08/06/2010

Time Magazine, les criminels étrangers et Oskar Freysinger

J’ai du mal à trouver un incipit pour évoquer le sujet d’aujourd’hui. Un sujet qui, immanquablement, va nous pourrir les mois qui viennent avec son carpet bombing d’affiches « Qualité suisse », ses mensonges proférés le doigt levé pour plus de vraisemblance, ses statistiques partiales et grossièrement enflées et ses violences verbales auprès desquelles les saloperies échangées au sujet des minarets feront vite figure de politesses. L’initiative sur le renvoi des criminels étrangers promet en effet d’être la « Mère de toutes les initiatives » du SVP, le couronnement de presque deux décennies qui, enfin et logiquement, met côte à côte les deux mots autour desquels s’est bâtie toute la rhétorique de ce parti. Le but sera donc de suggérer qu’il existe une équivalence entre criminels et étrangers, ce que les initiatives précédentes se sont chargées d’amorcer avec un succès remarquable.

Mais commençons par les Etats-Unis, dans l’Arizona, qui vit une situation très éclairante pour nous. Avec une frontière de 626 kilomètres avec le Mexique, l’Etat doit gérer une présence d’immigrants illégaux estimée à 460'000 individus, pour une population totale de 6.5 millions d’habitants, un taux par conséquent très élevé. Pour illégaux qu’ils soient, ces étrangers, de l’aveu même des agents interviewés par Time Magazine dans un sujet très documenté, ne posent aucun problème pour l’écrasante majorité d’entre eux, travaillent et sont intégrés. Tout ne se passait donc pas trop mal de l’avis général, jusqu’à la crise des subprimes et l’effondrement économique subséquent. Bien que le flux des immigrants ait chuté brutalement, la population commence à montrer des signes d’extrême nervosité.

Ainsi le 24 avril dernier, moins d’un mois après le meurtre toujours non élucidé d’un rancher immédiatement et arbitrairement mis sur le compte d’illégaux, le Gouverneur d’Arizona a signé une loi particulièrement sévère intitulée SB1070. Ce texte permet à tout agent de la loi de demander son titre de séjour à un étranger en se fondant « sur un soupçon raisonnable », et de l’arrêter si ce dernier n’a pas ses papiers en règle. Produit par des esprits épris de bon sens, dans le sens que lui donnerait Brando dans « Le Parrain », ce texte inscrit donc dans la loi le délit de sale gueule. Comment les agents de la loi peuvent-ils concevoir un « soupçon raisonnable » sans être contraint de considérer tout Mexicain croisé sur les trottoirs – et ça fait un paquet – comme un possible illégal. Plusieurs villes d’Arizona poursuivent désormais l’Etat en justice pour violation de la Constitution. Mais surtout, ce texte ne servira probablement à rien et risque d’empirer une situation internationale qui dépasse très largement les seules compétences étatiques. Ainsi ce texte est inopérant et impossible à mettre en pratique ; mais il possède l’avantage considérable de servir de marqueur politique.

Ce qui nous amène tout naturellement à Oskar Freysinger. Dans son interview accordée au Matin Dimanche, alors que le journaliste lui fait remarquer qu’il s’est trompé et que ceux qu’il avait décrits, dans un discours au Conseil national, comme étrangers étaient en réalité suisses, Oskar ne se démonte pas : Suisses peut-être, mais de passeport seulement, des naturalisés quoi. Ah, merci Oskar, car voilà le débat posé en des termes autrement plus explicites. On pensait devoir voter sur le renvoi chez eux de criminels endurcis, mais il n’en est rien. En effet, ce qu’Oskar révèle, avec ses ricanements nasaux habituels et son art de proférer des horreurs sur le ton de la blague de comptoir, c’est que l’objet réel de l’initiative est le suivant : qui sont les bons et les mauvais Suisses ? Quel que soit le problème dénoncé par Oskar, il indique très clairement que son but ultime n’est pas le renvoi des étrangers criminels : on nous demandera bientôt de redéfinir ce que signifie être Suisse et de rétrécir le spectre à l’extrême pour juguler, ou arrêter complètement, le flux migratoire. Même si les Français viennent de découvrir que ce genre d’initiative politique était parfaitement sans effet.

