22/11/2009

Jane's Weekly et l'exportation d'armes

Dans la Yougoslavie titiste, il était de rigueur d’avoir dans sa bibliothèque ce qu’on appelait des « komplet », les œuvres complètes des grands penseurs marxistes. On les achetait souvent avec le meuble lui-même, le fabricant d’étagères épargnant ainsi à son client le fastidieux et inévitable achat. On se gardait évidemment bien d’ouvrir un seul de ces volumes, préférant à leurs contenus truffés de mots composés la vue apaisante de leurs dos striés d’or. Ainsi lorsque Tito mourut et que la Yougoslavie lui emboîta le pas, la question se posa de savoir ce qu’on allait faire de ces non seulement encombrants, mais désormais inutiles volumes. Le bon sens l’emporta sur le gaspillage : on s’en sert aujourd’hui pour presser le chou farci.

 

L’usage que l’on fait d’un objet défini est hautement imprévisible. On ne peut voir une jeune femme acheter une botte de carottes sans réprimer une pensée honteuse. Ou s’étonner de voir un pays neutre vendre des mitrailleuses lourdes à un pays en pleine guerre civile, après falsification du bon de commande. Ainsi l’initiative sur l’interdiction de l’exportation des armes ne fait que poser la même lancinante question qui hante le peuple suisse depuis tant d’années sur presque tous les tons : que signifie notre neutralité, pratiquement ? La question serait effectivement intéressante, si les réponses proposées par les deux camps opposés n’étaient pas d’une si complète nullité.

 

D’abord quelques faits. Les exportations suisses se chiffrent à 209 milliards au total, et la part des armes est d’un demi milliard de francs, soit moins de 0,25%. Nous exportons plein de choses : munitions, fusils, pistolets, chars de transports de troupes, chars d’assaut, avions, et nos clients principaux sont l’Allemagne, le Danemark et l’Arabie Saoudite. Jusque là, rien de vraiment répréhensible, d’autant que notre loi nous interdit la vente d’armes à des pays en guerre. L’ennui intervient lorsque, comme ce fut le cas en 2005, les Emirats arabes unis achètent des chars qui finissent en réalité au Maroc, en guerre contre le Front Polisario. Ou que l’entreprise Pilatus fabrique, bien qu’elle s'en défende mollement, des avions d’entraînement qui, après quelques tours de tournevis, se transforment commodément en mini-bombardiers.

 

Difficile devant ces chiffres, pour les initiants, de parler d’autre chose que de positions de principe. Il est aveuglément clair que, même si la Suisse interrompait son commerce d’armes, la violence dans le monde ne reculerait pas d’un micron. Le Pakistan n’attend pas sa victoire sur les Talibans en comptant sur l’aide de Berne. Ce genre de position de principe ouvre des boîtes de pandore à l’infini : pourquoi exporter des montres dans des pays en guerre, si l’on sait que des tortionnaires s’en serviront peut-être pour minuter leurs séances de waterboarding ? Pourquoi exporter du chocolat aux Etats-Unis si l’on sait qu’il contribuera au niveau déjà dangereusement élevé de maladies cardio-vasculaires ? etc.

 

Mais les arguments des opposants ne sont pas en reste et battent les premiers en hypocrisie. Comme le rapporte le magazine Jane’s Weekly, référence mondiale des industries de l’armement, et par conséquent très inquiet quant à l’issue du vote, le danger principal de cette initiative serait une perte d’emplois. On choisit donc d’évacuer complètement la question de la responsabilité, ce que même les fabricants de cigarettes n’osent plus faire, pour tenter, maladroitement, de nous faire croire que notre économie dépend de notre industrie de l’armement. Mais comme les mêmes chiffres le démontrent plus haut, l’interdiction de ces exportations n’aurait aucune conséquence quelconque sur notre économie.

