14/06/2009

Radio Vatican et le célibat des prêtres

J’aime l’histoire du Père Alberto Cutié. Quand je dis « Père », entendons-nous. Cutié n’est pas exactement le débonnaire pansu qui déambule avec son bréviaire et sa soutane luisante de crasse par les rues du village. Cutié a 40 ans, une belle tignasse noire, des yeux bleus acier, un sourire ravageur et des biscoteaux qui lui ont valu le surnom de « Père quel-gâchis » dans la communauté hispanique de Miami. Star d’un show télé, il donne des conseils matrimoniaux à des millions de catholiques hispanophones. On réprimera donc sa surprise en apprenant qu’un tabloïd mexicain a récemment publié des photos de lui glissant sa main dans la petite culotte d’une jolie femme à la plage, vautré sur elle, le corps luisant de crème solaire et de bonheur.

La suite a été rapide. Mis à pied par sa hiérarchie, il a fait des excuses en public, puis affirmé qu’il aimait la jolie femme en question, puis quitté l’Eglise catholique et enfin rejoint la paroisse épiscopalienne de South Beach qui n’exige pas, elle, le célibat. Le site de Radio Vatican rapporte l’affaire en sept lignes dans un langage qui sent l’épouse trompée et étouffant à peine ses larmes outrées. Ce qui est un exact reflet de la situation. Personne en effet n’a forcé Alberto Cutié à prendre soutane et à prononcer ses vœux. De la même manière, personne ne m’a forcé à me marier. Son geste, pour bénin qu’il soit, n’en est pas moins une rupture de promesse solennelle, donc une trahison. Voilà donc remis sur le devant de la scène la question du célibat des prêtres. Et c’est dommage.

Parce que le seul vœu de chasteté concentre le gros des attaques de la société contemporaine sur le Vatican, on tend à oublier qu’il en existe deux autres, ceux de pauvreté et d’obéissance. Les théories abondent sur les dangers de la répression des pulsions sexuelles et sur les risques très grands qu’encourent les jeunes prêtres à ne pas s’épanouir sexuellement, comme autrefois le Vatican menaçait de surdité les masturbateurs. Ainsi on n’en vient parfois à croire que faire l’amour est un besoin vital, au même titre que boire ou respirer. Et ce faisant on fait de la sexualité un bien de consommation, une marchandise, un truc mécanique sans mystère et sans joie. Mais je m’écarte du sujet. Je voulais parler des autres vœux de pauvreté et d’obéissance.

Si l’Eglise a acquis à travers les âges une telle puissance politique, morale et financière, c’est certainement à ces deux-là qu’elle le doit, et non pas à la chasteté, lubie moyenâgeuse fort utile en son temps mais fondamentalement pas nécessaire. Et si l’Eglise est en train de perdre aujourd’hui son pouvoir sur l’humanité, c’est encore de ce côté-là que je regarderais, plutôt que de passer mon temps à soulever les soutanes. De mes discussions avec des prêtres, j’ai souvent entendu que des trois vœux, celui d’obéissance était le plus difficile à observer et que cette difficulté augmente avec les années, contrairement, bien sûr, à la chasteté. Obéir ne signifie pas seulement se plier aux règles d’un couvent ou d’un diocèse. Cela signifie qu’on attribue à sa propre opinion moins de valeur qu’à celle de son supérieur hiérarchique. Cela signifie s’humilier quotidiennement dans une structure pyramidale qui du bedeau va jusqu’au Pape. C’est disparaître à soi-même et tenter de renaître dans un tout.


Cette discipline insensée dure depuis plusieurs siècles. L’obéissance a façonné, depuis les monastères clunisiens, notre vie en société. Elle a percolé dans nos institutions politiques, donné naissance aux monarchies absolues, qui ont elles-mêmes donné naissance aux dictatures du 20e siècle. Aujourd’hui elle a même survécu aux révolutions. Elle est l’incarnation matérielle de l’autorité indiscutable qui naît non pas d’une légitimité personnelle mais d’une position hiérarchique. Et si le modèle a fonctionné en son temps, s’il a offert à Rome l’assise qui lui a permis d’étendre son empire, il trouve aujourd’hui, dans nos démocraties libérales individualisées, ses limites définitives. Bien plus que ces histoires de touche-pipi, je pense que le vœu d’obéissance est aujourd’hui la véritable faiblesse du Vatican, la faille qui empêche à cette institution de trouver les ressources nécessaires à son renouvellement, comme on le voit par l’élection d’un Pape octogénaire et doctrinal. Et c’est l’un des défauts de notre époque de croire qu’il est plus important d’avoir un orgasme que de penser librement.

22:57 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (38)

Commentaires

"Et c’est l’un des défauts de notre époque de croire qu’il est plus important d’avoir un orgasme que de penser librement."