Ceux qui avaient voté contre les minarets pour défendre la laïcité réalisent maintenant tout étonnés que ce vote ne servait pas tant à interdire les minarets, ce qui sera très compliqué dans les faits, qu’à tenter péniblement de réaffirmer l’identité chrétienne de la Suisse en dégradant une minorité religieuse trop voyante. L’initiative sur le renvoi des criminels étrangers promet de tomber dans exactement le même travers : on nous parle de la sécurité du brave citoyen de base et de l’accueil de loups affamés et sans scrupules dans notre verte et paisible bergerie. Mais en réalité on se limite à un exercice strictement politicien de dénonciation dans le seul but de donner un tour de vis de plus à la ségrégation raciale et sociale en cours en érigeant le Suisse blanc et chrétien comme citoyen de première zone, auquel est soumis tout le reste. La sécurité du brave citoyen de base est même probablement menacée par une initiative qui dressera violemment les citoyens les uns contre les autres, pour le plus grand plaisir d’Oskar.

Pour les minarets, il ne s’agissait « que » de d’une question de principe, puisque la Suisse ne compte quasiment pas de minarets à ce jour et que les demandes de permis de construire n’encombrent pas l’administration. Dans le cas de cette nouvelle initiative pourtant, la question est très pratique et concerne la totalité de la population. J’ai épousé une étrangère qui va bientôt être naturalisée : que se passerait-il pour elle si l’initiative passe et qu’elle provoque un grave accident de la route ? Cette question concerne une écrasante majorité de Suisses, d’origine étrangère, doubles nationaux ou ayant épousé un étranger. Oskar lui-même, Autrichien de père, ne saurait échapper à cette rhétorique. Cette rhétorique, c’est le délit de sale gueule érigé en loi, comme en Arizona, une suspicion généralisée et encouragée par l’Etat, supposé garantir les droits et la liberté des citoyens. Une suspicion qui, évidemment, ne fait qu’aggraver une situation sociale déjà tendue et ne peut donc nullement contribuer à résoudre les problèmes qu’elle dénonce.

C’est la dernière incarnation de la dictature de l’émotion, qu’on peut aussi appeler le syndrome du mardi : un fait divers le samedi, une article le dimanche, une interpellation le lundi et une proposition de loi le mardi. En multipliant des initiatives aussi chaudes qu’inopérantes, une chose est certaine : le SVP aura tôt fait de rendre notre démocratie directe totalement inutile et déconsidérée. Ce qui est probablement son ambition sur le long terme, son désir d’homme fort et central n’étant un secret pour personne, ce désir étant parfaitement antinomique avec la notion même de démocratie directe.

11:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (33)

Commentaires

Je souhaiterai comprendre pourquoi on compte parmi les racistes les plus enragés, des étrangers naturalisés ? Pourquoi s'acharnent-ils à vouloir montrer qu'ils sont plus royalistes que le roi? Je peux comprendre un nationaliste qui veuille défendre sa culture et ses traditions (même si je n'aime pas le nationalisme -qui flirte très souvent avec l'extrémisme, l'intolérance et le racisme- auquel je préfère un patriotisme modéré et de bon aloi) mais j'ai beaucoup moins de sympathie pour les gens comme notre "autrichien" national! Que quelqu'un, s'il vous plait, m'éclaire sur leurs motivations et leur psychologie! D'avance merci.

Écrit par : zakia | 08/06/2010

Continuez Monsieur Laufer, continuez à asséner des vérités. C'est le seul moyen de définitivement écarter du paysage hélvétique ce si nuisible parti d'extrême-droite xénophobe et raciste. La stratégie sera payante.

Ce qui est piquant, c'est que c'est ce même parti fasciste (ignoblement appelé "du centre et démocratique" comme ultime insulte à ces concepts importants pour des formations de gauche ou de la droite fréquentable) qui se pose en grand défenseur du peuple mais qui, à force de balancer des initiatives aussi honteuses que vides de sens et de réalisme, est en train de tuer à petit feu ce pour quoi il prétend être le garant: la démocratie directe.

