22/06/2009

L'Express et le voile intégral

En regardant des portraits de la Renaissance française ou anglaise, on voit les Calvin ou Erasme ou Moore arborant chapeaux plats avec cache-oreilles et une abondante barbe, vêtus d’un surplis noir et un livre à la main. Les femmes portent des coiffes compliquées qui ne leur laissent souvent que le visage de découvert, la racine des cheveux et le cou jusqu’au menton engoncés dans des tissus damassés et artistement agencés. A peu de choses près, voilà des gens qui ne déteindraient pas beaucoup en Afghanistan ou dans certains pays du Golfe.

 

Là-bas, pour l’Européen en goguette, c’est exotique. Ici, bien sûr, ça l’est déjà beaucoup moins. Les questions soulevées par le port du voile intégral sont très nombreuses et il ne suffira pas de trancher dans le vif et de hurler des positions de principe. Ainsi la proposition de Fadela Amara, la Secrétaire d’État à la Ville du gouvernement Fillon, a le mérite de mettre les pieds dans le plat et de discuter publiquement de cette patate chaude. Elle-même « Française-issue-de-l’immigration » et d’un milieu très modeste, Fadela Amara mène depuis plusieurs décennies un combat contre l’enfermement des jeunes filles et garçons dans des cadres sociaux étrangers aux « valeurs de la République », notamment à travers l’association Ni putes ni soumises qu’elle a créée en 2003. Sa proposition possède donc l’avantage de la légitimité, ce qui est essentiel sur un sujet si sensible.

 

Un rappel tout d’abord. Lorsque British Airways a décidé d’interdire le port de tout signe d’appartenance religieuses à ses employés, dans le but manifeste d’interdire le port du voile à ses hôtesses, c’est une brave Anglaise quarantenaire qui a été licenciée pour port d’un petit crucifix au bout d’une chaînette en or autour de son cou. Ce détail doit nous rappeler que toute disposition légale qui tendrait à ne limiter que les droits vestimentaires de certains finit mécaniquement par créer une infinité de dommages collatéraux plus ou moins scandaleux. La loi s’applique pour tout le monde et sans distinction, et il n’existe pas plus d’application chirurgicale de la loi qu’il n’existe de bombardement chirurgical. Ainsi, en contradiction avec sa consoeur, Eric Besson, également membre du gouvernement, déclare dans l’Express que « toucher à cet équilibre me paraît risqué ».

 

Je suis d’accord avec lui parce que du point de vue de la philosophie politique, qui est le seul qui nous évite de tomber dans un affrontement violent sur des questions de société si essentielles, la liberté d’expression n’est pas un vain mot. Elle ne s’applique pas seulement à notre manière de penser et de parler, mais aussi à notre manière de nous vêtir. Sur les dictatures du Golfe, en dehors du climat, la liberté d’expression est probablement notre avantage comparatif le plus essentiel. Et les porteuses du voile intégral, ou ceux qui les y forcent, nous posent cette question le plus crûment possible : au nom de la liberté d’expression, a-t-on le droit d’interdire à une femme de montrer un centimètre carré de sa peau ? Pour antinomique que cela paraisse, et dans la mesure où ce vêtement ne constitue pas une offense ou une violence au reste de la société, la réponse doit pourtant être oui.

 

Parce qu’une limitation de la liberté d’expression dans le but de la préserver finit toujours par créer un mal plus pernicieux que le mal qui est censé être combattu. Pour me faire comprendre, je veux faire un parallèle en parlant du négationnisme. On a créé des lois qui font du négationnisme de la Shoah un délit qui tombe sous le coup du code pénal. Ce faisant, on a interdit à quelques débiles mentaux de s’exprimer, mais on a aussi interdit une véritable travail de réflexion sur la Shoah, sur la manière d’écrire l’histoire et de se comporter face à l’histoire. On sacralise un moment de l’histoire et on fige tout autour, créant un glacis parfaitement artificiel qui nourrit les extrémistes de tous bords, surtout de droite, les amateurs de conspiration, et finalement on grossit directement les négationnistes qui ne vivent que dans un esprit de contradiction.

 

A titre personnel – mais ça n’intéresse personne – la vue d’une femme voilée me soulève le cœur et me donne envie de baffer le gros moustachu qui la précède en petite chemise et en sandalettes de plastic. C’est d’ailleurs la réaction de loin la plus courante sous nos latitudes, celle qui pousse chacun et chacune d’entre nous à donner des leçons à ces gens, à s’enhardir dans la défense de notre laïcité jusqu’à l’affrontement religieux et civilisationnel, en absolue et totale contradiction avec ce que notre société a développé de plus précieux. Alors, laisser ces femmes dans leurs prisons de coton ? Oui, avec la certitude qu’une société qui les en empêcherait les plongerait aussitôt dans une autre forme de prison, et nous avec.