C'EST TELLEMENT VRAI.

Écrit par : Julien | 14/06/2009

"Personne en effet n’a forcé Alberto Cutié à prendre soutane et à prononcer ses vœux."

Une vérité que certains auraient tendance à oublier. De la même manière, l'église catholique est la seule institution qui m'a jamais demandé mon avis sur quoi que ce soit, le seul endroit où je me suis sentie libre d'accepter ou de refuser... Les autres n'ont fait que m'imposer l'obéissance d'une manière ou d'une autre, par promesses ou menaces, ou les deux. Après tout, de quel droit l'Etat devrait se mêler de la vie privée de chacun en exigeant la déclaration du moindre sou? De quel droit peut-on imposer une idéologie, notamment à l'école? Pourquoi certains citoyens devraient payer les chères lubies d'autres citoyens et ne pas pouvoir s'y opposer, sauf de manière très aléatoire, tous les quatre ans?
Pourquoi la liberté fait si peur?

Écrit par : Inma Abbet | 14/06/2009

"je pense que le vœu d’obéissance est aujourd’hui la véritable faiblesse du Vatican, la faille qui empêche à cette institution de trouver les ressources nécessaires à son renouvellement"

Je dirais que sa véritable faiblesse est sa difficulté à éveiller l'imagination et une fâcheuse tendance à faire un travail qui n'est pas le sien, c'est la même chose qui arrive à l'école, d'ailleurs. Lorsque l'Eglise se transforme en un service social comme un autre elle perd son rôle de refuge de l'imaginaire et de la sensualité qui a toujours fasciné les écrivains mystiques; elle perd son mystère, sa capacité à faire rêver. Plus l'Eglise est terre à terre, plus elle veut 'coller' à une idéologie dominante et plus elle devient inintéressante. Ajoutons à cela les églises en béton et une esthétique consistant à faire le ménage par le vide et on obtient finalement des églises vides.

Écrit par : Inma Abbet | 15/06/2009

De Hanoi où je vis depuis de nombreuses années, je lis vos lignes le sourire en coin. Ici notre chère Eglise catholique est dans le vent et regrade vers le futur de la plus belle des manières (contrairement au pouvoir athée qui ne sait plus que faire).
R.L.

Écrit par : Luisier | 15/06/2009

Au moins un problème que les orthodoxes se seront épargné! Ouf!

Écrit par : Despotica | 15/06/2009

Excellent commentaire Inma , le probleme fondamental et que le Vatican n'accepte pas l'homme et la femme: ils sont egales aux yeux du Createur ; l'un ne doit pas dominer l'autre, mais cela est dans toutes les religions.

quant au pere Luissier ! il y aura toujours des moutons pour accepter des theories obsoletes; laisser le createur regler votre Futur ! au plus c'est son probleme.

Écrit par : 100blagues | 15/06/2009

@100 blagues, vous avez mal compris, je n'ai pas du tout critiqué l'Eglise catholique ni sa doctrine... Bien au contraire (mes seules critiques sont d'ordre esthétique). Je redis que l'Eglise est la seule institution qui ne m'a jamais forcée à quoi que ce soit et qui ne m'a JAMAIS imposé l'obéissance, contrairement à d'autres institutions (Etat, école, famille etc.) Critiquer l'Eglise aujourd'hui est facile et surtout gratuit.

Écrit par : Inma Abbet | 15/06/2009

DL@ Vous soulevez un lièvre qui n'est jamais que l'arbre qui cache la forêt...
La question de la hiérarchie est une question centrale de notre monde. A l'école d'abord où une gamine de 8 ans pense de bon droit (parce que c'est cela que ses parents lui ont appris) qu'elle a autant de droits que l'éducatrice qui gère sa pause de midi. A l'armée où les minettes peuvent jouer aux grenadiers si cela leur chante. On imagine l'ambiance...
Dans la rue où les jeunes violents sont rois parce que protégés par les socialistes*, double mafia des mamans et des gens de gauche...
Un monde où on forme des assistants sexuels pour les handicapés, séances payées par notre assurance maladie (et on s'étonne que cela augmente...) et où le client des prostituées est amendé...
Où les socialistes se battent pour la dépénalisation du cannabis et pour l'interdiction du tabac...
Où les socialistes se battent pour que le black block puisse manifester cagoulé et armé mais sont contre l'armée pour cause de pacifisme...
Conclusion : ce n'est pas la fin des hiérarchies, c'est à une inversion des hiérarchies que l'on assiste : le règne de la racaille partout, dans les medias, dans la rue...

* par socialistes, j'entends aussi les partis radicaux de Suisse romande, qui essayent péniblement de suivre les vrais socialistes...