Vous mettez brillamment en exergue la réalité: en tant que parti militant pour une société totalitaire - dirigée par un Guide (en la personne du vieux blocher) - ces nuisibles mouvements sont autant de petits pas dans cette direction: casser la Suisse. Par contre, je ne mettrai pas autant d'importance sur le petit roquet valaisan, celui-ci ne fait plus illusion, ses innombrables mensonges, données falisifiées, ses insultes et ses mimiques d'alcoolo du café du commerce n'amusent plus que lui.

Toujours un plaisir de vous lire surtout sur ce site noyauté par un ou deux "idiots dotés d'un certain "bon sens"" (avec tous les guillemets qu'une telle blague requiert).

Cordialement

Écrit par : Hannibal Barca | 08/06/2010

Brillante démonstration, une fois encore vous trouvez les mots pour dénoncer sans haine l'udc et les grands dérapages irrésponsables de Freysinger.

Pourtant je voudrais marquer ma réserve sur un point. Suite à mes prises de position sur le dernier blog de Kevin Grangier, j'ai appris que l'udc n'a aucune vocation à, comme vous l'écrivez, "tenter péniblement de réaffirmer l’identité chrétienne de la Suisse".
En effet Grangier et ses accolytes, s'ils font référence régulièrement au fait religieux, l'utilise toujours dans une perspective où celui-ci est une démarche naïve et molle, à l'udc la religion serait un truc pour gosse. Je ne vais pas citer ici les différents passages qui me font croire cela, ce que je veux dire c'est que l'udc n'a de respect pour aucune religion, sinon celle en Blocher et sa hiérarchie. La culture udc est une culture de parti unique, manipulatrice, édifiée uniquement sur la peur.

Il est évident que la tristesse, la désillusion et la mauvaise humeur qui dominent dans le discours de ses initiatives successives, ne sauraient refléter une foi quelconque dans un projet de société généreux et réaliste.

Écrit par : Polo | 08/06/2010

@zakia : la réponse à votre question peut, très simplement, être réduite à cette consigne : le dernier arrivé ferme la porte derrière lui. On a toujours peur, lorsqu'on bénéficie d'un statut un peu précaire mais avantageux, que d'autres vous le ruinent en attirant l'attention. Je me souviens d'un voyage en RER dans la banlieue de Paris. Un jeune beur fumait une clope, ce qui est interdit, et il énervait tout le monde avec une attitude volontairement bravache, mais personne ne disait rien. Le seul qui s'est levé et qui l'a engueulé, saisissant sa clope et la jettant par la lucarne, c'est un homme noir, dans un petit complet modeste, rentrant d'un travail de bureau à Paris. Il était manifeste que son énervement venait autant de la cigarette que de la crainte d'être assimilé à ce beur uniquement parce qu'il était noir.

@polo : Je voudrais bien croire vos préventions sur la religion, mais relisez ce texte :
http://kevingrangier.blog.24heures.ch/archive/2010/05/04/notre-devoir-de-memoire.html
et surtout le commentaire d'Eastwood :

"Alors là Mr Grangier, vous vous plantez complètement: En ce qui me concerne (et je ne suis surement pas le seul) j'ai voté contre les minarets comme un signal claire de rejet d'un obscurantisme religieux islamiste moyen-ageux. Mais ce n'est pas pour le remplacer par un obscurantisme neo-chrétien."

Quelle que soit la religion défendue par Grangier et ses copains, qu'elle soit d'héritage et non de témoignage, qu'elle soit érigée en fanion de la race blanche plutôt qu'en étendard de l'amour, ceux-ci prônent explicitement un retour à des valeurs, mais surtout des interdits de nature chrétienne, ou plus exactement chrétienne catholique valaisanne.

Écrit par : david laufer | 08/06/2010

Je souscris avec bonheur au commentaire de Hannibal Barca.

Écrit par : Gustavo | 08/06/2010

".... c'est un homme noir, dans un petit complet modeste, rentrant d'un travail de bureau à Paris. Il était manifeste que son énervement venait autant de la cigarette que de la crainte d'être assimilé à ce beur uniquement parce qu'il était noir...."

Démagogie quand tu nous tiens. Pour asséner de telles "vérités", vous lui avez au moins posé la question ? Ou alors vous faites comme M. Freysinger en traitant les informations comme bon vous semble, peu importe que ce soit vrai ou non ?

