14/11/2010

Le Las Vegas Sun et le financement occulte de l'UDC

Un récent article du Las Vegas Sun révèle que, rien qu'en 2010, le montant dépensé par les Républicains et les Démocrates dans leur publicité politique dépasse déjà les 4 milliards de dollars. C'est probablement excessif, pourtant chaque centime est traçable à sa source, ce qui a d'ailleurs coûté à Keith Olberman, un des chroniqueurs politiques les plus influents à gauche, sa place et son salaire sur NSNBC, lorsqu'il a été constaté qu'il avait soutenu deux candidats démocrates à hauteur de 3'000 dollars environ. En Suisse, les efforts de parlementaires de gauche pour poser un cadre législatif sur ce qui est un des aspects centraux de notre système, ont été par trois fois rejetés rien que l'an dernier au Parlement. Et l'on ne parle même pas à ce stade de limiter les sommes investies, seulement d'en donner les origines et les montants exacts. On sait deux ou trois choses, on suppute, on soupçonne, mais on n'a aucun chiffre, aucun nom. Enfin, presque.

 

Avez-vous déjà entendu parler de la Stiftung für bürgerliche Politik, la Fondation pour une politique bourgeoise ? Domiciliée à Zoug, à la Bahnhofstrasse 23, chez l'avocat Toni Junas, ses administrateurs sont Hans Kaufmann, Rita Fuhrer, Caspar Baader, Toni Brunner, Walter Frey, Jean-Henri Dunant et Hansruedi Wanfluh. Tous sont membres de l'UDC, certains sont immensément riches. Ce qui est tout naturel lorsqu'on sait que les buts poursuivis par cette fondation sont les suivants : « Soutien financier du Parti populaire suisse (UDC) dans la construction de l'opinion politique au niveau fédéral, soutien financier aux travaux scientifiques du parti, en particulier pour les publications de nature fondamentale et programmatique de l'UDC, programme politique de soutien financier de la formation des jeunes et des élus ainsi que soutien financier aux élections et aux campagnes et initiatives du parti. »

 

Autrement dit, la Stiftung, c'est le parti réel, le cerveau et les muscles de l'UDC. L'UDC, c'est la vitrine, le truc pour lequel les gogos s'enthousiasment le temps d'une campagne ou d'une élection. Savoir qui finance la Stiftung est rigoureusement exclu. Une seule fois en 2005, un Conseiller national, Rudolf Rechsteiner, a demandé à savoir qui finançait cette Stiftung, qui payait des encarts publicitaires pour les discours de Blocher, à l'époque Conseiller fédéral. Réponse du CF : « Comme il l'a déjà indiqué dans sa réponse à la question Rechsteiner Rudolf 05.1108, du 17 juin 2005, le Conseil fédéral ne connaît pas l'identité des donateurs de la "Stiftung für bürgerliche Politik". Il en est encore ainsi aujourd'hui. Le Conseil fédéral réaffirme que le conseiller fédéral Christoph Blocher n'appartient pas aux donateurs de cette fondation de manière directe ou indirecte. » Et voilà, circulez, y a rien à voir. Dans la presse, même silence ou presque : une mention dans le Temps, une autre dans 24 Heures en 2005, deux papiers dans le Tages Anzeiger, et c'est tout. On rappelle qu'il s'agit tout de même du principal organe de financement du principal parti national. Alors empoignons nos calculettes.

 

La campagne sur les criminels étrangers a fait l'objet de trois vagues très onéreuses de communication de masse en provenance de l'UDC. La première en 2008, la récolte des signatures, fameuse pour ses affiches ovines, a coûté selon certaines estimations dans les 2 millions de francs. Cet été, une « consultation populaire », entendez un sondage complètement biaisé, envoyé à 3,9 millions de boîtes aux lettres, a dû coûter dans les 7 millions au total, envoi et traitement compris. Cet automne, nous assistons à la phase numéro 3, la seconde campagne d'affichage national, elle aussi estimée dans les 2 millions de francs. 2 millions + 2 millions + 7 millions = 11 millions de francs suisses pour une seule campagne. Je ne parlerai pas ici du contenu de cette campagne. Il faut seulement garder à l'esprit que l'UDC préfère dépenser 11 millions pour dénoncer un problème plutôt que d'y apporter des solutions, par exemple des programmes d'intégration ou d'éducation. En face, le budget total d'un parti comme le PDC pour les élections fédérales de 2007 est de 1,2 millions. Pour les criminels étrangers, le PS met 125'000 francs sur la table.