 

Et c’est peut-être là le côté intéressant de cette initiative : en l’absence d’enjeu pratique réel, les deux camps se retranchent derrière des pétitions de principe absurdes : le tout éthique pour les uns, le tout économique pour les autres. Pour trancher dans le vif et se souvenir de ce qui compte vraiment dans le marché des armes, j’appelle à la barre le chansonnier new yorkais Tom Lehrer qui chantait ceci : “Once the rockets are up / who cares where they come down / that’s not my department / says Wernher von Braun (1).” En d’autres termes, l’usage que l’on fait d’une arme n’est que très rarement détourné, même lorsqu’on préfère se réconforter avec l’idée que les emplois des uns ne signifient pas nécessairement la mort des autres.

 

(1) Une fois que les fusées sont en l’air / peu m’importe où elles tombent / ce n’est pas de mon ressort / dit Wernher von Braun.

14:08 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (21)

Commentaires

Monsieur Laufer,

Je ne peux que vous répondre en anonyme, malgré votre détestation de ce genre de blogueurs, ma réputation en dépend! Je suis le pourvoyeur d'une arme, aujourd'hui non létale, mais qui a fait beaucoup de dégats par le passé, mais heureusement, ne tue plus de nos jours: le ridicule.
Je vous en présente un échantillon ci-après:

"En d’autres termes, l’usage que l’on fait d’une arme n’est que très rarement détourné, même lorsqu’on préfère se réconforter avec l’idée que les emplois des uns ne signifient pas nécessairement la mort des autres"

Je comprends beaucoup mieux Tom Lehrer et Werner von Braun que votre essai d'explication "en d'autres termes".
Seriez-vous pour ceux qui sont contre ou contre ceux qui sont pour ou même, éventuellement, le contraire?

... Mais peut-être que, lorsque vous m'aurez vraiment expliqué ce que vous avez voulu dire, c'est moi qui retournerai l'usage de l'arme contre moi pour vous permettre de garder votre emploi sans faire mourir les autres de rire!

Écrit par : Père Siffleur | 22/11/2009

Père Siffleur ne comprend-il pas que c'est "la position de principe" que dénonce habilement David Laufer. Un texte clair et fourmillant d'idées neuves, où sont renvoyés dos à dos affairistes et bien-pensants.

Pourtant, moi, je trouve pour l'occasion que nos initiants n'ont pas tant donné dans la "position de principe" (mais je ne vis pas en Suisse) et de ce fait on a pu découvrir une incroyable maladresse dans la défense officielle de l'emploi, par exemple. C'est véritablement un lobby qui a dû défendre ses positions tout en tentant de se cacher derrière les différentes instances du pouvoir (CF, parlement...) Parce qu'on a entendu du côté des "anti armes" : ce que nous combattons n'a que très peu d'importance, le supprimer ne changera pas grand'chose, on aura pu alors entendre les pros se débattre dans une argumentation sans cesse paradoxale. Avant, ce genre d'initiative nous faisait miroiter une crédibilité internationale réstaurée, des "Place de la Suisse" dans toutes les capitales du monde, aujourd'hui on nous demande juste: pourquoi vous salir? Même le coin de votre mouchoir prévu pour ... Et la réponse pragmatique : why not? sonne alors particulièrement fausse.

Écrit par : polo | 22/11/2009

Deux éléments semblent vous échapper : d'abord cette initiative concerne également toutes les pièces mécaniques, électroniques pouvant se retrouver par exemple sur un avion immatricilé militaire ! Cette initiative si elle était approuvée mettrait en danger une grande partie de notre industrie de sous-traitence.

D'ailleurs la gauche et les syndicats ne sont même pas d'accord sur le sujet voici en second élément la décision du syndicat SYNA :

Un Oui à cette initiative aurait pour conséquence la disparition immédiate et sans contrepartie de milliers de places de travail. En tant que syndicat, nous revendiquons quotidiennement la garantie des emplois dans notre pays. Beaucoup de travailleuses et travailleurs de l'industrie de l'armement sont syndiqués chez Syna. Organisation démocratique, Syna accorde une grande valeur à l'opinion des membres de sa base. La garantie des places de travail, tout particulièrement dans la situation économique actuelle, et les lois strictes régissant déjà les exportations d'armement ont conduit les membres du Comité de Syna à rejeter l'initiative.

