre, demeure exactement semblable à celui dont vous parlez pour l'Allemagne. Karadzic, de sa cellule, rappelle - et je le crois volontiers - qu'il a bénéficié d'un accord tacite mais formel de la part de Holbrooke pour vivre en paix et sans être inquiété par le tribunal, pareil pour Mladic, et pour tant d'autres qui ont monnayé leur retrait politique par l'assurance de ne pas être dérangé. Alors évidemment, ce sont des promesses de Gascon, mais l'histoire semble prouver que ces promesses et ces petits marchandages entre amis ont bien eu lieu. On raconte que les Français en Bosnie ont eu un grand nombre de fois l'occasion de choper Mladic ou Karadzic mais qu'à chaque coup, comme les radios sont communes, les Américains envoyaient deux Apaches survoler la zone de manière à alerter les fugitifs. On n'a jamais parlé de ce jeu du chat et de la souris, mais il participe activement à ce grand échiquier secret et probablement inévitable.

Écrit par : david laufer | 08/06/2009

On s'est mal compris. Vous avez cité l'Allemagne et le Japon. Je trouve que ce sont des contre-exemples. Laisser filer Mladic n'est pas équivalent à aider l'Allemagne et le Japon à se remonter industriellement le plus vite possible pour faire pièce au communisme. Je ne vois pas un grand mouvement pour booster la Serbie hors de ses vieux démons. Vont-ils trouver la voie tout seuls ? On ne devient que ce que l'on a toujours été...

Écrit par : Géo | 08/06/2009

Dans ce sens, oui, vous avez raison. La Serbie n'a pas bénéficié, et de loin pas, du même boost industriel et financier. Ce serait presque le contraire, avec des aides conditionnelles aux efforts de coopération avec le TPIY, etc. C'est plutôt l'Europe qui a bénéficié de la Serbie en en faisant un champ de privatisation à prix cassés, ce qui a pour conséquence une destruction conséquente d'emplois et d'entreprises. Les investissements ont aussi eu lieu, même des greenfield, parfois avec succès. Mais en gros, toute l'ex-Yougoslavie aura servi de marché aux puces pour des banquiers occidentaux. La contrepartie, car il y en a une, c'est une relative stabilisation de la monnaie, une rénovation en profondeur des infrastructures ainsi que les aides ponctuelles et assez importantes sous forme de prêts ou de dons ou d'effacement de dette, qui auront permis à ces pays de garder la tête hors de l'eau et, finalement, d'accomplir une croissance de 5 à 7% sur plusieurs années. Ce qui n'avantage que les riches, comme chacun sait.

Écrit par : david laufer | 08/06/2009

Vous parlez aussi de deux images simultanées de la Croatie, celle des croates eux-mêmes et celle du pays vu depuis l’extérieur dans le règlement de comptes avec l’histoire. Il faudrait ajouter une dimension nouvelle, qui vaudrait tout aussi bien pour la Serbie et qui n’existait pas pour les perdants et gagnants de 1945, celle des Serbes et Croates de l’extérieur, de la diaspora composée de beaucoup de gens qui ont été enfants pendant la guerre et qui ne reviendront plus dans leur pays d’origine que pendant les vacances. Certains n’auront de cette histoire récente qu’une vision tronquée et réductrice, acquise à l’étranger. Cette distanciation géographique s’ajoutera à la distanciation temporelle lorsqu’il s’agira, pour le passé complexe, honteux, difficile à revivre, de choisir entre les oubliettes ou le grand déballage. Alors, je crois que le devoir de mémoire se terminera par la distribution générale de ‘Persilscheine’, sauf peut-être pour les cas les plus voyants.

Écrit par : Inma Abbet | 08/06/2009

Merci Inma de rappeler le sujet central et instrumental de la diaspora, que j'évoquais dans un précédent billet:
http://dlaufer.blog.24heures.ch/archive/2008/09/14/b92-et-la-diaspora.html

Écrit par : david | 08/06/2009

Au sujet de la Serbie, on peut constater une immense avancée pour l’humanité , la création du tribunal international de La Haye qui représente un profond espoir d’établissement d’une justice pour tous les salops politiques de la terre. Enfin et si ce processus se développe, tous les tyrans de la terre vont commencer par se sentir menacés.
Il est normal qu’un voleur à l’étalage soit sévèrement puni et qu’un immense assassin qu’était Staline est pu mourir docilement dans son lit, reste parmi tant d’autres cas un contexte humain tout à fait intolérable !
Je ne vais pas faire la liste de tous les satrapes présents et passés, ils sont légions même actuellement mais tant que l’humanité tolérera ce genre d’individus, la planète restera une planète barbare. Et pour en revenir à la Serbie, la dernière guerre des Balkans a eu ça de bon de créer enfin une autorité internationale pouvant subordonner tous ces bandits politiques qui se croyaient jusqu’à il y a peu de temps au dessus de toutes les lois et invulnérables en tous lieux et en tous temps.