18:51 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (33)

Commentaires

Je vous verrais bien en Djellaba, M. Laufer. C'est très tendance.

En tant que styliste qui tente de ramener cette mode en occident, j'ajouterai le turban. Il doit faire deux fois la taille du modèle.

Il est très utile. D'une part, avec la rigueur de l'hiver, vous pouvez le draper autour de votre visage. On ne vous verra que les yeux...

D'autre part, selon la tradition, il est suffisamment grand pour servir de linceul.

Nous les faiseurs de mode, nous sommes forts!....

Écrit par : oceane | 22/06/2009

"Pour antinomique que cela paraisse, et dans la mesure où ce vêtement ne constitue pas une offense ou une violence au reste de la société, la réponse doit pourtant être oui."

Le problème, c'est que cela affecte tôt ou tard le reste de la société et que ce qui peut apparaître comme une liberté d'abord devient un favoritisme scandaleux ensuite. Si la déambulation vêtue d'un sac poubelle doit rester une affaire strictement personnelle et ne concernant que les intéressées, ce ne l'est pas autant lorsqu'on conduit une voiture dans cet accoutrement, lorsqu'on exige des passe-droits parfaitement inégalitaires dans les aéroports, les examens ou à l'école, ou lorsque le métier exige une certaine neutralité, comme les enseignantes et les infirmières. Après tout, pourquoi ne puis-je voyager dans toute l'Europe en portant une cagoule, puisque d'autres se déguisent aussi? Pourquoi certains doivent présenter une photo ressemblante dans un passeport biométriques et d'autres sont au-dessus de tout contrôle? Pourquoi si chacun peut se vêtir comme bon lui semble, l'inverse n'est pas appliqué et le naturisme ne peut être pratiqué partout? Sans oublier que toutes les jeunes filles et femmes qui sont obligées de vivre sous une bâche sans le vouloir vivent une situation d'abus et de maltraitance, donc deux poids deux mesures. Comme ces cas sont heureusement rares, il est encore possible de traiter chaque cas séparément, ce qui évite de légiférer sur ce genre d'affaires, et c'est tant mieux, mais je ne sais pas si cela durera longtemps. Pour sortir de l'impasse entre l'égalitarisme et la bienséance, le meilleur serait encore de parler davantage de civilité, de sécurité et d'hygiène, que de culture ou de religion.

Écrit par : Inma Abbet | 22/06/2009

"Pour sortir de l'impasse entre l'égalitarisme et la bienséance, le meilleur serait encore de parler davantage de civilité, de sécurité et d'hygiène, que de culture ou de religion".

Vous avez raison, et je pense par exemple aux besoins essentiels comme les photos passeports ou n'importe quelle occasion pour laquelle la vue d'un visage est nécessaire et obligatoire. Mais pour cela, les lois existent déjà et il suffit de les mettre en pratique.

Vous avez raison aussi de dire que, pour aborder ces sujets, il faut éviter la discussion culturelle ou religieuse. Mais c'est impossible, dans la mesure où le fond de la question concerne notre rapport aux cultures et aux religions exogènes qui s'établissent chez nous. Et de quelque façon qu'on saisisse le problème, il reviendra tout de même par révéler sa vraie nature.

Il y a une chose dont je ne parle pas dans cet article, parce qu'on ne peut pas parler de tout, c'est le rôle des hommes. C'est à peu près impossible à évoquer dans un cadre législatif. Je me souviens que lorsque je vivais au Caire, j'avais développé une certaine amitié avec une collègue, superbe cairote aux cheveux roux. Lorsqu'un jour elle est arrivée voilée, je n'ai pu camoufler ma surprise. Elle m'a expliqué que son mari le lui avait demandé sans la forcer, mais qu'elle en était très heureuse, qu'elle voulait se préserver pour lui. Comment, dans ce cas précis, pouvais-je déterminer à quel point il y avait coerciction sans me mêler de ce qui ne me regarde pas? Cette question-là, celle du rôle des hommes et de leur pouvoir sur les femmes de cette culture, est essentielle. Mais on ne peut pas légiférer sur des a-priori et des peut-être.

Écrit par : david laufer | 22/06/2009

La liberté d'expression ne s'applique que rarement à la liberté de se vêtir lorsque vous êtes au travail.

Les hôtesses de l'air, comme toutes personnes portant uniforme, ont le choix d'accepter les conditions de leur employeur ou de changer de métier, dans la mesure ou les conditions de l'employeur sont légales.

La liberté d'expression ne s'applique pas non plus au mensonge diffamatoire, ni à la liberté d'insulter gratuitement quiconque.

Maintenant, si la loi permettait à chacun de porter des signes d'appartenance à une religion ou un parti politique dans son travail, je me ferais un plaisir de créer une église du culte de l'ail et l'oignon et exigerais de la part de mon employeur de respecter ma liberté de porter ail et oignons autour du cou, vous voyez la gabegie ? Avec cela, je porterais le marteau et la faucille, ah zut c'est déjà le cas quand je porte le marteau ou le sécateur...