Écrit par : Stan | 22/11/2009

"Les lois strictes régissant déjà les exportations d'armement ont conduit les membres du Comité de Syna à rejeter l'initiative."

Le corollaire de cette attitude, c'est que seul compte l'emploi, c'est-à-dire l'argent. De la part d'un patron ultralibéral, ça ne choquerait pas : on évacue complètement la question de la responsabilité. Or, ce faisant, ce syndicat se tire une belle balle dans le pied : parce que sont exactement les mêmes raisonnements qui poussent certaines entreprises à délocaliser, à réduire les effectifs et les salaires. Sans parler de l'efficacité des "lois strictes" vantées par ce communiqué.

Écrit par : david laufer | 22/11/2009

Vivement que l'on soit dans l'Europe! Ainsi nous pourrons comme nos voisins, vendre des armes ou on veux et quand on veux dans tout les pays du tiers monde, super! C'est aussi ça l'Europe, yes we can too!

Écrit par : schmilblik | 22/11/2009

Teufel! vous êtes vraiment un mufle! "On ne peut voir une jeune femme acheter une botte de carottes sans réprimer une pensée honteuse", VOUS peut-être. Personnellement, courgettes, concombres ou carottes, associées à jeune fille n'éveille chez moi aucune pensée "honteuse". Même si quelque pensée égrillarde effleurait mon esprit, c'est loin d'être systématique. A chacun sa libido, inutile d'attribuer la votre à tout le monde, et votre vision des femmes, surtout jeunes, est loin de vous avantager.
EVIV EL ODUESP

Écrit par : Red baron | 23/11/2009

Et, Re-teufel! "ON", "Nous", c'est qui? Votre omnipotence est suffisante pour savoir ce que pense chacun? De même "la même lancinante question qui hante le peuple suisse", vous pensez vraiment qu'une telle question hante le "peuple suisse" DANS SON ENTIER?
Et tiens, si vous avez envie de vous distraire...
http://volsdeguerredansuntriplan.blog.24heures.ch/archive/2008/11/04/mais-qui-est-donc-ce-nous.html

Écrit par : Red baron | 23/11/2009

Comment pouvez-vous vous moquer ainsi des emplois...et des ouvriers que celà concerne ? Le Syndicat SYNA représente en ces fait un grand nombre d'employers ET NON, de patrons, qui oeuvrent dans l'industrie Ce sont leurs emplois qui sont en jeux ! Mais peut-être que celà ne vous intéresse pas et que finalement les délocalisations que font peser cette initiative ne vous intéresse pas, seul compte votre nombrilisme qui vous permet de vous endormir chaque soir !Et bien non ! Sachez que se sont nos emplois (et le mien)qui sont en jeux etje ne fabrique pas de canon mais des pièces concernées par ce texte ! par ailleurs, celà ne changera en rien les actuelles exportations d'armes qui ne sont pas le fait de notre pays mais des USA, Russie, France et Chine !

Écrit par : Gérard | 23/11/2009

Quand certains arrivent au résultat que des machines de chantiers sont des arme de guerre, ont arrivera bientot à Interdire l'exportation des couteaux suisses et du chocolat qui lui, drogue un grand nombre de citoyens dans le monde.

On devrait aussi interdire l'exportation des montres suisses... VOus vous rendez comptes, certaines de nos montres donnent leur à un grand nombre de soldat, vous vous rendez compte! Malheure!

Écrit par : DdDnews | 23/11/2009

"la violence dans le monde ne reculerait pas d’un micron". C'est ce que je n'ai jamais compris: la violence et non son contraire c'est-à-dire le sens de l'humain!, ne reculerait pas.

