27/07/2009

Savannah Morning News et Troy Davis

Troy Anthony Davis est un Américain noir de 41 ans qui est dans le couloir mort depuis 1991 dans une prison de l’Etat de Géorgie, après avoir été accusé puis condamné pour le meurtre d’un policier, sur le parking d’un restaurant de la ville de Savannah en 1989. Le récit du meurtre, d’une violence animale sinistre, est un prodige de confusion factuelle. Il faisait nuit, tout s’est passé très vite, on a entendu des choses, bref, on n’est sûr que d’une chose, c’est que rien n’est sûr. En plus, depuis 1991, sept des neufs témoins initiaux ont officiellement déclaré avoir fait leur déposition sous pression et ne reconnaissent plus Davis comme le coupable. Un des deux derniers témoins qui ne change pas d’avis, présent sur les lieux du meurtre, est désormais désigné par la défense comme suspect numéro un.

 

Ces manœuvres ont eu un succès certain, puisque l’exécution de Davis a déjà été repoussée trois fois. Entre temps, le cas de Davis a attiré l’attention des médias mais aussi des personnalités. Desmond Tutu, Jimmy Carter ou Benoît XVI, mais aussi le Conseil de l’Europe, ont fait des déclarations officielles demandant le réexamen de l’affaire, en arguant qu’il est inconstitutionnel d’exécuter un innocent. En dépit de ces faits troublants, la machine de la justice américaine est en train de prouver, une fois de plus, sa remarquable inertie puisque Davis n’a pour l’instant droit qu’à des sursis successifs et temporaires, mais pas encore à un nouveau procès. Cette inertie institutionnelle et morale est démontrée avec une précision hors du commun dans un article du District Attorney (juge d’instruction) Spencer Lawton, en charge de l’affaire depuis 17 ans et récemment parti à la retraite et par conséquent libéré de son devoir de réserve.

 

Rédigé sur un ton calme dans un numéro de Savannah Morning News de juin dernier, le morceau de Lawton est une tentative de régler son compte à la défense. Notamment lorsqu’il suggère ouvertement que les sept rétractions de témoins ont été payées ou forcées, ce qu’absolument aucun élément ne peut suggérer. Lawton exprime ainsi dans son article toute la fatale ambiguïté d’un système qui permet la peine capitale. Tout simplement parce que la peine de mort est un acte sans retour. Et qu’une fois qu’on a tout fait pour y envoyer un accusé, admettre qu’on peut s’être trompé équivaut à admettre qu’on est prêt à tuer des innocents. La première phrase de cet article résume fort bien cet état d’esprit, mélange de principes érigés en religion et d’aveuglement volontaire : « Beaucoup de gens se disent choqués qu’on puisse exécuter un innocent. Je connais ce sentiment, et je le comprends. Pourtant, je ne partage pas ce sentiment, et je voudrais expliquer pourquoi. »

 

Les récits d’erreurs judiciaires sont parmi ceux qui me touchent le plus parce qu’on y touche du doigt le cœur de la relation entre l’individu et l’Etat d’une part, et d’autre part la relation entre la justice et la légalité. Pour beaucoup, la relation entre un individu et l’Etat doit être semblable à celle qui existe entre des parents et des enfants : la contradiction y est interdite parce que mère du désordre, de l’anarchie. Quoi qu’on dise, il faut s’y tenir, parce que c’est l’autorité de l’Etat et de ses représentants qui est en jeu, et que cette autorité est beaucoup plus importante dans la cohésion nationale que la vérité. Ceux qui pensent ainsi pensent aussi souvent que la respect de la loi est plus important que le respect de la justice, parce le premier est le produit d’un consensus social écrit et que le second fait appel à des qualités et à des valeurs individuelles, détachées de tout socle social et politique.

