05/07/2009

ESPN et le footballeur à 142 millions

En regardant les papas qui, comme moi, attendent sur un banc que leur fils descende du toboggan jaune, je me demande quels sont leurs rêves. L’argent et la respectabilité sont des mesures universelles. Alors, quels sont les rêves d’aujourd’hui ? Footballeur, dans six cas sur dix au minimum. Car ce qui descend des toboggans, la couche-culotte bien visible sous le bermuda, ce sont tous les noms des grands footballeurs du moment, floqués sur des jerseys où les couleurs criardes et satinées le disputent aux marques de téléviseur ou de téléphonie mobile. Parmi ces footballeurs en culotte courte, on voit beaucoup de Cristiano Ronaldo. C’est normal, Ronaldo venant d’acquérir le titre de joueur de football le plus cher de l’histoire avec son transfert du Manchester United au Real Madrid pour 142 millions de francs suisses.

 

Il est de bon ton pour un intello pantouflard de mon espèce de vomir sur tous les sportifs de haut niveau et de se moquer de leurs déclarations monosyllabiques. On les juge à l’aune d’un talent qu’ils n’ont évidemment pas la plupart du temps. Ce faisant on escamote leur fantastique combinaison de coordination, de puissance et de précision physiques, et leur capacité hors du commun à intégrer l’activité d’un groupe de coéquipiers et d’adversaires, à une vitesse folle et sous les hurlements d’une foule de dizaine de milliers de personnes. Bref, c’est ce qu’on appelle de l’intelligence dans son expression la plus nette, certainement bien plus nette que dans les cas trop nombreux de leurs confortables contempteurs. Ainsi les sommes déboursées par les clubs ne sont-elles pas totalement dénuées de réalité économique : on s’arrache celui qui a du talent et qui fera gagner son équipe. Et qui justifiera des tarifs publicitaires à sa mesure.

 

Mais voilà que les clubs de football, depuis quelques années déjà, ont entamé une course au transfert qui commence à sentir mauvais. Le site sportif ESPN révèle que la somme totale déboursée par le Real Madrid pour renflouer son écurie est désormais de 410 millions de francs. Et encore, on attend les chiffres des transferts de Villa, Maicon et Ibrahimovic, donc la machine à sous est loin d’être enrayée. Ronaldo déclarait récemment qu’il était fier d’être le footballeur le plus cher de l’histoire, après que Michel Platini, président de l’UEFA, se posait ouvertement la question de cette logique économique. Car ce qui est en train de se passer n’a plus grand rapport avec le sport, mais un rapport de plus en plus étroit avec une logique économique du court terme et totalement destructrice, pour le sport, pour le public, et pour les sportifs eux-mêmes qui se retrouvent multimillionnaires à vingt deux ans.

 

Il y avait autour de la ville de Mostar, en 1992-95, des bataillons d’artillerie serbe, croate et bosniaque. Et d’un ennemi à l’autre, on se louait les canons lorsqu’il en manquait. On allait même jusqu’à acheter les coups de canon. Un Serbe téléphonait à son ennemi croate et demandait : combien tu me fais pour un obus de 75 sur la position bosniaque à côté du pont ? S’en suivait un marchandage purement financier, puis un coup de canon. La population de Mostar, prise entre les belligérants, mourait lentement et vivait pour ses héros, tandis que ceux-ci se passaient tranquillement les canons et les obus, occupés seulement à se remplir les poches et à ne pas se faire tuer.

 

142 millions de francs, c’est cher payé pour un canon, même en or massif, même adulé par des millions de fans. Ronaldo s’efforce maintenant d’oublier dans une débauche de luxe et de luxure qu’il ne s’appartient plus à lui-même, qu’il est une marchandise, et qu’il a perdu absolument toute once de liberté. Il réfléchit certainement, du moins il devrait réfléchir à ce qui vient d’arriver à Michael Jackson, et à n’importe quelle mégastar dont la renommée est telle qu’elle nourrit une foule immense de parasites anonymes qui finissent par la tuer. A commencer par les dirigeants de clubs qui, comme les artilleurs de Mostar, se moquent bien de faire gagner ou perdre leur équipe, de satisfaire ou non leur public, tant que Sony et Deutsche Telekom crachent au bassinet.