"Je suis cet autre" qui tue ou va être tué violemment, même pas dans une lutte entre égaux, mais par une force brute du plus fort sur le plus faible.
Les armes font de plus en plus peur, et on en fabrique de plus en plus, et de plus en plus mortelles!

L'excellente note de David Laufer et tous les commentaires montrent que le problème nous concerne directement! Perdre son emploi est terrible!

D'autre part,le commerce des armes s'est répandu (depuis quand?) comme un cancer à travers le monde. J'ai vu le commerce et l'usage des armes (de toutes sortes) en Afrique du Sud, et australe!!! Dès les années quarante, oui, elles sont, aujourd'hui, d'un autre type peut-être, mais j'ai vu les "armed respons" à qui pousse une porte sans autorisation!

Pire, j'ai vu (sous mes yeux) les cadavres d'enfants abattus à bout portant parce qu'ils chantaient la Libération! A Soweto! Ce que je dis n'a peu-être rien à voir avec l'initiative contre l'exportation d'armes fabriquées ici, dans mon pays natal, et qui serviront à tuer ...des innocents y compris. N'y a-t-il aucun lien?
j'ai déjà voté "oui" à l'initiative, mais en fait, ce n'est qu'une petite prière pour éclairer une problématique tellement plus complexe, et je comprends celles et ceux qui diront "non" selon leur conscience et leurs convictions. Et je prie que les échanges se poursuivent sur ce sujet, dans la paix entre nous.

Écrit par : cmj | 23/11/2009

Je suppose qu'il y a une votation en Suisse pour la vente ou non des armes de guerres.
Les suisses ont toujours été très fort pour les armes, je crois que se sont eux qui ont utilisé les premiers les arquebuses sorte de fusils primitifs contre les bourguignons et c'est ce qui leur à permis d’ailleurs de gagner. Un pays de 5 millions d'habitants qui est au top niveau de la technologie des armes sophistiquées, chapeau. !
D'ailleurs les suisses ont toujours été réputés pour être d'excellents guerriers et Hitler n'a jamais voulu se frotter à eux malgré sa puissante Wehrmacht et ses troupes d'élites SS. C'est un fait qui m'a toujours beaucoup étonné. Les rois de France et les papes ont toujours eu des troupes suisses pour se protéger peut être aussi parce que la Suisse était très pauvres dans les siècles précédents et que le recrutement y était plus facile.
J'ai l'impression qu'il ne faut pas trop vous chauffer les oreilles car vous avez plus d'une corde à votre arc pour vous défendre. D'ailleurs l'Europe vous a toujours fichu une paix royale craignant un impossible envahissement de votre pays à part évidemment Kadafi caressant l'espoir de venir un jour vous démanteler. Il n’a qu'a venir s'y frotter, il verra bien ce grand hâbleur!!

, Louis HERVE

Écrit par : HERVE | 23/11/2009

"puisque sauver des emplois, ce n’est pas sauver de l’argent, mais des vrais postes de travail qui sont occupés par des vrais gens qui, le cas échéant, deviendraient de vrais chômeurs"
C'est exactement ce que je notais dans mon commetaire plus haut : la défense de l'emploi est très maladroite face à l'argumentaire des initiants. Scipion, c'est quoi la différence en termes politiques entre emploi et argent. Que sont les problèmes du chômage sinon économiques. Si ne pas avoir d'emploi MAIS un salaire pouvait se réaliser, qu'en diraient les fabricants d'armes? Poursuivraient-ils les exportations? La détresse humaine que peut rencontrer le chômeur serait-elle ainsi s'il était grassement payé et sans condition? etc. Non, les diagonales qu'empruntent David Laufer sont des raccourcis parfaitement valables.
@Gérard, je crois que personne ne se moque des emplois et de l'économie dans ce débat. On peut imaginer d'autres façons de faire travailler une main d'oeuvre très qualifiée que celle que propose le secteur de l'armement. La téchnologie hautement sophistiquée et la grande précision cultivée en Suisse a plus que jamais de nouveaux horizons pour s'épanouir : les nouvelles énergies ou la reconversion des grandes industries polluantes permettrait à ce secteur de fleurir ailleurs que sur le fumier des conflits armés. Je ne suis pas un anti militariste, mais la neutralité suisse ne peut plus souffrir de telles incohérences et aurait tout à gagner en s'affranchissant de tels marchés.