Écrit par : Géo | 15/06/2009

A Inma.

je ne juge pas votre article, je le trouve excellent,

mon commentaire sur le probleme fondamentale n'est pas un complement au votre , juste un point de vus personnel.

bonne journee a vous.

Écrit par : 100blagues | 15/06/2009

@Geo, la hiérarchie introduite par Rome, fut par large part empruntée à l'Empire finissant, lui-même ayant calqué ses rites sur l'Egypte et la Perse, etc... on remonte à la fondation du monde. Mais voilà, celle-ci s'est formé jusqu'à devenir la plus vaste et la plus vieille des insitutions humaines, peut-être aussi l'une des plus riches et, en son temps, la plus puissante également. Cette centralisation verticale fonctionne sur la déité de sa caste supérieure, comme les nobles, comme les membres du soviet, comme les ministres et les parlementaires. C'est cela qui est remis en cause de nos jours, c'est cela qui, je le crois, a été largement copié sur le modèle romain qui est en train de ronger le Vatican de l'intérieur, incapable qu'il est de trouver en son propre sein les énergies nécessaires non pas seulement à son renouvellement, mais à sa seule subsistance. Et malgré le mal que j'y mets, j'ai du mal à trouver qu'il soit dommage que ce modèle vertical, divin et absolu soit en train de mourir. Les débordements dont vous faites état et qui sont tout à fait réels pour certains ne sont pas une invention de notre temps. Weimar a fait bien mieux.

Écrit par : david laufer | 15/06/2009

"Weimar a fait bien mieux."
Pour le moment mais l'avenir est prometteur en matière de délires...
OK pour l'église catholique.

Écrit par : Géo | 15/06/2009

@imma, l'Eglise ne vous a jamais imposé quoi que ce soit? Heureusement pour vous! A moi, on a posé cet ultimatum: si vous ne signez pas ce papier par lequel vous vous engagez à faire vos enfants catholiques, l'évêque n'autorisera pas la bénédiction de votre mariage. ça, si ce n'est pas du chantage épiscopal, d'après vous c'est quoi? J'ai signé, (j'avais 20 ans) en me disant que de toute façon son papier n'avait aucune valeur juridique laïque et je ferai ce que je veux, il n'a rien à m'imposer. Par respect pour ma belle-famille, catholique, j'ai agi de cette façon! Aucun remord, mais laissez-moi vous dire que l'Eglise catholique continue à utiliser ce genre de chantage sournois. Les moyens de pression ont peut-être changé, mais je fais partie de la génération qui les a subis, y compris le fait de devoir être déplacée d'un canton dans un autre par l'influence des protestants cette fois-ci, juste pour récupérer une pauvre petite brebis perdue au milieu des catholiques! Ahurissant, mais vrai! Alors pas de pression de la part des religions? C'est encore à prouver! Mariez un Juif, vous pauvre femme qui ne l'êtes pas, vous verrez les pressions que votre futur bien-aimé devra subir jusqu'à ce qu'il renonce à vous ou qu'il soit renié par les siens! Idem dans l'autre sens pour cette religion. Ou il accepte de se convertir avec circoncision comprise ou sa femme juive sera reniée par les siens! Bonjour la liberté de choix!

Écrit par : elicolli | 15/06/2009

Je ne vois nulle part dans ce débat autour du voeu d'obeissance au Vatican, le nom du Christ, celui des chrétiens. Obéir? N'est-ce pas lui qui affirme avoir gravé les nouveaux commandements dans le coeur de l'homme? Je pense que c'est davantage dans cette perspective que ce voeu est prononcé. Cela me paraît central de ne pas perdre de vue, malgré les immenses turpitudes de cette institution jusqu'à ses errances actuelles, que ce geste d'obeissance au Christ, tout au moins ce désir de soumission à ses commandements, est le fondement de l'Eglise. L'obéissance au Pape (que personne ne prend pour le Messie) avec ce voeu est bien plus symbolique pour ceux qui la pratiquent que ce que laissent entendre beaucoup de ces lignes. Les commandements du Christ sont une source d'infinie liberté. C'est ce paradoxe qui peut surprendre.

Écrit par : un lecteur | 16/06/2009

@Lecteur, ce que vous dites est exact, du moins du point de vue d'un chrétien pratiquant. Mais vous décrivez surtout l'esprit de ce voeu bien plus que sa réalité à travers les siècles. L'obéissance au Christ, que certains pratiquent encore de bonne foi, a de la peine à surgir au milieu d'une institution si ancienne, et que les âges ont depuis longtemps gagné à leur cynisme. Reste l'obéissance administrative et mécanique, et de celle-là rien de bon ne peut venir.