Donc, si la loi permet à un employeur de mettre des limites raisonnables dans sa charte le liant à ses employés, que ces limites raisonnables dans un état laïc s'appliquent aux signes extérieurs distinctifs d'appartenance à une religion, personnellement je n'y vois pas d'inconvénients majeurs. Tout comme je ne vois pas d'inconvénients à ce que l'église catholique exige de ses curés une soutane. Mais un curé qui quitte l'église et qui deviendrait policier en soutane ?

Donc, désolé, je ne vois pas de quoi s'offusquer si British Airways licencie une hôtesse qui refuserait de cacher son crucifix, si bien sûr un avertissement d'usage lui fut communiqué d'abord.

Cordialement,
un lecteur qui s'interroge.

Écrit par : Greg | 22/06/2009

"A Mere, l'homme ne considere pas la femme comme son egale et se justifie et se servant de la religion...pour imposer la burka; tous nous devons lutter contre cette heresie."
Ce commentaire a été posté par 100blagues.
???

Écrit par : Mère | 22/06/2009

"La liberté d'expression ne s'applique pas non plus au mensonge diffamatoire, ni à la liberté d'insulter gratuitement quiconque".

Même si elle offense notre sens civique et notre conception de la femme, la burqa n'en est pas pour autant une insulte ou un mensonge diffamatoire. En tant que telle, elle ne concerne que celle qui la porte et devrait par conséquent n'insulter personne.

Il est en revanche extrêmement choquant que BA vire une employée pour un bijou anodin, et qu'elle porte en tant qu'employée depuis des années. Il y a là une violence faite contre une employée et une femme qui est très réelle, contrairement à la supposée violence faite à ceux que la vue d'une burqa offusque.

La burqa nous offense surtout parce qu'elle matérialise une religion en pleine force, des croyants bourrés de convictions, un phénomène vibrant et identitaire, et cela nous effraye et nous choque. Parce que chez nous, toute conviction religieuse affirmée est ridiculisée, cachée et honteuse.

Écrit par : david laufer | 22/06/2009

Voici pourquoi les femmes doivent être bâillonnées, pardon, voilées:

http://www.dailymotion.com/related/x9mlza/video/x1hcmk_les-femmes-pensentelles-y-cheik-alm_news?hmz=746162

Écrit par : Johann | 22/06/2009

Nous sommes tous quelque part en prison. Notre visage n'est-il pas lui-même un masque? Cela dit, la police ne s'embarrasse pas de philosophie, en général, et si elle demande des photographies d'identité sur les papiers administratifs, c'est qu'elle a besoin de reconnaître les gens à leur visage. D'un autre côté, le président Sarközy a dit que si le voile était volontaire, on ne pouvait pas lutter indéfiniment contre. Mais le voile ne cache pas le visage. En principe, le contrôle social, en Occident, s'exerce par la connaissance des visages. Que cela soit religieux ou pas n'entre pas tellement en ligne de compte.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/06/2009

Il faudra bientôt changer votre blog de rubrique et aller en "religion internationale" cher M. Laufer!
Je suis personnellement du même bord que vous quand je lis votre réaction réprimée à la vue d'une burqa mais j'ai confiance que ce sentiment d'intolérance loin d'être honteux est le résultat de générations d'apprentissage et pas du tout un vestige d'animalité, il est la conséquence d'une quête de liberté pour l'homme, sans doute passablement utopique, qui passe par des temps de privation de liberté pour certain et c'est très grave, c'est pour cela que ce débat doit avoir lieu. Mais ces lois (je parle de la RF), si elles sont parfaitement honteuses dans l'acception qu'en ont certains xénophobes attardés, me semblent très ambitieuses pour la société humaine - carrément! Ce qui est heureux dans la démarche sarkozienne, c'est de mettre en parallèle la volonté de libérer l'édification de mosquées et celle de l'interdiction du voile dans la fonction publique. Il faut donner des signes d'ouverture et de confiance sans capituler devant l'intégrisme qui asservit le prochain. Intégration & communautarisme en harmonie pour le XXI°siècle?

