20/04/2010

Le Star Tribune et la plainte pénale contre La Nation

Si certains abonnés de La Nation regrettaient sa relative confidentialité, ils pourront peut-être trouver un réconfort en voyant le nom de ce petit bimensuel, organe officiel de La Ligue Vaudoise, répété jusque dans le lointain Minnesota américain. En effet, même le Star Tribune de Minneapolis relate les faits : la Société pour les peuples menacés (SPM) et TRIAL, l’association suisse contre l’impunité, ont dénoncé les deux auteurs d’un article paru en 2008 dans La Nation auprès de l’Office du juge d’instruction du canton de Vaud. Et c’est historique puisque c’est la première fois qu’est intentée en Suisse une action en justice pour violation de l’article 261 du Code pénal qui dit ceci : « Celui qui (...) niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité (...) sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire. »

Voilà La Nation au cœur d’un scandale médiatique international face auquel son équipe de bénévoles se retrouve tout à fait démunie. Il ne s’agit en effet que d’un petit journal imprimé sur une double page recto-verso en caractères austères, sans illustrations, sans gros titres. La ligne éditoriale est étroite : on y représente le point de vue d’une droite bourgeoise, chrétienne, traditionaliste et fédéraliste (pas ultranationaliste comme le relate Le Temps) et hors partis, même si cette prévention a de quoi faire sourire. La Nation est nourrie en articles par des contributeurs bénévoles – dont je fus – et même si, comme moi, on désapprouve à peu près tout des options proposées dans ces pages, on devrait saluer l’existence d’un vrai papier d’opinion, clairement marqué et publiant parfois des articles d’une grande qualité de style et de contenu.

C’est bien pour cette raison que j’avais littéralement sauté en l’air en lisant l’article incriminé, publié au printemps 2008. De quel droit ce petit journal d’opinion, qui se veut strictement local, se mettait-il en demeure de réécrire une histoire si lointaine de ses compétences ordinaires, en émettant de surcroît des avis tranchés et définitifs en totale contradiction avec des faits établis. Car les auteurs de l’article, Denis Ramelet et Nicolas de Araujo, n’y allaient pas de main morte : « Les fameux 8’000 musulmans prétendument tués à Srebrenica, c’est donc le nombre d’hommes qui manquent à l’appel dix jours plus tard ! » Plus loin, ils parlaient même d’un « pseudo-massacre », mot qui pèsera lourd dans les événements qui se déroulent aujourd’hui.

Les problèmes que soulève cet article étaient nombreux : d’une part, on niait des faits pourtant dûment établis, recensés, et dont les preuves matérielles ne manquent pas ; ensuite, les auteurs introduisaient ce déni dans le cadre de ce qu’ils qualifiaient de « lynchage médiatique » contre la Serbie et l’enjeu n’était pas de déterminer si oui ou non le massacre avait bien eu lieu, mais si ou non la Serbie était effectivement l’objet d’un tel lynchage. Ainsi le déni n’avait pour but que de soutenir cette thèse centrale et non pas de faire la lumière sur une supposée vérité autre ; enfin et surtout, voilà deux auteurs qui ne s’étaient jamais rendus sur place ou même dans la région, et dont l’unique compétence sur ce sujet se résumait à quelques lectures. En dépit de ce manque complet de légitimité, ils prononçaient des sentences sur un événement extrêmement grave et complexe.

Totalement pris au dépourvu par l’énormité de la chose et ne sachant pas comment rétorquer à une telle cuistrerie intellectuelle, j’avais trouvé refuge dans un poème que je reproduis ici :

« Du Danube à la mer, en passant par la Save,
On a vu s’étriper les peuples yougoslaves.
Puis on compta les morts et ce fut du joli,
Car le Serbe est féroce, et le Bosniaque aussi :

Il y en avait partout, du jardin à la cave,
Femmes, vieillards, enfants, hommes, peureux et braves.
On les a enterrés. Mais tout n’est pas fini.
On en retrouve encor’, par morceaux, tout petits.