 

A ce jour j’ignore tout à fait si Davis est innocent ou coupable. Mais je suis absolument certain que Davis mérite un nouveau procès, et que la peine de mort est une abomination. Une de mes chansons préférées est « Hurricane » de Bob Dylan, un long récit souligné par un violon entêtant qui raconte les mésaventures de Rubin Carter, qui connut dans les années soixante un destin semblable à celui de Davis et qui a finalement été libéré après vingt ans de prison. J’aime Bob Dylan, comme j’aime Joan Baez et Neil Young et Joni Mitchell et cette époque du folksong américain engagé. C’est bourré de pathos, de beaux sentiments, et c’est souvent excessif. Et pourtant, et pourtant, quarante ans plus tard, ça ressort comme du diamant et « Hurricane » sonne toujours aussi juste. Probablement parce que le système est toujours aussi faux.

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19/07/2009

Wall Street Journal et les femmes de carrière

Ecrire cet article me prendra environ une heure. C’est ainsi chaque dimanche depuis bientôt deux ans, et chaque fois cela exige quelque négociation. De mon côté j’essaie de trouver un moment qui convienne, tandis que du sien mon épouse fait de son mieux pour soutenir mes efforts éditoriaux en m’assurant que cela ne la dérange pas du tout, elle qui s’occupe de notre enfant à plein temps, tous les jours de toutes les semaines. Ces petites négociations suivies de petits sacrifices sont l’essence même du fonctionnement d’un couple ordinaire et de sa façon de gérer les besoins vitaux d’un enfant. Aujourd’hui encore, en dépit de tant d’avancées techniques et sociales, cette gestion demeure largement inchangée par rapport à ce qu’elle était il y a 2'000 ans. Et ce sont les femmes qui en font encore très, très largement les frais.

C’est pourquoi la conférence que donnait en juin dernier Jack Welch, ancien très influent PDG de General Electric, a attiré mon attention. En vingt ans, Welch a fait de GE la première entreprise mondiale en taille et en revenus. Mais les propos qu’il a tenus à cette conférence n’avaient rien à voir avec GE et ont été largement rapportés, notamment dans un long article du Wall Street Journal. En substance, Welch explique « qu’il n’existe pas d’équilibre entre le travail et la vie domestique. Nous aimerions avoir plus de femmes en position dirigeantes mais les femmes doivent faire des choix difficiles et elles en connaissent fort bien les conséquences. » L’article détaille ensuite les réactions de femmes dirigeantes face à ces propos iconoclastes. Certaines louent la franchise de Welch et le remercient de mettre le sujet au centre du débat. D’autres, se citant elles-mêmes en exemple, tentent de prouver qu’il a tort.

Je pense pour ma part, et de mon point de vue d’homme, que Welch a cent fois raison. Et que c’est effectivement un tabou majeur de notre société. Quelques chiffres tout d’abord. En 2009, seules 15 sociétés du classement de Fortune 500 des plus grandes entreprises américaines, sont dirigées par des femmes, soit 3,3%. On peut se réjouir de savoir que ce chiffre a augmenté de 50% depuis 2006 seulement, il n’en demeure pas moins catastrophique quand on sait que les écoles de business, de droit et de médecine sont aujourd’hui trustées par les jeunes femmes ambitieuses et bien souvent plus âpres au combat académique que leurs confrères mâles. En France, la situation est identique avec 4% de femmes dirigeantes parmi les sociétés les plus puissantes du pays. Avec des salaires en moyenne 33% inférieurs à ceux des hommes. Et ainsi de suite, où que l’on regarde. On pourrait presque dire que depuis l’âge des cavernes, rien n’a changé pour les femmes. Le signe le plus encourageant pour elles serait que le temps de gestation est passé de 18 à 9 mois, et que viendra un jour où cela ne durera plus qu’un mois ou deux.