Écrit par : poloturbo | 23/06/2009

@Rémi Mogenet
Est-ce que vous confondriez voile, qui cache les cheveux et burqa, qui cache le visage en plus de tout le reste du corps ?
@ david laufer
"La burqa nous offense surtout parce qu'elle matérialise une religion en pleine force, des croyants bourrés de convictions, un phénomène vibrant et identitaire, et cela nous effraye et nous choque. Parce que chez nous, toute conviction religieuse affirmée est ridiculisée, cachée et honteuse."
Je ne crois pas que vous invoquiez la bonne raison, ou en tout cas pas l'un des raisons principales. Nous sommes d'une part habitués à lire sur les visages toutes sortes de messages, en particulier les messages amicaux et hostiles. Lorsque cette possibilité n'existe plus, cela nous inquiète et donc, parfois, nous irrite. Cela d'autant plus que dans notre tradition nous n'avons en principe pas le droit de dissimuler notre visage, en nous masquant par exemple, en dehors du temps du carnaval. Or nous savons qu'une des fonctions du carnaval est de nous permettre de décharger en partie divers instincts hostiles, de nous "défouler"; dans certaines cultures cela va jusqu'à permettre l'inversion des rôles de dominant et de dominé. Nous connaissons par ailleurs l'effet de masque créé par l'anonymat, qui peut nous donner un sentiment de liberté lorsque nous sommes en vacances, loin de notre entourage habituel, et qui pousse, hélas, certains à se comporter dans ces circonstances de manière grossière et choquante pour ceux qui les accueille.
Plus important encore, l'idée de la franchise morale est liée à celle de la présentation ouverte du visage et nous l'inculquons généralement à nos enfants. D'ailleurs lorsque les artifices du maquillage équivalent parfois à une forme de dissimulation, cela peut nous mettre mal à l'aise.
Toutes ces raisons font que beaucoup de nos compatriotes se sentent mal à l'aise et que certains se sentent agressés par le port du voile intégral, et minimiser ou nier cette dimension est un déni de réalité. Il revient à la majorité de la population de décider dans quelle mesure elle peut et veut s'accommoder de valeurs, de moeurs et de comportements étrangers à sa culture traditionnelle, ainsi que dans quels cas et dans quelle mesure elle peut et veut s'en protéger. On ne peut pas nier, si l'on est de bonne foi (et pas "de la bonne foi") que la réciprocité accordée dans les pays originaires de ces traditions à l'expression des divers aspects de notre propre tradition, en l'occurrence l'acceptation des signes du christianisme, de la pensée athée, ainsi que l'usage de la démocratie, joue un grand rôle dans la violence que sommes prêts exercer contre nos réflexes, nos sentiments et nos valeurs.
Il conviendrait donc que les musulmans et les musulmanes qui sont tentées d'affirmer leur foi par des signes extrêmes au regard de la plupart des enfants de l'Islam même, s'interrogent autant sur leurs devoirs envers leurs hôtes que sur leurs ce qu'ils estiment être leurs droits à ceux-là. Il prouveraient ainsi que ce qu'ils recherchent est un coexistence pacifique et non pas une contre-colonisation fondée sur un désir de revanche ou un simple caprice égoïste.

Écrit par : Mère | 23/06/2009

Mère: non. Je voulais distinguer les nécessités de la police et les signes religieux. David Laufer parle de violence. Je pense qu'il parlait des dames qui portent la burka. Mais en France, et plus généralement en Occident, la police, qui est là pour empêcher la violence de s'exercer, compte sur la possibilité de reconnaître les gens à leur visage. C'est bien pourquoi il existe la vidéosurveillance. Je veux dire: un brigand pourra toujours se déguiser en dame portant la burka. Pour la religion, je trouve que l'Etat n'a pas à s'en mêler. Il n'y a pas de modèle absolu qu'on puisse défendre, à mon avis. Rien en ce monde n'est absolu. Pas même l'absence de religion.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/06/2009

"Nous sommes d'une part habitués à lire sur les visages toutes sortes de messages, en particulier les messages amicaux et hostiles. Lorsque cette possibilité n'existe plus, cela nous inquiète et donc, parfois, nous irrite."

@Mère, c'est tout à fait cela. Quelqu’un qui se présente 'à visage couvert' sera toujours regardé avec méfiance et rejet. Cela fait penser aux voleurs, braqueurs, enfin à des gens manifestant de mauvaises intentions, et tous les discours politiquement corrects du monde ne changeront rien à cette première impression négative. Cela dit, je continue de penser que ce qui est acceptable dans la rue ou ailleurs, chez une personne étrangère qui garde les usages de son pays le temps d'un séjour, par ignorance ou par confort, ne l'est pas forcément à l'école ou au travail, où la communication non verbale est souvent nécessaire. Une institutrice que les enfants ne peuvent regarder en face, voir sourire, parler, exprimer la surprise ou le mécontentement quel que soit son habillement est une incompétente qui n'a rien à faire à l'école, comme c'est arrivé en Grande-Bretagne. En revanche, pour le cas de l'employée de BA, il s'agit bien d'une dérive d'un certain égalitarisme qui frappe ceux qui ne peuvent pas se défendre.