De Belgrade à Zagreb, aujourd’hui, on en bave.
Les haines sont convexes et les poches, concaves.
Les entêtants refrains, les « c’est-pas-moi-c’est-lui »,
« C’est-lui-qu’a-commencé », ont partout refleuri.

Et même au bord du lac, sur la plus haute octave,
On vient nous ressasser cette chanson de zouaves :
Vous croyiez tout savoir, on vous avait menti !
S’exclament, doigts levés, deux touchants apprentis.

Le fait serait piquant s’il n’était pas si grave.
Car ces intentions sont celles dont on pave
L’enfer des raisonneurs, l’enfer froid de l’esprit,
De ceux qui savent tout. Et qui n’ont rien compris.

Il faut leur pardonner, d’une voix ferme et suave,
Leur tendre inexpérience, leur manque d’after-shave,
Rappeler qu’il est bon de défendre un ami.
Mais Auschwitz était vrai. Srebrenica aussi. »

Sans surprise, La Nation avait refusé de publier la chose. S’en suivit un assez long échange de lettres entre les auteurs et moi, ponctués d’appels téléphoniques avec des responsables de la rédaction, manifestement empruntés sur un sujet qu’ils ne maîtrisaient pas. Et puis, comprenant que La Nation n’était le véhicule de choix ni pour ces articles, ni pour mes réponses, je m’étais résolu au silence.

Jusqu’au 1er avril dernier, date à laquelle j’avais envoyé à la rédaction de La Nation et aux auteurs concernés la dépêche relatant la déclaration solennelle du Parlement de Serbie qui reconnaissait l’intégralité des faits tout en rejetant – avec raison à mon sens – le terme de génocide. Sans surprise encore, il m’avait été répondu, toujours sur un ton péremptoire, que cette déclaration était sans valeur parce qu’elle était « une des conditions posées par l’UE à l’adhésion de la Serbie », alors que Bruxelles n’a jamais fait d’une telle déclaration une condition sine qua non d’adhésion à l’UE. A nouveau donc, je m’étais résolu au silence en concluant ainsi : « Vous faites donc décidément bien œuvre de négationnisme. Et La Nation porte cette tache dans ses pages qui continueront de pourrir son nom jusqu'à ce que quelqu'un, au sein de la rédaction, comprenne la portée mortifère et insultante de vos paroles. » Jusqu’à ce matin, en découvrant que cet article fait finalement l’objet d’une plainte pénale. Et mes sentiments sont partagés.

Pour moi, l’article incriminé fait œuvre de négationnisme dans la mesure où, notamment pour des raisons idéologiques, les auteurs nient un fait historique attesté, sans pour cela mener une quelconque contre-enquête digne de ce nom, se limitant à quelques lectures et garnissant leur papier d’un grand nombre de notes de page pour faire sérieux. Pour les auteurs, voilà qui est très grave, et très triste. Mais c'est surtout le journal qui fait ici preuve d'un très regrettable manque de responsabilité éditoriale et morale. Pour autant, je n’ai jamais cru à la pénalisation de l’expression. C’est en bannissant et en condamnant des individus comme Faurrisson ou Irving qu’on fait d’eux des héros, et je ne doute pas, hélas, que la même chose arrivera pour Denis Ramelet qui tirera quelque orgueil à se voir ainsi traîner en place publique. Au contraire, en laissant à ces tristes sires une totale liberté d’expression, on permet à l’histoire d’avancer, d’accumuler des preuves et des témoignages, tandis que le tribunal fige la vérité, la rend intouchable, inapprochable. Les auteurs devraient être traînés dans un amphithéâtre et non pas dans un tribunal.