14:01 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (24)

Commentaires

"leur fantastique combinaison de coordination, de puissance et de précision physiques, et leur capacité hors du commun à intégrer l’activité d’un groupe de coéquipiers et d’adversaires, à une vitesse folle et sous les hurlements d’une foule de dizaine de milliers de personnes. Bref, c’est ce qu’on appelle de l’intelligence dans son expression la plus nette, "

Vous n'écririez pas cela si vous aviez vu comme moi des gibbons faire les acrobates dans la forêt de Sumatra, se jetant en bande d'un arbre à l'autre à des hauteurs incroyables, calculant nonchalamment les distances et les angles avec une vitesse et une précision qu'aucun champion humain n'égalera jamais*. Faut-il pour autant leur imputer l'intelligence sous sa forme la plus nette ?


"Ronaldo s’efforce maintenant d’oublier dans une débauche de luxe et de luxure qu’il ne s’appartient plus à lui-même"

Ne voyez-vous pas qu'en lui attribuant cette sorte de réflexions, vous ne faites que projeter sur lui les sentiments que vous auriez si vous étiez à sa place ? Mais précisément, les raisons qui vous donnent le moyen de les formuler sont aussi celles qui vous empêcheraient d'y être ; de même que les causes qui l'ont mis où il est en le faisant être ce qu'il est lui interdisent nécessairement d'en juger comme vous et moi en jugerions.


"Car ce qui est en train de se passer n’a plus grand rapport avec le sport, mais un rapport de plus en plus étroit avec une logique économique du court terme et totalement destructrice, pour le sport, pour le public, et pour les sportifs eux-mêmes qui se retrouvent multimillionnaires à vingt deux ans."

À moins que ce qui se passe ne soit justement de la même essence que le sport, essence qu'il partage avec ce que vous nommez la logique économique du court terme. J'entends par là une compétition déchaînée et passionnée pour un objet futile, dont la valeur n'existe que dans une convention que le public et les professionnels ne seraient pas si enragés à entretenir s'ils n'en devinaient, quoiqu'ils en aient, la faiblesse irrémédiable.



*Je n'ai pas besoin de préciser que lorsqu'on évolue à plus de 15 ou 20 mètres dans les arbres, une erreur d'appréciation a des conséquences autrement désagréables que la perte d'un match.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 06/07/2009

@SS : Vous parlez des gibbons, soit. Mais n'importe quel gibbon est capable de faire les acrobaties que vous décrivez, avec la même aisance avec laquelle un être humain de plus de huit ans est capable de former des phrases complètes. Les qualités physiques que je décris sont celles dont n'est capable qu'une portion infinitésimale de la population, et après un entraînement spartiate. Votre comparaison est donc déplacée.

Je ne m'étonne pas de la teneur de vos propos, et ne m'en choque pas plus. L'Europe continentale a développé un total mépris du sport et des sportifs que les Anglo-saxons ne comprennent pas, eux qui ont intégré complètement le sport dans les études supérieures. Ce mépris de l'activité physique au profit d'une supposée activité intellectuelle produit des générations d'hommes incomplets et malsains, dont votre serviteur est lamentable exemple.

Écrit par : david laufer | 06/07/2009

"L'Europe continentale a développé un total mépris du sport et des sportifs que les Anglo-saxons ne comprennent pas, eux qui ont intégré complètement le sport dans les études supérieures."