Mais comme le problème est bien chez nous et dans un certain héritage de lâcheté et de nihilisme, de culpabilité déguisée en ouverture, il serait peut-être intéressant de voir comment les choses se passent dans d'autres cultures. Il y a des années j'ai vécu quelque temps au Japon. Il suffisait de peu de temps pour comprendre que, par exemple, pour les Japonais, il y a un interdit culturel concernant la bouche, mais c'est tellement ancré et implicite... Il y a ceux, très nombreux, qui se promènent avec un masque sur le visage (ce qui ferait rire ici), les filles mettent la main sur la bouche quand elles rient, et on ne mange pas dans la rue. Ce sont des observations personnelles que d'autres contrediront peut-être, mais le fait est que de nombreux Japonais sont très aimables envers les Etrangers et ne sont pas choqués par leurs prévisibles gaffes dans ce domaine ou dans d’autres, pour autant qu'ils restent étrangers, car s'intégrer au Japon est autrement plus compliqué et impossible sans adopter toutes leurs coutumes et leur langue. J'avoue que ce système me plaît. D'un côté, la tolérance et la courtoisie envers ceux qui ne resteront pas, mais qui aimeront quand même le pays et s’y sentiront à l’aise ; d’un autre côté, le respect de leurs propres valeurs. Ils choisissent quelles influences veulent bien accepter et leur interprétation d’éléments de la culture occidentale, dans le cinéma d’animation par exemple, est proprement fascinante.

Écrit par : Inma Abbet | 23/06/2009

"Pour la religion, je trouve que l'Etat n'a pas à s'en mêler. Il n'y a pas de modèle absolu qu'on puisse défendre, à mon avis"

Pas au mien. Les femmes qui portent des burkas sont au sens propre des "non-personnes". "Personne" vient du masque utilisé par les comédiens grecs et désigne d'abord leur capacité de porte-voix (per sonare, donner du son à travers). Une personne sans visage est une non-personne par définition. On ne sait s'il s'agit d'un homme ou d'une femme, pas même s'il s'agit d'un être humain. Hostile ou indifférent. Terroriste ou citoyen normal.
Aucune religion ne devrait avoir le droit de transformer des êtres humains en non-personnes et si les Musulmans eux-mêmes ne se battent pas contre la burka, il faudra songer à interdire l'Islam. On va bientôt interdire la scientologie en France et cette secte est largement moins dangereuse.

Écrit par : Géo | 23/06/2009

Merci pour le billet, et le débat qui suit, que je lis laborieusement. Étant sœur, j'ai porté un habit face à des étudiants africains, le front, le cou, couverts, pèlerine et habit jusqu'au sol, en noir, en plein été. C'est fini, cela.
J'ai prétendu, une fois, que l'habit (la burqa si vous voulez fausse les relations d'emblée)un dur débat a suivi mais le résultat fut quand même positif pour les protagonistes! (Multiples exemples trop longs à écrire). Une amie iranienne, (voilée seulement) me racontait que dans l'université où elle enseignait en Iran, elle n'avait pas le droit de sourire durant les cours qu'elle donnait. Une amie Afghane qui apprenait le français auprès de moi à Lausanne, plus jolie que je ne puis la décrire, pleurait de ne pas pouvoir porter le voile parce que son mari le lui interdisait (sic). J'ai été dans l'appartement familial et j'étais en Afghanistan (sans guerre!!!),ils sont des réfugiés.
Cela ne me plaît quand Sarkozy pontifie comme quelqu'un qui sait tout et peut tout. Dans cette douloureuse problématique, pourquoi ne pas laisser parler les femmes elles-mêmes? Ont-elles la liberté de penser et de parler et d'écrire? Publiquement, rarement, mais entre nous, si. Et tout est dévoilé. Mais la lutte des femmes pour regagner, ou arriver à leur dignité humaine est dure, douloureuse, interminable.

Écrit par : cmj | 23/06/2009

Merci cmj pour ces lumineuses explications. Entièrement d'accord avec votre approche empirique et pleine de précautions face à un problème si vaste, et si explosif comme certains des commentaires ci-dessus le démontrent.

Écrit par : david laufer | 23/06/2009

On est bien choqués par les symboles nazi en public.Pourquoi le seraient-ont pas pour ceux de l'intégrisme islamique.Qui du reste n'ont rien à envier au nazi,partout ou la charia est appliquée.

D.J

Écrit par : D.J | 23/06/2009

Monsieur Laufer, vous dites :


Il est en revanche extrêmement choquant que BA vire une employée pour un bijou anodin, et qu'elle porte en tant qu'employée depuis des années. Il y a là une violence faite contre une employée et une femme qui est très réelle, contrairement à la supposée violence faite à ceux que la vue d'une burqa offusque.


Et bien non, désolé, je ne suis pas d'accord. Ce n'est ni plus un bijou anodin qu'un voile n'est une pièce d'habit comme les autres. Merci de bien vouloir relire mon argumentaire sur les chartes qui lient employés et employeurs dans les entreprises au contact du public.

Parce que sinon, oseriez-vous défendre si véhémentement une personne qui perdrait son travail parce qu'elle porte un bijou anodin depuis de nombreuses années, une petite svastika par exemple ?