Et puis un procès va immanquablement tomber dans la ratiocination : génocide ou massacre ? 7'780 morts ou 8'153 ? etc, ce qui est exactement ce que désirent les négationnistes, c’est-à-dire créer une confusion sur les détails qui mènent, au bout du compte, à jeter un doute sur l’ensemble. Et l’ensemble, il faut le garder à l’esprit : La Nation a accepté de publier un article pseudo-scientifique et en réalité strictement idéologique, suintant l’incompétence et le parti pris. En acceptant ces lignes dans ses pages, La Nation a, sans le vouloir peut-être, prolongé l’œuvre de mort et de destruction commencée à Srebrenica par l’armée serbe de Bosnie, exactement comme ceux qui nient les chambres à gaz prolongent, par le verbe, l’œuvre nazie. Pour condamner cela, on peut aller au tribunal. Mais on doit avant tout espérer que la vérité historique s’impose d’elle-même et que ce massacre ne soit jamais plus mis en doute, ce qui est la pire façon de l’oublier, de laisser les victimes à leurs souffrances et les bourreaux impunis.

Commentaires

Elle me plaît la réponse:
Il faut leur pardonner, d’une voix ferme et suave,
Leur tendre inexpérience, leur manque d’after-shave

Elle était bien tournée.

M. Araujo dont j'ai lu quelques articles a écrit d'autres inepties, et malheureusement confond le bon sens et l'art de l'argumentation. C'est tout à fait pénible. j'ai bien l'impression qu'il ira rejoindre le banc d'autres de ces rédacteurs qui sont ensuite passés à la rédaction du pamphlet.

Écrit par : Gregus picus | 21/04/2010

Vous êtes contre la pénalisation de l'expression. Mais ne condamnez-vous pas publiquement des personnes qui^nônt pas même été jugées?

Écrit par : Sugus | 21/04/2010

Sugus : vous me faites beaucoup d'honneur en suggérant que mes articles puissent un tant soit peu se substituer au système judiciaire. Je pense que le tribunal est une mauvaise solution, mais que le débat, comme celui qui est ici proposé, est sain et utile. Et je ne vois d'autre solution, pour entamer le débat, que de poser mon avis. En l'occurrence, il ne s'agit pas exactement de mon avis seulement car les faits niés par les auteurs de l'article sont indiscutablement vrais. Je prolonge en soulignant que ce mensonge ou cette erreur grave procède du négationnisme.

Écrit par : david laufer | 21/04/2010

Je ne pense pas que vous puissiez vous substituer au juge, en effet. Mais je vous avoue ne pas trouver votre article extrêmement adéquat, au jourd'hui.

Il me semble en effet qu'à la veille d'un procès d'opinion, une personne aussi respectueuses que vous de la dignité humaine pourrait choisir un digne silence plutôt que de multiplier les attaques de fond et les petites pointes à l'encontre de personnes en fâcheuse posture.

Bien entendu, nous sommes sur un blog et vous avez été lié aux évènements, il est par conséquent normal que vous racontiez un peu votre vie. Quitte à passer du journalisme au journal faussement intime. C'est votre choix, comme c'est le mien de vous écrire sous couvert d'anonymat.

Vous pensez votre article sans impact, mais n'oubliez pas que si les articles publiés n'avaient aucun pouvoir, vous ne vous seriez jamais indigné des articles mis en cause.

Écrit par : Sugus | 22/04/2010

A Gregus Picus,

Critiquer aussi sévèrement que vous le faites les articles d'une personne, sans même en citer ne serait-ce qu'un mot est un procédé qu'un David Laufer attentif et cohérent qualifierait sans doute de "cuistrerie intellectuelle".

Bien à vous,

Sugus acide

Écrit par : Sugus | 22/04/2010

Sugus : votre statut d'anonyme est en effet très désagréable, d'une manière générale et particulière, puisqu'on sent fort bien dans vos propos que ce sujet vous est très proche. Peut-être même nous connaissons-nous, qu'en sais-je, je parle avec un miroir et je ne m'habituerai jamais à cette faille fondamentale dans le débat qu'offre Internet et par laquelle vous vous engouffrez si confortablement.

Vous faites preuve d'une indulgence extrême face à ces rédacteurs et si je les condamne, on vous sent, de votre côté, déjà prêt à les absoudre, en tout cas à les entourer de toutes les préventions, de tous les égards et d'un respect qui nous ferait presque oublier que, même si l'on ne soutient pas cette action en justice, l'article paru dans la Nation est un pur morceau de négationnisme, d'arrogance et de parti pris.