Écrit par : Pascal D. | 08/06/2010

Pascal D. : Non, je ne lui ai posé aucune question. Je ne sais pas s'il votait FN, s'il était français, s'il était lui-même raciste. Mais le seul noir parmi une trentaine de blancs qui se lève pour morigéner un beur irrespectueux illustre fort bien une situation très courante. En cela, son geste m'a marqué et je le rapporte ici tel quel, avec l'impression subjective que cela m'a inspiré.

Écrit par : david laufer | 08/06/2010

Je comprends bien ce que vous dénoncez en 'l'affirmation de l'identité chrétienne" que défend l'udc. Ce que moi je tente de dire c'est que le chrétien pratiquant ne trouvera en aucun cas de défense de ses valeurs dans les thèses udc. Ce parti tente de récupérer une certaine tradition religieuse en Suisse, une manipulation de plus à dénoncer haut et fort. A l'udc, on ne croit qu'à l'udc, parti unique et la religion est un folklore a conservé.

Écrit par : Polo | 08/06/2010

Concernant l’os ¼ Freysinger j’ai publié ce jour un commentaire sur le site d’Axel Marion concernant ce personnage :

Les méthodes sont les mêmes que celles proclamées par le sieur Blocher et ses thuriféraires romands la boule de quille neuchâteloise Perrin et le poète des latrines alpestres os ¼ Freysinger naturalisé suisse que l’on dit de père autrichien et de mère allemande...

Os ¼ Freysinger est un inconditionnel du branleur de cloches le suisse allemand Blocher. Cette relation peut être comparée à celle de Maître Puntila et de son valet Matti.

Malgré ses rodomontades islamophobes, ses effets de gueule à la TSR c’est le pire des conseillers nationaux que le Valais ait connu ces cinquante dernières années. On dit de lui que c’est l’homme politique le plus sénile depuis l’empereur François Joseph II d’Autriche.

L’ossature de l’UDC Valais est composée au Grand Conseil de juristes tatillons à la limite morveux par leur arrogance verbale en les étrangers de tous poils mais avec une affection toute particulière pour les ressortissants des Balkans et du Maghreb. Leurs travaux aux parlements sont des travaux de sape selon les méthodes usuelles de l’UDC, donc rien de bien nouveau.

Au niveau communal il suffit de mentionner l’incompétence notoire de l’homophobe et conseiller communal d’Hérémence Grégory Logean incapable qu’il est de soutenir et de prendre position sur un dossier.

Les électeurs sont à chercher parmi les débris de l’ancien parti conservateur, le Mouvement chrétien conservateur, les déçus des partis PDC et Radical.

Le blog tapagoille a fait une excellente analyse des sieurs Freysinger et Addor dont vous pouvez lire les détails sur :

http://tapagoille.blogspot.com/2009/11/les-partis-chretiens-valaisans-et-les.html

Pour les partis ayant encore un semblant de jugeote il apparait clairement que lors des prochaines élections les attaques contre l’UDC même située au-dessous de la ceinture seront du pain béni pour les média. Quant aux protagonistes certains devront affronter la justice pour diffamations et calomnies.

JE VOUS CONSEILLE DE CONSULTER LE SITE TAPAGOILLE

Écrit par : Hypolithe | 09/06/2010

@ M. Laufer,

C'est bien ce que je dis : Vous utilisez la même manière de faire qu'O. Freysinger en interprétant une situation à la manière qui vous arrange.

En bref, vous ne valez pas mieux que ceux sur qui vous tirez à boulets rouges à longueur de journée.

Écrit par : Pascal D. | 09/06/2010

Pascal D. : j'ignorais que l'interprétation de la réalité selon des critères subjectifs était le droit exclusif de Freysinger. Si c'est le cas, alors oui, rangez-moi immédiatement dans son camp, c'est d'ailleurs toujours plus facile de mettre tout le monde dans le même panier : tous pourris, comme disait mon valet de pied.

Écrit par : david laufer | 09/06/2010

On ne trouve plus de personnel ayant lu Freud & Nietzsche, c'est aussi votre avis?
A part ça, où en est le match David Laufer vs The World?