 

Ces quelques chiffres nous posent les questions suivantes concernant l'UDC : est-ce que son argent provient de son pouvoir, ou n'est-ce pas exactement l'inverse ? Est-ce que, Christoph Blocher disparu, le parti disparaîtra avec lui, comme la Yougoslavie après Tito ? Est-ce que toutes ces campagnes scandaleuses à répétition, ces hystéries collectives contre les étrangers nourries à coups de dizaines de milliers d'affiches par année, est-ce que tout cela ne tient que grâce à l'argent de Christoph Blocher et de ses amis de la Stiftung ? Comment peut-on croire que la population est en mesure de former son opinion librement lorsqu'un seul des acteurs de l'arène politique, à lui seul, met des sommes plusieurs dizaines de fois supérieures à celles investies par ses concurrents ? Comment un parti qui se déclare populaire peut-il confier les décisions les plus importantes de son financement et de son programme à un conseil non-élu de sept personnes ?

 

Evitons la naïveté qui consisterait à croire que de légiférer règlerait le problème. Les scandales français, américains ou italiens des dernières années nous en apprennent tous les jours sur l'efficacité des lois sensées prévenir tout débordement en matière de financement des partis. La solution ne passe donc pas uniquement par la loi, elle passe aussi par un vrai débat ouvert, national, qui contraint les acteurs politiques et financiers à plus de candeur sur les liens véritables qui les lient. Dans un pays qui se targue sans cesse d'être à la pointe de la démocratie, il serait peut-être le moment de réaliser qu'il est inacceptable de laisser un seul homme déverser des millions de sa fortune personnelle, à travers des fondations occultes et détaxées, dans le seul but de subvertir la politique fédérale et l'opinion publique à ses intérêts personnels. Que l'UDC ait un grand pouvoir en Suisse est incontestable. Mais la population suisse est en droit de savoir d'où provient et à combien se monte le financement de ce parti, plusieurs dizaines de fois supérieur à celui de ses concurrents.

21:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (27)

Commentaires

Heureusement qu'il y a en Suisse des gens aisés, voire riches qui s'inquiètent de la "dictature" qui se met en place et qui investissent pas mal de leurs deniers pour la libre expression des idées politiques dans ce pays.

Au vu des dernières obstructions vaudoises pour que l'UDC ne puisse se réunir et donc avoir une vitrine pour l'expression de son engagement politique nous avons donc là une contre-balance tout-à-fait justifiée.

Des gens comme vous sont totalement responsables de ce qui se passe. Artisan médiatique partisan, vous faites en sorte de dénigrer vos opposants, quant vous ne faites pas, par divers manoeuvres, de l'obstruction systématique.

"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais.........." vous connaissez la suite, je pense.
l'UDC n'a jamais empêché personne de s'exprimer. Par contre depuis la magouille de l'éviction de Christophe Blocher on a senti carrément le vent tourné.
L'UDC n'a plus des "adversaires" corrects qui débattent de la politique et des projets pour le pays. L'UDC à des magouilleurs en face de lui qui sont prêts à toutes les bassesses pour le faire taire.

Dans ce cas-là il y a deux solutions. Soit on s'abaisse à la mentalité de ses adversaires et on utilise les mêmes armes qu'eux, soit on trouve d'autres alternatives pour se faire entendre. Rien que pour cela, je préfère l'UDC à tout autres partis de ce pays, car la bassesse c'est l'arme des minables.

Bien à vous!

Écrit par : Corélande | 15/11/2010

Merci pour cet excellent billet et pour ces chiffres effarants.