Quant à votre attaque contre Gregus Picus, c'est du même tonneau. En somme, c'est deux poids, deux mesures : deux rédacteurs ont le droit de publier un article sur lequel ils n'ont aucune légitimité quelconque, bourré d'erreurs graves et idéologiquement biaisé, mais ce serait presque moins grave, à vous entendre, que de dire publiquement que cet article est un torchon et que leurs auteurs, et le journal qui a accepté ledit torchon, ont fait preuve d'un manque quasi-total de responsabilité, souillé la mémoire de milliers de victimes innocentes et insulté ceux qui leur ont survécu.

Écrit par : david laufer | 22/04/2010

A Gregus Picus et David Laufer,

Vous êtes dans le camp des saints, ni opposés à la liberté d'expression, ni d'accord de laisser le débat se dérouler sans dire à l'avance que vos adversaires ont tort.

Il est normal que Sugus et quelques autres non-historiens et non-journalistes désirent qu'on laisse la justice faire son travail, sans en arriver à un procès de rupture.

De si nobles défenseurs de la liberté de penser et de la liberté d'expression devraient le comprendre, surtout s'ils sont opposés à la pénalisation de l'opinion.

N'est-ce pas normal que, du moment où nous nous retrouverons confrontés à ce genre de procès, on désire au moins qu'ils se déroulent dans le calme, loin des poèmes douteux et des anathèmes rapides.

Écrit par : Saga | 22/04/2010

"Vous êtes dans le camp des saints, ni opposés à la liberté d'expression, ni d'accord de laisser le débat se dérouler sans dire à l'avance que vos adversaires ont tort."

Diable, quelle conception avez-vous donc du débat ? On se tait, on s'assied et on attend ? C'est précisément parce que je ne crois pas à une pénalisation de l'expression que j'ose m'exprimer clairement, en étayant mon propos et en marquant mes limites. Si je ne le faisais pas, alors je devrais accepter que le débat se fasse ailleurs, notamment dans un tribunal.

Enfin et surtout, à Sugus comme à vous, Saga (quels pseudos débiles, si j'ose m'exprimer ainsi sans froisser votre amour de la politesse de salon), il faut vous rappeler qu'il ne s'agit pas ici d'une pénalisation de l'OPINION. Lorsqu'on dit que Srebrenica ou les chambres à gaz sont des sornettes, on n'exprime pas une opinion. Une opinion, c'est un avis personnel sur une vérité non absolue. Or Srebrenica a bien eu lieu, c'est un fait historique, les milliers de tombes qui s'y trouvent en sont les témoins. Remettre cela en doute, ce n'est pas douter, c'est participer à un mensonge. Ainsi si vous pensez qu'il est légitime d'en douter, alors déterrez aussi tous les morts du cimetière de Bois-de-Vaux, Chanel et de Coubertin compris, et remettez en cause leur certificat de décès. C'est tout aussi absurde.

Pour continuer sur cette lancée offerte par Bonbon et Légende, on m'a aussi reproché de traiter de "tristes sires" les auteurs incriminés. C'est exactement, à votre façon, ce que vous faites. Vous vous gardez bien de parler du contenu, du fond de l'affaire, c'est-à-dire de la négation d'un massacre. Non, vous faites de longues et belles phrases truffées de beaux sentiments sur la justice, l'opinion, la liberté. Dans cette perspective, ces valeurs essentielles deviennent soudain insupportables parce qu'elles servent de cache-sexe moral à un soutien non-dit, à une sourde approbation pour les auteurs de l'article et pour ceux qui ont accepté d'éditer leur papier. En gros, vous brandissez la politesse comme seule défense et légitimité. Cette politesse-là n'est pas de la politesse, c'est de l'hypocrisie.

Écrit par : david laufer | 22/04/2010

Monsieur Laufer,

Je ne sais pas si votre hypocrisie connaît des limites, en tous les cas, votre politesse atteint rapidement les siennes.