Écrit par : david laufer | 16/06/2009

Cela me fait penser à la différence entre obéissance et loyauté, et à la notion de loyauté. Si celle-ci, selon le TLF est une ’fidélité manifestée par la conduite aux engagements pris, au respect des règles de l'honneur et de la probité’, et l’obéissance désigne le fait de ‘se soumettre à quelqu'un, en se conformant à ce qu'il ordonne ou défend’, je pense qu’on peut désobéir tout en restant loyal et, inversement, se montrer obéissant tout en cherchant en secret la façon de nuire à celui à qui on obéit. Si j’évoque ces différences, c’est pour rappeler que l’obéissance est un système binaire et relativement simple, donc facile à instaurer et à suivre, comme le montre l'Histoire, alors que la loyauté est une chose plus subtile, toute en nuances et beaucoup plus subjective, dépendant de l’échelle de valeurs de chacun. Dans un contexte fortement individualiste, la notion de loyauté devrait remplacer peu à peu celle d’obéissance, car la première crée l’illusion de la fin des hiérarchies et d'une certaine liberté, elle est plus flatteuse pour l’individu. Ce n’est pas plus mal, tout dépend du sens qu’on donne au mot loyauté.

Écrit par : Inma Abbet | 16/06/2009

@David Laufer, de l'esprit d'un voeu à sa réalité, tout va se passer dans l'interprétation. Il me semble que l'esprit serait le fait objectif et sa réalité une lecture subjective. Je ne crois pas qu'il y ait donc beaucoup à dire sur cette réalité qui est celle que "chacun voit à sa porte". Maintenant qui parmi nous n'obéit à rien ni personne? N'y a-t-il pas une certaine qualité à pouvoir déterminer plus précisément ce geste, n'est-ce pas une manière de neutraliser la crise mimétique qu'engendre le désir d'indifférenciation qui accompagne le "ni dieu, ni maître'? Mais je m'écarte du sujet pour me perdre chez René Girard à qui je crois pouvoir me référer aujourd'hui avec les questions que posent l'obéissance. Enfin, et pour revenir à vos lignes, est-ce que l'Eglise n'est pas bien moins cynique aujourd'hui qu'il y a 1000 ans ou même 50? Et le cynisme de cette Eglise n'est-il pas bonhomme en comparaison de celui dont parle la crise actuelle et très laïque et qui va faire à terme des millions de victimes comme une vulgaire pollution majeur dont chacun se défausse courageusement? Je pense que les boulets rouges, ceux qui faisaient fondre la glace à Austerlitz, sont à réserver pour d'autres combats que ceux contre l'Eglise. Contre le cynisme par exemple, là je vous suis!

Écrit par : un lecteur | 16/06/2009

"et qui va faire à terme des millions de victimes comme une vulgaire pollution majeur"
lecteur@ Pourriez-vous étayer cette affirmation avec des faits avérés, des chiffres sérieux, des réalités confirmées ?
Qu'appellez-vous "victimes" ? des gens qui perdent leur emploi et en retrouvent un autre moins bien le jour suivant, ou alors des gens qui perdent la vie suite à une crise ?
N'êtes-vous pas en train de vous laisser entraîner à des effets de rhétorique de bazar ?

Écrit par : Géo | 16/06/2009

@Inma: merci pour cette distinction essentielle que je fais mienne. Je suis en effet bien plus sensible à ce concept de loyauté qu'à celui d'obéissance, surtout si ce dernier signifie l'abandon de son jugement personnel. La loyauté est plus profonde, elle s'attache à l'esprit et non à la lettre.

@Lecteur: j'ai comme l'impression que vous interprétez mes propos comme ceux d'un bouffeur de curés. Or, les curés, j'en ai bouffés jusqu'à plus faim en mon temps et j'ai mieux à faire aujourd'hui. Tout le monde sait qu'une liberté complète est impossible, que nous obéissons tous à quelqu'un ou quelque chose. (Girard exerce sur ses lecteurs un pouvoir de fascination qui le rend suspect. Ca commence à sentir le Taine ou le Bergson de son temps. Sa grille de lecture est remarquable, mais pas universelle). Pour revenir à nos moutons, il ne s'agit pas de tirer à boulets rouges sur l'Eglise. En tant qu'institution humaine, elle n'est ni meilleure ni pire que ceux qui l'ont créée et qui la font vivre. Il ne s'agit pas non plus de penser que l'obéissance est un mal. Au contraire, elle est nécessaire, notamment dans le cadre de l'éducation. Mais transformée en voeu puis en institution, elle est, selon moi, devenue un des empêchements majeurs de tourner en rond pour l'institution vaticanne, qui est très manifestement en perte de vitesse, toute subjectivité mise à part. C'est dans ce cadre qu'il y a un problème aujourd'hui et c'est bien pour cela que ces histoires de sexualité des curés me navrent, parce qu'elles camouflent les vrais sujets.