C'est vrai qu'en Suisse, l'argent est roi. Malgré que le système politique nous soit envié par le monde et qu'on ne le changerait pas contre deux barils de lessive classique, son financement reste un tabou absolu.

On notera quand-même que, bien que l'UDC soit financée grassement par des mécènes intéressés, certains membres de ce parti sont critiques sur le mélange argent-politique. Je pense ici à Freysinger qui avait déposé, en vain, une motion pour faire la lumière sur ce que recevait les conseillers fédéraux pour leur lobbying. Malgré que je ne sois pas du tout d'accord avec lui sur nombre de sujet, c'est tout à son honneur. Espérons qu'il ne soit pas le seul de son parti à se poser ces questions sur le rôle de l'argent dans la politique suisse et son impact sur la démocratie.

Écrit par : Fufus | 15/11/2010

Corélande@
Vous préférez à la transparence les pratiques occultes. Peu importe ici votre bord politique car que diriez-vous si un nouveau parti encore mieux loti que le vôtre voyait le jour? Après tout, quelques autres patrons pourraient s'allier et à coups de dollars, envoyer l'udc par le fond... C'est ça le débat que vous espérez? C'est ça la réalité démocratique qui vous plaît tant?

Écrit par : Paul | 15/11/2010

Paul,

Je crois surtout que lorsqu'on souhaite un "gouvernement monocolore dirigé d'une main de fer par un blocherien ou blocher lui-même", c'est qu'on fait fi de la démocratie; on s'assoit sur plus de 70% de la population qui refuse et combat les errances graves de ce parti d'extrême-droite, raciste et xénophobe. Au-delà de l'aveuglement pathétique - teinté d'une frustration de vie évidente - de certains trolls qui sévissent sur la toile, la question posée par Lauffer est légitime. Je l'additionnerais d'une autre: le peuple a-t-il les outils nécessaires pour légitiment avoir un avis éclairé sur un sujet (un vrai sujet, hein, pas la soupe populiste et sans solution servie par l'extrême-droite depuis trop longtemps)? Lauffer pointe l'udécé, mais d'autres partis, de la droite fréquentable, usent et abusent des mêmes subterfuges. Prenez l'entier des élus PLR et PDC sous la coupole, pensez-vous franchement qu'ils votent en leur âme et conscience ? Lorsqu'on est grassement payé par les banques et les assurances, comment voulez-vous ne pas avoir de comptes à rendre à sa mamelle financière ?

En ce sens, la manière de faire de l'extrême-droite frascisante, avec sa Stiftung payée par des donateurs est plus honnête. Evidemment, ça démontre aussi le sens de la politique de l'udécé: on distrait le brave peuple avec du bullshit à quelques millions (les minarets, les étrangers, etc...) pour pouvoir encore mieux s'arroger des petits gains juteux personnels (à bien plus que quelques millions) sur le dos du peuple. Stratégie bien connue...

Essayez de faire comprendre à un électeur udécé qu'il vote contre ses intérêts...

Et c'est un gauchiste, traitre à la patrie et tout et tout qui l'écrit !

Cordialement
HB

Écrit par : Hannibal Barca | 15/11/2010

Une initiative est gagnée dès son lancement : on ne fabrique pas les préoccupations des gens.

Écrit par : Cara Van Sérail | 15/11/2010

Bon, ben, je crois qu'on a fait le tour de la question : la propagande politique ne sert absolument à rien. C'est précisément pour ça que l'UDC dépense 11 millions de francs dans une seule campagne. Merci, Cara van Sérail, pour ce commentaire puissant. Vous en avez d'autres ?

Écrit par : david laufer | 15/11/2010

Quelle mouche t'a piquée, David ?
L'argent est un soutien mais il ne fabrique pas les opinions, comme cité plus haut; il aide certains dirigeants de certains partis à se faire des places au soleil, il aide les dirigeants de l'UDC à maintenir le bateau à flot. Ce me paraît être une noble cause que de vouloir éviter la guerre civile dans son pays. Toi qui as constaté les conséquences d'une autre guerre civile devrais y réfléchir avant de montrer profil bas au monde de la presse.
Et si cet argent pouvait un tant soit peu contrebalancer l'absence de quotidiens et d'hebdomadaires proches de l'UDC, alors que rad/lib et surtout socialistes ont leur présence bien assise dans ton petit monde (ça coûte combien, tout ça?), ce ne serait finalement qu'un juste rééquilibre des choses.
Passe une bonne soirée!