Je vous retrouve l'insulte à la bouche, lors même que je ne vous agressais pas.

Voilà pourquoi je préfère me retirer de ce débat qui n'en est pas un.

Je me permets seulement d'ajouter que votre foi dans la pénalisation de l'expression nous laisse froids, puisqu'il ne s'agit pas en l'occurence de croire, mais de constater.

Vous êtes quelqu'un d'agresif, dans le fond.

Écrit par : Sugus | 22/04/2010

Je me permet de mettre mon petit grain de sel, mais quel est donc l'intérêt d'un procès s'il y a débat.

Pareillement, quel est l'intérêt de débattre de ça alors qu'il va y avoir procès.

Or, il va y avoir procès, malgré que David Laufer le regrette.

Je proose par conséqent de calmer un peu le jeu en attendant.

Écrit par : Greg | 22/04/2010

Attention, M. Laufer, ne les laissez pas vous faire monter les tours. Ca devient personnel et vous allez vous faire du mal tout seul.

Écrit par : Greg | 22/04/2010

Ah, je vous ai donc insulté. Je serais curieux de savoir où et quand exactement. Et puis surtout, insulte-t-on qui ou quoi que ce soit lorsqu'on s'en prend à un bonbon à la gomme ?

Pour Greg, l'intérêt de débattre est d'autant plus grand et important qu'il va y avoir procès. Je serais triste qu'un tel sujet soit confisqué par les juges et les avocats.

Écrit par : david laufer | 22/04/2010

Votre impolitesse est patente. Ne comptez pas sur moi pour répéter les choses insultantes que vous avez écrites à mon propos. Passe encore de se faire insulter, mais il est exclu d'en rajouter soi-même. Permettez à une personne du troisième âge de vous dire que vous n'êtes qu'un sale gosse. Je quitte ce forum sur lequel on se moque de la "politesse de salon". A cuistre, cuistre et demi.

Écrit par : Sugus | 22/04/2010

Je vous aurais prévenu, votre image pâtit de tels échanges.

Enfin, vous avez bien fait de déposer cette plainte pénale, mais vous auriez dû vous mettre plus à l'abri.

Écrit par : Greg | 22/04/2010

En tous les cas, Gregu Picus ne semble pas avoir grand chose à répondre. Et je pense que c'est lui qui est dans le juste. Je préfère quitter un débat si grossier.

Écrit par : Saga | 22/04/2010

"Permettez à une personne du troisième âge de vous dire que vous n'êtes qu'un sale gosse"

L'insulte. Voilà un honneur que les commentateurs de blogs se plaisent beaucoup à revendiquer. "On m'a insulté!", entends-je partout répéter si je montre un tant soit peu mon profond désaccord avec certains des propos ici recueillis. D'abord on cache le fait qu'on a rien à dire en invoquant la politesse, même lorsque celle-ci n'est pas mise à mal. Et puis on finit par crier au scandale lorsqu'on se fait mettre nu. Tout en saisissant au vol l'occasion de réclamer le privilège des ans pour balancer, sur le coup, une réprimande carrément limite. C'est amusant. Ou grossier, comme dit l'autre.

Écrit par : david laufer | 22/04/2010

"Enfin, vous avez bien fait de déposer cette plainte pénale, mais vous auriez dû vous mettre plus à l'abri."

C'était donc ça, ce sourd ressentiment : la balance, le cafard, ce serait donc moi. Eh ben, faut vraiment avoir les yeux pas tout à fait en face des trous pour tirer de telles conclusions de mon papier. Pour mettre fin à ces insinuations, entendues ailleurs également, je n'ai absolument rien à voir avec cette plainte pénale, ni directement ni indirectement. Et je répète que je suis opposé à cette plainte autant qu'au texte de loi qui la permet.

Écrit par : david laufer | 22/04/2010

Alons, il n'y a que Greg, dont les remarques ne paraissent pas très averties, pour vous accuser de cela. Et il ne le fait que pour vous louer Du calme, donc.