Écrit par : david laufer | 16/06/2009

Un curé sans vie amoureuse n'est pas distrait dans sa tâche au service de Dieu et des croyants qui fréquentent son église. Par contre, il n'a peut-être pas toutes les cartes en main pour aider les couples en difficultés, les familles déchirées, les aléas de la vie quotidienne. Pourquoi le Vatican ne veut-il pas évoluer quand il constate la dérive pédophile de certains de ses membres, les unions secrètes qui accouchent parfois d'enfants sans père déclaré? L'Eglise du Christ aurait peut-être de difficulté d'adaptation si elle permettait la liberté de choix à ses prêtres.

Écrit par : pachakmac | 16/06/2009

Chez le clergé, l'obéissance est capitale. Elle est le pilier central de l'Eglise. Remettre en question ces principes est inadmissible. Le dogme a été instauré. Oser se rebeller ou juste poser un constat serait une fissure dans la construction mentale de la Religion.

"Il est inutile de chercher à comprendre ce que nous croyons"
ou
la foi doit passer avant l'intelligence"

disaient certains prêtres, évêques.....

Et pour toute personne qui piétine les dogmes, le châtiment est terrible.

Quant au célibat des prêtres, cette pratique est assez récente. Avant les Religieux avaient tout le loisir de fréquenter des femmes (il y avait le concubinage - le droit de cuissage.

Mais à la suite de cette fornication pas très catholique, l'Eglise a mis le haut-là et le célibat fut déclaré.

Ainsi va la vie mouvementée des prêtres....

Écrit par : oceane | 16/06/2009

@ David Laufer, la "perte de vitesse" de l'institution vaticanne vous désole-t-elle? Que signifiez-vous par perte de vitesse?

Écrit par : un lecteur | 16/06/2009

@Lecteur: le nombre de séminariste en France, par exemple, vers 1970 était d'environ 1000. En 2005, ils étaient moins de 100. Toute l'Europe est concernée, l'Amérique du Sud aussi mais pas partout et quant à l'Asie et à l'Afrique, la compétition des sectes protestantes américaines est à son désavantage. 12% des Français seulement déclarent être pratiquants, et sur ces 12%, seuls 7% déclarent aller à la messe tous les dimanches. Faites le calcul. Je peux aussi vous parler des problèmes de recrutement de nombreux monastères en Suisse, notamment celui où j'ai été à l'école et qui peine aujourd'hui à survivre. Par perte de vitesse, j'entends donc ce qui est probablement la plus grave menace sur la survie de cette institution dans ses 2000 ans d'existence. C'est-à-dire non pas une destruction exogène mais une rapide désertion de ses propres troupes.

Écrit par : david laufer | 16/06/2009

«…que ce geste d'obeissance au Christ, tout au moins ce désir de soumission à ses commandements, est le fondement de l'Eglise.»

Où est-ce que vous avez lu que le Christ a donné des ordres et proféré des menaces?
... il avait sans doute trop transformé d'eau en vin ce jour-là!

Écrit par : caglivo | 16/06/2009

L'obéissance, c'est «le camp d'entraînement» pour atteindre la sagesse.

Comprenne qui pourra !

Écrit par : caglivo | 16/06/2009

@David Laufer, j'ai mentionné Girard dans un contexte volontairement très défini : l'obéissance. Moi aussi ça me soule l'unique et constante référence à une pensée intellectuelle. D'ailleurs, en religion l'intellectualisme ne me semble pas la voie qui permet d'avancer. Mais on ne peut se réfugier dans la négation ou alors je préfère me taire. Pour l'avenir de l'Eglise, je crois qu'il faut savoir se montrer très humble : 2000 ans d'institution, c'est unique dans l'histoire des religions! Et nos critiques sont peu de choses. Mais je constate comme vous que l'actualité de l'Eglise est préoccupante. Des protestants vous diront sans doute que cette perte de vitesse n'a rien à voir avec la fin de la chrétienté sur Terre, au contraire : n'est-ce pas le retour de valeurs plus mystiques au détriment d'un certain pouvoir déplacé au regard des évangiles?
@caglivo, qui a employé le mot ordre et celui de menace? Certainement pas moi en parlant du Christ!

Écrit par : un lecteur | 16/06/2009

Qui a dit que Jésus était puceau? Que Marie-Madeleine, une femme scandaleuse, n'était pas sa maîtresse? Nulle trace ne permet de dire que Jésus ne faisait pas l'amour. Je me demande même si les traces amoureuses de Jésus ont été consciencieusement effacées par ses disciples qui trouvaient peut-être Jésus un peu trop "borderline" en fréquentant une prostituée et en la protégeant absolument, ce qui aurait pu entacher son crédit et sa religion d'amour, de tolérance, de pureté auprès des foules plus conventionnelles et près, eux, à lapider une prostituée...