Et pourtant, pour en rester au football, les deux derniers Championnats d'Europe ont été remportés par la Grèce et l'Espagne, avec le Portugal en finale en 2004, et ces pays sont peuplés exclusivement de pantouflards adeptes des plaisirs de la sieste :-). En revanche, ce sont les pays anglo-saxons qui ont le taux le plus élevé d’individus en mauvaise santé, parce que l’intégration du sport dans le système scolaire ne pourra jamais annuler les méfaits combinés de l’excès d’alcool, de sucre et de mauvaises graisses à l’âge adulte. Dans les pays méditerranéens, aussi, les sportifs sont les idoles absolues des jeunes gens, et le sport reste populaire et vivant, enfin, espérons qu’il le reste encore un peu, car je partage votre avis concernant cette logique économique à court terme. Mais la même réflexion concernant la surestimation d'un talent ou d'une qualité pourrait être appliquée, par exemple, au marché de l’Art, n’est-ce pas ?

Écrit par : inma abbet | 06/07/2009

@Inma, la richesse de votre commentaire, comme à votre ordinaire, appelle quelques remarques. D'abord que vous avez parfaitement raison par rapport à la mauvaise santé des Anglo-saxons. Mais je n'osais pas mentionner, par une pudeur mal placée, que je pensais à l'élite de la société. Chez nous, les universitaires, ou ce qu'on appelle l'élite et qui est un terme en pleine mutation, n'ont qu'un intérêt très superficiel pour le sport. En Angeleterre ou en Amérique, on le pratique, on le regarde, on le commente, on vibre, et paralèllement aussi on y trouve une liaison directe avec les classes plus populaires. Ainsi, ce que je voulais dire, c'est que chez nous comme dans les pays latins - et l'accent provencal de 9 footballeurs français sur 10 en témoigne - le sport est un truc de pauvres, de sans badges. Tandis que dans les pays Anglo-Saxons, être un sportif est honorable et largement pratiqué. C'est un trait distinctif que je trouve très sain, et qui me semble particulièrement malsain chez nous.

Pour le marché de l'art, oui, vous avez raison. La popularité, dans quelque domaine que ce soit, ne sera jamais la mesure du talent, ou du moins pas la mesure unique.

Écrit par : david laufer | 06/07/2009

Oui…un truc de pauvres, en ce qui concerne le football, mais je pense aussi à d’autres sports, les courses de motos, par exemple. C’est étonnant, le nombre de Catalans et de Valenciens qu’on y trouve. Ayant grandi à Valence, j’y ai toujours remarqué une grande popularité des sports mécaniques et il y a là, à mon avis, une histoire d’émulation : devenir pilote de moto, pour les enfants des classes moyennes, est un rêve très valorisant, et leurs modèles sont en même temps des gens proches d’eux. Les générations se succèdent ainsi à une dizaine d’années d’intervalle. Comme ils passent littéralement de la poussette à la moto, et que les équipements et les déplacements sont chers, tout cela se passe en dehors du système scolaire ou des études supérieures et est plutôt perçu par les familles comme un divertissement d’ordre privé qui peut éventuellement devenir une carrière si l’enfant est vraiment doué. On pourrait dire la même chose du tennis, avec les mêmes résultats en Catalogne et Valence, avec un petit détour par les Baléares. Le sport n’est pas méprisé mais absent de l’université et les gens vont le pratiquer ailleurs, un peu comme la musique. Etudier le piano ou le chant, par exemple, est très bien perçu socialement, mais toujours à côté de l’école.

Écrit par : inma abbet | 07/07/2009

Et dans le registre amusant, vous pouvez aller voir le site du journal Marca, qui raconte la présentation de C. Ronaldo à Madrid devant 80.000 spectateurs, et surtout les plus de mille commentaires faits par des internautes fans du Real ou du Barça qui se jètent à la figure, en plus des noms d'oiseau coutumiers, les dettes et autres gaspillages de leurs équipes respectives. D'autres en sont fiers, même au second degré. Lu sur une banderole : "C.Ronaldo,96 millions. Embêter Laporta*, ça n'a pas de prix, pour tout le reste..."

*Joan Laporta, président du FC Barcelone.