Écrit par : Saga | 22/04/2010

GREGUS PICUS n'est pas "Greg" qui a signé quelques commentaires. Au sujet des articles incriminés, je n'ai effectivement pas gardé d'exemple à citer. Je me souviens d'un sujet traité: On y parlait de l'Eglise catholique et du Pape Benoît XVI (prononcer 5 et 3 font 8 et 8 font 16). L'auteur avait un avis sur la situation et les positions du Pape qui démontraient surtout une grande envie de polémiquer en se mettant dans le camp des victimes d'"une certaine presse". J'ai essayé d'en parler directement avec l'auteur, mais j'ai reçu une longue lettre de monologue pleine d'affirmations et de certitudes qui m'ont laissé penser que l'auteur était un jeune "néo catholique en bois brut" que j'assimile personnellement à des allumés qui manquent tellement d'assurance qu'ils répètent les mêmes assertions pour s'en convaincre. Comme je l'ai dit plus haut, ce sont des gens très pénibles.
Merci de m'avoir lu et bopn dimanche

Écrit par : Gregus Picus | 25/04/2010

"cuistrerie intellectuelle" - Après un magnifique dimanche au soleil, je me rends compte que c'est vrai, je suis un cuistre intellectuel: J'aime le bon air frais et le soleil à la fin d'un long hiver. Et les commentaires que je trouve cités plus haut par sugus, saga, les insultes, le 3ème âge, les accusations et la volonté de ne pas être grossier, etc...sont bien peu de chose en comparaison de la générosité de nos campagnes en fleures. Quelle merveille! Dire qu'il y a tellement de belles choses, tellement de raisons de s'étonner que je m'en veux de ne pas être capable d'accueillir tous ces dons avec plus de gratitude, et de les exploiter avec plus de coeur.
Je regrette d'avoir trainé M. Araujo dans la boue. La question n'est pas savoir s'il le mérite ou pas. la question est plutôt qu'il fait certainement de son mieux, avec l'autre rédacteur, et qu'en écrivant des horreurs (erreurs ?) il doit certainement être persuadé qu'il fait le mieux qu'il peut selon ses certitudes. Je ne peux pas prendre conscience à sa place, et mes lignes l'auront peut-être blessé. Si c'est le cas, je le regrette. J'aurai du avoir plus de coeur.

Écrit par : Gregus Picus | 25/04/2010

Gregus Picus,

Le soleil vous fait assurément du bien : vous faîtes preuve de largesse et de grande compassion par vos propos. C'est à émouvoir des chatons. Bravo !

Écrit par : Cosita | 25/04/2010

Depuis que l’on trafique les photos ,les films, que l’on est capable de faire des images de synthèse, que l’on reçoit en pagaille des mails bidons tout le monde doute de tout. C’est une conséquence de l’apparition de cette nouvelle technologie apparue avec l’informatique du traficotage généralisé des expressions de la vidéo en générale.
Souvenez-vous lors de la révolution roumaine tout le monde avait été berné par une formidable mise en scène de massacres qu’auraient perpétré si je crois bien me souvenir les communistes roumains.
Et maintenant on met en doute effectivement le massacre de Srebrenica, les attentats du 21 septembre et pourquoi pas l’atterrissage des américains sur la lune et tout le reste.
C’est un phénomène grave qui peut entrainer une validation systématique des rumeurs scélérates. J’y vois la source un jour de conflits, de massacres

Écrit par : hervé | 01/05/2010

@ Hervé
Que l'on doute plus aujourd'hui qu'autrefois m'apparaît plus comme positif que négatif. Les croyances absolues dans des ce que l'on présente comme "faits" mènent plus souvent à des actions destructrices que les remises en question...

Et c'est là où je ne rejoins pas M. Laufer, bien que je sois en accord avec la majorité de son texte, dans la séparation effectuée entre "vérité non absolue" et "faits historiques". Qui en détermine la limite? Quelles autorités? Les exemples historiques d'erreurs, volontaires ou non, dans la détermination de la "Vérité" et des actions possiblement répressives liées à ceux qui osaient la remettre en question sont la pour nous rappeler (à mes yeux en tout cas) que la "Vérité" s'efface au moment même où elle devient témoignage. Que ce qui est dit ou non-dit dépend trop de la sensibilité et des intérêts des témoins pour ne pas bénéficier d'une saine remise en question.