Écrit par : Fabienne Despot | 15/11/2010

Salut Fabienne. J'ignorais que la mission première de l'UDC était d'éviter la guerre civile. Le seul fait de mentionner une telle préoccupation dans un programme politique en Suisse aujourd'hui est en soi suffisamment préoccupant pour que je poursuive mes efforts.

Écrit par : david laufer | 15/11/2010

"Bon, ben, je crois qu'on a fait le tour de la question : la propagande politique ne sert absolument à rien."

Je ne dirais pas à rien, mais elle est beaucoup moins efficiente que ne le croit le Café du Commerce. Notons, d'abord qu'elle ne garantit en rien le résultat final. Ce n'est qu'à l'issue du dépouillement qu'on sait si les millions ont atteint, ou non, leur objectif.

On peut donc en déduire, ensuite, que si la propagande ne rencontre pas une préoccupation qui existe, ou qui est latente, chez une majorité de gens, on peut multiplier les millions par quatre, cinq ou dix sans parvenir au résultat escompté.

"C'est précisément pour ça que l'UDC dépense 11 millions de francs dans une seule campagne.".

Je ne sais pas d'où vous tenez ce chiffre, mais je crois, enfin, que le résultat du vote ne serait pas sensiblement différent si la somme dépensée était divisée par trois ou par quatre, voire par dix. Que l'UDC, qui dispose de moyens, ne prenne pas le risque de le vérifier, c'est bien la moindre des précautions. Cela noté, je n'ai pas eu vent que la consultation sur les minarets ait entraîné l'engagement de plusieurs millions de francs.

"Merci, Cara van Sérail, pour ce commentaire puissant. Vous en avez d'autres ?"

Pas sous la main, mais, le cas échéant, je ne manquerai pas de vous en faire profiter.

Écrit par : Cara Van Sérail | 15/11/2010

"Je ne dirais pas à rien, mais elle est beaucoup moins efficiente que ne le croit le Café du Commerce"

Vous pouvez démontrer cette affirmation ? Ou c'est juste une opinion ?

Écrit par : Veritas | 16/11/2010

Les campagnes patriotiques et sécuritaires anxiogènes à coups de millions de l'UDC ne sont que l'écran de fumée derrière lequel ce parti de millionnaires zürichois planqués fiscaux à Zoug cachent leurs véritables intentions, qui sont exclusivement économiques.
Ils maintiennent leur visibilité et fidélisent le client en vue des élections à coups de pubs et de votations défoulantes, en somme.

Écrit par : Matt | 16/11/2010

"Ce me paraît être une noble cause que de vouloir éviter la guerre civile dans son pays"

La guerre civile, rien que ça. Elle mettrait qui et qui aux prises ? Et vous voyez son déclenchement pour quand si l'UDC n'intervient pas pour y mettre bon ordre ? Mais peut-être a-t-elle déjà débuté ?

Ca fait partie du manuel de communication anxiogène que l'UDC remet à chacun de ses membres ? On peut le voir, une fois, ce manuel ?

Écrit par : Lousonna | 16/11/2010

"Vous pouvez démontrer cette affirmation ?"

Consultez la liste des initiatives de l'UDC qui ont été rejetées sur les plans national, cantonaux et communaux.

A titre d'exemple, l'initiative "Bénéfices de la Banque nationale pour l'AVS" n'a, le 9 octobre 2002, obtenu que 41,7 % de OUI et l'initiative "Pour des naturalisations démocratiques" a fait pire, le 2005, en ne recueillant que 36,2 % de OUI.

Écrit par : Cara Van Serail | 16/11/2010

Rectification :

"Ca fait partie du manuel de communication anxiogène que l'UDC remet à chacun de ses ELUS ? On peut le voir, une fois, ce manuel ?"