Écrit par : inma abbet | 07/07/2009

Ce mépris que les intellectuels (ou ceux qui croient l'être) ont parfois pour les sportifs est d'autant plus déplacé que les sportifs de haut niveau, les grands champions, font parfois preuve d'une maturité et d'une intelligence stupéfiante pour leur âge (lire certaines interviews de Federer quand il n'avait que 22 ans donne des complexes). Sans doute parce qu'ils sont très tôt confrontés à des émotions fortes et doivent gérer dès leur jeune âge certaines problématiques importantes de la vie humaine : le succès, l'échec, le travail, la frustration...

Je remarque aussi que ce mépris s'applique souvent aux footballeurs et moins souvent aux tennismen ou aux golfeurs... un mépris de classe?

Écrit par : Pierre | 07/07/2009

"Les qualités physiques que je décris sont celles dont n'est capable qu'une portion infinitésimale de la population, et après un entraînement spartiate. Votre comparaison est donc déplacée."

Alors, je ne comprends plus ce que vous entendez par "de l’intelligence dans son expression la plus nette". Vous ne voulez pas dire, je pense, que l'intelligence consiste en n'importe quel caractère qu'un individu possèderait à un degré exceptionnel dans son espèce, car les contre-exemples sautent aux yeux. Je veux bien que des facultés comme l'agilité ou la coordination aient quelque rapport avec de l'intelligence au sens large, puisqu'elles font appel au même organe et qu'elles partagent peut-être avec elle certains principes, mais des qualités physiques ? Je ne vous suis plus...

"les Anglo-saxons [...] ont intégré complètement le sport dans les études supérieures."

Votre anglomanie, sympathique par elle-même, vous emporte parfois trop loin ; elle vous fait perdre le sens du recul. Les Anglais ont surtout introduit les activités sportives dans leur système éducatif afin de fournir aux membres les plus nigauds de leur aristocratie un prétexte pour entrer tout de même dans les écoles prestigieuses. Les universités étatsuniennes entretiennent des équipes de compétitions à des fins principalement économiques, pour en tirer du revenu. Mais, dans les deux pays, les membres vraiment éduqués du monde académique, je peux vous l'assurer, n'ont pas sur ces pratiques des avis différents de leurs collègues du continent. Et s'il est possible que les fractions moins éclairées des classes dominantes partagent la représentations que vous en donnez, ce n'est que la preuve que les artifices institutionnels ne sont jamais si efficaces que quand leurs agents les ignorent.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 07/07/2009

Ce n'est pas la peine d'aller chercher les gibbons pour les comparer à l'homme n'importe quel chien de plus de 20 kilos court plus vite que le plus rapide champion du 100 mètre ou 400 mètres. ! Un homme nu dans la forêt est beaucoup plus bête qu'un sanglier dans la forêt, lui survivra , l'homme crèvera!
Le sport trop friqué devient une activité malsaine à la dérive des abus. Dans la Grèce antique étaient-ils aussi mercantiles. ? De toute façon ici l’ on est en plein dans la loi du marché. Enormément de gens s'intéressent au sport et en tant que spectateurs payent d'ou forcément l’énorme pactole est redistribuée aux stars du sport. On aurait pu imaginer dans un monde meilleur et plein de sainteté où une grande partie de cet argent aurait pu être redistribuée aux pauvres et les sportifs auraient été payés décemment mais alors y aurait-il toujours autant de sportifs de haut niveau si l'intérêt n'y est plus. ? C'est toujours la même chose démotivez les gens et les gens ne foutent plus rien. On l'a bien vu avec le communisme. Les grandes idées généreuses sont toujours édifiantes et très satisfaisantes pour l'esprit mais on finit toujours par casser la baraque!!


Louis HERVE

Écrit par : hervé | 07/07/2009

Geo serait-il parti en vacances?