Écrit par : Rabbit | 09/06/2010

Fly like a butterfly
Sting like a bee

Écrit par : david laufer | 09/06/2010

Jim Morrison, un barde de mon temps, chantait ceci: "before I sink into the big sleep I want to hear, I want to hear the scream of the butterfly". Suivait un hurlement à arracher les amygdales.
Je suppose que c'est "l'effet papillon" qui l'a envoyé au Père-Lachaise.

Écrit par : Rabbit | 09/06/2010

En aucun cas il n'est le droit exclusif d'O. Freysinger. Mais quand on applique la même méthode que ceux que l'on critique, on évite de leur faire la morale.

Quant à votre valet de pied, il avait tout à fait raison.

Écrit par : Pascal D. | 09/06/2010

Pascal D, votre critique est recevable dans la mesure où vous la faites sur un ton civil. Mais sur le fond, vous me mettez devant un comportement impossible. Vous reconnaissez qu'interpréter les faits subjectivement est inévitable, mais vous me fustigez pour l'avoir fait. Pourriez-vous m'indiquer comment faire pour appréhender le monde qui nous entoure sans l'interpréter, please ? En échange, je vous refilerai les coordonnées de mon valet de pied. Un soudard malhonnête comme tous les valets de pied, mais sympathique en diable.

Écrit par : david laufer | 09/06/2010

Est-ce que la résistance face à cette initiative abjecte s'organise? Il serait bien de centraliser l'effort, parce que le débat sera long et pénible. Parce que même si Freysi se discrédite lui-même avec ses exemples pieds-dans-le-plat, il faut bien voir que le préjugé est là, il est réel dans la population et il va s'exprimer dans les urnes peut être à battre le score des minarets...

Écrit par : J. Guignard | 09/06/2010

J. Guignard, vous avez parfaitement raison, le préjugé est là, il est réel et profond et s'agiter et invectiver et s'indigner ne suffira pas du tout. Centraliser l'effort n'est probablement pas une mauvaise idée, mais multiplier les plateformes n'est pas idiot non plus. En ce qui me concerne, il me semble surtout essentiel à ce stade que la majorité de la population qui s'oppose à la SVP sorte de son mutisme mi-dégoûté, mi-effrayé, et s'engage pour défendre notre bien commun contre ce parti. Je rencontre tant de gens qui me disent : "Ah, enfin quelqu'un qui ose dire quelque chose de sensé contre ces tordus !" Et moi je leur réponds : "Ne me le dites pas, écrivez-le, faites passer le message." Et il semble qu'ils commencent enfin à le faire. Il faut que tous ceux qui sont bien conscients que le SVP est un parti fasciste osent le dire et ne restent plus sur leur résèrve. Le temps n'est plus au mépris silencieux.

Écrit par : david laufer | 09/06/2010

C'est vrai, revenons en enfin au sujet. Vous vous souvenez peut-être qu'en Angleterre, dans les années 70, le Continental surpris à la moindre incartade (comme un vol à l'étalage) était reconduit manu militari au ferry après avoir payé les frais de la cause. C'était dissuasif...

Et ne dites plus le mot fasciste ou je sors mon revolver !

Écrit par : Rabbit | 09/06/2010

Rabbit, une petite piqûre de rappel, glânée sur Wikipedia, ce qui vaut ce que ça vaut :

"En son sens large, le fascisme se définit comme une réaction aux valeurs de l'humanisme démocratique du Siècle des Lumières. Issu des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les droits de l'homme, le communisme, l'anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme (...) Son modèle social est davantage centré sur la nation que sur les individus qui la composent. Il cherche à créer un groupe uni et solidaire, qui ait une identité forte. Pour cela, il faut que cette collectivité partage une histoire et un destin communs et qu'elle se construise sur la volonté de perpétuer son ciment culturel. Il est donc primordial pour les fascistes de préserver l'homogénéité (ethnique, religieuse ou de classe) de cette collectivité nationale."

Si ça n'est pas une définition exacte en tous points des valeurs défendues par le SVP, je ne sais pas ce qui vous faut.

Écrit par : david laufer | 09/06/2010

à la différence que l'UDC fait des concessions sur le sujet du libéralisme pour ne pas froisser leur mécènes.