Car tout le problème est, et demeure là : la possession d’un utérus et de ses fonctionnalités demeure l’apanage des femmes seules. Depuis la Deuxième guerre mondiale, on apprend que les femmes se sont libérées. On cite essentiellement l’exemple de la pilule et de l’avortement, c'est-à-dire des éléments qui tournent autour du problème mais qui ne le résolvent en aucun cas. Pire : en libérant la femme et en lui permettant de devenir l’égale de l’homme dans la société, beaucoup de femmes se sont simplement retrouvées avec leur devoir de mère et d’épouse en plus de celui de travailleuse et de salariée. C’est particulièrement vrai dans les pays du Sud comme la Serbie, c'est-à-dire des pays fortement patriarcaux, où il n’est pas rare de voir une femme rentrer de son job à 100% pour se dépêcher de faire le repas pour sa famille, s’occuper de ses enfants et faire la vaisselle, tandis que son mari regarde la télé en buvant des bières et en donnant des ordres. Dans le même ordre d’idées mais avec une autre mentalité, j’avais une collègue à Londres qui avait fait ses quatre enfants alors qu’elle était encore à l’université avec l’espoir qu’elle pourrait poursuivre sa carrière en ayant, bien avant les autres, solutionné ce problème. Dès 18 ans, elle était donc entrée dans un monde millimétré et au sein duquel son droit à l’erreur est nul.

Bien que mon garçon soit la plus grande joie de ma vie, je répète ce mot de « problème » à dessein. En effet, j’ai découvert que faire naître et éduquer un enfant est une tâche titanesque, une menace pour presque tous les couples et une responsabilité écrasante. Mais on continue de faire croire qu’il est possible de tout faire à la fois : une carrière, des enfants, et un épanouissement personnel. La pression qui repose sur les femmes d’aujourd’hui est par conséquent monumentale, peut-être plus encore que celle qui reposait sur leurs ancêtres. Par un effet secondaire particulièrement pervers, celles qui choisissent ou qui, comme mon épouse, sont contraintes à ne pas travailler pour s’occuper seulement de leur ménage, sont largement déconsidérées. Pour preuve, administrativement, ma femme est classée comme « sans emploi », elle qui travaille plus que bien des banquiers et sans salaire.

La condition des femmes se détériore régulièrement depuis des décennies et la guerre des sexes est de plus en plus aigue, au travail comme à la maison. Contrairement aux idées reçues, bien loin de s’émanciper, les nouvelles règles du jeu ne font qu’accentuer leur rôle d’objet sexuel passif. Jusqu’ici, seul l’art parvient à évoquer ces sujets avec pertinence, par exemple dans des films comme Eyes Wide Shut de Kubrick ou Antéchrist de Lars von Trier. Ces deux œuvres vivement et universellement conspuées vont pourtant à l’essentiel en nous rappelant que toute civilisation repose sur l’unité du couple. Et que c’est la civilisation elle-même qui est en danger lorsque l’équilibre du couple est perverti.

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13/07/2009

Novosti et le Monténégro

J’étais peinard en train d’écrire mon billet de cette semaine sur le phénomène Facebook – qui n’est au fond qu’un génial site de cul qui ne dit pas son nom et dont je me suis finalement désinscrit, lassé d’y apprendre que Sandra ou Michel ou Zoran trouvent qu’il fait beau aujourd’hui – et c’est alors que mon épouse a éclaté de rire devant son MacBook. Elle lisait un article sur le site du quotidien belgradois Novosti. Elle me l’a lu. Et j’ai moi aussi éclaté de rire. J’ai donc effacé un début de billet que je sentais peu inspiré, et voici une petite pérégrination dominicale dans un domaine qui a le désavantage par rapport à Facebook de n’être – hélas – pas virtuel.

Le Monténégro. Voilà un pays qui compte autant d’habitants que le canton de Vaud et qui est grand comme la Suisse romande. C’est un curieux pays à la géographie superlative – montagnes culminant à plus de 2'000 mètres, côte adriatique découpée et translucide, golfes scandinaves, lacs immenses, forêts sauvages et canyons effrayants – mais qui pèche par presque tous ses autres aspects : corruption chronique, mafia omniprésente, chauvinisme cocardier qui serait risible s’il n’était pas violent. Tout petit, désert et lointain, le Monténégro souffre depuis toujours  d’une géographie confinée: il fut aux confins de l’Empire ottoman qui ne se donna pas la peine de le conquérir complètement, puis de la Yougoslavie titiste dont il fut la plus enthousiaste des républiques – parce que la plus démunie –, enfin aux confins des Balkans, eux-mêmes aux confins de l’Union Européenne.