Écrit par : Julien | 07/07/2009

@SS, je voudrais ajouter quelques remarques à votre commentaire. Le sport comme moyen d’intégration des niais aristocrates dans les écoles prestigieuses est une idée toute récente, qui me paraît étrangère à la culture du XIXe siècle, l’époque où le sport a été introduit dans l’enseignement et où deux tendances principales se croisent. D’une part, il y a le sport en tant que jeu (jeu de paume, cricket, football, aviron) qui s’adaptait aux besoins et aux spécificités des écoles et des universités, qui étaient des lieux où les étudiants vivaient loin de leurs familles (le sport pratiqué en famille étant la chasse). Cette vie à l’intérieur de l’université, dans un monde clos sur lui-même, s’est maintenue dans certains établissements britanniques et surtout aux Etats-Unis. En France, ce mode de fonctionnement n’existe pas. Les étudiants vivent et ont toujours vécu ailleurs, en famille, avec des amis ou seuls,en tout cas en ville, et leurs loisirs, sportifs ou autres, ont lieu en conséquence hors du lieu d’étude. On pourrait d’ailleurs faire un parallélisme entre le développement du sport à l’université et celui des fraternities, sororities et autres drinking societies, qui sont également des spécialités anglo-saxonnes. D’autre part, les théories hygiénistes remportent un grand succès au XIXe siècle, et le sport, dans la variante du sport de masse, pourrait être vu comme un moyen de contrôle du corps au service d’une morale ou d’une doctrine politique, souvent nationaliste, et aussi dans un idéal de sobriété et de bonne santé. Ces deux tendances simultanées font que le sport ait gardé une image tout aussi bien populaire qu’élitiste.

Écrit par : inma abbet | 08/07/2009

"(le sport pratiqué en famille étant la chasse)"
Il ne s'agit pas là seulement de sociologie, mais bien du fait que homo sapiens n'a pas été conçu (façon de parler, bien sûr) pour être assis devant un écran d'ordinateur, mais que son corps est prévu pour accomplir de nombreux efforts physiques. Et s'il ne le fait pas, cela induit de nombreuses réactions ayant des incidences négatives pour la santé. Le sport est simplement une compensation de la chasse ou du travail physique dur. Pour les prolos aussi...

Et pour DL l'anglomane sympathique : "le secret de ma longévité, jeune homme ? Le sport: JAMAIS de sport !"
Il n'y a pas de vérité absolue...

Écrit par : Géo | 08/07/2009

Geo serait-il parti en vacances?

J'en connais qui ne se casse pas la tête pour les commentaires...

Écrit par : Géo | 08/07/2009

SS, il me semble que nous nous étions déjà écharpés au sujet de la définition de l'intelligence, à l'époque où vous sembliez faire de douteux rapprochements, voire des équivalences, entre la notion d'intelligence et celle d'érudition. Ainsi je ne reviendrai pas sur ce que nous savons très bien être une division, dans la mesure où, contrairement à vous, je soutiens que l'intelligence est une chose complexe, innée et acquise à la fois, et qui n'est certainement jamais, jamais définie par le nombre de livres qu'on a lus ou d'auteurs que l'on peut citer.

Ainsi pour revenir au sport à votre position de rat de bibliothèques assumé, cet espèce de "odi profanum vulgus et arceo" que je faisais volontiers mien par potachisme sorbonnard, bien plus qu'attaquable, je trouve cela triste. Parce qu'enfin vous devenez une caricature de vieil Européen portant en lui des siècles de traditions catholiques selon lesquelles le corps est un ennemi, le pire de tous, celui de toutes les tentations. Parce que cette haine du sport que vous exprimez n'est rien d'autre qu'une haine du corps et de toutes ses expressions. On le méprise, on le nie, on le flagelle, on l'étouffe et ce faisant, on se hait soi-même à moitié. Et l'esprit lui-même en ressort flétri.