Écrit par : pachakmac | 16/06/2009

David Laufer@ Une part essentielle d'une réponse de vous à mon premier commentaire m'est complétement passé à côté. Weimar...
Je pense pouvoir en déduire que vous cultivez les mêmes craintes que moi. D'ailleurs, je crois même me souvenir que vous les avez exprimées.
Je n'avais jamais pu comprendre quand j'étais jeune pourquoi et comment les Allemands, mais aussi les Français et beaucoup de Suisses et en fait tous les Européens ont eu tellement la haine contre les Juifs. Le droit de faire de l'argent avec l'argent, certes. A des taux plus qu'usuraires, certes. De vivre en communauté fermée nourrie d'un mépris énorme envers les Goys, certes. Gare à la jeune Européenne séduite par un Juif ! Sa famille l'excluait ou il devait rejeter l'Européenne. A la rue, la goy. Avec bébé.
Mais si cela peut conduire à une grosse haine, pourquoi la solution finale ?
Ne serait-ce pas justement en raison de cette totale inversion des valeurs à laquelle nous assistons actuellement ? (lisez les blogs de pascal holenweg, Michel tedeschi mais aussi Philippe souaille pour info). C'est le criminel que l'on plaint, que l'on choie, dans la presse, dans les tribunaux.
Trois jours après le massacre de M.Von Kaenel à Epalinges, l'idiot qui nous sert de procureur dans le canton de Vaud nous balance une grande déclaration selon laquelle nous n'avons aucun droit de nous défendre contre les voleurs : il faut appeller la police. Une petite dame âgée de Montreux appelle cette police quelques jours plus tard au milieu de la nuit : des cambrioleurs se sont introduit chez elle. Réponse de la police : nous intervenons si vous nous payez une caution de 500 francs.

Encore quelques années de ce genre d'ambiance, le peuple vaudois sera devenu totalement enragé. Dénoncer cet état de fait, c'est lutter contre les prémisses du fascisme. Les prédecesseurs utiles et nécessaires, conscients ou non, du fascisme, ce sont les gens qui par leur propositions délirantes veulent casser toutes les valeurs européennes.

Écrit par : Géo | 19/06/2009

@Geo: Oui, Weimar. Même si je reste plein de résèrves par rapport à la thèse de la répétition. Mais il y a quelque chose dans l'esprit de Weimar, si bien exprimé dans le film "Cabaret" et surtout dans la chanson "Tomorrow belongs to me", qui colle bien à notre époque : le luxe tapageur, l'ambiguité des genres, la sexualité sombre, la politique scandaleuse, l'inversion des valeurs au nom d'un supposé bon sens terrien, l'émergence des hommes forts, la toute-puissance de l'argent, l'atmosphère de constante crise financière et inflationniste, le choc des blocs civilisationnels, bref, la profonde instabilité d'une société qui a perdu ses repères dans la 1ère guerre et qui en cherche d'autres - on verra d'ailleurs comment elle va les retrouver.

Écrit par : david laufer | 19/06/2009

@David Laufer & Géo, j’aimerais ajouter à votre analyse une autre figure : l'adolescent. L’inversion des valeurs dont parle Géo me fait toujours penser aux enfants qui se révoltent contre leurs parents. C’est normal et plutôt sain, lorsqu’il s’agit d’affirmer sa personnalité, ou de rompre avec des habitudes qu’on trouve inacceptables, et cette révolte s’enrichit de nuances et de changements une fois l’adolescence dépassée… A moins de vivre dans une société faisant systématiquement la promotion de cette tranche d’âge. L’usage politique de l’adolescence est particulièrement visible dans les dictatures, le nazisme et le communisme, parmi d’autres fascismes, ont toujours eu des ‘jeunesses’ bien dressées. La représentation moderne et démocratique de l’adolescent est moins militarisée et plus cinématographique et télévisuelle mais non moins efficace d’un point de vue politique et publicitaire : l’adolescence doit commencer le plus tôt possible, avec une pression très forte visant l’achat de certains objets et marques, l’hypersexualisation et les comportements extrêmes, puis elle doit terminer le plus tard possible, vers la quarantaine. Cela laisse environ trente ans de crise d’adolescence ininterrompue, d’instabilité émotionnelle, d’irresponsabilité sociale et de consommations diverses. Cela donne l’école où l’on ne va plus pour apprendre mais pour s’exprimer, des campagnes politiques où plus personne n’a besoin de se fatiguer, car le slogan remplace le programme, plus un certain nombre de fictions où les questions du temps et de l’argent sont mystérieusement évacuées. On voit aussi un détonnant mélange d’agressivité et de conformisme dans la vie publique, de désirs devant être immédiatement satisfaits et des frustrations qui vont normalement avec, de rejet des traditions locales et d’attirance envers tout ce qui a l’air d’être exotique, des foules faciles à convaincre et à manipuler. Il faudra tout de même que ces jeunes ou faux jeunes fassent attention à la gueule de bois après une si longue fête.
Pour Weimar il y a aussi Fabian, d'Erich Kästner, qui décrit assez bien un processus de dévalorisation collective.