Écrit par : polo | 23/11/2009

Neutralité ? Mais quelle neutralité ? Depuis 1942 nous avons choisit notre camps, lors de la guerre froide également, ainsi que lors des différents embargos votés via l'ONU ! Notre pays n'est plus neutre depuis longtemps, il est simplement non agressif !

Écrit par : Steeve | 23/11/2009

Les commentaires de Scipion me donnent envie de créer le parti des Allumés de la Fraternitude Universelle. Celui de CMJ aussi, mais pour les bonnes raisons.

Écrit par : david laufer | 23/11/2009

"Si ne pas avoir d'emploi MAIS un salaire pouvait se réaliser, qu'en diraient les fabricants d'armes?"
"la position de principe" que dénonce habilement David Laufer. Un texte clair et fourmillant d'idées neuves"
Je pense que Polo est le nom d'un ordinateur en charge de cirer les godasses du Maître et qu'il se met à grésiller du trolley...

Écrit par : Géo | 23/11/2009

Tiens, Géo? Vous ici?

Vos questions sur l'identité de Polo auraient eu leur place dans le blog précédent de notre bloggeur préféré. Tant pis.
Lisez celui-ci, vous verrez c'est un régal.

Écrit par : polo | 23/11/2009

Loin de moi toute hypocrisie! La Suisse a toujours exporté son savoir-faire et les produis issus de sa fabrication d'armes. Neutralité? Politique oui, pas économique! Incompatibilité? Je ne crois pas! On fabrique tout et n'importe quoi, on n'est pas forcément responsable de l'usage qui en sera fait. On vend à un pays dit "autorisé à recevoir" et qui, par intérêts revend le tout ailleurs. Suis-je responsable? A mon avis, non! fin de l'hypocrisie! Je ne me sens pas responsable de l'usage que d'autres font de ce que je lui ai livré.

Écrit par : elicolli | 24/11/2009

@elicolli :
"Loin de moi toute hypocrisie!"
"fin de l'hypocrisie!"
Mais qui parle de l'hypocrisie de la neutralité suisse, elicolli? Je n'ai pas trouvé ce mot dans le blog de DL... Votre commentaire a des allures d'auto-goal.

Et puis ce distingo entre neutralité politique et neutralité économique? Ca sort d'où? C'est surtout la neutralité économique qui m'intéresse, c'est quoi? c'est poilu, ça vit dans l'eau? ...

Vos arguments sont un peu légers, non? La neutralité, c'est vraiment un problème en Suisse aujourd'hui. Peut-être que de renoncer à la vente d'armes à l'étranger, ce moins de 1% des exportations, permettrait à ce pays de se recentrer sur sa vocation internationale et cette neutralité qui n'est pas un mot vain.

Écrit par : polo | 24/11/2009

Première phrase du quatrième paragraphe, vous écrivez "...position de principe ...", moi je dirais "... pétition de principe ...". Votre tournure est digne de la Françoise de Marcel Proust. Persévérez et votre style deviendra irrésistible.

Écrit par : Glauser Daniel | 25/11/2009

Excuzez moi je fais un essai mais interventions ne passent pas sur certains blogs!

Hervé

Écrit par : HERVE | 26/11/2009

Quelle belle journée nous vivons aujourd'hui. Le peuple Suisse se réveille, bravo.

Écrit par : Belle journée | 29/11/2009

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