Savez-vous que dans nos magasins ici-même, dans chaque ville, les employé(e)s doivent signer des chartes qui peuvent aller très loin dans les détails ? Et bien, allez voir en parfumerie, vous verrez que comme les hôtesses de l'air, elles sont interdites de cheveux longs détachés.
Pas content ? Changez d'employeur.

Un policier en uniforme pas rasé depuis 3 jours ? Changez de métier.

Donc, il n'y a aucune différence entre un crucifix bijou et une burka, pour moi. A part que l'un vous le défendez parce qu'il fait partie de votre culture, et pas l'autre. 2 poids 2 mesures, un classique.

Écrit par : Greg | 23/06/2009

@Greg: nous parlons ici de deux choses différentes, c'est-à-dire le droit des entreprises à exiger certains comportements ou vêtements de la part de ses employés - comme le port du voile dans les administrations, un fait qui est distinct de celui dont je parle dans ce billet - et la société dans son ensemble qui par la voix de son parlement édicte des lois et interdit certaines choses complètement. Ca n'est pas du tout la même chose.

L'épisode BA me choque profondément, évidemment, parce qu'en vertu d'un règlement (pas une loi) qui tend à interdire un vêtement qui marque une religion et une culture étrangères, on en vient à sanctionner une personne pour quelque chose de parfaitement anodin et de presque invisible, un pendentif en or que la plupart ne verraient même pas. Cela démontre en revanche d'une manière étincelante l'arbitraire auquel on risque de se soumettre soi-même en réclamant le bannissement de tel ou tel vêtement ou comportement.

Encore une fois, il s'agit ici d'une proposition de législation. Et moi qui n'aime pas beaucoup les lois et qui voudraient les voir réduites à leur quantité strictement nécessaire, ma petite alarme personnelle se met en marche dès qu'une nouvelle proposition intervient parce que je sais que, dans le même mouvement, certaines libertés vont encore mourir sans qu'on s'en rende compte.

Écrit par : david laufer | 23/06/2009

En effet, vous confondez divers niveaux de symbolisme. La burka efface la personne humaine et la transforme en fantôme noir. Ce n'est pas le cas du foulard, du crucifix, de la kippa ou même de la svastika. Mais ça, c'est un autre problème...

Écrit par : Géo | 23/06/2009

@Geo, j'ai bien aimé votre rappel sur le mot personne et ce qu'il signifie. Comme vous, j'éprouve un réel dégoût, une sainte colère face à une burqa. Mais j'ai un peu l'impression que votre lecture de ce phénomène - qui reste encore très, très marginal et il faut le souligner - demeure pas mal ancrée dans une méfiance marquée envers toutes choses islamiques. Et pour moi, cette méfiance crée plus de problèmes de sociétés qu'elle n'en résout, à commencer par ce sujet. L'application de la liberté d'expression sur ce sujet n'a ainsi rien de mou ou "d'abandonniste", mais relèverait d'une sorte de mise à l'épreuve, et pour eux, et pour nous, de l'exercice réel de la liberté.

Écrit par : david laufer | 23/06/2009

Cela me rappelle l'histoire d'une rumeur survenue à Seattle en 1954, où de nombreux conducteurs déclarèrent que le pare-brise de leur voiture avait été abîmé par un agent inconnu, de préférence chimique. Plus tard il apparut que l'usure était naturelle et que la rumeur pouvait être mise en rapport avec la peur provoquée par des essais atomiques. Le plus intéressant, c'est que les gens qui avaient toujours regardé par le pare-brise avaient soudainement commencé à regarder dedans. Et ce qu'on regarde devient intéressant. Je pense qu'il arrive la même chose avec ces histoires de voile. Ils existent depuis longtemps mais il a fallu un contexte de peur particulier (l'après 11S) pour qu'ils deviennent 'visibles'... et haïssables. A partir de là, on peut aussi se demander pourquoi le voile (intégral ou autre) provoque une telle haine. On ne peut pas se contenter de dire que ceux qui détestent le voile manquent d'ouverture ou sont des racistes ou que sais-je encore... C'est une manière de (mal)fermer le débat et de créer encore plus de haine. Si on exclut le télescopage avec l'actualité internationale, il reste encore quelque chose, le sexe. Et c'est là que se trouvent la plupart des problèmes. Il suffit de voir que les femmes d'un certain âge voilées ne dérangent personne (comme si elles se situaient au-delà de la sexualité), tandis que les femmes et surtout les petites filles avec le même habit sont davantage rejetées. Tout simplement parce que ce qu'on exhibe là est une sexualité malsaine, le fait d'hommes incapables de contrôler leurs pulsions, de femmes soumises et de petites filles transformées en objets. Le voile est perçu pour la plupart un symbole d'oppression et de violence et ce n'est pas parce qu'il y a des esclaves heureux qu'il faut autoriser l'esclavage. La loi interdisant le voile à l'école en France avait été faite après que la commission qui devait étudier le problème eût écouté les plaintes de nombreuses jeunes filles forcées à se voiler par leurs familles. Peut-être qu'au lieu d'une loi qui mettait toute la responsabilité sur les filles en question, il aurait fallu punir leurs pères/mères/grands frères etc., mais cela aurait soulevé un autre grand tabou de notre temps, l'incapacité de certaines familles à éduquer...