Écrit par : J. Guignard | 09/06/2010

"Le syndrome du mardi : un fait divers le samedi, une article le dimanche, une interpellation le lundi et une proposition de loi le mardi."

C'est exactement ce que l'on reproche à l'équipe Sarkozy. Même cause, même époque , même effets quelque soit la latitude. Et souvent les lois votées sous le coup de l'émotion sont inapplicables et encombrent le registre des innombrables lois déjà existantes. Et puis les lois sur les lois, les règlements sur les règlements, les interdits de plus en plus foisonnants fait que nos sociétés sont de plus en plus liberticides. On se meut dans un fouillis fatras inextricables d'interdits que l'on ferait mieux de dire ce qui est permis qu'interdit Ca irait plus vite!

Écrit par : hervé | 09/06/2010

Thanks Dave,

Mais en ma qualité de dernier libéral survivant au post-68isme, je mets les fascistes, les nationaux-socialistes et les communistes dans un même sac-poubelle.
Gardant un oeil critique sur les "sociales-démocraties" européennes, sachant déjà qu'un système social d'envergure ne peut s'imposer sans méthodes totalitaires.

Écrit par : Rabbit | 10/06/2010

La définition du fascisme glânée sur wikipedia qui ne comprend pas la notion de totalitarisme ou, à tout le moins, de force de police illimitée de l'Etat en sa faveur rend la discussion sur le fascisme oiseuse. A relire la définition donnée, on ne sait pas si c'est une manière de définir le fascisme de façon presque sympathique ou, presqu'aussi grave, une façon de taxer à bon marché de fasciste, toute personne qui "rejette les droits de l'homme, le communisme, l'anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme".

Écrit par : riton | 10/06/2010

Riton : la définition que j'inclus est un extrait d'un long article sur Wikipedia, dont la lecture complète satisfera probablement vos justes réserves. J'ai choisi ce large extrait évidemment parce qu'il souligne que le fascisme dans son acception actuelle "colle" assez exactement aux valeurs défendues par OF et ses petits copains. Mais il est certain que ce terme recouvre, tout comme le terme racisme, une telle quantité de notions et de valeurs que je n'aurais jamais l'ambition de le résumer en quelques lignes.

Écrit par : david laufer | 10/06/2010

Riton : encore ceci : la notion de force de police illimitée de l'Etat en sa faveur est largement expliquée dans l'article Wikipedia. En ce qui concerne le SVP, il est intéressant de souligner ici que ce parti, qui prétend défendre le citoyen de base contre trop d'Etat, à la manière des Républicains américains ou des Radicaux chez nous, est en réalité en train de confier de plus en plus de prérogatives dans les mains de l'Etat, à travers un accroissement considérable de lois pénales et de règlements qui octroient aux forces de maintien de l'ordre de plus en plus de pouvoir, sans que celles-ci en soient toujours très contentes d'ailleurs. En Arizona, l'association des chefs de police est violemment opposée à la loi SB1070 parce qu'ils savent qu'on leur met "sur le dos" des responsabilités d'ordre politique impossibles à réaliser et qu'ils doivent en réalité satisfaire un agenda politicien caché. Le SVP fait exactement la même chose, et même plus : en multipliant les initiatives "émotionnelles" il dénature la démocratie directe, renforce le pouvoir de Berne, décrédibilise les cantons en laissant la section zurichoise s'ingérer dans toutes les votations cantonales, et appelle en hurlant le règne de l'homme fort qui n'est rien d'autre qu'un super-Etat personnifié. La notion de fascisme est donc là aussi illustrée, en dépit de tous les galvaudages qu'a subi un terme qui, même si je l'utilise souvent au 1er degré, me fait toujours penser à l'inénarrable personnage de Choupon dans "18 ans et qu'est-ce que j'ai fait de ma vie : rien !", la mythique bédé de Lauzier dont je recommande vivement la lecture.

Écrit par : david laufer | 10/06/2010

Vu pour les fascistes et l'aspect théologique du sujet.