Et comme nous le rappelle Hervé, ni les photos ni les films ne sont, aujourd'hui, des valeurs plus sûres que des témoignages écrits ou oraux.

Je ne crois pas non plus au doute perpétuel et à la paranoïa généralisée de type complotiste. Certains témoignages de faits sont suffisamment importants et de haute qualité pour que l'on puisse "raisonnablement" les considérer comme vrais. Le massacre de Srebrenica, la version officielle du 11.09 ou la théorie du réchauffement climatique en sont à mes yeux des exemples.

Mais je trouverai toujours intéressant des remises en questions de ceux-ci pour autant qu'elles soient bien construites et argumentées. Quitte à amener des doutes sur certains aspects. Du fait que le gouvernement américain ait pu tirer avantage des attentats (même si il n'en était nullement l'initiateur), ou que certains scientifiques aient pu magouiller quelques données liées au réchauffement (même si cela ne remet nullement en cause la théorie dans son ensemble).

Après .. le texte de Mr. Ramelet et de Araujo est peut-être totalement inutile et offensant, j'avoue, je ne l'ai pas lu :)

Écrit par : Adrien B. | 03/05/2010

Adrien B : Merci de votre contribution. Vous dites ceci, sur lequel je voudrais brièvement revenir : "Mais je trouverai toujours intéressant des remises en questions de ceux-ci pour autant qu'elles soient bien construites et argumentées. Quitte à amener des doutes sur certains aspects."

Il y a là deux choses à dire :
- c'est bien l'un des défauts de l'article incriminé. Les auteurs n'ont fait qu'une compilation d'articles écrits par d'autres qu'eux, mais ne se sont jamais rendus sur place et n'ont jamais mené de véritable enquête. Leurs articles, ce sont de braves travaux de séminaire d'université, un papier d'étudiant convaincu et imbu mais fondamentalement planqué dans sa bibliothèque. Rien qu'en cela, c'est-à-dire cette absence d'argumentation fondée et sérieuse, constitue un défaut suffisant pour rejeter l'ensemble.
- ensuite, ce doutee que vous proposez est juste et bon, mais est-ce possible dans les faits ? Ce que les auteurs de l'article font, ce n'est pas une remise en doute (j'en parle plus haut), mais un déni. Un déni n'est pas un doute : ça n'est qu'une autre forme de dogme, qui n'a pour lui que d'être opposé à une autre forme de dogme. En cela, ce n'est pas une question, c'est une réponse et c'est en cela qu'il est attaquable sur le fond même, sur l'intention qu'il dissimule.

Enfin, on peut discuter de tout, mais pas de la même façon. Ainsi, on ne peut pas discuter de Srebrenica de la même façon qu'on s'engueule sur la réintroduction du loup dans les Alpes. Srebrenica, ce sont des milliers de morts, un acte de guerre unique. On n'aborde pas ce genre de sujet sans un certain sens du sacré, dans la mesure où tout ce que l'on va dire vous engage complètement dans une réalité où les mots ont une valeur décuplée. C'est enfin là que réside la faute la plus grave pour moi, dans cet article : c'est que La Nation ait accepté de le publier. Que les auteurs aient eu la lubie de l'écrire, soit. Mais qu'un rédacteur en chef néglige à ce point ses scrupules et décide de passer la chose témoigne, à mon sens, d'un manque absolu de responsabilité éditoriale et morale. Pour lui, on peut parler de Srebrenica comme on parle de n'importe quoi d'autre, même sans aucune compétence, même sans aucun rapport direct avec l'événement. La Nation, à cet égard, porte beaucoup plus la responsabilité de cette erreur que les auteurs de l'article.

Écrit par : david laufer | 03/05/2010

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