Écrit par : inma abbet | 23/06/2009

Dans mon quartier, à Lausanne, il y a 2 femmes mères d'enfants de moins de 8 ans qui portent la burka, et qui font leurs courses avec leurs enfants à la Coop avec leur tenue intégrale, gants compris.

Et quand je vois un enfant de 5-8 ans, garçon, habillé comme tous les garçons de son âge, tenir la main gantée de sa mère, j'ai plus soucis pour le développement de cet enfant que pour sa mère.
Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, la mère est suisse, et a grandi comme nous autre, puis a fait le choix de se convertir et de porter cet habit. L'enfant, lui, va être victime des racontars de ses camarades de classe, inévitablement.

Je ne sais pas comment une fille serait habillée dans une telle famille...

Ceci dit, dans mon quartier toujours, il y a de nombreux hommes barbus portant la djellaba. Ils ne jettent aucun papier par terre, ne font pas de bruit, pas de bagarres, ne font pas de commentaires ni de regards lourds sur les femmes même peu vêtues pour cause d'été...

Par contre, le soit disant modèle d'intégration voulu par la ville de Lausanne consistant à mettre dans le même complexe de logements subventionnées centre-africains, donc noirs, et ressortissants de l'est, a pour résultats bagarres et insultes incessantes, police et ambulance 2 à 3 fois par semaine... Des filles qui se sentent à juste titre mal à l'aise face à des regards, sifflements et commentaires plus que déplacés...

J'ai beau être personnellement athée et agnostique, un utopiste idéaliste qui croit encore que le meilleur moyen d'avoir la paix et être à peu près respecté consiste à respecter et ficher la paix aux autres dans leurs libertés individuelles, je n'en ai pas moins des filles qui en arrivent à voter UDC tellement elles en ont marre. Et je suis dans la situation où si je ne suis pas d'accord avec elles, je les comprend néanmoins.

Ce problème de cultures et religions qui se mélangent mal, avant de vouloir le résoudre, il faudra bien un jour commencer par l'admettre.
Et se réfugier derrière de sacro-saints principes, liberté d'expression et de croyance, ne permet justement même pas d'admettre la réalité telle quelle est.

Donc, entre plusieurs maux, je reste partisan d'un état laïc, régis par des lois civiles auxquelles chaque citoyen se plie, et peu m'importe ce que ces citoyens veulent faire chez eux. Dans l'espace public, soit on applique les lois civiles, soit c'est la jungle. Et il restera 12 heures par jour à chacun pour faire ce qu'il veut chez soi dans la mesure ou cela ne dérange pas ses voisins.

Écrit par : Greg | 23/06/2009

Ce qui est saint, David, ce n'est pas la colère, mais la compassion. L'expression de "sainte colère" a donné lieu à beaucoup d'ironie. Cela fait un peu jésuite, non?

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/06/2009

Très bonne position morale, dans la ligne du libéralisme originel (non celui des traders). Mais délicate. Faire la part de la liberté d'expression légitime et de l'abus d'icelle à des fins de prosélytisme ou de provocation politique requiert une sagesse et une sérénité dont nous ne disposons peut-être plus.

Écrit par : Despotica | 24/06/2009

Inma Abbet@ pour ma part, je tiens à faire une très grande distinction entre foulard et burqa. Un foulard n'est pas vraiment un masque, ne cache que les cheveux. On peut lire les expressions du visage de celle qui le porte.
DL@ Je reconnais la valeur de votre objection, mais ne serait-ce pas rendre service à ces femmes que d'interdire la burqa ? j'ai vécu en Iran et mes collègues femmes trouvaient déjà bien assez lourds le foulard et le manteau de pluie gris par plein soleil et 40° à l'ombre qu'elles étaient obligées de porter, n'en déplaise aux stupides détracteurs de MCR...

Écrit par : Géo | 24/06/2009

Réduire le voile islamique a une coquetterie vestimentaire, c'est passer à côté de sa signification politique. Le voile islamique marque la soumission de la femme à une règle politique définie dans une négation absolue de la liberté et de l'égalité de la femme au motif de sa prétendue impureté et sous la menace de l'enfer.