Écrit par : Lousonna | 16/11/2010

"A titre d'exemple, l'initiative "Bénéfices de la Banque nationale pour l'AVS" n'a, le 9 octobre 2002, obtenu que 41,7 % de OUI et l'initiative "Pour des naturalisations démocratiques" a fait pire, le 2005, en ne recueillant que 36,2 % de OUI."

On pourrait rétorquer que sans les sommes considérables que l'UDC a investies dans ces objets, les scores auraient été nettement moindres.

Écrit par : Veritas | 16/11/2010

OOOOOOOOOPS

Une regrettable erreur m'a fait à confondre l'initiative "Bénéfices de la Banque nationale pour l'AVS", repoussée le 24 septembre 2006, et l'initiative "pour le versement au fonds AVS des réserves d'or excédentaires de la Banque nationale suisse (Initiative sur l'or)" acceptée, elle, le 22 septembre 2002, par seulement 46,4 % des votants.

Écrit par : Cara Van Sérail | 16/11/2010

Toni Brunner est un pauvre paysan ... pas du tout riche, monsieur.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 16/11/2010

Fabienne Despot@
"La solution ne passe donc pas uniquement par la loi, elle passe aussi par un vrai débat ouvert, national, qui contraint les acteurs politiques et financiers à plus de candeur sur les liens véritables qui les lient."
Il me semble tout simplement hallucinant que devant cette proposition somme toute assez banale et évidente vous opposiez des arguments tels que guerre civile à éviter et absence de soutien de l'udc dans les médias. En fait vos propos sont incroyablement limpides : si vous voulez parler de guerre civile à éviter en Suisse et bien vous n'avez plus votre place dans les médias car vos propos sont forcément destinés à tromper, ils ne servent non pas l'information ou même le débat politique mais votre soif de pouvoir. Madame, vos lignes sont une insulte à la paix suisse. Comme tout les fachismes, ce que vous dites est exactement le contraire de ce que vous faites. Vous semez la peur, le meilleur terreau pour la guerre et vous vous représentez en bon St Bernard de la Paix, c'est lamentable!
Cara Van Serail
Les mlo de FCH investis pour les campagnes politiques de l'udc ne sont pas pour payer des enjoliveurs ou de bons crus, je ne comprends pas vos arguments. Paris ne s'est pas fait en un jour, quelques défaites ne signifient pas que l'udc met le paquet pour corrompre et conquérir le peuple qui n'a d'opinion que lorsqu'on l'informe. Mais qui dit informe, dit aussi désinforme. L'udc désinforme à coups de millions et le peuple finit par suivre, hélas.

Je suis très surpris du nombre de contradicteurs alors que Laufer semble cette fois mener un combat pour tout les citoyens même s'il s'attaque aux pratiques particulièrement redoutables de l'udc. En plus il ne prétend pas que la solution est sur un plateau, il appelle un débat. Comment peut-on chercher à s'y opposer sinon parce que ce débat risque de remettre l'information et non la manipulation au goût du jour. L'éviction de Blocher dans sa forme scandaleuse est aussi le résultat de cette culture de l'opaque, c'est ce que ne saisit manifestement pas une Fabienne Despot ou une Corélande...

Écrit par : Polo | 16/11/2010

"Toni Brunner est un pauvre paysan ... pas du tout riche, monsieur."

Est-ce que j'ai prétendu le contraire ? Est-ce que j'ai accusé Brunner de planquer des millions dans ses étables ? On vous explique que votre parti fonctionne sur un financement aussi énorme qu'occulte - ce qui est un fait très concret et facile à appréhender, pas une opinion politique - et votre réponse est de dire en substance : oui, mais notre cher Président est pauvre. Plus haut, Fabienne Despot me rétorque avec candeur que ce financement sert à éviter la guerre civile. On ne peut donc attendre des membres de l'UDC aucun avis construit sur un sujet pourtant essentiel, non seulement au parti mais au pays tout entier. Non, on botte en touche, systématiquement, un peu comme un élève pris en faute et qui, penaud, ne sait se défendre qu'en disant : mon chien a mangé mes devoirs. Avez-vous perdu toute forme de décence ?