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 08/06/2009

Rien à voir avec le sujet mais vous avez été voir sur le blog de Rioufol journaliste au Figaro. C'est épouvantable, non que le blog soit mauvais au contraire j'apprécie beaucoup Rioufol mais c'est une accumulation pléthorique d'interventions à tel point que plus personne ne lit l'autre, tout le monde fait son petit baratin pour lui seul. Je crois que les gens vont finir par se lasser des blogs A quoi bon écrire s'il n'y a pas de réaction. Comme on disait dans le temps "l'auto tue l'auto" car trop de voitures on pourra dire "trop de blogs tuent les blogs."
Heureusement qu'il existe cette douce Suisse. On même titre que l'on évoque l'Arabie heureuse d'il y a bien longtemps on peut évoquer la Suisse heureuse!

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 09/06/2009

@Hervé. Vous avez raison, et je crains que, en définitive, ce sera la perte des blogs que de permettre à tout le monde de s'exprimer. Alors même que c'est précisément la beauté de la chose, on constate que trop de gens font un usage strictement guerrier de la liberté d'expression, saisissant l'occasion pour venger leurs rêves déçus dans un langage ordurier, bourré d'approximations, d'accusations gratuites et de propos de comptoirs. De toute manière, le blog est une forme transitoire et j'ai de la peine à croire qu'on bloguera encore dans 5 ou 10 ans. Ainsi j'ai trouvé mon bonheur en traitant ce blog exactement comme un média écrit, avec un article par semaine, tous les dimanches, de taille relativement égale et avec une ligne éditoriale stricte. L'absence de contours formel du blog, son côté gratuit dans tous les sens du terme ainsi que la débauche de commentaires idiots qu'on y glâne condamnent à terme cette forme d'expression, et je le regrette parce que, pour l'instant, j'y trouve un grand plaisir avec mes lecteurs fidèles, une bonne quantité de commentaires très enrichissants et une habitude que j'aurai de la peine à perdre.

Écrit par : david laufer | 10/06/2009

Je viens de voir le blog de M. Rioufol et je dois dire que je ne partage pas entièrement l’avis de Louis Hervé. D’abord, la profusion de commentaires peut être vue autrement que comme du bavardage personnalisé, elle est aussi une réponse à la violence des médias traditionnels, aux pesanteurs du discours bien-pensant de gauche qui envahit le discours politique depuis trente ans, en France comme ailleurs, à gauche comme à droite, et si vous avez lu plus d’une dizaine de ces commentaires, vous avez pu constater qu’une fois le thème de départ épuisé, les commentateurs vont tourner en rond en évoquant les manifestations d’un sujet unique : la décadence, interdit suprême, notion taboue de ces deux tendances sectaires qui sont le progressisme et l’utopie. Ensuite, malgré le nombre de réponses, vous observerez que les mêmes noms ou surnoms reviennent toujours, ce qui veut dire que M. Rioufol a un public, comme certains blogueurs ont le leur, parfois extrêmement réduit ou peu bavard, mais vous remarquerez que c’est la même chose ici, et cette fidélité met en évidence le dépassement de l’opinion personnelle en faveur du sens, du discours structuré. Il est évident que la forme des blogs va évoluer, mais je n’ose pas tellement en faire des projections. Peut-être aurons-nous à l’avenir des formes à la fois plus étendues (le commentateur qui remplacerait de temps en temps le blogueur) et plus fermées (commentaires seulement accessibles aux happy few).

Écrit par : Inma Abbet | 10/06/2009

La première chose à dire serait la reconnaissance envers un blogueur comme David Laufer. La 1ère fois que j'ai ressenti la même impression à la lecture c'était après être enfin tombé sur les "lettres du continent" ou "Africa Confidential" après avoir subi les approximations ou alors les désinformations de la presse edipressienne. Stephen Smith dans le Monde commençait déjà à fournir des analyses intéressantes mais trop rares. idem Marc Haaretz sur Libé. Ou alors celui qui a été aasassiné en Côte d'Ivoire ?

(L'Angola ? le patron des syndicalistes journaleux d'ici se vantait d'avoir serré la paluche de Jonas Savimbi. Etudiant modèle à Lausanne diplômé -jamais de thèse merci- de SSP avec le chouchou de la Ville et de l'Europe de Jean Monnet le prof Rieben. Choyé par les medias occidentaux naïfs avec des journalistes du type Bertil Galland.
On disait qu'il cachait les portraits de Marx-Engels-Lénine-Staline-Mao quand il recevait ce genre de journalistes et les remettait juste après leur passage. L'UNITA a mérité alors le surnom de Khmers noirs...

Mais Serial Killer dans la vie courante...
Quand les Américains de la CIA se sont rendu compte de la folie de Savimbi ils ont essayé de pousser Wilson dos Santos à le remplacer. Le Vieux l'a su bien évidemment. Wilson a été envoyé au front en 1ère ligue avec deux camarades chargés d'empêcher à tout prix son retour.
L'intégralité de la famille de Wilson d S à Jamba a été brûlée vive en public du vieillard au dernier né. 120 personnes... La foule autour qui scande et qui applaudit à chaque personne jetée dans les flammes...
A la suite des élections 1992 trois provinces ont donné leur voix à Savimbi : Bié Huambo Benguela. Toutes les autres ont voté pour Luanda et c'était prévisible même par moi. Je l'avais dit à mes ouvriers tous pro-UNITA. Savimbi a donc perdu...