(désolée pour la longueur)

Écrit par : Inma Abbet | 19/06/2009

J'ai revu un de mes anciens prof. du collège de jésuites où j'étais cloitré! . Je lui ai demandé devant la désaffectation de la prêtrise s’il ne serait pas judicieux de permettre aux prêtres de se marier. Il m’a dit que cela n’aurait aucune incidence et que le grand problème est une question de foi qui disparaît inexorablement.
Il m’a d’ailleurs curieusement demandé quand j’avais perdu ma foi comme si cela allait de soi pour tout un chacun !
Comment avoir la foi désormais avec toute la science qui envahit toutes les consciences. Et surtout l’astronomie qui a fait reculer au-delà des limites permises le lieu du ciel où se trouve le Bon Dieu ! On ne sait plus où le situer.
Je ne demanderais pas mieux de croire comme dans le temps. C’est une situation confortable qui donne l’espoir après la mort. Hélas trois fois hélas ce n’est plus possible. Le poésie, le mystère n’ont plus de place dans ce monde aride de la technologie.
Allez les gars un peu de courage au lieu de toujours bouffer du curé il vaudrait mieux bouffer de l’imam mais là on n’entend pas beaucoup de monde car c’est risqué pourtant l’islam intégriste monte dangereusement en Europe, il n’y a qu’à voir l’augmentation des burkas en France c’est un vrai scandale, relevant d’un prosélytisme tout à fait insupportable. Mais je m’éloigne du sujet de Laufer.

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 19/06/2009

Existe-t-il des valeurs européennes communes à tous? Et lesquelles? le plus petit dénominateur commun repose sur la liberté d'expression, le droit d'éligibilité, le droit au travail, à l'accès à la justice et aux médias. Sinon, chacun à ses valeurs ni forcément reconnues par les autres ni forcément débattues en public. Il y a les valeurs dominantes, toujours les mêmes, l'argent, le pouvoir, la légalité et la légitimité sociale; et les décadentes, rejetées sans autres formes de procès par les tenants des valeurs "justes". On peut avoir un visage, mais si ce visage déroge trop aux normes sociales, adieu va! A mon avis, mais il est bien minoritaire, ce n'est pas en évacuant d'un trait de plume le contestataire dans les poubelles de l'histoire que l'histoire se développera de manière plus ronde et harmonieuse...

Écrit par : pachakmac | 20/06/2009

Pachakmak@ Effectivement, "valeurs européennes" est mal choisi. Disons les valeurs qui fondent un comportement social équilibré : civilité, honnêteté, respect, etc...
Avez-vous remarqué que plus les pères spirituels de la jeunesse - les rappeurs - parlent de respect, moins ils le pratiquent envers les autres.Voir le grand environnementaliste de la Coop imitant la sodomie de Blocher...

Écrit par : Géo | 20/06/2009

Vous parlez de Stress? Oui. Là, d'accord. Sur ce coup-là, il n'est pas fameux. On commet tous des bêtises d'estime. Blocher ne mérite quand même la corde. Il a aidé le pays à se situer, à se manifester. C'est pas mal. Il y a bien pire que Blocher sur Terre. Ce que j'aime pas chez lui c'est son arrogance politique parce qu'il a très bien réussi dans sa vie économique. Tout le monde ne peut pas être comme Blocher. Et heureusement. A part ça, c'est vrai. L'honnêteté se perd, le vice gagne du terrain, et quand on parle morale, tout le monde s'en fout. Cela fatigue. Libre comme l'oiseau, irresponsable comme sa petite cervelle... Là, je vous suis Géo. J'aimerais plus de ma vie. plus de sérieux, mais le monde est si dingue que j'ai besoin de m'éclater pour m'échapper des prisons mentales et meurtrières du monde. J'aime des êtres qui me ressemblent et si différents pourtant. Et puis la vie va si vite qu'à force de prudence et de compromis, on rate l'essentiel: vivre. tout simplement vivre à fond son existence.

Écrit par : pachakmac | 20/06/2009

Monsieur Laufer, le billet lu du 14.06 est actuel; cette réalité, force est de lui faire face en essayant de se mettre à la place des protagonistes impliqués... ce qui n'est pas facile lorsqu'il s'agit d'une institution. J'ai pris la liberté de mettre l'adresse de votre blog chez le mien (Katutura) et de réfléchir à mon niveau, à ma manière. Je vous remercie beaucoup. claire marie

Écrit par : cmj | 20/06/2009

Voilà, semaine après semaine, la même histoire. Il vous faut arrêter de jouer les marginaux type marthaler ou souaille papier recyclé et Linux ou Firefox, DL. Vous êtes devenu une grande personne et pouvez publier vos billets comme tout le monde, lisible par tout le monde.