Écrit par : david laufer | 16/11/2010

Le combat contre l'idéologie de l'UDC n'a au fond que peu de sens, dans la mesure où les moyens à la disposition de ce parti rendent les miens parfaitement ridicules. Il s'agit donc de trouver le moyen de démonter le système UDC et de l'exposer. On dit que les vampires ne supportent pas la lumière du jour.

Écrit par : david laufer | 16/11/2010

Monsieur Laufer, si vous n'aviez pas voulu tirer à boulets rouges sur l'UDC en parlant de son financement occulte, mais bien voulu amorcer un débat sur le sujet.............?
Vous auriez dû commencer par faire un simple calcul de base des membres et des adhérents avec leurs cotisations. Rien que ce résultat-là vous donne l'UDC avec les moyens financiers les plus conséquents dans ce pays. (mais bien sûr il faudrait que tous les partis soient transparents et annoncent leurs nombres de membres....ahaha!)
Par ailleurs vous devriez savoir aussi que l'ASIN fait des frais de campagnes qui viennent épauler l'UDC. Quand on sait que les membres de l'un sont souvent aussi des membres de l'autre, vous pouvez déjà doubler les moyens financiers, rien qu'au niveau des cotisations. Puis les parlementaires du parti, les plus nombreux, les députés qui eux peuvent contribuer de manière plus conséquentes.
Et enfin les généreux donateurs qui ne sont pas sots et qui préfèrent le plus grand parti de Suisse, le vent en poupe, que ceux qui s'effritent à vue d'oeil et d'élections cantonales depuis 3 ans.

Alors ne voyez pas le loup où cela vous arrange, mais soyez honnête de temps en temps et vos critiques en eaux troubles auraient un semblant de limpidité.

En conclusion il y a beaucoup de gens en Suisse qui mettent de l'argent pour sauvegarder les valeurs fondamentales de notre pays et le seul endroit crédible c'est l'UDC. la seule bourse aussi qui fera tout pour empêcher qu'une certaine presse écrite s'attribue tous les droits par un matraquage de la pensée cosmopolite-sauce-européenne. En outre la même presse, sournoisement nous affuble de journaleux franco-français pour gentillement nous infester et mieux nous faire gober les idéologies que vous nous asséner régulièrement sur votre blog.
Et comme dernièrement, nous avons été gravement obstrué dans le droit de réunion et d'expression en terre vaudoise, notre détermination n'en est que plus renforcée, car beaucoup de gens n'apprécient pas du tout de telles brimades et du coup viennent renforcer nos rangs........et nos caisses!

l'Union fait la force, l'union démocratique du centre fera le reste en 2011!

Écrit par : Corélande | 16/11/2010

"Et enfin les généreux donateurs qui ne sont pas sots et qui préfèrent le plus grand parti de Suisse, le vent en poupe, que ceux qui s'effritent à vue d'oeil et d'élections cantonales depuis 3 ans."

Voilà une façon plutôt étonnante de remercier les gros contributeurs de votre parti. Vous insinuez qu'ils n'ont aucune conviction politique quelconque et que le seul critère qui les fait choisir l'UDC, c'est la taille. Outre que c'est évidemment l'exact opposé de la vérité, à savoir que ce sont les gros contributeurs privés tels que Christoph Blocher qui ont amené le parti là où il se trouve aujourd'hui, et non pas les succès électoraux qui ont amené à lui ces gros contributeurs, on doit vous féliciter. D'une seule remarque, vous prouvez que seul le pouvoir intéresse les contributeurs fortunés de l'UDC, ce qu'on s'acharne à exposer depuis des années, quand bien même vous ne cessez de vous en défendre.