Reto Breiter patron des journalistes de Suisse romande et Jean Rieben prix de la Ville de lausanne remis par la socialiste Yvette Yaggi sont descendus en Angola pour les élections de 1992 à titre d'arbitres. Contre l'avis général et celui des NU en particulier ils ont déclaré avec Jonas Savimbi le résultat des élections du 28 et 29 septembre 1991 "unfair".
Savimbi a donc repris la guerre puisque s'il avait perdu ce ne pouvait être que par tricherie thèse appuyée par deux honorables citoyens suisses. Rien qu'à Huambo cette guerre-là a fait 50'000 morts dont tous mes amis et leurs enfants.
Et pendant ce temps-là l'UNITA avait pignon sur rue à Vevey.

Le type de l'ambassade suisse à Luanda m'a quasi supplié de faire connaître cette réalité en Suisse. Je suis allé pour cela à l'Hebdo et j'ai rencontré un rédacteur : je confonds tout le temps entre Alain Jeannet ou Alain Maillard qui m'a dit que tout cela était nul et sans importance.

Depuis j'ai un peu la haine envers les journalistes de Lausanne...et je sais pourquoi)

Bonne soirée...

Écrit par : Géo | 10/06/2009

Geo@ L’abomination que vous décrivez au sujet de la famille Wilson sous le règne de Savimbi n’a pas laissé beaucoup de trace dans les archives de la grande presse. J’avoue que j’ignorais cette affreuse péripétie. Je ne me souviens pas avoir vu de commentaire à l’époque où cela c’est passé. On ne peut évidemment pas tout connaître. Je me rappelle fort bien du massacre à coups de bâton sur une estrade de voleurs, fomenté par notre empereur Bokassa en Centre Afrique. Il y avait eu tout un reportage dans Paris Match , photos à l’appui. Mais j’avoue qu’avec Savimbi on bat tous les records de cruauté pour notre époque, on en était revenu au massacre des cathares à Bézier. L’homme est une abomination pour l’homme du moins dans pas mal de circonstances et avec du recule on s’aperçoit que ces abominations ne servent à rien, les bourreaux disparaissent comme les victimes et souvent tout rentre dans l’ordre. La bêtise humaine n’a d’égal que son ignominie.


Louis HERVE

Écrit par : hervé | 10/06/2009

@Géo, vous avez beaucoup de choses à dire et je me demande pourquoi vous n'ouvrez pas votre propre blog, de manière anonyme si vous le souhaitez, ici ou chez une autre hébergeur; cela ne vous empêcherait pas de continuer à commenter les billets des autres... on a sûrement dû vous suggérer la même chose plusieurs fois déjà.

Écrit par : Inma | 11/06/2009

Geo doit boire du petit lait. Mais la maitresse Inma devrait penser aux autres. Et nous alors on compte pour du beurre ?!Inma devrait faire un classement par élève du premier au dernier avec bonnet d'âne à l'appui mais attention il est interdit de faire de l'élitisme à notre époque troubles psychologiques en cause nous guetterait dans d'efroyables syndromes dépressifs!

HERVE

Écrit par : hervé | 12/06/2009

@Hervé, je ne comprends rien à ce que vous dites. Si je parle de Géo, c'est parce que je lis ses commentaires sur différents blogs depuis deux ans et que je pense qu'ils pourraient être développés, notamment grâce à ses connaissances sur l'Afrique, et ses écrits pourraient être ainsi plus facilement accessibles. Cela va dans le sens de ce que vous disiez à propos des blogs du Figaro, où les idées intéressantes sont noyées dans une avalanche de commentaires stupides. Ce n'est pas le cas chez David Laufer, mais la cohérence chez notre hôte ne tient pas à la forme, à mon avis, mais au sens. Par exemple, le fait de revenir en arrière, pour l'idée de diaspora, de pouvoir utiliser un billet antérieur pour compléter ou développer une idée, cela me plaît beaucoup et c'est le signe d'une continuité dans le discours sur une période plus ou moins longue.
Quant à vous-même, si vous avez une page personnelle, vous pourriez afficher le lien dans la troisième case... Je suis assez curieuse des autres blogs, bien que leur exploration soit une activité chronophage.

Écrit par : Inma | 12/06/2009

Non c'est sur le ton de la plaisanterie que je déclinais . Il est vrai qu'il faut faire attention avec l'humour. En général quand on est pas branché sur la même longueur d'onde que l'auteur d'une blague ça ne fait pas rigoler. C'est valable d'ailleurs même avec les humoristes professionnels. Par exemple beaucoup de gens ne rigolent pas de Laurel et Hardy parce que hermétiques au comique de geste. Moi je ne rigole pas de trop des comiques récents souvent en dessous de la ceinture et assez grossiers. En général quand on vit avec quelqu'un on finit par comprendre son humour. Vous voyez ce qui nous reste à faire!! (Je rigole)!

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 12/06/2009

Oui Géo, ouvrez votre propre blog !

Écrit par : Jérémie | 12/06/2009

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