Mais pour ce qui concerne le parti lui-même, je m'étais imaginé, au vu des résultats, qu'il s'agissait d'un groupe de personnes voulant faire carrière en politique en orientant leurs programmes en fonction des résultats de sondages et d'études de "marché": des pros du marketing en quelque sorte. Ce qui nous ramène à la question de la poule & de l'oeuf: est-ce que ces gens ont un succès électoral parce qu'ils restituent la parole à une majorité qui était jusque-là muette, ou est-ce eux qui sont parvenus à implanter des programmes préétablis dans la tête de gens aux convictions politiques flottantes ou inexistantes?

Et n'en faites pas une thèse...

Écrit par : Rabbit | 10/06/2010

Rabbit : Ni l'un, ni l'autre. Ces gens ne sont vraiment pas les fins stratèges cyniques qu'on décrit parfois. Ils réinventent constamment le fil à couper le beurre. L'immigration et la sécurité sont à la politique ce que le sexe est à la pub : ça a marché, ça marche et ça marchera. Le reste de l'agenda politique n'existe tout simplement pas, on mise tout sur ces seuls thèmes et on balance un maximum : les étrangers, les homos, les gitans, les illégaux, les criminels, tout ça, c'est pas d'chez nous. Chômage ? Salauds d'étrangers. Crise ? Salauds d'étrangers. Insécurité ? Salauds d'étrangers. Polution ? Salauds d'étrangers. Etc. Et on voudrait faire passer cette débilité pour de l'intelligence politique.

Écrit par : david laufer | 11/06/2010

Votre billet est très bien écrit, Monsieur Laufer, et j'y souscris totalement.

Écrit par : Ngabo | 11/06/2010

Lorsque nous étions encore actifs dans la restauration, nous avons employé un grand nombre d'étrangers, de réfugiés tamouls ou musulmans. Et nous avons constaté une chose: l'écraante majorité sont des braves gens qui ne demandent rien tant que de travailler, de payer leurs impôts et leur AVS, de mener une vie meilleure, c'est tout. Et ces gens recoivent des autorités tôt ou tard un avis d'expulsion dans leur grande majorité.
Occasionnellemnt,nos avons eu à faire avec des feignants imbéciles ou fanatiques, mais rarement. Et nous avons constaté que de tels éléments avaient toutes les chances de pouvoir rester.
L'explication est que de tels éléments occupent des tas de travailleurs sociaux, de docteurs, d'avocats, toute une faune qui n'aurait aucune raison d'exister en l'absence de tels éléments.
Et puis, il est nécessaire de remarquer que l'écrasante majorité des requérants d'asile déboutés et expulsés ne sont pas en mesure d'exiger le remboursement de leurs contributions AVS, que ces gens sont donc tout bénéfice pour nos assurances sociales. Il n'y a pas de petits profits...

Écrit par : J.C. Simonin | 12/06/2010

@ J.C Simonin

"L'explication est que de tels éléments occupent des tas de travailleurs sociaux, de docteurs, d'avocats, toute une faune qui n'aurait aucune raison d'exister en l'absence de tels éléments"

Les docteurs et les avocats survivent à tout. C'est un peu comme les crocodiles. ;-) M'enfin, ce n'est pas eux qui décident quoi que ce soit en la matière cela dit...

Écrit par : Ngabo | 12/06/2010

La comparaison avec les crocodiles me plaît: "dans la boue jusqu'au cou et la gueule grande ouverte". Le fait est que toute cette faune a un poids politique qu'il serait faux et dangereux de sousestimer.
Une chose qui m'a toujours frappé au cours de mes démélés avec l'administration et la Justice dans ce pays, c'est le gouffre, le divorce qui sépare le pays réel de la population et le pays légal de nos faiseurs de lois. Il semble que l'on aît plus rien à se dire.Les étrangers installés dans ce pays sont les tout premiers à réclamer l'expulsion de leurs compatriotes feignants et/ou délinquants. C'est bien sûr dans leur propre intérêt et ils s'en rendent parfaitement compte.

Écrit par : J.C. Simonin | 12/06/2010

Tout cet échange tendrait à démontrer à ceux qui l'ignoreraient, que la politique et la psychologie sont étroitement imbriquées: Peur & Convoitise indiquent les points cardinaux du débat droite-gauche dans ce pays.
Pour la question du mode de fonctionnement des courants dominants, Gustave Le Bon reste au hit parade : http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_des_Foules

Écrit par : Rabbit | 14/06/2010

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