Écrit par : david laufer | 08/07/2009

En médecine il n'y a que des vérités statistiques. Chaque homme fort complexe comme tout animal est un cas d'espèce et on ne peut pas faire de conclusions sur un seul individu. Certains peuvent faire toutes les bêtises du monde au point de vue santé et pourront vivre jusqu'à 90 ans d'autres vivant comme des saints mourront prématurément. Tout ce que l'on peut dire est que si vous ne faites pas attention à votre santé vous vous mettez dans le groupe à risque et vis versa et les deux cas d'espèces que j'ai évoqués plus haut sont situés aux deux extrémités de la courbe de Gauss (voir internet pour ceux qui ne savent ce qu'est la courbe de Gauss).
Effectivement Churchill avait dit "no sport" et il fumait comme un pompier et il est mort au delà de 90 ans et j'ai connu des fumeurs qui sont morts dans la cinquantaine du cancer des poumons et ils sont beaucoup plus nombreux ceux là.
Tout cela pour dire que le sport est très nécessaire mais attention point n'en faut de trop, il y a toute une théorie qui dit que l'excès de sport entraine un vieillissement prématuré car on se retrouve dans le cas de figure du travailleur harassé du 19ème siècle qui s'usait par l'abus de mouvements au travail. Donc un peu de sport très bon, beaucoup de sédentarité très mauvais. !

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 08/07/2009

"il y a toute une théorie qui dit que l'excès de sport entraine un vieillissement prématuré"
C'est vrai quoi, à partir de 110 ans, homo occidentalis commence à se sentir vieux et doit changer ses articulations pour la 3ème fois...
Et le pire, c'est qu'il ne sait même plus à qui se plaindre, et contre quoi...

Écrit par : Géo | 08/07/2009

LE vieillissement précoce lié à un excès de sport apparait vers 45/50 ans comme c'était le cas pour les travailleurs de force qui étaient usés avant l'âge selon l'expression consacrée. Souvenez-vous d'un champion français de ski de bosses qui s'appelle Grospiron et bien maintenant il a deux prothèses de genou et les tennismans de haut niveau qui ont les articulations souvent complètement usées à la fin de leur courte carrière. Et les gens qui font du jogging forcé sur l'asphalte combien se font opérer des ménisques et cela aussi bien chez les professionnels que les amateurs. Inutile d'attendre 110 ans cela vient bien avant. Beaucoup de gens n'ont plus l'instinct de conservation et ils le payent cher
Louis HERVE

Écrit par : hervé | 08/07/2009

"Beaucoup de gens n'ont plus l'instinct de conservation et ils le payent cher"

Beaucoup de gens obéissent à la pression sociale et à la bigoterie laïque (aussi ridicule que la bigoterie religieuse) qui a mis le corps sur un piédestal et pour qui la longévité est un ersatz de l'immortalité, qu'on obtient d'ailleurs en dressant le corps par la souffrance et en prônant toute une série d'interdits. Le problème aujourd'hui, pour ceux qui aiment le sport, c'est que le plaisir d'une balade à vélo ou d'une randonnée en montagne disparaissent au profit du résultat. Ainsi, il faut faire du sport pour être en bonne santé, pour être à la mode, pour atteindre l'état de minceur idéal etc. Il faut ceci, il faut cela, sauf que je déteste faire quoi que ce soit en ayant mauvaise conscience et en visant un objectif. Je n'ai pas perdu le plaisir de bouger, mais je garde un rejet assez vif de l'éducation physique à l'école et de l'idéologie bête et méchante qui est à sa base. Aussi, je ne crois pas que l'excès de sport soit mauvais; accomplir des efforts physiques reste un besoin et un excès de sport sera toujours meilleur qu'un excès d'immobilité. Il faudrait de pencher davantage sur le genre de vie que ces gens 'usés avant l'age' menaient à côté, c'est-à-dire, périodes de repos insuffisantes, prise de médicaments et autres drogues, régimes alimentaires insensés, stress considérable...