Et ce confinement le démange à l’endroit d’un amour-propre inversement proportionnel à sa taille. De meilleur élève de Tito avec sa capitale Titograd, le Monténégro s’est vite rangé du côté de Milosevic et de sa puissante armée lorsque la Croatie, vers 1991, a réveillé son désir d’indépendance en menaçant quelques arpents monténégrins d’annexion. Mais à mesure que la Serbie s’enfonçait avec un malin plaisir dans le rôle du sale gosse de l’Europe, Milo Djukanovic, le Premier ministre monténégrin (il l’est encore aujourd’hui, 19 ans après sa première élection à l’âge de 29 ans) a jugé bon de se distancier de Milosevic. Ce pas, opéré il y a dix ans, à l’époque des bombardements de l’Otan, fut effectivement très judicieux. C’était un premier pas politique qui a été suivi d’une manœuvre plus profonde et plus perverse encore : il s’agit désormais pour le petit pays de ne pas souffrir de l’image catastrophique de la Serbie en créant de toutes pièces une nouvelle identité monténégrine.

Strictement électorale – Djukanovic veut bénéficier de la manne euro-américaine pour justifier ses mandats successifs – cette politique a culminé en juin 2006 avec la déclaration d’indépendance du Monténégro. Jusqu’alors, Serbie et Monténégro étaient liés par un destin commun de culture, de religion, de peuple, d’histoire et, on le verra, de langue. Cette césure soudaine était aussi incongrue que si la Broye déclarait son indépendance du canton de Vaud, lorsqu’on sait qu’absolument rien de substantiel ne sépare ces deux entités. Mon épouse est à la fois Serbe et Monténégrine, comme l’écrasante majorité des habitants de Serbie et du Monténégro, comme Milosevic lui-même, et ces rodomontades sont en réalité plus affligeantes que réellement graves. Dans les faits, rien ne change. Et c’est bien cela qui chagrine le gouvernement monténégrin.

D’où l’éclat de rire de mon épouse, et le mien subséquent, lorsque nous avons l’article de Novosti qui rapporte que le gouvernement monténégrin vient de changer ses lois et d’introduire le concept de « langue monténégrine ». Pour marquer le coup, ils introduisent une syntaxe propre et des mots nouveaux. La chose avait commencé lorsque le terme de langue serbo-croate avait été remplacé dans les manuels par le terme « langue maternelle ». La ligne est donc franchie. On ne parlait il y a 20 ans qu’une seule langue, le serbo-croate. Et mon beau-père plaisante depuis en rapportant qu’il parle quatre langues : le serbe, le croate, le bosniaque, et désormais le monténégrin.

En ce jour anniversaire du massacre de Srebrenica, il est peut-être utile de rappeler que ce massacre a bien eu lieu, qu’il a bien fait environ 8'000 victimes sous le commandement des armées serbes de Bosnie. Et il est également utile de rappeler que la langue que parlent tous ces gens qui se sont massacrés jusqu’à ce que, depuis l’extérieur, on les désarme, cette langue est une seule langue, avec une seule grammaire, une seule syntaxe et deux graphies, latine et cyrillique. Le nom de cette langue unique est le serbo-croate. Toute autre appellation que serbo-croate est politique et guerrière. C’est-à-dire un mensonge.