Écrit par : Géo | 22/06/2009

Honnête, j'ai la peste. J'ai beau faire gaffe, ça refait le coup à chaque fois. Y en a qui peuvent le lire, d'autres pas, je ne sais pas pourquoi.

Écrit par : david laufer | 22/06/2009

Les prêtres sont des hommes et ils ont droit à l'amour, comme chacun ici bas. Pourquoi seraient-ils privés de tendresse, de présence féminine, d'amour physique, d'avoir des enfants, de fonder une famille. Un jour, un homme catholique, père de bonne famille, m'a répondu ceci : "annie, un prêtre ne doit pas avoir de femme pour accorder tout son temps à l'Église, aux autres, aux paroissiens, à sa mission.

Écrit par : deguisement | 09/03/2010

Bonjour,

Beaucoup aujourd'hui cherchent à remettre en cause le célibat des prêtres en demandant à ce que le Vatican permette à ceux-ci de se marier. Même dans l'Eglise nombreux sont les catholiques qui ne comprennent pas le sens de ce célibat qui pourtant s'il était mieux compris pourrait aider nombre de jeunes hommes encore hésitant à répondre à cette très belle vocation qui certes est exigeante (comme tant d'autres) et demande de nombreux sacrifices. Mais n'est ce pas par nos croix librement portées, avec la grâce de Dieu, que nous trouvons le véritable chemin qui mène à Dieu et qui est le Christ ?

Je souhaiterais partager avec vous ce passage des écritures :

1Co 7: 12-35 : "Je voudrais vous voir exempts de soucis. L'homme qui n'est pas marié à souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. Celui qui s'est marié a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à sa femme ; et le voilà partagé. De même la femme sans mari, comme la jeune fille, a souci des affaires du Seigneur ; elle cherche à être sainte de corps et d'esprit. Celle qui s'est mariée a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à son mari. Je dis cela dans votre propre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qui est digne et qui attache sans partage au Seigneur."

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Voici également un argument / réflexion personnel qui rejoint ce passage du premier Épître aux Corinthiens :

Nous avons tous reçu de Dieu une vocation (déjà connue ou non). Quand on a discerné celle-ci nous nous y engageons et c'est de notre fidélité à cette vocation librement acceptée que nous aurons à répondre devant le Tribunal de Dieu.

L'homme marié a comme devoir d'état de s'occuper de sa femme et de ses enfants, s'il délaisse son foyer pour partir en mission aider les pauvres en Afrique ou ailleurs dans le monde, quelle que soit louable la mission qu'il entreprendra, elle ne plaira pas à Dieu car son devoir est de s'occuper de sa famille.

Ainsi du prêtre qui devient le père spirituel des âmes que Dieu lui a confiées et continue de lui confier pendant toute la durée de son ministère. Le prêtre qui choisit librement de répondre à cette vocation sacerdotale devra un jour répondre de sa fidélité à son devoir d'état. A-t-il guidé ses brebis vers les eaux vives en bon et fidèle pasteur ? Ou les a-t-il délaissées ?

Mais quid du prêtre qui se marie, et de fait se retrouve partagé entre 2 devoirs d'états inconciliables ? A la fois berger d'une multitude d'âmes (célébrations de messes, confessions, et autres sacrements et disponibilités difficiles à assurer avec d'autres obligations tout aussi indispensables à côté), et à la fois responsable de sa famille (dont éducation de ses enfants). En privilégiant l'un de ses devoirs d'état, il en négligera l'autre c'est inévitable (à moins d'être un surhomme, mais Dieu n'agit que par nos faiblesses et il résiste aux forts et aux orgueilleux !) et au jour du Jugement il devra répondre soit de sa fidélité à ses 2 devoirs d'état (ce qui aura été peine perdue d'avance), soit et c'est ce que je pense personnellement, de son engagement à sa vocations divine qui est celle que Dieu lui aura confiée et qu'il aura acceptée. L'autre se révélant alors n'avoir été qu'une vocation humaine, réponse aux désirs de la chair, car Dieu ne peut donner 2 vocations à un homme ! Par essence une vocation exige en effet un don total de soi même, sans partage !

Je ne pense pas qu'il soit possible pour un homme de répondre à 2 vocations, et Dieu ne nous appellera jamais à un tel choix. A chacun donc de discerner l'appel de Dieu dans sa vie et à y répondre pleinement. Là réside notre véritable liberté qui, rappelons-le, n'est pas celle du monde.

Écrit par : Philippe | 05/08/2012

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