Écrit par : inma abbet | 09/07/2009

A Inma@ En principe tout excès est mauvais, cela est bien connu même quand c'est appliqué au sport. Voyez les sportifs de grand niveau qui ont souvent de gros ennuis après leur carrière. Je pourrai vous citer un tas d'exemples mais trop long pour ici.
Je ne connais pas les statistiques de mortalité des grands handicapés moteurs ceux là ne font aucun sport. Existe-il des grands vieillards parmi eux j'en doute ce qui prouverait définitivement que remuer, faire du sport mais modérément est bon et nécessaire.
Il faut surtout faire du sport parce que ça fait plaisir et non se sentir obligé d'en faire parce que c'est la mode. Le pire c'est d'être un mouton de Panurge, un suiveur inconditionnel de la mouvance du moment régie par la pensée correcte. Ceci est d'ailleurs valable pour tous les autres domaines.!


Louis HERVE

Écrit par : hervé | 09/07/2009

Hervé@ je parlais de l'autre revers de la médaille. Homo occidentalis devient de plus en plus vieux, et au lieu de crever d'un accident cardiaque comme dans le bon vieux temps, il bavoche en plein Alzheimer des dizaines d'années de plus.
Pour le reste, pour l'excès de sport, je ne peux que malheureusement vous donner raison. Même sans esprit de compétition et seulement pour le plaisir, mes genoux ont de la peine à me pardonner mes années ski...

Écrit par : Géo | 09/07/2009

Les gens se croient en acier jusqu'à un certain âge, ils vont alors à fond la caisse jusqu'au jour où ça casse alors on revient sur terre et on se demande s'il ne faudrait pas être plus précautionneux avec sa propre carrosserie. Les gens font attention à tout ce qui les entoure, leur bagnole, leur fer à repasser bref à tous les bidules qui les entourent mais il y a une chose à la quelle en général ils s'en foutent comme de leur première chaussette c'est leur propre carrosserie biologique autrement dit leur corps. Ne parlons même pas de ceux qui boivent et qui fument ceux là sont carrément fous.
Vous savez si vous ménagez correctement votre organisme il vous en remerciera et pourra vous emmener loin. J'ai un oncle 97 ans deux fois par semaine une marche rapide il vit avec une femme de 56 ans roule en BMW 6 cylindres mais il a tout de même arrêté de draguer! Et lui il a fait vachement gaffe à sa carrosserie en faisant du sport modérément.

Louis HERVE

Écrit par : hervé | 09/07/2009

Excusez Geo c'est à vous que s'adressait mon dernier message, oublié de le mentionner

HERVE

Écrit par : hervé | 10/07/2009

"à l'époque où vous sembliez faire de douteux rapprochements, voire des équivalences, entre la notion d'intelligence et celle d'érudition. Ainsi je ne reviendrai pas sur ce que nous savons très bien être une division, dans la mesure où, contrairement à vous, je soutiens que l'intelligence est une chose complexe, innée et acquise à la fois,"

Vous récrivez l'histoire à votre avantage, Monsieur l'historien ; vous prétendiez alors seulement que l'intelligence est innée, je disais qu'elle est due pour l'essentiel à l'environnement, et peut-être innée pour un petit peu. Relisez-nous.

"Vous devenez une caricature de vieil Européen portant en lui des siècles de traditions catholiques selon lesquelles le corps est un ennemi, le pire de tous, celui de toutes les tentations."

Curieux que vous attribuiez cette haine du corps à la tradition de l'Église romaine, quand c'est dans le protestantisme, au moins dans ses courants puritains, c'est-à-dire anglo-saxons, qu'elle a reçu son expression la plus radicale. On a jamais eu autant, à ce qu'il semble, le corps en horreur que dans l'Angleterre de Victoria, ou lors de ces grandes vagues de ferveur qui ont rythmé régulièrement la vie religieuse des États-unis. On a pas attendu en revanche l'épectase de Mgr Daniélou, pour se douter sur le continent que certains plaisirs terrestres ne sont pas inconciliables avec la vie d'un prince de l'Église, aussi respectable et bon chrétien qu'un autre, et digne de chanter après sa mort parmi les bienheureux.

Écrit par : stéphane staszrwicz | 10/07/2009

@David, votre billet ne s'affiche pas. Cela arrive seulement avec IE?

Écrit par : Inma Abbet | 12/07/2009

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