Mais votre remarque la plus géniale est celle-ci :
"la seule bourse aussi qui fera tout pour empêcher qu'une certaine presse écrite s'attribue tous les droits par un matraquage de la pensée cosmopolite-sauce-européenne. "

Donc, en suivant votre raisonnement, on comprend que ce n'est pas les idées, le combat politique ou le débat démocratique qui permet à l'UDC de remporter ses succès. Ce n'est pas sur la puissance et la pertinence de ses thèses que l'UDC conquiert ses électeurs. Tout cela n'est qu'annexe à la puissance seule et véritable de l'UDC : la seule bourse.

En résumant, le tableau de l'UDC que vous offrez est le suivant : un parti de gros contributeurs qui misent sur le bon cheval pour s'accaparer le pouvoir. La politique, les idéaux, les préoccupations des citoyens, on s'en contrefout. Un critique plus virulent que moi n'aurait pas su en dire autant avec une telle conviction.

Permettez-moi de terminer sur une petite envolée très blochérienne : vos thèses racistes, votre parti de milliardaires qui prétendent s'intéresser au peuple, vos financements véreux et occultes, votre tropisme vers l'autoritarisme et le culte de la personnalité sont absolument contraires aux valeurs suisses les plus essentielles. Le peuple suisse se lassera de vous aussi vite qu'il vous a porté aux nues, lorsqu'il aura été enfin établi que le cynisme dont on vous accuse est dix fois inférieur à celui dont vous faites preuve. En attendant, profitez-en encore quelques années, ou quelques mois.

Écrit par : david laufer | 16/11/2010

Corélande, vous avez raison, l'union fait la force et l'oignon fait pêter. Comme on dit chez nous.

Écrit par : Julien | 16/11/2010

Vos interprétations sont très déroutantes, M. Laufer. On dirait que vous ignorez qu'il y a deux manières d'opérer un choix politique : on peut se prononcer POUR, mais on peut aussi se prononcer CONTRE.

Un exemple : le 5 mai 2002, 17,79 des votants ont voté POUR Jean-Marie Le Pen, 52 % (est.) POUR Chirac et 30,21 % CONTRE Jean-Marie Le Pen.

Des mécènes de la politique peuvent se trouver dans la même situation et, sans approuver tout ce que représente et fait l'UDC, préférer la financer pour réduire la capacité de nuisance de cette innommable nébuleuse libéral-socialiste tolérante et angélique, qui croit encore qu'on peut faire de la bonne politique avec des bons sentiments.

L'interprétation que vous faites des propos de Corélande est donc pour le moins tendancieuse.

Écrit par : Cara Van Sérail | 16/11/2010

"Un exemple : le 5 mai 2002, 17,79 des votants ont voté POUR Jean-Marie Le Pen, 52 % (est.) POUR Chirac et 30,21 % CONTRE Jean-Marie Le Pen."

Pour rappel, Chirac a fait 82%, Le Pen 18%. Le reste, c'est du pur procès d'intention. Et c'est tendancieux en diable.

Écrit par : david laufer | 16/11/2010

"Le reste, c'est du pur procès d'intention. Et c'est tendancieux en diable."

Vous croyez vraiment ?

Chirac plébiscité par 82 % des Français, dont des socialistes, des écolos, des trotzkystes et des communistes, le 5 mai 2002, et qui ne retrouve que 43.31 % de ses voix, à peine plus de la moitié, trente-quatre jours plus tard, le 9 juin...

Vous maintenez procès d'intention et tendancieux ?

Écrit par : Cara Van Sérail | 17/11/2010

Vous n'avez pas lu mon précédent billet, c'est excusable.

En bref, les intentions des votants ne sont jamais comptabilisées dans une élection ou une campagne. On vote oui, ou on vote non. On ne vote jamais oui, mais. Il n'y a pas de place sur un bulletin pour les intentions ou les suggestions. Seule la justice s'intéresse aux motifs d'un acte. Sinon, c'est anecdotique et ça ne sert généralement qu'à justifier une décision dont on se sent peu fier. Exemple : j'ai voté pour l'initiative UDC sur les criminels étrangers, mais c'est parce que je suis moi-même étranger et que je ne veux pas souffrir d'amalgame, mais je ne suis ni raciste ni UDC. Etc.

Écrit par : david laufer | 17/11/2010

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