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05/07/2009

ESPN et le footballeur à 142 millions

En regardant les papas qui, comme moi, attendent sur un banc que leur fils descende du toboggan jaune, je me demande quels sont leurs rêves. L’argent et la respectabilité sont des mesures universelles. Alors, quels sont les rêves d’aujourd’hui ? Footballeur, dans six cas sur dix au minimum. Car ce qui descend des toboggans, la couche-culotte bien visible sous le bermuda, ce sont tous les noms des grands footballeurs du moment, floqués sur des jerseys où les couleurs criardes et satinées le disputent aux marques de téléviseur ou de téléphonie mobile. Parmi ces footballeurs en culotte courte, on voit beaucoup de Cristiano Ronaldo. C’est normal, Ronaldo venant d’acquérir le titre de joueur de football le plus cher de l’histoire avec son transfert du Manchester United au Real Madrid pour 142 millions de francs suisses.

 

Il est de bon ton pour un intello pantouflard de mon espèce de vomir sur tous les sportifs de haut niveau et de se moquer de leurs déclarations monosyllabiques. On les juge à l’aune d’un talent qu’ils n’ont évidemment pas la plupart du temps. Ce faisant on escamote leur fantastique combinaison de coordination, de puissance et de précision physiques, et leur capacité hors du commun à intégrer l’activité d’un groupe de coéquipiers et d’adversaires, à une vitesse folle et sous les hurlements d’une foule de dizaine de milliers de personnes. Bref, c’est ce qu’on appelle de l’intelligence dans son expression la plus nette, certainement bien plus nette que dans les cas trop nombreux de leurs confortables contempteurs. Ainsi les sommes déboursées par les clubs ne sont-elles pas totalement dénuées de réalité économique : on s’arrache celui qui a du talent et qui fera gagner son équipe. Et qui justifiera des tarifs publicitaires à sa mesure.

 

Mais voilà que les clubs de football, depuis quelques années déjà, ont entamé une course au transfert qui commence à sentir mauvais. Le site sportif ESPN révèle que la somme totale déboursée par le Real Madrid pour renflouer son écurie est désormais de 410 millions de francs. Et encore, on attend les chiffres des transferts de Villa, Maicon et Ibrahimovic, donc la machine à sous est loin d’être enrayée. Ronaldo déclarait récemment qu’il était fier d’être le footballeur le plus cher de l’histoire, après que Michel Platini, président de l’UEFA, se posait ouvertement la question de cette logique économique. Car ce qui est en train de se passer n’a plus grand rapport avec le sport, mais un rapport de plus en plus étroit avec une logique économique du court terme et totalement destructrice, pour le sport, pour le public, et pour les sportifs eux-mêmes qui se retrouvent multimillionnaires à vingt deux ans.

 

Il y avait autour de la ville de Mostar, en 1992-95, des bataillons d’artillerie serbe, croate et bosniaque. Et d’un ennemi à l’autre, on se louait les canons lorsqu’il en manquait. On allait même jusqu’à acheter les coups de canon. Un Serbe téléphonait à son ennemi croate et demandait : combien tu me fais pour un obus de 75 sur la position bosniaque à côté du pont ? S’en suivait un marchandage purement financier, puis un coup de canon. La population de Mostar, prise entre les belligérants, mourait lentement et vivait pour ses héros, tandis que ceux-ci se passaient tranquillement les canons et les obus, occupés seulement à se remplir les poches et à ne pas se faire tuer.

 

142 millions de francs, c’est cher payé pour un canon, même en or massif, même adulé par des millions de fans. Ronaldo s’efforce maintenant d’oublier dans une débauche de luxe et de luxure qu’il ne s’appartient plus à lui-même, qu’il est une marchandise, et qu’il a perdu absolument toute once de liberté. Il réfléchit certainement, du moins il devrait réfléchir à ce qui vient d’arriver à Michael Jackson, et à n’importe quelle mégastar dont la renommée est telle qu’elle nourrit une foule immense de parasites anonymes qui finissent par la tuer. A commencer par les dirigeants de clubs qui, comme les artilleurs de Mostar, se moquent bien de faire gagner ou perdre leur équipe, de satisfaire ou non leur public, tant que Sony et Deutsche Telekom crachent au bassinet.

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