Hormis ce délire de superstition, il est la marque d'un interdit légal, dans un ordre concurrent à l'ordre juridique occidental actuel, l'ordre juridique supérieur de la sharia. Le voile est la marque d'une restriction inacceptable à la liberté de mouvement de la femme, qui ne peut sortir de chez elle sans lui... C'est son visa administratif de sortie, avec sanction corporelle à la clé pour les récalcitrantes. Quant au port identitaire (prétendument volontaire) du voile, il s'apparente (pour faire court) à un mécanisme archi-connu d'intériorisation (syndrome de Stockholm, syndrome de la femme battue, etc.) selon lequel on anticipe le risque de sanction par l'adoption volontaire de la contrainte. En ce sens, la défense ou même la simple indifférence au voile, est une insulte à toute les femmes vitriolée, frappée, violée ou brûlées vives (origine de ni putes ni soumises) pour ne l'avoir pas porté...

Écrit par : Arnaud | 24/06/2009

D'une manière générale, le niveau de commentaires sur mon billet de cette semaine est hors du commun et je voudrais ici remercier tous mes lecteurs et commentateurs. Sans flagornerie, j'en sais plus sur ce sujet ce soir que dimanche dernier lorsque je l'ai pondu. Cela donne toute sa signification à l'exercice entrepris depuis un an et demi dans ce blog.

Bien à vous tous,

DL

Écrit par : david laufer | 24/06/2009

@Géo, je fais aussi cette distinction, c'est pour cela que j'avais parlé de civilité, sécurité et hygiène avant tout. Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de travailler auprès de jeunes filles musulmanes de quartiers dits 'sensibles'. Pas une seule ne portait de voile et leur pratique religieuse était surtout festive (les fêtes entourant le Ramadan, les tatouages au henné); en cela elles ressemblaient aux jeunes filles catholiques, protestantes ou sans religion des mêmes quartiers. A l'époque, il n'y avait pas (ou très peu) de problèmes de piscines ou de visages couverts. Ces filles pratiquaient leur religion sans problèmes et sans heurter quiconque. En revanche, là où l'on introduisait les voiles, et surtout le voile intégral ou burqua, les problèmes se multipliaient (éducation, discipline ou simplement impossibilité de cohabitation, tant les rites, les superstitions et l'intolérance de ces nouveaux convertis étaient nombreux et absurdes). La tendance actuelle à la surenchère des signes est à mon avis le fait de certaines sectes qui cherchent à marquer leur territoire, mais aucune société démocratique n'a pas trouvé jusqu'à présent de parade efficace et respectueuse des libertés contre les sectes.
Cela dit, je pense que le problème était bien chez nous avant l'arrivée de ces sectes, et que ce sont des idéologies comme le féminisme et l'égalitarisme qui ont ouvert les vannes à l'islamisme. Lorsqu'on surmédiatise et surestime des déviances comme la haine de la maternité, lorsqu'on fragilise la figure du père et l'on déconstruit la famille sans proposer autre chose que des alternatives défaillantes, le résultat est un vide que beaucoup de gens tentent de combler n'importe comment, parfois en succombant à la nostalgie d'un ordre plus ancien qui n'a en fait jamais existé, parfois en obéissant à l'autorité de celui qui gueule le plus fort.

Écrit par : inma abbet | 24/06/2009

Je ne comprends pas pourquoi on n’applique pas une vieille loi du 19 ème siècle en France où il est interdit de se promener masqué en dehors de la période du Carnaval. Pourquoi alors ne pas se promener cagoulé pendant que l’on y est. On interdit bien la cagoule désormais dans les manifestations et bien la racaille aurait bien tord de ne pas aller manifester désormais en burka ce serait tout à fait logique s’ils n’avaient pas une tête de moineau ces petites frappes des banlieues qui les empêche d’être logique. Pourquoi ne pas aller faire des holdups en burka , vous allez voir on va bientôt parler de la bande en burka. De toute façon ce déguisement est le symbole de la soumission totale de la femme à l’homme, un prosélytisme tout à fait intolérable dans un pays laïque comme la France mère du siècle des lumières . Ca suffit ce retour à la barbarie et à l’obscurantisme. Si ces gens là sont en retard de 2 siècles mais qu’ils restent chez eux et nous foutent la paix. Et les hommes n’ont qu’à la porter cette burka, ils verront comme c’est agréable. Non on ne doit pas tolérer la moindre concession . Il faut rester ferme. Ca suffit les européens de se comporter comme des chiffes molles depuis des dizaines d’années et de perdre toutes leurs prérogatives et leur identité.

Hervé

Écrit par : hervé | 24/06/2009

Bravo Herve commentaire claire et judicieux

Écrit par : 100blagues | 25/06/2009

Je cite: a-t-on le droit d’interdire à une femme de montrer un centimètre carré de sa peau ? ...la réponse doit pourtant être oui. Que voulez-vous dire? Par ailleurs, le barbu n'a pas des sandales explosives (en plastic), mais probablement en un quelconque polymère (plastique).

Écrit par : viredaz | 27/06/2009

A propos de l'arriération et de l'obscurantisme que Hervé lie à la burka, il est utile de lire cet excellent billet d'Aline Testuz : http://alinetestuz.wordpress.com/?p=395&

Écrit par : Alain Hubler | 28/06/2009

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